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Quels médicaments antalgiques pour soulager la douleur ?

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Quels médicaments antalgiques pour soulager la douleur ?
Nous pouvons tous être confrontés, au cours de notre vie, à la douleur. Ce phénomène est complexe, et son expression varie d’un individu à un autre. Dans la plupart des cas, la douleur est considérée comme un signal d’alarme dont il faut rechercher la cause. Quelle que soit son intensité, elle peut être pesante au quotidien et bouleverser les activités habituelles. Il est alors possible de se tourner vers des médicaments dédiés : les anti-douleurs. Ceux-ci sont classés dans différentes catégories, en fonction de leur mode d’action. Les pharmaciens de Pharma GDD vous expliquent d’où vient la douleur, comment elle se manifeste et quels médicaments doivent être privilégiés pour la traiter.
 

Qu’est-ce que la douleur ?

La douleur est un processus à la fois sensoriel et émotionnel. Elle implique des récepteurs présents dans l’ensemble du corps (peau, organes, muscles, os…), ainsi que des nerfs qui ont pour rôle de conduire les messages vers la moelle épinière, puis vers le cerveau, où l’information est analysée. Il s’en suit des réactions et des émotions qui diffèrent selon le sexe, l’âge, les expériences passées, la culture, l’éducation, le contexte ou encore l’état psychique propres à chaque personne. Liée à la conscience, la douleur disparaît durant le sommeil, les rêves, et peut être atténuée dans des états de conscience modifiés comme l’hypnose.

Le plus souvent, les sensations douloureuses font suite à un événement perturbateur (blessure sportive, chute, accident, brûlure, etc.) ou à une réaction inflammatoire. L’inflammation est un mécanisme physiologique qui résulte de plusieurs réactions biochimiques visant à protéger et réparer l’organisme. Elle fait intervenir des substances chimiques sécrétées par les cellules de l’immunité, dont certaines viennent stimuler les récepteurs de la douleur. L’inflammation chronique est source d’une douleur durable.
 

Comment le cerveau gère-t-il la douleur ?

La nature étant bien faite, notre cerveau est parfaitement capable d’analyser et de contrôler la douleur. En effet, le système nerveux est doté d’une quantité importante de substances, les endomorphines, qu’il peut libérer pour procurer un soulagement. Les endomorphines regroupent une vingtaine de molécules réparties en trois grandes familles : les endorphines, les enképhalines et les dynomorphines. Elles agissent sur les structures relais de la moelle épinière et sur les zones du cerveau qui assurent l’élimination de la douleur.

Il est important de savoir que le cerveau analyse la douleur en tenant compte de l’événement qui l’a déclenché, de son intensité et de sa localisation. Ces données sont ensuite comparées aux autres informations stockées dans la mémoire, notamment aux expériences et aux connaissances acquises. Les manifestations de la douleur sont alors très variées. On peut ainsi ressentir une douleur vive, déchirante, diffuse, fulgurante, irradiante, lancinante ou pulsatile. La répétition et la chronicité des sensations douloureuses ont un impact fort sur la qualité de vie, provoquant de l’anxiété, voire un risque de dépression.
 

Les différents types de douleurs

Face aux nombreuses causes de la douleur et la diversité de ses manifestations, une classification a été établie. On distingue ainsi les douleurs nociceptives, neuropathiques, psychogènes, les douleurs associées aux soins médicaux et les douleurs cancéreuses. Malgré ce classement, il existe toujours des douleurs inexpliquées (la migraine en fait partie), entourées d’une incertitude qui peut conduire à des troubles anxieux ou une dépression, deux facteurs aggravants de la douleur.

Les douleurs nociceptives ou douleurs par excès de nociception

Les douleurs nociceptives se manifestent lorsque l’intensité des informations transmises par les fibres nerveuses est suffisamment élevée pour arriver jusqu’au cerveau. Il s’agit du type de douleur le plus courant, associé aux chocs, coupures, brûlures, entorses, fractures, etc. Elles peuvent aussi être induites par des inflammations (abcès dentaire, appendicite, conjonctivite…). Dans ce cas, elles jouent parfaitement leur rôle de signal d’alarme. Les douleurs nociceptives figurent dans les causes de certaines douleurs chroniques.

