La Salpingite : que faire en cas d’inflammation des trompes ?

  • Par Myriam Gorzkowski, mis à jour le 19/05/2022 à 09h05, publié le 12/05/2022 à 17h05
  • Temps de lecture : ~ 0 minutes
La Salpingite : que faire en cas d’inflammation des trompes ?
La salpingite est une inflammation d’une trompe de Fallope chez la femme, causée par une IST qui passe inaperçue dans 50 à 70% des cas. C'est pour cela qu’elle est fréquemment diagnostiquée lors d'un bilan pour stérilité, dont elle peut être la cause. Cette inflammation peut laisser des séquelles à long terme, telles qu'une infertilité, un risque accru de grossesse extra utérine et des douleurs pelviennes chroniques. Elle peut engendrer un abcès pelvien ou une péritonite, pouvant aller jusqu'à une septicémie, une infection du sang. Pharma GDD fait la lumière sur cette infection fréquente dont les complications peuvent être évitées. Pour cela, nous vous présentons les divers symptômes annonciateurs et expliquons quelles sont les solutions pour la traiter et la prévenir.


Qu’est-ce que la salpingite ? 




Source : https://clinique-croix-du-sud-toulouse.ramsaysante.fr

La salpingite signifiant en grec ancien trompette droite, est une inflammation d'une ou des deux trompes de Fallope apparaissant chez la femme vers 25 à 30 ans. Les trompes de Fallope participent à la captation de l'ovule à la sortie de l'ovaire. La fécondation de l'ovule par les spermatozoïdes s'effectue en général dans l'ampoule tubaire, la partie de la trompe la plus éloignée de l'utérus. L'ovule fécondé est ensuite transporté à destination de la cavité utérine où il s'implante en vue de la nidation. Ces trompes mesurent entre 7 et 8 centimètres de long et sont prolongés par les pavillons tubulaires. Cette infection utéro-annexielle est assez fréquente et s'avère potentiellement grave. Une infection de l'utérus peut provoquer une inflammation d'une ou des trompes de Fallope, leur obturation et une stérilité. 

L'origine de la Salpingite

La Salpingite est souvent la conséquence d'une infection génitale basse sexuellement transmissible qui survient chez la jeune femme sans enfant avec un risque de stérilité. Les infections sexuellement transmissibles (IST) tels que la gonorrhée (à bactéries gonocoques) appelée « chaude-pisse » et Chlamydiae. Le temps d'incubation de l'IST aux Chlamydiae est d'une à trois semaines, entre le temps où on est contaminé et la période durant laquelle la maladie peut se déclarer et être diagnostiquée.

Quels sont les facteurs de risque de la salpingite ?

La salpingite connait plusieurs facteurs de risques comme :
  • Le tabagisme, le port d'un stérilet ou encore les actes chirurgicaux gynécologiques engendrant une infection nosocomiale comme des bactéries streptocoques et staphylocoques. Un curetage ou une IVG peuvent également provoquer la salpingite. 
  • La salpingite peut être due à des entérobactéries vivant dans le tube digestif comme Escherichia coli et des entérocoques. 
  • Le bacille de la tuberculose peut lui aussi être à l’origine d’une salpingite. On parle d'endométriose tuberculeuse qui amène à des séquelles gynécologiques graves altérant le potentiel de fertilité des patientes.
  • La bilharzie ou schistosome originaire des régions tropicales et intertropicales est un ver d'eau douce vivant dans ces zones qui provoque aussi une infection parfois responsable d'une salpingite.
  • La salpingite peut être également causée par une vie sexuelle aux partenaires multiples avec des rapports non protégés, un antécédent d'IST, une urétrite, c'est-à-dire une infection de l'urètre.

Quels sont les symptômes de la salpingite ? 

Il n'est pas toujours simple de détecter une salpingite, car dans de nombreux cas, nous avons affaire à des formes asymptomatiques ou peu, souvent en présence de l'infection à Chlamydia. Elle est généralement découverte par hasard lors d'un bilan de stérilité. La gonorrhée, à l'inverse est plus aisément détectable, facilitant le diagnostic et donc la prescription du traitement. 

Les symptômes se caractérisent par des douleurs pelviennes plus ou moins intenses latérales ou bilatérales en fonction du nombre de trompes touchées. Des signes d'irritation du péritoine comme les nausées, les vomissements, des troubles du transit, de météorisme peuvent se manifester. 

Des troubles urinaires comme une pollakiurie et des brûlures lors de la miction sont aussi possibles.

