Bouton de fièvre : comment s'en débarrasser ?

Bouton de fièvre : comment s'en débarrasser ?
Le bouton de fièvre désigne ce petit bouquet de vésicules qui apparaît sur le bord des lèvres, qui peut suinter, former une croûte et disparaître en quelques jours. Il est provoqué par le virus de l’herpès. Dès son apparition, on n’a qu’une envie : qu’il disparaisse le plus rapidement possible. En effet, le bouton de fièvre est non seulement inesthétique, mais aussi stigmatisant. Il est également susceptible de transmettre le virus. Malheureusement, l’éliminer définitivement est actuellement impossible. On peut en revanche prévenir la survenue du bouton de fièvre, atténuer la gêne qu’il provoque et le dissimuler. Découvrez les causes du bouton de fièvre, comment le traiter et quels gestes adopter pour limiter le trouble qu’il cause grâce à Pharma GDD !

D’où vient le bouton de fièvre ?

Le bouton de fièvre, aussi appelé « feu sauvage », est le nom donné au bouquet de vésicules se situant à la jonction entre la peau et la lèvre. C’est la manifestation d’une poussée d’herpès labial, un virus.

Une infection par le virus de l’herpès

L’herpès est un virus qui existe sous deux formes différentes, HSV-1 et HSV-2. HSV est l’acronyme de Herpes Simplex Virus. HSV-1 est plus répandu qu’HSV-2. Il touche environ 80 % de la population. HSV-1 contamine de préférence la partie haute du corps et HSV-2 la partie basse. Mais cette distinction n’est pas absolue. Ainsi, l’évolution des pratiques sexuelles, en particulier des rapports oro-génitaux, entraîne une augmentation de la contamination de la zone génitale par HSV-1 et inversement, de la zone oro-faciale par HSV-2. L’herpès est qualifié de génital lorsqu’il a contaminé la zone génitale, et de labial, lorsqu’il concerne la zone de la bouche et des lèvres. Pour en savoir plus sur l’herpès génital, vous pouvez consulter la fiche Herpès génital : le reconnaître et le traiter.

La transmission du virus s’effectue lors de contact peau contre peau ou peau contre muqueuse. Il passe par une rupture dans le revêtement épithélial. Une fois dans le corps, le virus se propage puis trouve un nerf sensitif et remonte jusqu’au ganglion qui lui est rattaché. Là, il se met en sommeil. C’est ce qui explique qu’il est impossible de supprimer définitivement le virus de l’herpès de son organisme.

La première infection par le virus peut se faire sans symptômes, sans signes visibles. Quand elle est symptomatique, cette primo-infection par l’herpès labial engendre une gingivostomatite (une inflammation des gencives et de la muqueuse de la bouche) et des ulcérations sur les lèvres et dans la bouche. Elle s’accompagne d’une hypersalivation et d’une fièvre qui s’atténue après 3 à 4 jours. Les lésions durent, elles, 2 à 3 semaines.

La récidive de l’herpès labial et le bouton de fièvre

Une fois installé dans le ganglion, le virus peut se réveiller et se multiplier. On parle de réactivation. Parfois, ces épisodes donnent lieu à des symptômes visibles. Dans le cas de la zone oro-faciale, elles sont à l’origine du « bouton de fièvre », très contagieux. On parle alors de « récurrences », ou de « poussées » d’herpès. Mais les réactivations ne donnent pas systématiquement lieu à des signes visibles. Lorsqu’elles sont sans symptômes, elles sont qualifiées d’excrétion virale asymptomatique. Une personne ayant une excrétion virale asymptomatique, un réveil du virus sans signes apparents, est néanmoins susceptible de transmettre le virus.

Les personnes contaminées sont inégales face au virus : certaines ne connaîtront jamais de récurrences, d’autres au contraire en subiront plusieurs chaque année. Seule consolation : la fréquence des poussées d’herpès décroît avec l’âge.

La récurrence de l’herpès labial se déroule en plusieurs étapes :

  • elle commence par des démangeaisons, des picotements et une sensation de brûlure sur certaines parties autour de la bouche. Visuellement, on distingue une rougeur. Ce sont des signes avant-coureurs qu’il est important de savoir identifier,
  • entre 6 et 48 heures plus tard, une éruption de vésicules, douloureuse, parfois accompagnée de fièvre, apparaît. Elle est généralement à la jonction entre la peau et la lèvre, plus rarement à d’autres endroits : nez, oreille, joue, menton... Il arrive que ces vésicules fusionnent pour former une bulle. Ces vésicules finiront par se rompre,
  • quelques jours plus tard, des croûtes se forment après rupture des vésicules,
  • ces croûtes finissent elles-mêmes par disparaître sans laisser de cicatrices.
L’ensemble du processus prend entre 7 et 15 jours. C’est un moment difficile à vivre pour la personne qui le subit. Elle se passerait bien de ce bouton de fièvre, signe visible de sa contamination, marque potentiellement stigmatisante en plus d’être profondément inesthétique.

