Quelles sont les principales zoonoses ?

  • Par Myriam Gorzkowski, mis à jour le 24/11/2022 à 12h11, publié le 25/08/2022 à 17h08
  • Temps de lecture : ~ 0 minutes
Quelles sont les principales zoonoses ?
Les zoonoses désignent les nombreuses maladies qui passent des animaux aux hommes. Elles peuvent être transmises de plusieurs façons, piqûres, morsures, manipulations d'animaux, consommation de viande ou poisson crus ou insuffisamment cuits, de lait non pasteurisé ou d'eau contaminée. Les types d'agents pathogènes peuvent être des bactéries, des parasites, des champignons et des virus. Pharma GDD vous présente les principales zoonoses pouvant apparaître et engendrer de graves conséquences sur la santé.

Qu’est-ce qu’une zoonose ?

Les zoonoses sont des maladies ou des infections qui se transmettent des animaux vertébrés (hôte réservoir) à l'homme et inversement. Certains agents pathogènes se transmettent via un contact direct entre l'homme et l'animal. C'est le cas du virus de la rage ou de la grippe aviaire. D'autres contaminations ont lieu par l'intermédiaire de l'environnement, via l'eau pour les bactéries et les virus entériques ou le sol comme le tétanos ou la maladie du charbon. Certaines infections circulent par la consommation d'aliments d'origine animale contaminés ou par les déjections comme les salmonelles, le toxoplasme ou encore le ver parasite anisakis. Enfin, d'autres zoonoses sont transmises par l'intermédiaire d'un arthropode vecteur, c'est-à-dire des insectes tels que les moustiques ou les tiques. Cela va entrainer la maladie de Lyme ou le virus West Nile.
Certains pathogènes d'origine zoonotique peuvent être transmis directement d'homme à homme sans passer par l'animal. Ce pathogène à l'origine zoonotique a muté, c'est le cas de certains virus de la grippe ou de coronavirus responsables de rhumes saisonniers.

Les principales zoonoses

Il existe plusieurs zoonoses pouvant toucher diverses zones du corps humain comme le système digestif, respiratoire, hépatique ou encore nerveux et ces maladies peuvent être d’origines bactériennes, virales, fongiques ou encore parasitaires.

Les zoonoses touchant le système digestif

La salmonellose

La salmonellose est une zoonose d’origine bactérienne causée par des Entérobactéries du genre Salmonella (enterica, bongori). Son réservoir principal est l'animal qu'il soit domestique ou sauvage. Il se loge dans le tube digestif des mammifères de type porcs, bovins, chines, chat et rongeurs, des oiseaux comme les volailles domestiques, mais aussi les animaux aquatiques de type mollusques et poissons. Ce n'est pas tout, les reptiles, tortues et iguanes, des animaux exotiques, sont également concernés. La contamination de la Salmonella dans l'environnement se fait par les animaux infectés, dans les pâturages, les sols et l'eau. La transmission à l'homme se fait par l'ingestion des aliments contaminés crus ou peu cuits.

L’anisakiase 

Anisakis est un genre de nématodes parasites qui passe des poissons aux mammifères marins. Ils peuvent infecter les êtres humains et provoquent l'anisakiase. Les œufs éclosent dans l'eau de mer et les larves sont mangées par des crustacés, faisant d'eux le premier hôte intermédiaire. Le crustacé infecté est mangé à son tour par une deuxième hôte intermédiaire de type poisson, céphalopode comme la seiche ou le calamar. Le parasite nématode creuse dans la paroi de l'intestin et s'enkyste à l'intérieur d'une enveloppe protectrice. Le cycle parasitaire s'achève lorsque le poisson infecté est mangé par son hôte définitif comme un mammifère marin tel que la baleine, le dauphin, le phoque ou encore un oiseau de mer.  La contamination se fait par la consommation de poisson cru ou insuffisamment cuit infecté pouvant provoquer une réaction allergique dont l'organisme produit des immunoglobulines E spécifiques et engendre parfois un choc anaphylactique. L'anisakis provoque des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements dans les heures qui suivent l'ingestion des larves. Une masse inflammatoire peut se former dans l'intestin grêle avec des symptômes qui rappellent ceux de la maladie de Crohn. Le diagnostic se fait à l'aide d'une endoscopie haute permettant aux patients de tousser les larves et les amener pour analyse. Le traitement se fait par ablation endoscopique de la masse des larves associée à un traitement par l'albendazole par voie orale pendent 6 à 21 jours. Il faut une cuisson supérieure à 63° C, une congélation à -20° C durant 7 jours pour tuer les larves peuvent résister à la saumure, au salage et au fumage.

