Rejoignez-nous !
Livraison prévue demain !

Toxoplasmose : causes, symptômes et traitements

  • Temps de lecture : ~ 0 minutes
Toxoplasmose : causes, symptômes et traitements
En France, on estime que la moitié de la population adulte est porteuse de la toxoplasmose, sans pour autant en présenter les signes. Chaque année, entre 200 000 et 300 000 nouveaux cas sont détectés. Le plus souvent, cette infection parasitaire est sans gravité et ne provoque pas de symptômes particuliers. Toutefois, elle peut être dangereuse chez les personnes immunodéprimées, ainsi que chez les femmes enceintes, qui risquent de la transmettre à leur futur bébé. D’où vient la toxoplasmose ? Comment se manifeste-t-elle chez l’Homme ? Pourquoi le dépistage pendant la grossesse est-il essentiel ? Les pharmaciens de Pharma GDD répondent à toutes les questions que vous vous posez au sujet de la toxoplasmose.

Quelles sont les causes de la toxoplasmose ?

La toxoplasmose est une infection due à un parasite unicellulaire (protozoaire) appelé Toxoplasma gondii. Il est présent dans toutes les régions du monde où vivent des chats, qui sont ses hôtes définitifs. Les chats qui chassent sont plus exposés au parasite que ceux qui vivent en appartement et sont nourris avec des aliments industriels.

Cycle de vie du Toxoplasma gondii

Toxoplasma gondii produit des œufs uniquement dans les cellules qui tapissent l’intestin du chat. Ces œufs, appelés oocystes, sont ensuite éliminés dans les excréments. À l’air libre, ils atteignent leur potentiel infectant en 1 à 5 jours et libèrent une forme mobile du parasite dénommée tachyzoïte. Les oiseaux, les rongeurs, les chevreuils, les porcs, les moutons, les bœufs ou encore les chèvres peuvent être contaminés en mangeant des œufs présents dans la terre ou dans leur nourriture. Après ingestion, les tachyzoïtes se propagent dans les tissus et forment des kystes dans les nerfs et les muscles, qui se retrouvent ensuite dans la viande que l’on consomme.

Transmission de la toxoplasmose

La transmission de la toxoplasmose à l’Homme se fait donc essentiellement par le biais d’aliments contaminés tels que de la viande crue ou insuffisamment cuite ou des fruits et légumes crus souillés par de la terre et mal rincés. Il est aussi possible de contracter la toxoplasmose après un contact avec des excréments de chat abritant des œufs, par exemple en changeant la litière sans se laver soigneusement les mains après. Il est important de noter que la toxoplasmose ne se transmet par entre êtres humains. Après l’infection, on acquiert une immunité à vie, le système immunitaire maintenant le parasite sous une forme latente. Des kystes inactifs peuvent persister dans les muscles, le cœur, le cerveau ou les yeux, sans que cela n’entraîne des problèmes de santé. Néanmoins, la toxoplasmose est susceptible de se réactiver s’il y a un affaiblissement du système immunitaire (VIH, cancer, greffe…).

Reconnaître les symptômes de la toxoplasmose

La période d’incubation de la toxoplasmose est encore mal connue, estimée à 5 à 20 jours après la contamination. Dans 80 % des cas, l’infection provoque peu ou pas de symptômes, et les défenses immunitaires parviennent à combattre seules le parasite. En revanche, les personnes symptomatiques peuvent présenter différents signes qui disparaissent spontanément en 4 semaines environ. Ainsi, les principaux symptômes de la toxoplasmose sont :
  • un gonflement non douloureux des ganglions lymphatiques ;
  • une fièvre faible intermittente ;
  • une sensation de malaise ;
  • un mal de gorge ;
  • une vision trouble ;
  • des douleurs oculaires ;
  • des courbatures ;
  • une éruption cutanée sur l’ensemble du corps.
La toxoplasmose peut être particulièrement dangereuse si elle touche une personne immunodéprimée. Ainsi, les patients atteints du VIH, d’un cancer, ou sous traitement immunosuppresseur à la suite d’une greffe sont particulièrement à risque. Dans ce cas, Toxoplasma gondii provoque une inflammation cérébrale (encéphalite). Celle-ci se manifeste par un état de faiblesse, une confusion, des convulsions, voire un coma. Cette forme de toxoplasmose est mortelle si elle n’est pas traitée.