Prévenir une récidive du virus

S’il est impossible de soigner un bouton de fièvre définitivement ni de prévoir précisément la survenue de périodes de réactivation du virus de l’herpès, il est en revanche possible d’agir sur les facteurs favorisant l’apparition de ces récurrences. Ce sont la grippe et la fièvre, le rhume, le froid, les menstruations, l’exposition aux UV, le stress prolongé, la fatigue et l’anxiété. L’extraction dentaire est également un autre facteur de risque de poussée d’herpès. Enfin, une altération des défenses de l’organisme, par exemple suite à la prise d’un traitement immunosuppresseur, conduit à une plus grande fréquence de récurrences. L’idéal est de consigner soigneusement les événements entourant l’apparition des premiers symptômes d’un bouton de fièvre de manière à identifier le ou les facteurs impliqués, et d’agir de façon à les éliminer. Pour contrer le stress et ses effets néfastes, vous pouvez consulter notre fiche Comment gérer son stress ?. La protection contre les UV faisant partie des mesures à prendre contre l’herpès labial, la fiche Comment choisir sa protection solaire ? vous renseignera sur les produits disponibles.

L’hygiène en cas d'herpès labial

Il est essentiel de suivre quelques conseils simples d’hygiène pour éviter de contaminer d’autres personnes lors des épisodes de bouton de fièvre, mais aussi pour ne pas multiplier les zones contaminées.

En effet, l’herpès labial ne cesse d’être contagieux qu’au stade de l’apparition des croûtes et de l’assèchement des vésicules. Avant cette phase, et dès les signes avant-coureurs, le bouton de fièvre est contagieux, en particulier lorsque les vésicules sont rompues et laissent s’écouler leur liquide contenant une grande quantité de virus. Il ne faut pas non plus gratter les croûtes, mais attendre qu’elles tombent naturellement. Un grattage des lésions pourrait conduire à une surinfection bactérienne.

Il vaut mieux s’abstenir de contacts proches, peau à peau ou peau contre muqueuse pendant cette période.

  • Le simple fait d’embrasser une personne pose un risque de transmission du virus de l’herpès. Le contact avec les personnes immunodéprimées, comme par exemple les femmes enceintes, et les enfants en bas-âge, fragiles et moins armés face au virus, doit être évité. Les femmes venant d’accoucher et porteuses d’un bouton de fièvre doivent le couvrir à l’aide d’une compresse et s’abstenir d’embrasser leur enfant pendant la période à risque,
  • Même si le virus ne survit que peu de temps hors du corps, les objets étant rentrés en contact avec le bouton labial sont susceptibles de contaminer d’autres personnes. Ainsi, il est recommandé de ne pas partager le linge de toilette ou les sticks pour les lèvres,
  • Pendant cette période à risque, mieux vaut ne pas pratiquer de sports de contact (rugby, lutte...)
  • Enfin, les rapports oro-génitaux sont également à éviter.
Les mains risquent de transmettre le virus après avoir touché les vésicules. Leur lavage fréquent est donc conseillé. L’hygiène des mains est particulièrement importante. En effet, le virus de l’herpès peut être transporté par les doigts et contaminer d’autres muqueuses du corps que celles de sa zone d’origine (la bouche et les lèvres). C’est l’autocontamination. La plus grave survient lorsque le virus atteint l’oeil ; il est à l’origine d’une kératite herpétique, une infection de la cornée. Le soin porté à l’hygiène des mains est donc fondamental pour les porteurs de lentilles de contact lors des récurrences d’herpès labial. Toujours pour éviter l’autocontamination, il faut éviter de se maquiller sans avoir recouvert le bouton de fièvre à l’aide d’un patch. Le matériel de maquillage pourrait disséminer le virus.

Comment soigner un bouton de fièvre ?

Lorsqu’il apparaît, on n’a qu’une envie : qu’il disparaisse. Divers traitements contre l’herpès labial permettent de limiter la contamination, d’éviter les surinfections, de soulager la douleur et d’améliorer la cicatrisation.

Les traitements en cas de bouton de fièvre

Il consiste à appliquer une pommade antivirale sur la zone touchée. Ce traitement doit être réalisé dès les premiers signes ; il ne faut pas attendre l’apparition des vésicules pour agir. Ces pommades et crèmes destinées à soigner le bouton de fièvre contiennent soit de l’aciclovir, soit du docosanol, soit de l'ibacitabine.


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Une prise d’antiviraux par voie orale (aciclovir, famciclovir ou valaciclovir) est parfois prescrite. La douleur peut être apaisée avec du paracétamol ou à l’aide d’une pommade aux effets antalgiques. La désinfection des vésicules se fait à la chlorhexidine, pas à l’alcool, qui ralentit la cicatrisation, ni à l’éosine qui pourrait masquer une infection. Une crème cicatrisante à appliquer à la fin de la poussée d’herpès complète le processus de guérison.


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Pour les personnes subissant plus de 6 récidives par an, un traitement préventif au long cours est envisageable. Ce traitement consiste en la prise quotidienne de médicaments antiviraux de façon à diminuer la survenue de récurrences.

