IST : mieux vaut prévenir que guérir

IST : mieux vaut prévenir que guérir
VIH, herpès génital, hépatite B, syphilis, chlamydiose, chaude-pisse... autant de noms qui figurent sur la liste des IST. Sous cette appellation se cachent les Infections Sexuellement Transmissibles. Pour certaines d’entre elles, il existe un traitement, mais d’autres ne peuvent être totalement guéries. La prévention reste donc le meilleur moyen de vous en protéger ainsi que votre partenaire. Pharma GDD fait le point avec vous sur les IST.

Une IST : c'est quoi ?

Anciennement appelées maladies sexuellement transmissibles (MST), les Infections Sexuellement Transmissibles sont causées soit par des bactéries, des virus ou des parasites.

Les IST d’origine bactérienne

  • La chlamydiose
C’est l’IST la plus fréquente chez les femmes de moins de 25 ans. Elle est due à une bactérie appelée Chlamydia trachomatis et elle souvent asymptomatique. Cette infection peut être contractée lors de pénétration vaginale ou anale, mais également par un contact peau à peau entre les sexes des partenaires sans qu’il n’y ait pénétration.

Les premiers signes peuvent apparaitre au bout d’1 à 2 semaines. Ce sont généralement des brûlures, des écoulements, des douleurs, de la fièvre. Parmi les complications, on retrouve la salpingite et surtout le risque d’infertilité liée à une inflammation des trompes. Ces conséquences touchent les femmes, mais les hommes peuvent transmettre la bactérie d’où l’importance du dépistage.

  • La syphilis
Cette IST touche davantage les hommes ayant des rapports avec un ou des partenaires du même sexe. Elle est causée par la bactérie Treponema pallidum qui est responsable de l’apparition d’un chancre (bouton) caractéristique et d’une éruption cutanée entre 2 et 4 semaines après le rapport non protégé.

Diagnostiquée précocement, la syphilis peut être traitée avec des antibiotiques par voie injectable. Ignorée et non prise en charge, elle devient chronique et le risque de transmission augmente. La syphilis peut entrainer des atteintes cérébrales ou oculaires graves.

  • La gonorrhée
Pour désigner cette IST, il existe un grand nombre de termes : blennorragie, chaude-pisse, chaude-lance. Peu importe le nom qu’on lui donne, cette infection est due à une bactérie appelée Neisseria gonorrhoeae.

Les femmes présentent en général peu de symptômes et peuvent donc être infectées sans le savoir. Les hommes ont souvent des manifestations dans les 2 à 7 jours qui suivent la transmission de la bactérie. Cela se traduit par des écoulements anormaux par le pénis, des douleurs et des brûlures en urinant, des douleurs au niveau des testicules et/ou de l’anus et des maux de gorge. Les nouveau-nés peuvent être infectés au moment de l’accouchement et auront des atteintes oculaires.

La gonorrhée se traite par des antibiotiques mais de plus en plus de souches sont résistantes.

Les IST dues à des virus

  • L’herpes génital :
C’est une maladie qui ne peut être totalement guérie : le virus reste toujours en latence dans l’organisme. Il se manifeste lors de crises ou récidives caractérisées par l’apparition de vésicules au niveau des organes génitaux, des douleurs, des sensations de brûlures. Traditionnellement, on attribuait l’herpes génital au virus HSV2 et l’herpès buccal ou bouton de fièvre au HSV1. Cette distinction est de moins en moins vraie avec la banalisation des rapports orogénitaux.

  • L’hépatite B :
Elle est à l’origine de 2500 contaminations en France chaque année. Ses conséquences sont très graves : cirrhose, insuffisance hépatique, cancer du foie. Les premiers signes apparaissent entre 2 et 8 semaines après la contamination. Ils se manifestent sous forme de fatigue, de fièvre, de douleurs musculaires et articulaires, de nausées, de jaunisse et de diarrhée.

  • Le VIH :
Sans doute la plus connue des IST, le VIH est responsable du SIDA. Quinze jours après le rapport sexuel à risque, des signes transitoires comme de la fièvre, une fatigue ou de la diarrhée peuvent apparaitre. Peu caractéristiques, ils sont souvent ignorés et ce n’est qu’après plusieurs mois ou années quand le système immunitaire est affaibli que des symptômes réapparaissent. Même si les traitements ont beaucoup progressé, on ne guérit toujours pas du Sida. Il est donc très important de se protéger et de se faire dépister.

  • Le papillomavirus ou HPV :
C’est le principal facteur de risque du cancer du col de l’utérus. Il est également responsable de condylomes (sorte de verrues) au niveau des organes génitaux ainsi que de lésions pré-cancéreuses. Le dépistage passe par un frottis vaginal et un vaccin existe.

Les IST dues à des parasites


  • La trichomonase est due à un protozoaire qui se place dans les voies urinaires. Elle se manifeste par des écoulements purulents, des brûlures et des démangeaisons. C’est l’une des IST les plus fréquentes chez la jeune femme, qui se traite par des antibiotiques pour les 2 partenaires en même temps afin de diminuer le risque de ré-infestation.

  • Les morpions parfois appelés pou du pubis, se transmettent par contact direct lors des rapports sexuels. Pour en savoir plus sur ces charmantes petites bêtes, vous pouvez vous reporter à notre fiche conseils pour les éliminer.

  • La gale est due à un sarcopte c'est-à-dire un parasite qui se glisse et vit sous la peau des personnes atteintes. Très contagieuse, la gale se transmet lors de contacts étroits et directs entre 2 personnes mais aussi par le partage du linge : vêtements, draps, serviettes, etc…car le parasite survit 48 à 72 heures en dehors de son hôte.

