Rougeole : symptômes, prévention et traitement

Rougeole : symptômes, prévention et traitement
La rougeole est une pathologie d’origine virale extrêmement contagieuse. On en parle souvent comme d’une maladie infantile car ce sont essentiellement les jeunes enfants qui sont touchés. Cependant, il est possible de la contracter à l’adolescence et à l’âge adulte si l’on n’a pas été vacciné. Les symptômes de la rougeole sont facilement identifiables et peuvent, chez les sujets particulièrement fragiles, entraîner des complications donnant lieu à une hospitalisation. Comment le virus se transmet-il ? Quels sont les signes qui doivent vous alerter ? Est-il possible d’éviter la rougeole ? Comment se soigne-t-elle ? Les pharmaciens de Pharma GDD répondent à toutes ces questions et vous donne les clés pour limiter la propagation de la maladie.

D’où vient la rougeole et comment se transmet-elle ?

La rougeole est une infection virale qui se manifeste après la contamination par un paramyxovirus du genre morbillivirus. Ce virus circule entre les individus et pénètre dans les voies respiratoires, où il peut se multiplier librement avant de se répandre dans le reste de l’organisme en se servant de la circulation sanguine comme moyen de transport. Une personne touchée par le virus de la rougeole est alors susceptible de le transmettre dans son entourage proche. On estime qu’un malade peut contaminer entre 15 et 20 personnes.

La propagation de cette maladie se fait par le biais de gouttelettes de salive issues des voies respiratoires des personnes atteintes. Ces gouttelettes peuvent être propulsées dans l’air ambiant lors de toux, d’éternuements, de mouchages ou se transmettre lors de contacts directs avec des mains ou des objets souillés. Une personne qui contracte la rougeole est contagieuse pendant une période allant de cinq jours avant le début de l’éruption cutanée jusqu’à cinq jours après l’apparition de ce symptôme caractéristique.

Quels sont les symptômes de la rougeole ?

La période d’incubation en cas de rougeole est d’environ dix jours. La maladie se divise ensuite en deux phases. Les premiers symptômes peuvent durer entre trois et quatre jours et sont ensuite suivis d’une éruption cutanée.

Les premiers signes

La rougeole se manifeste d’abord par une atteinte des voies respiratoires. On peut ainsi observer chez les malades des écoulements du nez (rhinite) et une toux souvent intense. Ces symptômes sont associés à une conjonctivite avec larmoiement, gonflement des paupières, rougeur des yeux et photosensibilité. Une grande fatigue (asthénie) ainsi qu’une forte fièvre pouvant grimper jusqu’à 39-40 ° C font également partie des symptômes de la rougeole. Juste avant que ne survienne l’éruption cutanée, il est fréquent de voir apparaître des taches blanchâtres semblables à des grains de sable sur les faces intérieures des joues. Il s’agit du signe de Köplik, un symptôme typique de la rougeole mais qui n’est pas toujours présent.

L’éruption cutanée

Le signe qui permet généralement de confirmer le diagnostic de la rougeole est l’éruption cutanée. Elle se caractérise par l’apparition de petites taches très rouges légèrement surélevées. Cette éruption est descendante et touche dans un premier temps le visage : arrière des oreilles, front, joues. Les taches gagnent le cou et le haut du corps pour finir sur les pieds environ trois jours plus tard. Au cours de cette éruption, la personne touchée par la rougeole reste fébrile et très fatiguée. La rhinite et la conjonctivite disparaissent progressivement mais la toux peut persister jusqu’à la fin de la maladie. Les taches sur la peau se résorbent spontanément après une semaine. Au total, la rougeole dure une dizaine de jours et le malade est ensuite immunisé à vie.

Des complications possibles

Dans près de 30 % des cas, la rougeole peut entraîner des complications, notamment chez les individus fragiles comme les nourrissons âgés de moins d’un an, les adolescents et les adultes immunodéprimés. Ces complications peuvent être d’un niveau de gravité variable. Ainsi, les complications les moins sérieuses sont l’otite aiguë (surtout chez le nourrisson), la laryngite et la diarrhée. Des complications beaucoup plus sévères peuvent nécessiter une hospitalisation :
  • pneumonie (6 % des cas) avec difficultés respiratoires ;
  • kératoconjonctivite avec atteinte grave de l’œil et perte de la vue ;
  • atteinte du foie ou des reins ;
  • complication neurologique telle que l’encéphalite (1 cas sur 1 000), se traduisant par une fièvre très élevée, des maux de tête, des troubles de la conscience pouvant entraîner des séquelles importantes ou le décès de la personne touchée.