Les solutions naturelles contre le bouton de fièvre

Les plantes, l’argile et les oligo-éléments offrent des solutions qui permettent de traiter un bouton de fièvre et de réduire les désagréments qu’il provoque. En aromathérapie, l’huile essentielle de Tea tree est réputée pour ses effets antiseptiques – antibactériens, antiviraux et antifongiques. Elle est l’allié idéal pour limiter le développement des vésicules. Les autres huiles essentielles aux propriétés antivirales que l’on peut appliquer sont l’huile essentielle de Niaouli et l’huile essentielle de Ravintsara. L’huile essentielle de menthe poivrée apportera un effet antalgique bienvenue. Enfin, l’huile essentielle de lavande aspic ou fine favorisera la cicatrisation. Ces huiles sont à utiliser diluées dans un gel d’aloe vera et appliquées directement sur la peau. Les huiles essentielles étant potentiellement allergènes et généralement déconseillées pendant la grossesse ou pour les enfants, demandez conseil à votre pharmacien.

En oligothérapie, le zinc et le sélénium sont couramment utilisés comme traitement d’appoint des affections cutanées. Sur le bouton même, l’application de propolis ou d’un cataplasme d’argile aurait des propriétés assainissantes et favoriserait le processus de cicatrisation.

En phytothérapie, l’extrait de pépins de pamplemousse est réputé pour ses effets contre le bouton d’herpès labial. Il s’applique localement, directement sur la peau. Le cyprès et l’échinacée, pris sous forme de comprimés ou de gélules, renforcent les défenses immunitaires, aidant le corps à faire face au virus.

En homéopathie, la prévention des récurrence repose sur les souches Vaccinotoxinum et Rhus toxicodendron. Une fois les premiers signes de l’herpès labial survenus, Vaccinotoxinum doit être continué et associé à Apis. Lorsque les vésicules sont apparues, leur aspect détermine la souche à utiliser. Si elles sont de petite taille, il faudra se tourner vers Rhus toxicodendron. Si les vésicules du bouton de fièvre sont de grande taille, c’est la souche Cantharis qui convient. Si en plus des vésicules, la lèvre est fissurée, il faut prendre Natrum muriaticum. Enfin, les souches Borax et Mezereum sont à prendre si les croûtes s’accompagnent de démangeaisons.


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Les solutions pour le cacher

Vous ressentez les premiers signes d’une poussée d’herpès et vous savez que vous allez être atteint. Inutile de désespérer, des solutions existent pour limiter le développement d’un bouton de fièvre et le dissimuler.

Les gels et patchs

Des patchs et gels ont été mis au point par les laboratoires. Ils sont conçus pour freiner le développement du bouton de fièvre, limiter son expansion, apaiser la peau et favoriser la cicatrisation, voire même prévenir l’apparition d’autres récurrences. Certains, en formant un film à la surface du bouton, construisent une barrière qui limitera les possibilités de transmission et d’autocontamination du virus. Grâce à ces dispositifs, le bouton d’herpès sera moins visible et les douleurs seront réduites.


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Les conseils maquillage

Appliquer une couche de fond de teint suffisamment épaisse pour masquer le bouton de fièvre aura surtout pour effet de lui donner du relief, ce qui attirera le regard sur lui. Le maquillage sur un bouton de fièvre non protégé est aussi un facteur de contamination. Il est impératif d’utiliser un patch ou un gel avant d’appliquer le maquillage. Les gels contre l’herpès labial constituent une base de maquillage efficace. Il suffit d’appliquer le gel, d’attendre qu’il sèche, puis de pratiquer son rituel de maquillage normalement.

Doit-on consulter un médecin ?

En général, les poussées d’herpès labial sont sans gravité. Dans certains cas, elles peuvent néanmoins nécessiter la consultation d’un médecin. Il faut consulter si il n’y a pas de guérison spontanée après 15 jours ou si les récurrences sont fréquentes. Il faut voir un médecin rapidement si :

  • la fièvre qui accompagne la poussée est élevée, ou la douleur est très forte,
  • s’il y a modification de la vision (sensibilité à la lumière, baisse la vue), indiquant une possible infection de l’œil
  • si la récurrence d’herpès frappe une personne immunodéprimée. 
Enfin, si l’herpès labial s’étend sur un eczéma profus, il peut être à l’origine d’un syndrome de Kaposi-Juliusberg : une extension des lésions à la totalité du corps. C’est une situation nécessitant une consultation d’urgence et une hospitalisation. Aucune solution ne permet d’éliminer définitivement le virus de l’herpès. Des études prometteuses laissent espérer la mise au point d’un vaccin. En attendant, face aux récurrences de l’herpès labial, l’adoption de bons gestes d’hygiène et surtout l’application de patchs et de gels permettent de limiter la contamination et l’expansion du virus. Enfin, des solutions pour limiter l’intensité des symptômes et favoriser la cicatrisation sont disponibles.