Comment arrêter une toux sèche ?

Comment arrêter une toux sèche ?
La majeure partie du temps douloureuse et fatigante, la toux sèche a souvent tendance à faire son apparition en automne ou en hiver, coïncidant avec le retour du froid et des pathologies touchant les voies respiratoires. Elle constitue un motif courant de consultation chez le médecin, car même si elle est un symptôme et non une maladie, elle peut vite devenir un véritable handicap.

La toux est un mouvement réflexe d’expiration forcé et violent, la vitesse d’expulsion pouvant atteindre les 600 kilomètres par heure, et est occasionnée par une stimulation des voies respiratoires visant à les nettoyer ou les dégager. C’est une action vitale pour l’organisme, elle constitue un véritable mécanisme de défense car elle permet de protéger les poumons et les bronches.

Afin de bien comprendre les origines et les causes de la toux sèche, et surtout de savoir comment la traiter le plus efficacement possible, nos pharmaciens de Pharma GDD vous donnent toutes les informations et leurs conseils à ce sujet.


La toux sèche : définition et causes

La toux sèche prévaut chez environ 15 % des hommes et 10 % des femmes, et a tendance à survenir encore davantage avec l’âge. Même si elle n’est pas une maladie en elle-même mais bien un symptôme, elle peut dissimuler des pathologies plus importantes, et peut avoir des conséquences néfastes sur la qualité de vie.

Définition d’une toux sèche

Une toux sèche se différencie d’une toux grasse par le fait qu’elle ne produit pas d’expectorations. La toux grasse permet d’évacuer le mucus des voies respiratoires, avec pour objectif de favoriser le passage de l’air. La toux sèche est pour sa part une forme d’alerte émise par l’organisme, elle signale en effet la présence d’une irritation dans les voies respiratoires, que ce soit la gorge, les bronches ou la trachée, et la nécessité d’arrêter de s’exposer à des substances irritantes.

Cette toux est pour cette raison également qualifiée de toux d’irritation ou toux non productive. Elle est plus contraignante pour l’organisme et plus fatigante qu’une toux grasse, car le fait qu’elle ne déclenche pas d’expectoration ne permet ainsi pas de soulager les bronches. Elle peut également entraîner un cercle vicieux, car l’absence de rejet peut aggraver les lésions pré-existantes, et donc irriter davantage la gorge, ce qui entraînera une toux encore plus persistante, et ainsi de suite. C’est pourquoi il est nécessaire de la stopper.

Elle reste cependant majoritairement de courte durée, et un traitement adapté permet de la faire disparaître en quelques jours. Cependant, il arrive également que cette toux devienne chronique, c’est-à-dire qu’elle ne disparaisse pas voir s’aggrave au fil des semaines. Dans ce cas, il est alors important de consulter son médecin généraliste pour contrôler qu’elle ne dissimule pas une pathologie pouvant être grave.

Ainsi, il est important de traiter le plus rapidement et le plus efficacement une toux, d’autant que celle-ci peut considérablement dégrader la qualité de vie. Des quintes de toux nocturnes peuvent par exemple entraîner des insomnies, car les muscles sont trop tendus et ne permettent pas l’entrée dans le sommeil. Si elle induit une altération de l’état général, une sensation d’oppression, des difficultés à respirer voire une présence de sang dans les crachats, il devient alors impératif de prendre rendez-vous rapidement avec son médecin, car les causes peuvent être multiples.

Les causes possibles d’une toux sèche

Une toux sèche peut être symptomatique de nombreux facteurs ou pathologies, mais il faut tout d’abord différencier les cas où la toux n’est que passagère, avec ceux où elle devient chronique.

La plus grande partie du temps, une toux sèche passagère résulte d’une infection virale qui touche les voies respiratoires. Cela peut être une grippe, un rhume, une bronchite, une sinusite, une rhinopharyngite ou encore une laryngite. Ces pathologies peuvent amener un deuxième épisode de toux sèche, cette fois-ci causée une infection bactérienne qui s’est déclenchée à la suite de l’infection virale. Il n’est pas rare non plus qu’une toux sèche se convertisse ensuite en toux grasse.

Deux autres facteurs peuvent entraîner ce type de toux, à savoir le froid, qui déclenche des chocs thermiques qui assèchent les muqueuses, mais aussi le tabac, les irritations provoquées par les différentes substances nocives continues dans les cigarettes finissant par entraîner la fameuse "toux du fumeur".

Une toux sèche chronique va pour sa part soulever davantage de questions, car elle peut être révélatrice de pathologies plus importantes. Ainsi, le médecin cherchera à savoir depuis combien de temps elle s’est déclarée, et à bien comprendre les circonstances dans lesquelles elle survient :
  • La toux se déclenche-t-elle pendant la nuit ?
  • Le patient est-il fumeur ?
  • La toux survient-elle à la suite d’un effort ?
  • Est-elle le résultat de l’exposition à un allergène ?
  • A-t-elle des conséquences sur l’état de santé général ?

