Cancer du col de l'utérus : causes et prévention

Cancer du col de l'utérus : causes et prévention
Le cancer du col de l’utérus est le douzième cancer le plus fréquent chez la femme en France. Selon les données récoltées par les autorités sanitaires, on dénombre chaque année environ 3 000 nouveaux cas et plus de 1 000 décès en lien avec ce cancer. La principale cause du cancer du col de l’utérus est l’infection par le papillomavirus humain (HPV), un virus transmis par voie sexuelle. Se faire vacciner et réaliser régulièrement un frottis de dépistage sont les deux mesures de prévention recommandées par les instances de santé publique. Pharma GDD vous présente les facteurs favorisants du cancer de l’utérus ainsi que les démarches à suivre pour prévenir son apparition.

Causes et facteurs favorisants

La principale cause du cancer du col de l’utérus est l’infection par le papillomavirus humain (HPV). Ce virus se transmet par contact avec la peau et les muqueuses, essentiellement au cours des rapports sexuels avec ou sans pénétration. Les souches 16 et 18 du virus sont impliquées dans 70 % des cas de cancers de l’utérus. L’infection persiste entre dix et quinze ans avant que le cancer soit diagnostiqué.

L’infection à papillomavirus est très fréquente. On estime que 80 % des femmes y sont exposées au moins une fois au cours de leur vie. Le plus souvent, l’infection guérit spontanément grâce à l’intervention du système immunitaire. Toutefois, dans 10 % des cas, le virus HPV persiste au niveau de la muqueuse du col utérin. Elle entraîne des modifications de l’épithélium (couche superficielle de la muqueuse), signes de lésions précancéreuses.

Des facteurs plus secondaires peuvent augmenter les risques de développer un cancer du col de l’utérus : les rapports sexuels précoces, le fait d’avoir des partenaires multiples, le tabagisme, certaines infections sexuellement transmissibles (chlamydiose, herpès génital), le fait d’avoir eu plusieurs enfants (multiparité), de prendre un traitement immunosuppresseur ou d’être porteur du VIH. Pour réduire les risques, il faut donc veiller à adopter une hygiène de vie saine incluant notamment une alimentation variée et équilibrée, une activité physique régulière et une consommation d’alcool réduite. Ces mesures vous permettront de préserver votre santé globale.

Prévention du cancer du col de l’utérus

Il existe deux méthodes pour prévenir le cancer du col de l’utérus : la vaccination contre le papillomavirus et le frottis de dépistage. Ces étapes sont complémentaires. Elles permettent de limiter les risques d’infection par le HPV et de détecter au niveau du col d’éventuelles anomalies pouvant évoluer vers un cancer.

La vaccination contre le papillomavirus

Le vaccin HPV s’adresse à toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans. Un rattrapage est possible entre 15 et 19 ans révolus, sachant que le vaccin est plus efficace lorsque les jeunes filles n’ont pas encore été exposées à un risque d’infection. Deux vaccins peuvent être utilisés : un vaccin bivalent, qui protège contre les souches 16 et 18 du papillomavirus ; un vaccin quadrivalent qui agit sur les souches 6, 11, 16 et 18. Ils ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l’un doit être achevée avec le même vaccin.

Si le vaccin est réalisé entre 11 et 14 ans, deux injections sont réalisées à six mois d’intervalle. En revanche, si la vaccination concerne une jeune fille âgée de 15 à 19 ans, trois injections sont nécessaires et suivent le schéma suivant : la deuxième injection est réalisée un à deux mois après la première (cela dépend du type de vaccin) et la troisième est effectuée six mois après la première.

Pris en charge par l’Assurance maladie et par la plupart des mutuelles, le vaccin HPV peut être fait par un médecin, un infirmier ou une sage-femme. Il est également possible de se faire vacciner contre le papillomavirus au sein d’un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), d’un centre de planification familiale et dans certains centres de vaccination publics.

Le frottis de dépistage

Se faire vacciner ne protège pas contre toutes les infections à HPV, c’est pourquoi il est important de réaliser régulièrement un frottis de dépistage. Cet examen est la meilleure façon de lutter contre le cancer de l’utérus. Son objectif est de détecter la présence d’éventuelles lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent en cancer. Le frottis permet une prise en charge précoce et contribue à augmenter le taux de guérison. Un programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus est en place depuis 2018 et concerne toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans. Son but est de réduire le nombre de cancers ainsi que la mortalité. Il vise aussi à améliorer l’information, la qualité de suivi et de soins. Ce programme est une garantie pour les femmes d’un accès égal au dépistage.

Le premier frottis est réalisé à l’âge de 25 ans, suivi d’un deuxième l’année suivante. Si les résultats sont normaux, le dépistage s’effectue ensuite tous les trois ans. Dans l’intervalle, il est important de surveiller les signes d’alerte (douleurs anormales, saignements après les rapports ou en dehors des règles) et de consulter un médecin.