Ebola

Ebola est une zoonose d’origine virale connue sous le nom de fièvre hémorragique Ebola. Cette maladie contagieuse grave touche les humains et les primates. Elle se transmet à l'humain par le contact direct avec des tissus, du sang et d'autres liquides biologiques ou excrétions d'un humain ou d'un animal infecté. Le réservoir naturel d'Ebola n'est pas encore confirmé, mais il semblerait que les roussettes (chauves-souris frugivores) pourraient être des hôtes naturels du virus et considérées comme le réservoir animal principal. Ce virus datant de 1976 a été détecté chez les grands singes et les singes, la petite antilope. Le contact peut se faire avec une muqueuse ou une plaie sur la peau. Les symptômes de la maladie apparaissent sous 2 à 21 jours après l'infection par le virus. De la fièvre, des frissons, une fatigue importante, des douleurs musculaires et des maux de tête apparaissent. D'autres symptômes peuvent suivre comme des vomissements, des diarrhées, des rougeurs sur le corps et des saignements externes (nez, gencives) ou internes (ecchymoses, sang dans les urines ou dans les selles). La personne infectée devient davantage contagieuse à mesure que la maladie évolue, car les divers liquides qu'elle perd lorsque les symptômes s'aggravent sont infectés, comme le sang, les vomissements, la diarrhée et l'urine. Le tiers des personnes infectées par le virus Ebola peuvent présenter des hémorragies à plusieurs endroits de leurs corps. Le traitement consiste à soulager les symptômes. Des traitements et des vaccins sont en phase d'expérimentation et en attente d'homologation pour le moment.

Les zoonoses touchant le système respiratoire

La grippe aviaire et la grippe porcine

La grippe aviaire ou porcine sont la conséquence de contacts directs ou indirects avec des volailles contaminées vivantes ou mortes. Les oiseaux aquatiques, sauvages et même domestiques sont également un réservoir de ce type d'infections. La grippe aviaire tout comme la grippe porcine sont des virus grippaux zoonotiques chez l'homme engendrant des infections bénignes des voies respiratoires supérieures, provoquant de la toux et de la fièvre, mais entraînent également une pneumonie grave, un choc septique, un syndrome de détresse respiratoire aigu, voire le décès. Cela peut aussi amener à une conjonctivite, des symptômes gastro-intestinaux, une encéphalite et une encéphalopathie. Certains antiviraux de type inhibiteurs de la neuraminidase sont utilisés pour réduire la durée de réplication du virus et améliorer les chances de survie. La prévention, l'hygiène, les gestes barrières aident à réduire la propagation.   

Les coronavirus 

Les coronavirus sont une famille de plusieurs virus qui touchent plusieurs espèces de mammifères et d'oiseaux, pouvant pour certains se transmettre à l'homme et muter leur permettant de changer d'hôte. Ils ont la capacité d'évoluer rapidement par des modifications de leur matériel génétique qui mute fréquemment. Ils touchent principalement les systèmes respiratoires et digestifs. Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) se transmet par les gouttelettes de salive et du contact des objets contaminés. L’animal réservoir est la chauve-souris et l'hôte intermédiaire est la civette. Les symptômes des coronavirus SARS-Cov sont la fièvre, les frissons, la toux, la gêne respiratoire, un essoufflement, un malaise général.