Quel est le traitement pour la toxoplasmose ?

Le diagnostic de la toxoplasmose est posé grâce à des examens sanguins visant à rechercher des anticorps dirigés spécifiquement contre le parasite, les immunoglobulines anti-toxoplasme (IgM et IgG). L’absence d’anticorps indique que la personne n’a jamais été infectée et qu’elle n’est donc pas immunisée contre la toxoplasmose.

Chez les sujets dont le système immunitaire est compétent, la toxoplasmose ne nécessite pas de traitement. En revanche, celui-ci est indispensable si l’infection concerne une personne immunodéprimée, une femme enceinte ou un nouveau-né contaminé au cours de la grossesse. Il faudra également traiter l’infection si celle-ci entraîne des atteintes oculaires ou des symptômes sévères et persistants. Le traitement de référence pour la toxoplasmose est une association de pyriméthamine, un antiparasitaire, et de sulfadiazine, un antibiotique. De l’acide folinique (leucovorine) peut également être prescrit dans le but de prévenir les effets indésirables de la pyriméthamine sur la moelle osseuse.

Toxoplasmose et femme enceinte

La toxoplasmose est un sujet qui intéresse particulièrement les femmes enceintes et celles qui ont un projet de grossesse, en raison du risque de transmission au futur bébé, qui augmente au fur et à mesure des mois. L’infection peut avoir un retentissement sur le déroulement de la grossesse, ainsi que sur le développement du fœtus et la vie du jeune enfant.

Dépistage de la toxoplasmose

En France, le pourcentage de femmes immunisées contre la toxoplasmose a tendance à baisser, passant de plus de 54 % en 1995 à 44 % en 2003, puis 37 % en 2010. Le dépistage est recommandé dès le projet de grossesse afin de connaître le statut immunitaire de la femme. Il fait aussi partie des examens obligatoires pour établir la déclaration de grossesse. Ce dépistage s’effectue par prélèvement sanguin. Si la femme n’est pas immunisée contre la toxoplasmose, il faudra effectuer un dépistage mensuel systématique jusqu’à l’accouchement, et un dernier dans le mois suivant la naissance du bébé. Tout au long de la grossesse, il sera indispensable d’adopter des mesures de prévention contre Toxoplasma gondii, que nous détaillerons plus loin.

Les conséquences de la toxoplasmose sur la grossesse

Une femme enceinte qui contracte la toxoplasmose peut transmettre le parasite au fœtus par le biais du placenta. Ce risque est évalué à 3 cas pour 10 000 grossesses. Si la femme a été infectée avant la grossesse, il n’y a pas de risque de transmission, sauf si son système immunitaire est défaillant et laisse place à une réactivation du parasite. Plus la grossesse avance, plus le risque de transmettre l’infection augmente. Ainsi, il est de 10 % au premier trimestre, 30 % au deuxième trimestre et 60 % au troisième trimestre. Toutefois, le degré de gravité pour le futur bébé va décroissant. Autrement dit, il y a plus de risque de transmettre la toxoplasmose au fœtus en fin de grossesse, mais ses conséquences seront moins sévères. Contractée pendant la grossesse, l’infection à Toxoplasma gondii peut provoquer une fausse couche, un décès in utero ou un accouchement prématuré. Chez la femme enceinte, le traitement de la toxoplasmose repose sur la spiramycine, qui peut être utilisée dès le premier trimestre pour limiter la transmission au fœtus.

Les conséquences de la toxoplasmose sur le bébé

Lorsque Toxoplasma gondii est transmis au fœtus, on parle de toxoplasmose congénitale. Le plus souvent, le diagnostic est établi en prélevant un échantillon de liquide amniotique (amniocentèse), de placenta ou de sang de cordon. Si la toxoplasmose est confirmée, une échographie mensuelle est réalisée pour détecter d’éventuelles anomalies fœtales. La femme enceinte se verra également prescrire une double antibiothérapie associant pyriméthamine et sulfadiazine.