Simple, rapide et indolore, le frottis de dépistage du cancer de l’utérus est un examen qui peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Vous pouvez également vous rendre dans un laboratoire d’analyses médicales avec une prescription. Le frottis se déroule de la manière suivante : après la mise en place d’un spéculum dans le vagin pour en écarter les parois, le professionnel de santé prélève des cellules au niveau du col de l’utérus grâce à une espèce de grand coton-tige ou d’une petite brosse. Le prélèvement est déposé sur une lame de verre ou glissé dans un tube hermétique avant d’être adressé à un laboratoire pour lecture et interprétation. Les résultats sont finalement transmis au professionnel de santé qui a réalisé le frottis. S’ils font suspecter une anomalie, des examens complémentaires devront être effectués.

Symptômes du cancer du col de l’utérus et diagnostic

Le cancer du col de l’utérus est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules du col de l’utérus. Dans la grande majorité des cas, ce sont des carcinomes qui apparaissent au niveau de l’épithélium. 85 % des cancers touchent l’exocol, la partie du col qui s’ouvre sur le vagin. 15 % touchent l’endocol, la partie supérieure qui rejoint le corps de l’utérus.

Quels sont les symptômes du cancer du col de l’utérus ?

Le cancer du col de l’utérus peut être découvert grâce à un frottis de dépistage ou, plus tardivement, quand des signes anormaux se manifestent. À un stade précoce, le cancer n’entraîne pas de symptômes particuliers. Les femmes doivent alors se montrer vigilantes et surveiller l’apparition de certains signaux d’alarme :
  • des saignements vaginaux survenant après les rapports sexuels ;
  • des saignements vaginaux spontanés en dehors des règles ;
  • des douleurs au moment des rapports sexuels ;
  • des pertes vaginales inhabituelles ;
  • des douleurs dans le bas-ventre ;
  • des douleurs lombaires.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer du col de l’utérus et peuvent être liés à une autre pathologie. Il ne faut pas les négliger et consulter un médecin pour écarter tout risque de cancer.

Comment le cancer de l’utérus est-il diagnostiqué ?

Différents examens peuvent être réalisés afin de prélever des fragments de tissus au niveau du col. Ces prélèvements sont ensuite analysés, ce qui permet d’infirmer ou de confirmer le diagnostic de cancer et de définir le type de cellules cancéreuses.

La colposcopie

La colposcopie est un examen qui consiste à observer la surface du vagin et du col de l’utérus à l’aide d’un spéculum et d’un colposcope, sorte de loupe équipée d’une lumière à son extrémité. Le geste est effectué par un gynécologue. Il procède à une biopsie pour prélever un ou plusieurs échantillons de tissus sur le col. Lors de l’examen, la femme peut ressentir de l’inconfort, mais cela ne dure que quelques minutes. Dans les jours qui suivent, il est fréquent d’observer de légers saignements vaginaux et des crampes semblables à des douleurs menstruelles.

La conisation du col de l’utérus

Aussi appelée « biopsie conique », la conisation du col est un examen visant à prélever un fragment de tissu de forme conique. Elle est préconisée pour les lésions plus difficiles d’accès qui ne peuvent pas être prélevées par une colposcopie. La conisation se déroule sous anesthésie loco-régionale ou générale, au sein d’une structure de chirurgie ambulatoire. Dans certains cas, cela suffit à retirer la totalité des cellules cancéreuses. Aucun autre traitement n’est alors nécessaire, mais la patiente bénéficie d’une surveillance renforcée pour prévenir le risque de récidive. Durant deux à quatre semaines après la conisation, la femme peut avoir de légères crampes et des saignements vaginaux et ressentir de l’inconfort. Les relations sexuelles et l’utilisation de tampons sont déconseillées durant cette période.

Les examens complémentaires

D’autres examens peuvent être demandés pour déterminer si le cancer concerne uniquement le col de l’utérus ou s’il s’est étendu à des organes proches, voire à des organes plus éloignés (métastases). Une IRM du pelvis est généralement réalisée, mais aussi, selon les cas :
  • une tomographie par émission de positions (TEP), qui permet d’observer la répartition des cellules cancéreuses après l’injection d’un traceur (produit faiblement radioactif) dans le sang ;
  • une cystoscopie (examen de la vessie par endoscopie) ;
  • une rectoscopie (examen du rectum par endoscopie).

Un bilan sanguin adapté à chaque patiente et au traitement envisagé est également effectué.

Ce qu’il faut retenir

Provoqué par une infection persistante au papillomavirus, le cancer du col de l’utérus est le douzième cancer le plus courant chez la femme. Il ne provoque pas de symptômes particuliers au début de son évolution, ce qui retarde parfois sa prise en charge. Deux mesures de prévention existent : la vaccination contre le virus HPV et les frottis de dépistage réguliers. Cela permet de détecter des lésions précancéreuses et de traiter le cancer le plus tôt possible pour augmenter les chances de guérison. Si vous recherchez plus d’informations sur ce type de cancer, n’hésitez pas à vous renseigner auprès des structures dédiées comme la Ligue contre le cancer ou l’Institut national du cancer. De nombreuses associations sont également mobilisées, à l’image de l’association 1 000 femmes 1 000 vies. Dans tous les cas et quel que soit votre âge, assurez-vous d’avoir un suivi gynécologique régulier.

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