Chez la femme enceinte, la survenue de la rougeole est très préoccupante car elle peut être responsable d’une pneumopathie chez la future mère, d’anomalies fœtales, d’une naissance prématurée voire du décès in utero. Lorsque la femme enceinte contracte la rougeole à la fin de sa grossesse, il y a alors un risque de rougeole néonatale.

Le traitement de la rougeole

Il n’existe pas de traitement de la rougeole à proprement parler. Etant due à un virus, les antibiotiques ne sont pas nécessaires et ne présentent aucune utilité. La prise en charge repose avant tout sur le traitement de la fièvre. Une surveillance médicale est également importante en raison du risque de complications. Les médecins qui diagnostiquent la maladie chez leurs patients sont dans l’obligation de le signaler aux autorités sanitaires afin que des mesures préventives puissent être mises en place rapidement dans le but d’éviter une épidémie de rougeole. De même, si votre enfant est atteint, vous devez informer immédiatement la crèche, l’assistante maternelle ou l’école et le garder au domicile jusqu’à ce que la phase de contagion soit terminée.

Comment traiter la fièvre ?

La fièvre est un phénomène tout à fait normal en cas d’infection et se traduit par une hausse de la température corporelle au-delà de 38 ° C. Elle est le signe que l’organisme se défend contre le virus. Si elle est bien tolérée, la fièvre ne nécessite pas de traitement particulier. Certains gestes simples permettent de lutter contre l’inconfort qu’elle entraîne : ne pas trop se couvrir, bien s’hydrater et aérer les pièces de la maison.

La rougeole entraîne toutefois une fièvre très intense, jusqu’à 40 ° C, qui peut alors être soulagée par la prise de médicaments antipyrétiques à base de paracétamol ou d’ibuprofène. Il est possible d’alterner les deux uniquement dans le cas d’une température supérieure à 38,5 ° C. En-dessous, le paracétamol seul est suffisant. Chez l’enfant à partir de trois mois, le dosage doit être adapté au poids :
  • pour le paracétamol, il est conseillé un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises soit environ 15 mg/kg toutes les six heures OU 10 mg/kg toutes les quatre heures ;
  • pour l’ibuprofène, il est possible de donner entre 20 et 30 mg par kilo et par jour, à répartir en trois ou quatre prises soit au maximum 10 mg/kg toutes les huit heures ou 7,5 mg/kg toutes les six heures.

Pour faciliter le dosage des médicaments, privilégiez les formes pédiatriques comme les sachets, les cuillères mesures ou les pipettes graduées. La prise de comprimés ou de gélules est à éviter chez l’enfant en-dessous de six ans car elle expose à un risque de fausse route. Si l’enfant est déshydraté à cause d’une diarrhée ou de vomissements importants, ne lui donnez pas d’ibuprofène. Dans tous les cas, ne donnez jamais d’aspirine à votre enfant sans un avis médical préalable. Ce médicament peut entraîner une maladie rare mais grave : le syndrome de Reye.

La rougeole qui survient chez l’enfant de moins de trois mois nécessite une consultation chez un médecin dans les plus brefs délais. Pour traiter la fièvre, seul le paracétamol est indiqué.

Traiter les symptômes associés et les complications

La rhinite qui survient au début de la rougeole peut être facilement traitée par des lavages de nez réguliers à l’aide de sprays isotoniques. En cas de conjonctivite, il est recommandé de nettoyer les yeux avec du sérum physiologique et des compresses stériles à usage unique. S’il y a surinfection par une bactérie, le médecin pourra prescrire un traitement antibiotique local en complément.


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Si la rougeole se complique et provoque une otite, un examen des tympans sera réalisé pour déterminer le traitement adéquat, en tenant compte de l’âge du malade. Une pneumopathie grave et des symptômes neurologiques nécessitent généralement une hospitalisation et un traitement plus important et ciblé.

Renforcer les mesures d’hygiène

Si vous avez connaissance de cas de rougeole dans votre entourage proche ou si vous êtes vous-même atteint, il convient d’adopter des mesures d’hygiène plus poussées pour limiter la propagation du virus et réduire le risque d’épidémie. Le lavage des mains à l’eau et au savon, de préférence liquide, est le premier geste essentiel à réaliser avant et après chaque contact avec une personne ayant contracté la rougeole. Il est également primordial de bien se laver les mains avant de préparer les repas, après avoir pris les transports en commun ou avoir toussé en se couvrant la bouche de la main. Apprenez à votre enfant à effectuer ce geste correctement pour qu’il en prenne l’habitude et pensez à avoir toujours avec vous un gel hydroalcoolique, très utile si vous n’avez pas accès à un point d’eau avec du savon. Évitez les serviettes en tissu, qui emprisonnent les microbes, et préférez le papier absorbant à usage unique.