Les zoonoses touchant le foie

L'échinococcose

L'échinococcose alvéolaire est une zoonose d’origine parasitaire cosmopolite liée à une infection par la larve d'un cestode, Echinococcus multilocularis. L'agent pathogène est une larve d'un ver de la famille des Taeniidae (ver plat). Le ver adulte est localisé dans les intestins des hôtes définitifs, principalement le renard où il libère des œufs qui sont évacués dans l'environnement par les déjections. Les hôtes intermédiaires sont les rongeurs qui ingèrent accidentellement les œufs de parasites en consommant des végétaux souillés par des excréments infestés. Les œufs ingérés donnent naissance à une larve d'échinocoque qui se développe dans la région du foie ou des poumons qui se transforment en ver clôturant le cycle de l'échinocoque en libérant des vers dans l'intestin devenant rapidement adultes. Les rongeurs et micro-mammifères comme les campagnols hôtes sont rapidement victimes de leurs prédateurs, à savoir les carnivores tels que les renards, les chiens ou les chats. L'homme est l'hôte intermédiaire dit accidentel lorsqu'il ingère les œufs microscopiques du parasite présents sur des végétaux infestés comme les légumes, les champignons ou les baies sauvages, en particulier les myrtilles et les mûres. Cela arrive également lorsqu'il porte à sa bouche des mains contaminées par les œufs récents sur le pelage d'animaux porteurs comme les chiens et les chats. Il n'y a pas de contamination interhumaine. La contamination entraîne rarement une maladie et reste asymptomatique durant une période allant jusqu'à 10 à 15 ans. Les symptômes révélateurs de la maladie sont une augmentation du volume du foie, des douleurs abdominales ou une jaunisse. Le diagnostic se fait à l'occasion d'examens d'imagerie via une échographie, un scanner ou une IRM réalisés pour d'autres causes. Une chirurgie ou une ponction permettant d'enlever le kyste, est associée à un traitement médicamenteux antiparasitaire antihelminthique (albendazole ou praziquantel). 

La grande douve du foie

La grande douve du foie (Fasciola hepatica) est un ver plat parasite infectant le foie et les voies biliaires des herbivores ruminants, les ovins et les bovins, mais pouvant occasionnellement contaminer l'homme. Cette maladie parasitaire est suspectée d'être une zoonose réémergente pourrait être la conséquence du dérèglement climatique. Responsable de la fasciolose, la douve vit dans les canaux biliaires se nourrissant de tissu hépatique. Elle grandit et pond ses œufs qui sont ensuite évacués avec les selles. Son cycle de développement nécessite plusieurs stades dont un mollusque d'eau douce et un hôte définitif, un ruminant. L'homme est accidentellement contaminé en consommant des végétaux sauvages comme le cresson, la mâche ou le pissenlit crus ou mal cuits. L'incubation est d'une à deux semaines pour ensuite provoquer une pathologie hépatique montrant un gros fois douloureux, une infection bactérienne de la bile engendrent une obstruction des voies biliaires avec alternance de diarrhée et de constipation et de légères phases d'ictère. S'en suivent une asthénie, un amaigrissement et une anémie. Il faut savoir qu'une douve peut vivre dix ans dans les voies biliaires. La fasciolose peut aboutir à des complications graves de type hémorragiques, hématome sous-capsulaire ou cirrhose biliaire secondaire. Pour soigner la phase d'invasion de la fasciolose, un traitement antihelminthique, un puissant vermifuge est administré. Dans certains cas, une cholangiopathie rétrograde va permettre de retirer les douves. Après le traitement, les signes cliniques disparaissent en 3 à 6 mois.

La Leishmaniose

La leishmaniose humaine tout comme la leishmaniose du chien est une maladie chronique qui peut affecter la peau et/ou les viscères. Cette zoonose est transmise par la piqûre de phlébotomes, une espèce de moustiques des zones tropicales ou équatoriales. Cette maladie zoonotique est commune au chien et à l'humain. La leishmaniose viscérale est une forme sévère de la maladie, car les parasites ont migré dans les organes vitaux. La leishmaniose tégumentaire dite cutanée se présente sous forme de lésions ulcérées développées au point de piqûres des phlébotomes. Le réservoir serait le rat, le paresseux, le gondi (rongeur). La leishmaniose cutanée est la forme la plus fréquente. Elles guérissent en quelques mois laissant des cicatrices particulièrement importantes. En cas de forme viscérale, elle entraîne une anémie et provoque une augmentation du volume de la rate pouvant devenir plus grosse que le foie. Lorsque la leishmaniose est diffuse, elle provoque des lésions cutanées étendues semblables à la lèpre
Le traitement se fait par de l'antimoine et du pentostam. La leishmaniose résistante aux médicaments peut être traitée via l'immunothérapie qui vise à stimuler le propre système immunitaire du malade pour éliminer le parasite. Plusieurs vaccins sont en cours de développement pour le moment. La seule solution préventive est d'utiliser des répulsifs moustiques performants lorsqu'on se rend dans des zones infectées.

