Acupuncture : principe et bienfaits pour la santé

Acupuncture : principe et bienfaits pour la santé
Depuis quelques années, les médecines alternatives, dont certaines sont également appelées « médecines douces », sont en plein essor. Parmi elles, l’acupuncture figure depuis 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette technique ancestrale est l’un des piliers de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Son nom originel, Zhen Jiu, signifie « art des aiguilles de métal ». C’est au cours des 16e et 17e siècles que l’acupuncture a été introduite en Europe. Sur quels principes repose-t-elle ? Dans quels cas est-il intéressant d’y avoir recours ? Comment se déroule une séance avec un acupuncteur ? De nombreuses questions entourent l’acupuncture. Pharma GDD y répond et vous propose d’en savoir plus sur cette méthode millénaire.

Qu’est-ce que l’acupuncture ?

L’acupuncture est un savoir-faire qui laisse perplexe un grand nombre de personnes. Elle tient une place centrale dans la philosophie taoïste, qui considère que le corps et l’esprit sont indissociables, et privilégie une vision holistique de l’individu.

Un peu d’Histoire

La première description détaillée de l’acupuncture a été retrouvée dans un ouvrage datant du 2e siècle avant J. C. et intitulé Huangdi Nei Jing, dont la traduction la plus répandue est Le classique de médecine interne de l’Empereur Jaune. Au fil des siècles, différentes écoles se sont développées. L’engouement est particulièrement marqué à la fin des années 1940, après une longue période de déclin, tant en Orient qu’en Occident. Aujourd’hui, l’acupuncture est régulièrement remise en cause et sujette à débat, car ses mécanismes d’action restent mystérieux. En outre, l’existence d’une énergie vitale et des méridiens, éléments clés de cette technique, n’a pas été démontrée. Aux yeux de nombreux scientifiques, l’acupuncture n’a pas plus d’effet qu’un placebo.

Énergie vitale et méridiens

Deux notions sont mises en avant en acupuncture. La première est la présence, dans le corps humain, d’une énergie vitale, le qi (prononcé tchi), constitué de deux polarités, le Yin et le Yang, qui doivent rester équilibrées. Selon la médecine traditionnelle chinoise, le bon état de notre santé physique et mentale repose sur une bonne circulation du qi. L’apparition de troubles, les symptômes de maladies, un organe trop actif ou, au contraire, déficient, sont des signes que l’énergie vitale ne circule plus normalement. L’acupuncture a pour but de stimuler et « relancer la machine ».

Les méridiens constituent la deuxième notion essentielle en acupuncture. Ces lignes virtuelles sont réparties sur l’ensemble du corps et liées aux organes majeurs : cœur, poumons, foie, reins, etc. Les méridiens circulent à la fois en surface et en profondeur, suivant des trajets nerveux, sanguins, lymphatiques ou osseux. Les points d’acupuncture sont répartis sur ces lignes. L’acupuncture s’appuie sur 12 méridiens réguliers et 8 méridiens extraordinaires, qui représentent plus de 600 points d’acupuncture. Il existe aussi 12 méridiens distincts, 15 méridiens collatéraux et une multitude de méridiens annexes.

Les objectifs de l’acupuncture

En pratique, l’acupuncture consiste à placer des aiguilles très fines (0,22 mm) sur des points précis, afin de rétablir la circulation de l’énergie vitale. Ce geste s’accompagne parfois de ce que l’on appelle la moxibustion. Un moxa (petit bâton d’armoise) est brûlé et approché de la peau, sans la toucher, dans le but de chauffer un point d’acupuncture vide, où le qi est absent.

À l’instar d’autres médecines alternatives comme l’homéopathie ou la naturopathie, l’acupuncture recherche les mécanismes profonds à l’origine des troubles rencontrés par un individu. Elle tonifie l’énergie lorsque celle-ci est ralentie, et la disperse lorsqu’elle est bloquée. Certaines personnes ont recours à l’acupuncture pour prévenir, soulager ou soigner certaines maladies en enclenchant les mécanismes d’autoguérison du corps. Enfin, l’acupuncture a également pour objectif de reconnecter l’Homme à son environnement et aux mouvements extérieurs.

Toute personne souhaitant retrouver un équilibre énergétique bouleversé à la suite d’une maladie ou d’un traumatisme peut se tourner vers l’acupuncture. En revanche, celle-ci ne se substitue pas à un traitement médical et se pose plutôt comme un complément à la médecine dite allopathique.

Quels sont les bienfaits de l’acupuncture ?

L’acupuncture est une technique utilisée dans des situations très diverses. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît notamment son intérêt dans la prise en charge de certaines douleurs telles que les migraines, les crampes menstruelles, les douleurs articulaires (arthrose) et dentaires. Les troubles digestifs, la constipation par exemple, peuvent aussi faire l’objet d’une ou plusieurs séances d’acupuncture, tout comme le stress, l’anxiété, les problèmes de sommeil, la dépression ou encore les troubles associés à la ménopause.

Au cours de la vie, plusieurs événements peuvent conduire une personne à faire appel à l’acupuncture. C’est le cas notamment de la grossesse, qui est parfois synonyme de maux que les médecines douces peuvent soulager. L’acupuncture est souvent utilisée dans le cadre de la préparation à l’accouchement. Elle est réputée pour favoriser le bon positionnement du bébé à l’approche du terme, en particulier lorsqu’il ne s’est pas retourné et se présente en siège. De plus en plus de sages-femmes se forment à l’acupuncture et peuvent, pendant le travail, stimuler certains points afin de soulager la douleur des contractions et faciliter la dilatation du col de l’utérus. Découvrez tous les bienfaits des médecines douces pendant la grossesse dans notre fiche conseil dédiée.