Ainsi, les causes pourront être très différentes :
  • Une rhinite allergique, déclenchée par une exposition répétée à un facteur allergène qui affecte les voies respiratoires, comme par exemple les poils d’animaux domestiques ou le pollen.
  • Du Reflux Gastro-Oesophagiens (RGO), qui sest la cause de plus de 20 % des toux sèches chroniques, et qui survient presque intégralement pendant la nuit. Une fois allongé, des remontées acides peuvent atteindre l’entrée de la trachée voire les bronches, et donc créer des irritations qui vont déclencher la toux.
  • De l’asthme, ce symptôme étant d’ailleurs un excellent moyen de diagnostiquer cette pathologie. La toux est alors souvent déclenchée par l’effort, et la respiration peut même devenir sifflante.
  • Une coqueluche, les symptômes étant souvent assez semblables à ceux d’une rhinopharyngite, cette maladie reste difficile à diagnostiquer, et peut notamment être très dangereuse pour les enfants.
  • Une irritation liée à la présence d’un corps étranger, ou à une exposition prolongée à des agents irritants ou polluants.
  • Un cancer bronchique.
  • Une pneumopathie interstitielle. 

Il est enfin possible que la toux sèche soit l’effet secondaire de certaines classes de médicaments, on parle alors de toux médicamenteuse ou de toux iatrogène. Seules certaines familles de médicaments peuvent créer ces effets secondaires :
  • les inhibiteurs d’enzyme de conversion (dans environ 15 % des cas)
  • les bêta-bloquants
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’aspirine
  • les contraceptifs chez les femmes fumeuses de plus de 35 ans


Comment arrêter une toux sèche ?

Même s’il est primordial de traiter la pathologie de fond, la toux sèche peut être arrêtée par de nombreux moyens, que ce soit en s’occupant des causes évitables, mais aussi par le biais de médicaments antitussifs, par des solutions naturelles ou encore avec les traditionnels remèdes de grand-mères.

Traiter les causes évitables

Bien entendu, si la toux résulte d’une consommation tabagique, il ne faut pas passer par quatre chemins : c’est le moment tout désigné pour se donner une bonne raison d’arrêter de fumer (certes elles sont nombreuses, mais ne créent pas toujours le déclic chez la personne qui fume) !

Lorsque la cause est liée à une exposition à une source d’irritation, il faut alors faire le nécessaire pour se débarrasser de celle-ci. Si vous êtes allergique à la poussière, veillez à faire très régulièrement le ménage chez vous, et à aérer les pièces aussi souvent que possible. Il est bien sûr plus compliqué de s’en défaire lorsque l’allergie est liée à votre animal domestique, mais avant de penser à vous en séparer, il est aussi possible de se tourner vers un allergologue qui pourra essayer de procéder à une désensibilisation.

Les médicaments antitussifs

Les médicaments antitussifs sont une solution de choix pour réduire et apaiser la toux sèche, mais ils ne permettent pas d’en traiter la cause. Ils sont cependant un très bon moyen de se soulager, notamment lorsque la toux est nocturne.

Ces médicaments se divisent en 3 catégories :
  • Les antitussifs opiacés, ou centraux, qui sont par exemple formulés avec des dérivés de codéine ou d’opium, et qui disposent de la plus grande efficacité. Il faut néanmoins être vigilant quant aux effets secondaires, ainsi qu’aux interactions médicamenteuses. Ils ne sont désormais disponibles que sur prescription médicale.
  • Les antitussifs antihistaminiques, qui sont notamment indiqués dans les cas d’allergie, et qui sont constitués de molécules comme l’oxomémazine, la prométhazine ou l’alimézanine. Ils sont une alternative intéressante aux antitussifs opiacés, car ils ont moins d’effets secondaires.
  • Les autres antitussifs, qui sont formulés avec des composants tels que le glycérol, le clobutinol ou l’éprazinone, qui sont considérés comme des adoucissants et souffrent de peu d’effets secondaires, mais dont l’utilisation doit tout de même être surveillée.

Sous forme de sirops ou de pâtes à mâcher, ils agissent directement sur le bulbe rachidien, où se trouve le centre nerveux de la toux, et permettent ainsi d’en bloquer le réflexe. Ils sont disponibles en automédication, mais ne doivent pas être utilisés pendant plus de 5 jours, et il est impératif de ne pas consommer d’alcool pendant la durée du traitement.

Les antitussifs peuvent présenter des risques pour les personnes asthmatiques, il est donc nécessaire de solliciter un avis médical avant d’en utiliser. Ils sont formellement contre-indiqués dans les cas de bronchorrhées chroniques, pour les personnes d’un âge avancé, ainsi que pour les enfants de moins d’un an.

La phytothérapie

La phytothérapie est une alternative intéressante, certaines plantes disposant de propriétés pharmacologiques pour soulager une toux sèche.