Zoonose touchant le système nerveux

La listériose

La listériose est une zoonose d’origine bactérienne transmise par voie alimentaire. Elle affecte principalement les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les personnes âgées. L'agent pathogène est Listeria monocytogenes, une bactérie présente dans le sol, l'eau, les végétaux qui s'avèrent pathogènes pour les animaux et l'homme. Elle résiste aux environnements salés et se développe même en température de réfrigération. Seule la haute cuisson peut la détruire. Son réservoir est l'ensilage mal conservé et peu acidifié, le tube digestif des animaux tels que les porcs, les bovins, les ovins et les volailles, qu'ils soient malades ou porteurs asymptomatiques. La principale transmission à l'homme est l'ingestion d'aliments contaminés. La transmission par voie materno-fœtale, c'est-à-dire de la femme enceinte au fœtus. Plus rare, la transmission directe par voie cutanéo-muqueuse peut se faire au cours des mises bas assistées par les vétérinaires et les éleveurs. La listériose se manifeste par une gastro-entérite fébrile, des formes cutanées ou de muqueuses. Un traitement peut se faire par antibiothérapie. La forme dite invasive se manifeste par une bactériémie et une infection du système nerveux central. La transmission materno-néonatale provoque des infections ostéoarticulaires, biliaires ou endovasculaire, un avortement, un accouchement prématuré ou une infection néonatale. 

La toxoplasmose

La toxoplasmose est une infection due à un parasite unicellulaire appelé Toxoplasma gondii. Ce parasite pond des œufs uniquement dans les cellules qui tapissent l'intestin du chat (hôte réservoir) qui sont ensuite éliminés par les excréments. À l'air libre, des formes mobiles mutent en 1 à 5 jours qui sont à leur tour ingérées par les divers animaux. Elles se propagent alors dans les tissus et forment des kystes dans les nerfs et les muscles qui se retrouvent ensuite dans la viande que l'on consomme. La transmission à l'homme se fait par les aliments contaminés comme la viande crue ou peu cuite, les fruits et légumes crus souillés par la terre et mal rincés. Une personne en bonne santé peut présenter les symptômes d'une grippe : fièvre légère, douleurs musculaires, fatigue et ganglions enflés. La toxoplasmose peut être dangereuse si elle touche une personne immunodéprimée comme les patients atteints du VIH, d'un cancer ou sous traitement immunosuppresseur qui ont subi une greffe. Cette infection provoque une inflammation cérébrale se manifestant par un état de faiblesse, une pneumonie, une confusion, des symptômes neurologiques sévères, des convulsions, voire un coma. Si l'infection survient en début de grossesse, elle peut entraîner des anomalies importantes du développement du fœtus, voire une fausse couche. Lorsqu'elle a lieu plus tard dans la grossesse, les troubles du développement des yeux peuvent survenir. Le nouveau-né peut également présenter une jaunisse, une augmentation de la rate et du foie et des convulsions. Un retard mental, une perte de la vue, voire de l'audition peuvent arriver dans de rares cas. Le traitement de première intention se fait par l'association pyriméthamine et sulfadiazine, couplée à la prise d'acide folique. Concernant la femme enceinte, un traitement antibiotique et anti-inflammatoire adapté est mis en place. Une interruption médicale de grossesse peut être recommandée par le médecin face à des lésions graves du fœtus. Après la naissance, l'enfant est suivi de manière rapprochée jusqu'à l'adolescence pour dépister d'éventuelles complications au niveau du système nerveux ou des yeux.