Toutes ces IST se transmettent principalement lors de relations sexuelles non protégées (vaginales, anales ou orogénitales) avec un ou plusieurs partenaires infectés. Certaines peuvent également être transmises par voie sanguine ou de la mère à l'enfant au cours de la grossesse.

Les IST touchent principalement les jeunes. En effet, ils ne se protègent pas toujours correctement, changent plus souvent de partenaire et ont rarement recours au dépistage. A cela s'ajoute la fragilité du col de l'utérus chez les jeunes filles.

Les infections sexuellement transmissibles sont parfois asymptomatiques. C'est pourquoi un dépistage précoce est indispensable pour éviter toute complication. En cas de symptômes (brûlure, rougeurs, démangeaisons), pas d'automédication ! Contactez rapidement votre médecin. La plupart des IST se soignent facilement. Toutefois, elles fragilisent les muqueuses génitales et augmentent fortement le risque d'être contaminé par le VIH.

Comment prévenir les IST ?

Les préservatifs

Le meilleur moyen de se protéger d'une IST est d'utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel. Cette protection barrière n’est pas l’apanage des hommes, il existe également des préservatifs féminins. Les préservatifs doivent être un réflexe à chaque rapport et pour chaque partenaire, quelles que soit ses pratiques sexuelles.

Afin de répondre à toutes les attentes, les fabricants de préservatifs proposent différentes tailles, différentes matières ou textures, des préservatifs aromatisés ou ayant des effets stimulants ou retardants pour pimenter votre vie sexuelle. Il n’y a donc aucune excuse pour ne pas les utiliser.

Pour les rapports orogénitaux comme le cunnilingus ou l’anulingus, il est important de se protéger également grâce à un carré de latex ou digue dentaire. Ces dispositifs sont en vente dans les sex-shops ou sur internet. Ils peuvent également se fabriquer simplement en ouvrant un préservatif sur toute sa longueur.

Rappelons également que les préservatifs sont un moyen de contraception dit barrière et donc vous protègent d’une grossesse non désirée. En revanche, il est important de préciser que ni la pilule, ni la contraception d’urgence ne protègent des IST pas plus que le diaphragme, la cape cervicale ou les spermicides.


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Le dépistage des IST

Le dépistage permet de détecter au plus tôt l'infection pour éviter toute complication. Il doit être effectué régulièrement en cas de partenaires multiples et à chaque fois que l'arrêt du préservatif est envisagé avec un nouveau partenaire régulier. Le test est également recommandé s'il y a eu prise de risques (rapport sexuel non protégé, préservatif défaillant) ou si une grossesse est envisagée.

Le dépistage s'effectue sous forme de prise de sang, de prélèvement local (frottis vaginal pour la femme, prélèvement urétral pour l'homme) ou de prélèvement urinaire. Il peut être réalisé chez un médecin, dans un centre de dépistage ou dans un centre de planning familial.

Il existe désormais des autotests à réaliser à son domicile pour connaître son statut vis-à-vis du VIH.

Le traitement

En cas de dépistage positif, il est important de suivre un traitement adapté, et ce jusqu'à la fin de la prescription. Il faut également prévenir le ou les partenaires pour qu'ils puissent se faire dépister et si besoin, entamer un traitement lui aussi.

N’essayez pas de vous soigner tout seul, une consultation médicale et un suivi approprié sont indispensables. Outre les traitements curatifs quand il y en a, il existe deux types particuliers de traitement préventif pour le VIH.

Il s’agit d’une part de la Prep : c’est un traitement qui s’adresse à des personnes ayant des pratiques sexuelles considérées comme à risques (partenaires multiples, rapports non protégés, etc…) Les conditions d’accès à ces traitements sont bien définies et ils ne sont pas sans effets secondaires, mais représentent une avancée considérable en termes de prévention.

D’autre part, il existe le TPE : un traitement Post Exposition à prendre très précocement après le rapport sexuel à risque (entre 4 et 48 h) et pendant 4 semaines. Il réduit considérablement le risque de contamination, mais ne le supprime pas totalement. De plus, les effets secondaires sont assez lourds.
Pour en savoir davantage sur ces traitements, n’hésitez pas à contacter Sida Info Service au 0800.840.800. C’est un service anonyme et gratuit.

La vaccination

Pour prévenir certaines infections, pensez également à la vaccination. Le vaccin contre l'hépatite B est conseillé dès les premiers mois de vie de l'enfant (3 injections : 2 mois, 4 mois et 11 mois), mais peut être réalisé jusqu'à l'âge de 15 ans (2 injections à 6 mois d'intervalle).

Le vaccin contre le papillomavirus (HPV) est recommandé chez les jeunes filles avant leur première relation sexuelle (entre 11 et 14 ans), mais un rattrapage est possible jusqu’à 19 ans. Il permet de réduire les risques de cancer du col de l'utérus. Désormais, la vaccination est également préconisée chez les garçons ayant des rapports homosexuels. Elle doit être réalisée entre 11 et 26 ans.

Pour en savoir plus sur les symptômes des infections sexuellement transmissibles, n'hésitez pas à consulter notre fiche conseils « IST : les infections les plus fréquentes ».

A retenir :

Les Infections Sexuellement Transmissibles ou IST peuvent être d’origine bactérienne, virale ou parasitaire. Responsables de symptômes plus ou moins graves, elles ne doivent pas être négligées. Une fois dépistées, toutes ne bénéficient pas d’un traitement définitif et la prévention reste la meilleure des protections. Pour ce faire, l’utilisation du préservatif reste indispensable, mais pour certaines une vaccination est possible.