Leishmaniose chez le chien : symptômes, traitement et prévention

Leishmaniose chez le chien : symptômes, traitement et prévention
La leishmaniose est une maladie fréquente chez le chien dans le Sud de la France. Elle est due à un parasite transmis par un petit moucheron appelé phlébotome. Pharma GDD vous décrit les symptômes qu’elle provoque ainsi que le diagnostic et le traitement de la leishmaniose. Enfin, nous aborderons les différents moyens de protéger votre chien.

La leishmaniose : qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une maladie due à un parasite, un protozoaire, qui affecte surtout les chiens et les hommes. C’est pour cela qu’on parle de zoonose. Elle est transmise par la piqûre d’un tout petit moucheron : le phlébotome. En France, elle est essentiellement présente sur le pourtour du bassin méditerranéen même si on observe une augmentation dans le Sud-Ouest et dans les pays de Loire en raison du réchauffement climatique. Pour se développer correctement, les leishmanies ont en effet besoin d’une température comprise entre 18 et 22°C et préfèrent les régions peu ventées.

Cependant des cas sont répertoriés dans tout l’Hexagone en raison des mouvements de population. Votre chien peut être infesté quand vous vous rendez en vacances dans une zone endémique. Des phlébotomes peuvent se retrouver plus au nord de leur foyer d’habitation grâce aux moyens de transport (train, avion, voiture) qu’ils empruntent comme voyageurs clandestins.

La transmission par le phlébotome

Le phlébotome est surtout actif entre avril et octobre. Il sert de réservoir au parasite. C’est la femelle qui pique pour se nourrir. Lors de ce repas sanguin sur un chien porteur de leishmaniose, elle va ingérer des parasites qui vont se transformer chez cet hôte. Lors du repas sanguin suivant sur un autre animal, elle va transmettre les leishmanies qui se seront regroupées au niveau de sa trompe.

La transmission peut également se faire de chien à chien soit lors de l’accouplement soit lors de la gestation : la femelle transmet alors par voie sanguine, les leishmanies à sa portée.

La leishmaniose affecte 1 million de chiens en France, cette maladie est donc très fréquente et ancienne puisque décrite pour la première fois en 1913 à Marseille.

Les phlébotomes piquent aussi les humains mais on ne recense que moins de 50 cas par an de leishmaniose déclarée en France. En revanche dans le monde, cela concerne plus d’un million de personnes avec 20 à 30000 décès chaque année. Elle se déclare principalement chez des individus immunodéprimés ou vivants dans des conditions précaires.

Les symptômes de la leishmaniose

Ils n’apparaissent pas immédiatement après la contamination mais dans les 2-3 mois qui suivent. Certains auteurs rapportent même des délais de plusieurs années. La maladie se manifeste d’abord par un chancre d’inoculation souvent sur des zones dépourvues de poils comme l’intérieur des oreilles ou le bout du museau juste avant la truffe : le chanfrein. Cela se traduit par une surélévation rouge qui s’ulcère et devient croûteuse, elle est cernée d’un bourrelet œdémateux.  Ce chancre disparaît généralement au bout de six mois. Ensuite, seuls certains chiens exprimeront la maladie. Il semblerait que les boxers soient plus touchés que les autres races.

Les signes généraux

Il s’agit d’une dégradation de l’état général. Les maitres traduisent souvent cela en disant que leur compagnon à quatre pattes « a pris un coup de vieux ». Il ne joue plus, dort beaucoup et à l’air triste. On observe également une fonte musculaire qui commence au niveau de la tête puis sur l’ensemble du corps, ce qui renforce l’aspect de vieux chien.

Les signes cutanés

On retrouve une perte de poils importante notamment autour des yeux : cela forme comme des lunettes. Des pellicules de taille importante sont généralement présentes. Des nodules et des ulcérations au niveau des muqueuses sont fréquemment observés. Cela peut entrainer des saignements de nez assez impressionnants et très caractéristiques. Les coussinets ainsi que la truffe peuvent être crevassés ou présentés des lésions crouteuses. De gros ganglions sont rapportés dans près de 90% des cas tandis que la taille des ongles augmente de façon inconsidérée, on parle alors d’ongles de fakir.

Les signes oculaires

Dans 15% des cas, ils peuvent être isolés c’est pourquoi leur interprétation est très importante pour le diagnostic de la leishmaniose. Il s’agit le plus souvent d’une atteinte des paupières ou blépharites, de conjonctivites, de kératite, d’uvéite pour lesquels des soins locaux seront nécessaires en plus du traitement de la leishmaniose. On peut aussi retrouver des granulomes sur la paupière ou la membrane nictitante. Plus rarement, un glaucome peut apparaître conduisant à terme à rendre le chien aveugle.


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Les autres atteintes

On peut avoir une augmentation du volume de la rate, du foie et une atteinte des reins. Dans ce cas, le chien boit davantage et urine plus et plus souvent. Les muscles, les articulations, les nerfs, les organes reproducteurs peuvent à des degrés divers être touchés et provoquer des symptômes très variables ou être responsables de complications comme des boiteries. D’un point de vue biologique, l’électrophorèse des protéines montre une protidémie élevée et on note une anémie.