La maladie de Lyme

La maladie de Lyme est transmise par les tiques du genre Ixodes, des acariens parasites infectées par la bactérie Borrelia. Les tiques vivent dans les zones humides et boisées comme les broussailles, les tapis de feuilles mortes, les prairies, les hautes herbes et les forêts. L'homme peut se faire mordre par une tique qu'il faut enlever au plus vite à l'aide d'un tire-tique. Un érythème migrant se situe au niveau de la morsure. Les premiers symptômes de la maladie commencent par une fièvre modérée, des céphalées et des douleurs articulaires. Quelques mois plus tard, la seconde phase provoque des nodules de couleur rouge violacé indolores qui se développent sur les lobes et les pavillons des oreilles, des mamelons et du scrotum. Des douleurs articulaires, des manifestations comme une inflammation des méninges et une atteinte motrice périphérique ou une paralysie du nerf facial ainsi que des atteintes ORL, hépatiques, oculaires et musculaires peuvent apparaître. Enfin, la troisième phase de la maladie se manifeste par des atteintes neurologiques et articulaires. La maladie de Lyme peut être évitée grâce à un traitement antibiotique administré le plus tôt lorsque la tique est ôtée. Celui-ci va éliminer la bactérie. Lorsque la maladie est avancée, un traitement antibiotique par voie intraveineuse est effectuée. Les mesures de prévention contre la maladie de Lyme résident dans l’utilisation de répulsifs anti-tiques. Il sera également conseillé d’éviter les lieux où elles sont présentes.

Le Virus du Nil

Le Virus du Nil (West Nile Virus) est un arbovirus qui se transmet principalement par des moustiques. Cette zoonose d’origine virale provient des oiseaux (réservoir principal) et peut aussi infecter l'homme et le cheval qui sont des hôtes accidentels. La transmission se fait entre oiseaux et moustiques ornithophiles, principalement Culex. Le moustique se contamine en se nourrissant sur des oiseaux infectés. Il transmet ensuite le virus à un autre oiseau ou accidentellement à l'homme ou le cheval. L'homme et le cheval possèdent une quantité trop importante de sang dans l'organisme en comparaison aux oiseaux. De ce fait, la quantité de virus dans le sang est insuffisante pour infecter le moustique lors d'une piqûre et ne permet pas la transmission de la maladie. La période d'incubation dure entre 2 et 6 jours, mais peut-être de 2 à 14 jours. Majoritairement asymptomatique, un syndrome pseudo-grippal peut être associé à une éruption cutanée. Le virus peut être à l'origine d'atteintes neurologiques comme la méningite, l'encéphalite et la méningoencéphalite, une paralysie flasque ou un syndrome de Guillain-Barré. Le syndrome de Guillain-Barré est une affection rare dans laquelle le système immunitaire du patient attaque les nerfs périphériques. Cette polyneuropathie provoque une faiblesse musculaire qui s'aggrave en quelques jours, voire quelques semaines puis revient lentement à la normale de manière spontanée. On suspecte une réaction auto-immune qui attaque la gaine de myéline qui entoure le nerf et permet aux impulsions nerveuses d'être transmises rapidement ainsi que la partie du nerf qui envoie des messages, que l'on appelle axone.
Ces formes neuro-invasives peuvent entraîner de graves séquelles et même être mortelles. Il n'existe pas de traitement antiviral contre le West Nile Virus. Seule une prise en charge en fonction des symptômes est effectuée. Des mesures préventives contre les moustiques sont conseillées comme les vêtements couvrants, les répulsifs, des anti-moustiques spécial tissus et les diffuseurs électriques et les moustiquaires.