Traditionnellement, des vertus bienfaisantes contre la toux sèches sont reconnues avec :
  • Le thym, avec sa richesse en tanins et en flavonoïdes, qui permet de soulager les voies aériennes supérieures, et surtout de calmer les irritations. Il est possible de le consommer en infusion comme le propose Iphym.
  • Le lierre, à la fois mucolytique, expectorant et antispasmodique, car il aide à la formation de mucus qui va ainsi soulager l’irritation, tout en contribuant à l’évacuer facilement, et bloque enfin le réflexe mécanique de toux avec ses vertus antispasmodiques.
  • Les plantes à mucilages, parmi lesquelles on retrouve la guimauve, le coquelicot, le pied-de-chat, la violette, le tussilage, la mauve ou encore le bouillon-blanc. Les polysaccharides qu’elles contiennent possèdent des vertus antitussives et anti-inflammatoires.
  • Les feuilles de plantain lancéolé, qui sont riches en noscapine, un alcaloïde connu pour ses qualités antitussives.
  • La mélisse ou la matricaire, qui jouissent toutes les deux d’une action antiacide bénéfique lorsque la toux est causée par des reflux gastro-œsophagiens.
Des complexes végétaux sont également proposés par des marques spécialistes de l’utilisation des plantes médicinales pour lutter contre la toux sèche.

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L’aromathérapie

Les huiles essentielles peuvent aussi être source d’apaisement et de soulagement contre les toux d’irritation. Il est cependant plus que recommandé, si leurs propriétés ne sont pas parfaitement connues par l’utilisateur, de se tourner vers un spécialiste du domaine (médecin, thérapeute ou pharmacien) pour s’assurer que leur utilisation est sans risques, et pour respecter les bons dosages et les bonnes voies d’administration. Les indications qui vont suivre n’ont d’ailleurs aucunement valeur de prescription médicale, et sont juste basées sur les usages traditionnels de ces huiles essentielles. Elles sont cependant contre-indiquées pour les enfants de moins de 6 ans, ainsi que pour les femmes enceintes ou allaitantes.

Celles qui sont généralement recommandées sont :
  • Le cyprès de Provence (Cupressus Sempervirens), antitussif de référence agissant spécifiquement contre les toux sèches, car il stimule les glandes à mucines des voies respiratoires, qui vont sécréter du mucus qui viendra tapisser les voies respiratoires, et ainsi protéger du dessèchement et des irritations.
  • L’estragon (Artemisia Dracunculus), qui est un antispasmodique, et va avec l’action du méthylchavicol qu’il contient agir sur les muscles lisses qui créent la toux lorsqu’ils se contractent, en bloquant la transmission nerveuse et en empêchant ainsi cette stimulation musculaire.
  • La lavande fine (Lavandula Augustifolia), puissant antidouleur, dont les molécules de linalol et d’acétate de linalyle font se fixer sur les récepteurs d’opiacés, ce qui permet de bloquer la transmission du message de douleur.
  • L’eucalyptus citronné (Eucalyptus Citriodora), le citronellal étant anti-inflammatoire, ce qui va pouvoir calmer les irritations qui créent le réflexe de toux.
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L’homéopathie

Des solutions homéopathiques sont également efficaces pour traiter le symptôme de toux sèche. Pour autant, il reste important, comme en aromathérapie, de suivre les prescriptions d’un médecin homéopathe, pour respecter les bons dosages et la bonne posologie. Celui-ci aura ainsi besoin de connaître les moments de survenue de la toux, les caractéristiques de la respiration, les douleurs associées ainsi que les facteurs qui aggravent ou qui soulagent la toux, afin d’opter pour la solution qui sera la plus adaptée.

Les remèdes traditionnels

Il est également possible d’utiliser certains "remèdes de grand-mères" pour réussir à se soulager d’une toux d’irritation. Le plus connu d’entre eux reste de consommer du miel pour adoucir la gorge, qu’il est d’ailleurs possible d’associer à un peu de lait. Mais il existe également une recette facile à confectionner, dans laquelle il faut porter à ébullition une cuillère à soupe de miel mélangée au jus d’un citron entier dans de l’eau, et y ajouter ensuite du gingembre râpé, ce qui adoucirait considérablement la gorge. Il est aussi possible d’utiliser directement la préparation pour grog Vitaflor, très largement inspirée de ce remède et qui est déjà prête à l’emploi.

Manger de l’ail cru serait également bienfaisant, car celui-ci a de nombreux effets positifs sur toute la sphère ORL. Assainir son atmosphère contribue aussi à soulager les irritations, ce qui est par exemple possible avec du papier d’Arménie, ou en utilisant directement un assainissant d'atmosphère. Enfin, quel meilleur conseil que de se prémunir à l’avance lorsqu’on sait que l’on est facilement sujet aux rhumes et à la toux lors de la période hivernale, le tout en faisant le plein de vitamines et de chlorure de magnésium pour être moins vulnérable à ces infections.



La toux sèche est donc un symptôme qu’il est important de ne pas prendre à la légère, celle-ci étant la grande majorité du temps associé à une pathologie sous-jacente. Il est indispensable, si elle devient chronique, de consulter rapidement son médecin généraliste pour en détecter l’origine. Dans le cas d’une toux passagère, les solutions sont nombreuses pour la soulager, mais il faut être vigilant si elle se convertit en toux grasse, car le traitement ne sera pas le même.


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