Elle provoque également une fièvre élevée au-dessus de 39° C mêlée à des frissons et un état de fébrilité. 

La salpingite peut engendrer une douleur de l'hypochondre droit situé sous le diaphragme et les côtes flottantes. Cela s'appelle le syndrome de Fitz-Hugh-Curtis. Cette cause rare de douleur de l'hypochondre droit se caractérise par une périhépatite secondaire révélant une infection génitale haute.

Elle est susceptible de provoquer une dyspareunie profonde, c’est-à-dire une douleur chronique lors des rapports sexuels ainsi qu’un écoulement sous forme de perte blanche non sanglant provenant du vagin. La couleur de la sécrétion vaginale peut varier de laiteuse à verdâtre.

Quel examen clinique permet le diagnostic ?

L'examen gynécologique met en évidence des leucorrhées purulentes, des signes de vulvite, de vaginite et de mycose vaginale ou de cervicite. En cas de stérilet posé, il sera peut-être nécessaire de l'ôter en fonction de la gravité de l'infection. Le toucher vaginal est accompagné de la palpation abdominale entrainant une douleur majorée lors de la mobilisation utérine. Les culs-de-sac (de Douglas) latéraux (recto-utérins) sont douloureux et empâtés et le volume de l'utérus est augmenté et s'avère douloureux. 

D'autres examens complémentaires sont effectués dont l'analyse de la Beta HCG pour vérifier qu'il n'y a pas de grossesse extra utérine. La vérification de la présence de germes dans les prélèvements bactériologiques, une sérologie des IST et une échographie endovaginale vont permettre de confirmer le diagnostic en cas de présence d'un aspect d'abcès annexiel. Enfin, une hystérosalpingographie par cœlioscopie va mettre en évidence les trompes par injection d'iode pour effectuer un bilan lésionnel des trompes de Fallope.

Certains symptômes peuvent amener à un diagnostic différentiel. En effet, la salpingite peut être confondue avec une grossesse extra utérine avec la fièvre en plus. La douleur fébrile aiguë en fosse iliaque droite peut amener à penser à l'appendicite. Les troubles fonctionnels urinaires fébriles et les symptômes digestifs peuvent s'apparenter à la pyélonéphrite aiguë. 

La salpingite peut aussi être assimilée à des infections génitales comme l'endométriose ou des kystes de l'ovaire ou encore une cervicite, une infection du col de l'utérus. Cette dernière se manifeste par un col de l'utérus rouge qui saigne facilement, des leucorrhées mucopurulentes, de couleur jaune-vert. Enfin, une occlusion intestinale possède certains symptômes similaires à la salpingite. C’est pourquoi son diagnostic est souvent retardé. 

Quel est le traitement en cas de salpingite ?

Une hospitalisation peut être nécessaire en fonction de la gravité de la pathologie. Des antibiotiques, des anti-inflammatoires, une mise au repos des ovaires via une contraception et un bilan IST ainsi qu'un dépistage et un traitement pour le partenaire. En effet, Chlamydiae peut provoquer une urétrite, une prostatite, une infection des testicules et une stérilité chez l'homme.
En présence d'une salpingite compliquée, une hospitalisation sera nécessaire pour réaliser un traitement antibiotique par voie intraveineuse et drainer l'abcès par une ponction lors d'une échographie. Une opération peut aussi être envisagée par cœlioscopie. Cela s'effectue en introduisant un tube fin par une petite incision dans la paroi abdominale.

Quelles peuvent être les complications graves d’une salpingite ?

L’obturation d’une trompe ou des trompes se manifeste par un phimosis tubaire, due à un accolement des franges pavillonnaires d'origine infectieuse. Un liquide purulent dans la trompe est appelé hydrosalpinx ou pyosalpinx, c'est-à-dire abcès de la trompe. Ces obturations sont traitées par chirurgie.

Le syndrome Fitz-Hugh-Curtis est une périhépatite qui peut devenir chronique avec des exacerbations et des rémissions intermittentes.

L'abcès tuboovarien est le résultat d'une quantité de pus présent dans les annexes de l'appareil sexuel féminin, se développant chez environ 15% des femmes qui ont une salpingite. Cela est souvent la conséquence d'un retard thérapeutique ou d'un traitement incomplet lié à une salpingite aiguë ou chronique. La fièvre et des douleurs péritonéales l'accompagnent et s'avèrent sévères. Une masse de pus peut être palpable et extrêmement douloureuse. Cet abcès peut se rompre et entrainer des symptômes progressivement sévères, voire un choc septique.