Les douleurs neuropathiques

Aussi appelées douleurs neurogènes, elles traduisent un dysfonctionnement du système nerveux. Une lésion au niveau des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau peut expliquer ce dysfonctionnement. Plusieurs facteurs sont susceptibles de provoquer cette lésion : blessure ou amputation, apport d’oxygène insuffisant (AVC, compression prolongée d’un nerf), infection (zona), maladie métabolique (diabète) ou prise de certains médicaments (traitement du Sida notamment).

Les douleurs neuropathiques se reconnaissent par des fourmillements, des sensations de brûlure, de gonflement, d’écrasement, de picotements ou de décharges électriques. Elles peuvent être brutales, fulgurantes, épisodiques ou continues, et aggravées par le froid et les émotions. Elles sont aussi difficiles à soulager, et peuvent évoluer et persister malgré une prise en charge adaptée et la guérison de la lésion nerveuse en cause.

Les douleurs psychogènes

Comme leur nom le suggère, les douleurs psychogènes sont liées à des troubles psychiques qui engendrent une sensation douloureuse en l’absence de toute lésion. C’est un type de douleur que l’on peine encore à mettre en évidence et qui nécessite souvent un avis psychiatrique. Elles peuvent être provoquées par l’anxiété, la dépression et par certaines maladies mentales.

Les douleurs associées aux soins médicaux

Les interventions chirurgicales, les examens médicaux, les traitements et les soins peuvent favoriser l’apparition de douleurs, avec une dimension psychologique plus ou moins marquée. En effet, l’appréhension constitue, chez certaines personnes, un facteur déclenchant de douleur. Afin d’éviter cela, des innovations importantes ont été menées, comme le développement de méthodes non invasives (radiographie, échographie) limitant les traumatismes douloureux. Par ailleurs, les progrès de l’anesthésie permettent aux patients de mieux supporter des interventions auparavant pénibles et douloureuses. Des améliorations ont aussi été apportées aux gestes courants tels que les piqûres, les prélèvements sanguins ou les biopsies. De plus, les médecins ont observé que des explications claires et précises sur les actes médicaux et leurs suites contribuent à limiter les douleurs post-opératoires.

Les douleurs cancéreuses

Les douleurs cancéreuses sont un cas à part, puisqu’elles associent des douleurs nociceptives et neuropathiques, et parfois psychogènes. La maladie elle-même, les examens médicaux et les traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) peuvent être responsables de ces douleurs, dont la prise en charge fait partie intégrante de la démarche thérapeutique des oncologues.
 

Que faire face à la douleur ?

Il y a différentes façons de réagir en cas de douleur. Si elle est brutale, très intense, sans cause évidente, ou localisée au niveau de la poitrine et irradiant vers le bras, le cou ou la mâchoire, nous vous recommandons de contacter les services d’urgence (15 ou 112). Cela vaut également pour les douleurs intenses, persistantes et sans lésion apparente.

Lorsque la douleur évoque une maladie grave, comme une appendicite ou une colite néphrétique, ou survient alors que vous prenez un traitement, il est vivement conseillé de voir un médecin dans la journée. Celui-ci recherchera la cause de la douleur en effectuant un bilan complet et en demandant éventuellement des examens d’imagerie médicale ou des analyses biologiques.

La consultation peut attendre quelques jours si la douleur est familière, mais nécessite une augmentation des doses d’antalgiques, voire une prise quotidienne. C’est aussi le cas pour les douleurs, même supportables, qui deviennent chroniques et ne s’atténuent pas après plusieurs semaines ou mois.

Si vous êtes confronté à une douleur ponctuelle, due à une cause bénigne et bien déterminée, l’automédication est possible.
 

Anti-douleurs : la classification de l’OMS

En 1986, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi trois paliers de prescription pour classer les anti-douleurs. Dans ce système, l’intensité de la douleur constitue le principal critère de classement. Ainsi, le palier 1 correspond aux antalgiques périphériques non opioïdes, indiqués en cas de douleurs d’intensité faible à modérée. Cela inclut le paracétamol, l’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dont l’ibuprofène, la noramidopyrine et la floctafénine.