Le diagnostic de la leishmaniose

Le vétérinaire peut être orienté vers ce diagnostic si votre chien vit ou a séjourné dans une zone endémique de la leishmaniose et qu’il observe un certain nombre de signes cliniques chez le chien. Cependant cela ne permet pas de poser un diagnostic avec certitude, car les manifestations ne sont pas caractéristiques. Il faudra donc avoir recours à la biologie qui permet de mettre en évidence soit le parasite lui-même soit des anticorps qui sont la trace de sa présence.

La recherche des leishmanies se fait sur un prélèvement de moelle osseuse ou d’un ganglion hypertrophié. On peut également réaliser une ponction de rate sous contrôle échographique afin d’éliminer la possibilité d’une tumeur. Mais selon une étude sur 87 chiens pourtant infectés par la leishmaniose, seuls 61% des résultats des prélèvements osseux étaient positifs.

On peut alors avoir recours à la sérologie. Réalisée en laboratoire, elle utilise la technologie d’immunofluorescence directe qui est très sensible et spécifique. En revanche, les résultats sont peu reproductibles d’un laboratoire à l’autre et il est donc préférable dans le suivi de l’animal que les prélèvements soient toujours analysés par le même établissement.

Il existe désormais des tests de diagnostic rapide qui permettent d’avoir un résultat fiable pour s’assurer qu’un chien n’est pas atteint avant de le vacciner.

Ces tests permettent de mesurer la réaction immunitaire de l’animal et non pas la présence de leishmanies. Il se peut donc qu’ils soient négatifs au tout début de l’infestation ou à l’inverse encore positifs alors qu’il n’y a plus de leishmanies chez un chien traité.

La PCR est une technique de multiplication d’ADN qui permet de détecter la leishmaniose alors que la sérologie était négative. Cependant pour être interprétable correctement, il faut une PCR quantitative et remettre les résultats obtenus dans le contexte clinique.

Le traitement de la leishmaniose chez le chien

Le traitement de base de la leishmaniose est de l’antimoniate de méglumine sous forme injectable par voie sous-cutanée. Son mode d’action est mal connu, mais on suppose qu’il agirait en inhibant certaines enzymes des leishmanies. On observe une rémission des symptômes chez 50 à 80 % des chiens touchés par la leishmaniose et ils sont beaucoup moins infectieux pour les phlébotomes. Ce traitement n’est pas indiqué chez le chien en insuffisance rénale.

L’allopurinol associé ou non à l’antimoniate de méglumine est utilisé depuis une quinzaine d’années dans le traitement de la leishmaniose. Il est administré par voie orale. Il agit en remplaçant dans l’ARN des leishmanies l’hypoxanthine empêchant ainsi toute synthèse protéique.

Cette association constitue le traitement de référence à l’heure actuelle. Le traitement d’attaque dure 50 jours au bout desquels les symptômes ont généralement disparu mais les leishmanies sont encore présentes et si on arrête le traitement il y aura des récidives.

Selon les symptômes observés, des traitements adjuvants peuvent être nécessaires.

Le traitement de la leishmaniose est long, coûteux et doit souvent être poursuivi à vie. De plus, le chien doit être vu régulièrement par le vétérinaire qui évaluera l’évolution des symptômes et si l’animal supporte bien le traitement.

Quels sont les geste de prévention ?

Les antiparasitaires contre les phlébotomes

Si vous vivez dans une zone endémique de la leishmaniose, il est conseillé de rentrer votre chien à la tombée de la nuit, car c’est là que les phlébotomes sont le plus actifs. Vous pouvez également utiliser des moustiquaires et des diffuseurs antimoustiques. Même si cela n’élimine pas totalement le risque, il est conseillé d’avoir recours à des antiparasitaires efficaces pour repousser le phlébotome. Ils existent en collier ou sous forme de pipettes.


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La vaccination

Depuis 2011, il existe un vaccin contre la leishmaniose : le Canileish®. Il doit être administré en 3 doses espacées de 3 semaines. Le chien est immunisé un mois après l’injection de la dernière dose et un rappel doit être effectué tous les ans.

En 2018 est sorti un vaccin recombinant le Letifend® qui lui ne nécessite en primo-vaccination qu’une seule injection et un rappel annuel comme le précédent. L’immunité est obtenue 4 semaines après le premier vaccin.
Les chiens peuvent être vaccinés à partir de l’âge de 6 mois mais pas en même temps qu’un autre vaccin : un délai d’un mois est nécessaire. Ils doivent être testés avant l’injection et seuls les animaux négatifs pourront être vaccinés.

Leur efficacité n’est malheureusement pas de 100%, ces vaccins permettent de diminuer le risque d’être infecté par la leishmaniose par 4 ou par 5 selon les études et de réduire les manifestations de la leishmaniose.

Dans les régions fortement impactées par la leishmaniose, il est donc nécessaire d’associer vaccination ET mesures de prévention.

A retenir :

La leishmaniose est une maladie du chien fréquente dans le bassin méditerranéen. Elle est due à un parasite transmis par un moucheron : le phlébotome. Ses manifestations cliniques sont cutanées, oculaires et atteignent aussi les organes comme la rate ou les reins. Le traitement permet de réduire les symptômes mais pas de guérir l’animal. C’est pourquoi vaccination et mesures de prévention doivent être associées pour protéger votre chien.