La Dengue

La dengue ou grippe tropicale est une zoonose d’origine virale causée par la piqûre d’un moustique Aedes pouvant se compliquer en formes hémorragiques. La dengue classique apparaît brutalement sous 2 à 7 jours d'incubation par l'apparition de forte fièvre souvent accompagnée de céphalées, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires associés à une éruption cutanée semblable à la rougeole. Ces symptômes se résorbent sous 3 jours pour s'intensifier ensuite engendrant des hémorragies conjonctivales, des saignements de nez et des ecchymoses avant de régresser au bout d'une semaine. La guérison fait suite à une convalescence de 15 jours. Seuls des médicaments contre la fièvre et les douleurs sont utilisés contre ces symptômes. L'aspirine et les AINS sont contre-indiqués pour éviter tout risque hémorragique. Seuls les répulsifs, le port de vêtements longs et amples réduit les risques de piqûres. La dengue peut évoluer en formes graves : la dengue hémorragique et la dengue avec syndrome de choc qui est létale. La forme hémorragique est extrêmement sévère. La fièvre persiste et les hémorragies de type gastro-intestinales, cutanées et cérébrales, des douleurs abdominales surviennent. Chez les enfants de moins de quinze ans l'état de choc hypovolémique s'installe fréquemment. Il s'agit d'un refroidissement, d'une moiteur de la peau et d'un pouls imperceptible signalant une défaillance circulatoire, qui sans perfusion, entraîne la mort.

Le paludisme

Le paludisme également appelée malaria est une zoonose parasitaire transmise par les piqûres de moustiques anophèles. Malgré le traitement préventif contre le paludisme, les parasites ont montré une forme de résistance et les moustiques craignent de moins en moins les répulsifs. Un vaccin accordé par l’OMS peut être administré aux enfants dans les zones à risques depuis fin 2021. Le moustique vecteur pique, le parasite migre vers le foie par le sang, où il amorce sa division. En quelques jours des milliers de nouveaux parasites sont libérés dans le sang et colonisent les globules rouges qui poursuivent leur multiplication jusqu'à éclatement des globules. Des symptômes grippaux sont associés à des nausées, des vomissements, une diarrhée et une toux. Sueurs, tremblement et somnolence sont au rendez-vous. Un œdème pulmonaire, une insuffisance rénale et hépatique, la rupture de la rate, une anémie sévère et une hypoglycémie peuvent apparaître tout comme une atteinte cérébrale nommée neuropaludisme. Cela se caractérise par un délire, une perte de connaissance, un coma, voire le décès. Le traitement préventif antipaludéen et l’utilisation de répulsifs aident à se protéger du paludisme.

La Fièvre jaune

Le virus de la Fièvre Jaune est transmis à l'homme par la piqûre de moustiques Aedes Haemogogus et aegypti. Il infecte également des singes en forêt où persiste une contamination moustique-singe-moustique. La fièvre jaune débute après 3 à 6 jours d'incubation avec de la fièvre, des frissons, des douleurs musculaires et des céphalées. Semblable à une grippe, une dengue ou un paludisme, elle peut présenter des formes graves. Au bout de 3 jours, une rémission passagère précède l'apparition d'un syndrome hémorragique avec vomissement de sang noirâtre, un ictère qui donne son nom à la maladie (jaune) et des troubles rénaux, de type albuminurie. Une phase de délire, de convulsion et un coma précèdent la mort dans 20 à 60 % des cas. Seule la prévention vaccinale, la réhydratation et des médicaments pour soulager la fièvre, les vomissements et la douleur sont utilisés. Le vaccin contre la fièvre jaune est la seule vaccination obligatoire pour les voyageurs qui se rendant en zone endémique intertropicale d'Afrique ou d'Amérique du Sud.

Le chikungunya

Le chikungunya est zoonose d’origine virale transmise par des moustiques Aedes albopictus et aegypti dits moustiques tigres provoquant une fièvre et des douleurs articulaires avec des complications sévères. Le chikungunya est une infection invalidante qui entraîne des atteintes articulaires au niveau des poignets, des doigts, des chevilles et des pieds. Chikungunya signifie « qui marche courbé en avant » illustrant la posture adoptée par les personnes infectées en raison d'intenses douleurs articulaires. Cela peut également toucher les genoux, les hanches et les épaules. À cela s'associent des maux de tête, de la fièvre et une éruption cutanée au niveau du tronc et des membres, une inflammation des ganglions lymphatiques cervicaux et une conjonctivite. Des formes neurologiques graves de type méningo-encéphalites et un affaiblissement du système immunitaire peuvent aussi apparaître. L'atteinte articulaire peut subsister ou devenir chronique durant plusieurs mois, voire des années.