Le palier 2 intègre les antalgiques opioïdes faibles, pour les douleurs d’intensité modérée. On y trouve la codéine, le tramadol, la dihydrocodéine et le néfopam. Ils agissent sur le système nerveux central et font l’objet d’une prescription médicale.

Enfin, le palier 3 est destiné aux douleurs d’intensité modérée à forte et regroupe les antalgiques opioïdes forts : morphine, fentanyl, hydromorphone, oxycodone, buprénorphine, péthidine. Ils impliquent un risque de dépendance, connu des professionnels de santé, et leur utilisation est très encadrée, avec une durée de traitement la plus courte possible et un arrêt progressif pour éviter un syndrome de sevrage.
 

Nouvelle classification des médicaments anti-douleur

Révisés en 1986, les paliers définis par l’OMS font l’objet de certaines critiques et sont jugés trop restrictifs, voire sources d’erreurs. Malgré tout, de nombreux praticiens s’y réfèrent encore. En 2010, une nouvelle classification des médicaments anti-douleur a été proposée par Pierre Beaulieu et David Lussier, membres de l’International association for the study of pain (IASP). Elle tient compte de tous les médicaments, y compris ceux qui ont été conçus pour d’autres indications que le soulagement de la douleur. De plus, elle distingue les médicaments en fonction de leur mécanisme d’action, ce qui a pour but d’encourager l’analyse de chaque douleur et d’optimiser la prise en charge thérapeutique. Enfin, cette classification se veut évolutive afin d’intégrer de nouvelles molécules.

Antalgiques anti-nociceptifs

Comme leur nom l’indique, les antalgiques anti-nociceptifs ciblent les douleurs nociceptives. Ils agissent en diminuant l’excitabilité des neurones et en bloquant le signal nociceptif, à l’origine de la sensation douloureuse. Cette catégorie englobe :
  • des antalgiques non opioïdes tels que le paracétamol et les AINS, en vente libre en pharmacie ;
  • des antalgiques opioïdes comme la codéine, la morphine, l’oxycodone ou l’hydromorphone ;
  • des cannabinoïdes.

Le paracétamol

Le paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®, Dafalgan®) fait partie des médicaments anti-douleur les plus utilisés. Il peut être indiqué pour soulager les céphalées, les migraines, les symptômes du rhume, les douleurs dentaires, le mal de gorge ou encore les crampes menstruelles. Le paracétamol permet aussi de faire baisser la fièvre. Il peut être pris sans risque par les enfants et les femmes enceintes. En revanche, les pathologies graves du foie constituent sa principale contre-indication. Comme pour tous les médicaments, la posologie doit être respectée, sans dépasser la dose maximale (3 g/jour chez l’adulte, 60 mg/kg/jour chez l’enfant). Il faut également veiller à ne pas prendre plusieurs médicaments contenant du paracétamol, afin d’éviter un surdosage, toxique pour le foie.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

L’aspirine (Aspégic®, Aspro®, Kardegic®) et l’ibuprofène (Advil®, Ibupradoll®, Nurofen®, Spedifen®) appartiennent à la famille des AINS. Ce sont des médicaments qui stoppent le phénomène d’inflammation à l’origine de la douleur. Le plus souvent, ils sont recommandés en cas de douleurs articulaires liées à l’arthrose, de poussées de rhumatismes, de douleurs menstruelles, de migraines ou de rages de dents. Les AINS, comme le paracétamol, agissent contre la fièvre.

Les AINS sont contre-indiqués en cas de maladie virale, à partir du 6e mois de grossesse, aux patients qui prennent des anticoagulants, et en cas d’ulcère de l’estomac ou du duodénum présent ou passé. Les effets indésirables sont potentiellement graves : ulcère ou hémorragie du tube digestif, réaction allergique, insuffisance rénale.