La péritonite, c'est-à-dire une infection de la membrane qui recouvre les organes situés dans la cavité abdominale, peut également arriver en cas d’abcès. Cette complication fait partie des urgences chirurgicales, car l'évolution peut être rapidement mortelle. Sans traitement, elle se transforme en septicémie, une colonisation de bactéries dans le sang, mettant la vie de la personne atteinte en danger.

Quelles sont les conséquences à la suite d’une salpingite ?

La salpingite peut engendrer des traumatismes sous forme de cicatrices fibreuses gênant l'avancée des spermatozoïdes dans le tube utérin et entrainer également une grossesse extra utérine. Lorsque la trompe de Fallope est abîmée, l'œuf fécondé y reste bloqué et se développe hors de l'utérus. Les cicatrices fibreuses vont également gêner la nidation. Un ovule est fécondé dans la trompe de Fallope et va s'implanter ensuite dans l'utérus. Si la trompe est rétrécie ou obstruée, l'ovule fécondé est incapable d'atteindre l'utérus. C'est ainsi que l'ovule fécondé s'installe dans les tissus à l'extérieur de l'utérus. Il est alors urgent de procéder à une intervention chirurgicale afin de retirer le fœtus et le placenta. Cette grossesse extra utérine n'est pas viable, car les tissus à l'extérieur de l'utérus ne peuvent fournir l'apport sanguin nécessaire. Le fœtus finit par mourir. La structure contenant le fœtus se rompt généralement après 6 à 16 semaines, entrainant une hémorragie sévère pouvant mettre la vie de la femme en danger.

La salpingite peut récidiver, voire devenir chronique engendrant des douleurs pelviennes. La salpingite va réduire les chances de concevoir un enfant. Le risque d'infertilité est estimé à 10% après un premier épisode de salpingite, 25 % après un deuxième épisode et 50% après le troisième. 

Comment prévenir la salpingite ?

La meilleure prévention de la salpingite est l'usage systématique du préservatif féminin ou masculin à chaque rapport sexuel en cas de multiplicité de partenaire. Le préservatif masculin est pris en charge par l'Assurance maladie depuis le 10 décembre 2018. La délivrance en pharmacie d'officine s'effectue sur présentation d'une ordonnance.


L'hygiène intime est très importante. Il est nécessaire de l'effectuer 1 à 2 fois par jour et de se limiter à une toilette externe, au niveau de la vulve sans nettoyer l'intérieur du vagin. En d'autres termes, il vaut éviter les douches vaginales, car le vagin s'autonettoie. 

L'usage d'un savon doux non parfumé ou d'un produit de toilette intime respectant la muqueuse et la flore vaginale sont les plus adaptés. Les antiseptiques moussants vont être trop agressifs et neutraliser et/ou fragiliser le microbiome, favorisant de ce fait la prolifération des mauvaises bactéries. Il faut penser à bien sécher la vulve après le lavage.


Il est impératif de changer de gant et de serviette de toilette à chaque lavage, car ils sont propices à l'humidité et à la prolifération microbienne. Il ne faut évidemment pas partager son gant ou sa serviette de toilette avec un membre de sa famille.
Aux toilettes, il faut s'essuyer toujours d'avant en arrière pour éviter de véhiculer les germes de l'anus vers le vagin. L'hygiène intime de l'homme est aussi très importante. En cas de négligence de toilette quotidienne, les microbes en provenance de l'anus ou transportés au cours des rapports sexuels peuvent se développer dans le prépuce, la peau qui recouvre le gland.
En cas d'utilisation d'un diaphragme, il est indispensable de le laver à l'eau savonneuse sans désinfectant, le rincer et le sécher après chaque utilisation.
 

À retenir

Personne n’est à l’abri d’une infection sexuellement transmissible, mais des solutions peuvent l’éviter comme le port du préservatif, une hygiène intime quotidienne à l’aide de produits adaptés à la muqueuse. La salpingite est le plus souvent asymptomatique, mais en cas d’écoulements inhabituels ou encore de douleurs pelviennes, il faudra consulter d’urgence un médecin pour établir un diagnostic et avoir un traitement adapté. Cette inflammation provoquée par une IST est une cause d’infertilité et de grossesse extra utérine. Il sera important de vérifier le bon fonctionnement de l’appareil génital féminin via des examens plus poussés comme une hystérosalpingographie pour mettre en évidence l’absence d’obturation des trompes. 
contact_support expand_less