Le Zika
Le Zika est une zoonose d’origine virale transmise par des moustiques, mais aussi par voies sexuelles. Cette maladie dont les symptômes souvent bénins peut provoquer des anomalies congénitales en cas d'infection pendant la grossesse. Les symptômes sont ceux d'un état grippal : fièvre, maux de tête et courbatures, avec des éruptions cutanées et se manifestent dans les 3 à 12 jours qui suivent la piqûre de moustique. Cette maladie provoque peu de symptômes et la guérison spontanée apparaît sous 2 à 7 jours. Dans certains cas plus sévères, le Zika se manifeste par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux ainsi qu'un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre est peu élevée et transitoire. Aucun traitement antiviral spécifique, ni de vaccin actif sur le virus Zika n'existe. Seul des antalgiques contre la douleur et la fièvre sont prescrits. Il faudra éviter l'utilisation d'aspirine et des AINS. Il sera recommandé de boire beaucoup d'eau pour éviter la déshydratation. Des complications neurologiques dont le syndrome de Guillain-Barré et des malformations congénitales, incitant à une vigilance spécifique pour les femmes enceintes en cas d'épidémie. Le virus Zika peut provoquer une microcéphalie chez les nouveau-nés en cas d'infection chez la femme enceinte.

La leptospirose

La leptospirose est une zoonose d'origine bactérienne provoquée par la bactérie Leptospira interrogans. Le principal vecteur et animal réservoir sont les rongeurs, en particulier les rats. Cette maladie bactérienne est provoquée par les leptospires naturellement présents dans l'organisme des rongeurs et dans leurs urines, la cause de la contamination dans l'environnement. Elle est capable de survivre jusqu'à 6 mois dans l'eau douce et les sols boueux. Les leptospires peuvent infecter les animaux d'élevage comme les chevaux, les bovins et les porcs. L'auto-contamination se fait ensuite dans les troupeaux et même auprès des chiens. La contamination chez l'humain se fait via le contact d'un animal infecté, lors d'une morsure, par inhalation de gouttelettes ou à l'occasion d'une baignade en eau douce. Les bactéries pénètrent dans l'organisme via la peau lésée comme les coupures, les plaies, la muqueuse des yeux, du nez et de la bouche. La majorité des cas sont bénins. Cependant, il existe des formes sévères nécessitant une prise en charge en milieu hospitalier. Il faut environ 8 jours après la contamination pour que les leptospires rejoignent la circulation sanguine, les organes et les tissus. Elles attaquent en premier lieu le foie, les reins et le système nerveux entraînant des lésions à cause des toxines produites par les bactéries et les réactions immunitaires déclenchées par l'organisme. Les formes graves sont la forme ictéro-hémorragique et la maladie de Weil entrainant une péricardite ou une myocardie, des signes neurologiques, des convulsions et parfois le coma. Des facteurs aggravants comme la dénutrition, l'alcoolisme et le déficit immunitaire augmentent le risque de contracter ces formes sévères. Dans ce cas de figure, on a affaire à une attaque multiviscérale avec hémorragie, insuffisance rénale aiguë nécessitant une dialyse en urgence. Le traitement se fait par antibiothérapie, sous amoxicilline, céphalosporine et cyclines. Il faudra un traitement d'un mois et une hospitalisation en service de réanimation pour la forme sévère.

À retenir

Comme vous pouvez le constater, il existe une multitude de zoonoses. Il est important de connaître les différentes mesures de prévention pour éviter d’être contaminé. Ne pas s’approcher des animaux sauvages, vivants ou morts, ne pas ramasser de fruits ou des végétaux à terre et nettoyer correctement les légumes du jardin en les rinçant avec du vinaigre dilué dans l’eau. La viande ou le poisson doivent être suffisamment cuits. Enfin, l’utilisation de répulsifs aide à se protéger des divers moustiques vecteurs de maladies pouvant être très graves. En cas de piqûres, de symptômes vous faisant penser à une zoonose, il est impératif de consulter un médecin.