Essentiellement prescrits pour une utilisation par voie orale, les AINS peuvent aussi se présenter sous forme de gel, de crème ou de patch, pour soulager les douleurs musculaires ainsi que les douleurs consécutives à des traumatismes bénins. Ils peuvent ainsi être employés après une entorse ou une foulure, en cas de tendinite ou de contusion. Les médicaments contenant du diclofénac, de l’ibuprofène et de l’acide niflumique (Voltaren®, Flector®, Niflugel®) sont disponibles sans ordonnance.

Antalgiques anti-hyperalgiques

Les antalgiques anti-hyperalgiques sont destinés au traitement des douleurs neuropathiques périphériques et centrales et peuvent aussi être envisagés dans le cadre des douleurs post-opératoires secondaires. Cette catégorie intègre notamment la kétamine, qui agit comme antagoniste du récepteur NMDA, impliqué dans la transmission de l’information douloureuse. À cela s’ajoutent des antiépileptiques comme la gabapentine, la prégabaline et la lamotrigine, ainsi que le néfopam, utilisé en injection intraveineuse ou intramusculaire.

Antalgiques modulateurs

La nouvelle classification des médicaments contre la douleur recommande, pour les douleurs neuropathiques, des antalgiques modulateurs. On y trouve, tout d’abord, les modulateurs des contrôles descendants inhibiteurs ou excitateurs de la douleur, dont font partie les antidépresseurs tricycliques (Anafranil® et ses génériques Laroxyl®, Tofranil®, Cymbalta®) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline. Viennent ensuite les modulateurs de la transmission et de la sensibilisation périphériques : anesthésiques locaux (lidocaïne, prilocaïne, bupivacaïne), carbamazépine, oxcarbazépine, topiramate, capsaïcine.

Antalgiques mixtes

Les antalgiques mixtes sont à la fois anti-nociceptifs et modulateurs des contrôles descendants inhibiteurs. Ils peuvent ainsi être indiqués en cas de douleurs nociceptives et neuropathiques. On trouve dans cette catégorie le tramadol (Topalgic®) et le tapentadol (Palexia®). Une prescription médicale est nécessaire pour obtenir ces médicaments.

Peut-on associer les anti-douleurs ?

Quel que soit le médicament anti-douleur choisi, il est indispensable d’en lire attentivement la notice, de prendre connaissance des précautions d’emploi et d’en respecter la posologie. L’association de médicaments anti-douleur est possible, mais doit se faire avec prudence, après avoir demandé l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Par exemple, si vous souffrez d’un mal de tête qui ne passe pas malgré la prise de paracétamol, vous pouvez prendre de l’ibuprofène en alternant les prises toutes les 3-4 heures et en respectant la quantité maximale par prise et par 24 heures. En cas de règles douloureuses, un antalgique (à l’exception de l’aspirine) peut être associé à un antispasmodique.
 

L’essentiel à retenir

Complexe et parfois inexpliquée, la douleur touche aussi bien l’adulte que l’enfant. Plusieurs causes peuvent l’expliquer, ce qui justifie l’établissement d’une classification. On distingue ainsi les douleurs nociceptives, neuropathiques, psychogènes, cancéreuses, et les douleurs liées aux soins médicaux. Prendre un antalgique est généralement le premier réflexe face à une douleur. Il en existe plusieurs, répartis dans différentes catégories correspondant à leur mode d’action. Les antalgiques non opioïdes comme le paracétamol, l’aspirine ou l’ibuprofène sont très largement utilisés et en vente libre. Les antalgiques opioïdes tels que la codéine ou la morphine nécessitent, quant à eux, l’établissement d’une prescription. L’automédication est possible pour les douleurs légères à modérées. En revanche, lorsque la douleur est très intense, inhabituelle, résistante au traitement ou si elle survient de manière brutale, il est nécessaire de consulter un médecin, qui adaptera la prise en charge. Enfin, sachez que vous pouvez vous tourner vers des techniques non médicamenteuses pour soulager la douleur. L’électrostimulation (TENS) et la thermothérapie, par exemple, sont largement utilisées pour les douleurs articulaires et musculaires. L’acupuncture, pour sa part, est souvent recommandée aux personnes qui souffrent de migraines. Dans tous les cas, ne restez jamais seul face à une douleur afin d’éviter qu’elle ne devienne chronique.
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