Si vous cherchez à arrêter de fumer ou à perdre du poids, sachez que l’acupuncture peut vous accompagner dans cette démarche. Elle peut aussi être un bon accompagnement pour les patients atteints d’un cancer et souffrant des effets indésirables de la chimiothérapie ou de la radiothérapie.

Comment se déroule une séance d’acupuncture ?

L’acupuncture peut être pratiquée par un médecin ou toute personne ayant obtenu un Diplôme interuniversitaire (DIU) ou une capacité en acupuncture. La transmission se fait encore beaucoup de maître à élève, ce qui explique que chaque acupuncteur ait sa propre approche de la discipline, malgré une formation de base commune. Pour trouver un praticien, il est recommandé de consulter l’annuaire en ligne de l’Association française d’acupuncture.

La première séance d’acupuncture dure généralement 1 heure. Un entretien approfondi permet à l’acupuncteur de prendre en compte le terrain individuel, l’histoire de vie et les émotions de la personne qui le consulte. Ensuite, il procède au bilan énergétique complet en suivant plusieurs étapes : observation de la langue et du teint, palpation du corps pour identifier les zones froides et tendues. Il procède ensuite à la prise des pouls chinois, qui correspondent aux pouls radiaux (au niveau des poignets) et aux pouls périphériques (carotide, artère fémorale et artère pédieuse).

Après cette première phase, l’acupuncteur choisit les points d’acupuncture sur lesquels seront posées les aiguilles (stériles et à usage unique). Pour cela, il recherche les « racines » et les « branches » du problème rencontré et identifie les méridiens concernés. La profondeur de pénétration des aiguilles varie selon chaque point d’acupuncture. Si cela est nécessaire, les aiguilles peuvent être tournées sur elles-mêmes et laissées en place quelques minutes. Certains praticiens utilisent d’autres outils comme des ventouses, des aimants ou des moxas. La fréquence et la durée des séances dépendent de l’âge de l’individu et du motif de consultation.

Les effets indésirables de l’acupuncture sont assez limités, ce qui permet à un grand nombre de personnes d’y avoir recours. Il est possible d’observer plusieurs réactions au niveau des zones piquées : gonflement, picotements, engourdissement, sensation de chaleur… Une fatigue passagère peut aussi survenir après une séance d’acupuncture. Elle est attribuée à la relance de l’énergie vitale.

Digitopuncture : l’acupuncture manuelle

Avec le temps, des variantes de l’acupuncture ont vu le jour. La digitopuncture, aussi appelée acupuncture manuelle ou acupression, est une technique de massage originaire du Tibet. Elle utilise l’extrémité des doigts, des balles ou des rouleaux pour stimuler les méridiens. L’acupression poursuit les mêmes buts que l’acupuncture. Trois points sont particulièrement utilisés : l’espace de chair entre le pouce et l’index, la partie charnue entre le pouce du pied et le second orteil, la zone d’encrage du muscle du mollet à l’intérieur de la jambe. La digitopuncture n’a pas vocation à guérir, mais à relaxer. Beaucoup moins encadrée que l’acupuncture, sa pratique ne nécessite pas de diplôme ou formation. Elle est déconseillée chez les femmes enceintes, car la stimulation de certains points est susceptible de déclencher des contractions avant le terme de la grossesse.

Notre sélection :

L’auriculothérapie

Au début des années 1950, le médecin généraliste français Paul Nogier s’inspire de l’acupuncture pour mettre au point l’auriculothérapie. Cette variante se limite, comme son nom le suggère, au pavillon de l’oreille. Elle est très peu développée en Chine, où les points d’acupuncture sur les oreilles sont utilisés uniquement en cas d’affections touchant les yeux ou la gorge. Selon Paul Nogier, le pavillon de l’oreille est une sorte de « tableau de bord » de l’ensemble du corps, sur lequel on retrouve plus de 200 points d’acupuncture correspondant aux organes majeurs. L’auriculothérapie est employée principalement pour le soulagement des douleurs, l’addiction et les syndromes anxio-dépressifs. Le plus souvent, le praticien pose des aiguilles classiques d’acupuncture ou, dans certains cas, des aiguilles semi-permanentes. Celles-ci peuvent rester en place pour une durée allant de 1 jour à 3 semaines, sans inconfort pour le patient.

Attention, l’auriculothérapie n’est pas autorisée chez les mineurs, pendant la grossesse, en cas d’urgence médicale ou chirurgicale, de tumeurs malignes ou de troubles de l’hémostase (prédisposition aux saignements, hypercoagulation).

L’essentiel à retenir

Pratique millénaire au cœur de la médecine traditionnelle chinoise, l’acupuncture utilise des petites aiguilles très fines pour stimuler des points précis situés sur des lignes virtuelles appelées méridiens. Cette méthode a pour but de relancer la circulation de l’énergie vitale, le qi, lorsqu’elle est bloquée ou ralentie. L’acupuncture est considérée comme une médecine alternative. Elle peut être employée en prévention de certains troubles, en cas de douleurs ou en accompagnement d’un traitement médical entraînant des effets indésirables, comme la chimiothérapie par exemple. Il existe plusieurs variantes inspirées de l’acupuncture, comme l’acupression (ou digitopuncture) ou l’auriculothérapie. Quelle que soit la méthode que vous choisissez, veillez à vous tourner vers un praticien sérieux, disposant, dans le cas de l’acupuncture, d’une formation officielle.