Si vous toussez ou éternuez, veillez à bien vous couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir jetable que vous mettrez ensuite dans une poubelle munie d’un couvercle. A défaut, utilisez votre manche, au niveau du pli du coude, et apprenez à votre enfant à faire de même. Le port du masque est également un très bon moyen d’éviter la propagation du virus de la rougeole.

Au quotidien, nettoyez les objets utilisés par la ou les personne(s) malade(s) à l’aide de lingettes désinfectantes : téléphone, clavier d’ordinateur, jouets, poignées de portes, etc. Ne partagez pas les objets de la vie quotidienne, notamment les couverts et les verres. Chaque jour, aérez les pièces de votre intérieur pendant au moins 10 minutes afin de renouveler l’air. Dans l’idéal, la température doit être maintenue à 19 ° C. Enfin, n’oubliez pas d’informer votre entourage familial, social et professionnel si vous pensez avoir été en contact avec le virus de la rougeole. Cela leur permettra de prendre des mesures préventives et de vérifier s’ils ont été vaccinés.


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L’importance de la vaccination

Le meilleur moyen de se protéger de la rougeole est de se faire vacciner. En France, la couverture vaccinale est encore insuffisante, ce qui explique le fait que le virus circule activement. Ainsi, entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2016, plus de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés, dont près de 15 000 sur la seule année 2011. L’épidémie se résorbe progressivement depuis fin mai 2018.

Pour éradiquer complètement la maladie, il faudrait que 95 % de la population soit immunisée. C’est pourquoi les autorités sanitaires ont rendu le vaccin contre la rougeole obligatoire pour tous les bébés nés à partir du 1er janvier 2018. Chez les enfants nés plus tôt, les adolescents et les adultes qui n’auraient pas été vaccinés, il est possible de procéder à une vaccination de rattrapage. Si vous êtes nés après 1980, vous avez normalement reçu deux doses de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et êtes donc protégé contre ces trois maladies pour toute votre vie.

En pratique, deux injections sont nécessaires pour qu’un enfant soit protégé contre la rougeole. La première doit être effectuée à l’âge de douze mois et la seconde entre seize et dix-huit mois OU entre douze et quinze mois si l’enfant est gardé au sein d’une collectivité avec d’autres enfants. Un délai d’un mois entre les deux injections doit être respecté.

La vaccination contre la rougeole consiste à provoquer une réaction de l’organisme pour qu’il produise lui-même ses défenses contre le virus. La personne vaccinée est ainsi immunisée et ne tombera pas malade si elle entre en contact avec des personnes contaminées. Le vaccin protège également contre les oreillons et la rubéole, deux autres maladies infantiles. Il est bien toléré et ne fragilise pas l’organisme. En outre, le vaccin ROR est intégralement pris en charge par l’Assurance maladie pour tous les enfants âgés de un à dix-huit ans.

Attention toutefois, le vaccin contre la rougeole est contre-indiqué dans certaines situations : grossesse, allergie à l’un des constituants, déficit immunitaire. En cas de fièvre, d’infection ou de maladie, le médecin peut choisir de reporter la vaccination. Enfin, chez les femmes jeunes qui viennent de se faire vacciner, il est nécessaire de prendre une contraception durant les deux mois qui suivent l’administration du vaccin pour éviter toute grossesse.

Ce qu’il faut retenir

La rougeole est une maladie encore courante et causée par un virus qui circule dans l’air. Elle est très contagieuse et se transmet par le biais de gouttelettes de salive dispersées par les malades. Les symptômes de la rougeole sont divers : rhinite, conjonctivite, forte fièvre, fatigue et éruption cutanée. Le traitement repose principalement sur la prise en charge de la fièvre par la prise de paracétamol ou d’ibuprofène. Il est aussi possible de soigner la rhinite et la conjonctivite par des lavages réguliers du nez et des yeux. Pour limiter la propagation du virus de la rougeole, il est primordial de renforcer les mesures d’hygiène au quotidien. La vaccination reste le seul moyen d’éviter la maladie. Elle est désormais obligatoire pour tous les nourrissons et vivement recommandée pour les personnes qui n’auraient pas reçu le vaccin dans l’enfance.