Dans 90 % des cas, aucun symptôme n’est visible sur le bébé infecté. Toutefois, les signes de la toxoplasmose congénitale peuvent faire leur apparition des mois, voire des années après la naissance, d’où la nécessité d’un suivi médical. Le fœtus infecté par Toxoplasma gondii peut présenter un retard de croissance ou des malformations. À sa naissance, on peut constater une jaunisse, une éruption cutanée, des atteintes oculaires allant jusqu’à la cécité, ainsi que des convulsions. Plus tard, au fil de l’évolution du bébé, celui-ci peut être atteint d’un déficit intellectuel, d’un retard psychomoteur et avoir une prédisposition aux ecchymoses.

En cas de toxoplasmose congénitale, un traitement antibiotique doit être administré au bébé pendant au moins 1 an. Le suivi médical se veut long, incluant la réalisation d’un fond d’œil chaque année jusqu’à l’âge adulte pour détecter d’éventuelles lésions oculaires induites par l’infection.

Comment prévenir la toxoplasmose pendant la grossesse ?

Étant donné qu’il n’existe pas de vaccin contre la toxoplasmose, la prévention de l’infection consiste à adopter, tout au long de la grossesse, des mesures visant à éviter ou détruire le parasite. L’alimentation et l’hygiène des mains sont au cœur de la prévention de la toxoplasmose pour les femmes enceintes qui ne sont pas immunisées.

Une alimentation adaptée

Les femmes enceintes qui n’ont jamais contracté la toxoplasmose sont encouragées à modifier leur manière de consommer la viande, qu’elle soit rouge ou blanche. Idéalement, la viande doit être congelée à - 18 °C pendant au moins 3 jours avant d’être cuite à cœur à plus de 67 °C. Ces indications correspondent aux températures qui permettant de tuer le parasite qui sommeillent dans les kystes potentiellement présents dans la viande. Lorsque celle-ci est bien cuite, elle ne produit pas de jus rosé à la découpe dans l’assiette.

Pendant la grossesse, il est aussi conseillé d’éviter la viande marinée et fumée, ainsi que les moules, les huîtres et autres mollusques crus. Concernant les crudités, les plantes aromatiques et les fruits ayant été en contact avec la terre (fraises par exemple), il est indispensable de bien les rincer à l’eau claire avant de les manger. Contrairement aux conseils fréquemment délivrés aux femmes enceintes, l’utilisation d’eau vinaigrée n’a pas montré une efficacité supérieure pour éliminer Toxoplasma gondii. Lors des repas en dehors de chez vous, évitez les crudités et privilégiez les légumes cuits.

Outre la toxoplasmose, les femmes enceintes peuvent contracter, via l’alimentation, la listériose et la salmonellose. Pour savoir comment limiter les risques, n’hésitez pas à consulter notre fiche conseil consacrée à l’alimentation pendant la grossesse.

Un lavage des mains régulier

Les mains sont en contact avec de nombreux objets et surfaces durant la journée. Se laver les mains est donc un réflexe à avoir au quotidien, d’autant plus pendant une grossesse, afin d’éviter l’intrusion dans l’organisme de virus, bactéries et autres parasites comme Toxoplasma gondii. Le lavage des mains doit être effectué à l’eau et au savon, ou avec un gel hydroalcoolique si vous n’avez pas accès à un point d’eau. Afin d’être efficace, ce rituel doit durer 30 secondes et concerner aussi bien les paumes et le dessus des mains que les espaces interdigitaux, les pouces et le bout des doigts. De plus, il ne faut pas oublier de brosser les ongles, qui abritent une multitude de microbes. Après vous être bien lavé les mains, séchez-les à l’aide de papier à usage unique, ou d’une serviette dédiée que vous lavez régulièrement.



Chez les femmes enceintes, le lavage des mains doit intervenir à plusieurs moments de la journée pour prévenir la toxoplasmose :
  • avant de préparer et de servir les repas ;
  • avant de se mettre à table ;
  • après avoir manipulé de la viande crue ;
  • en rentrant du jardin ou de toute autre activité en extérieur ;
  • après être allé dans les transports en commun ;
  • après avoir été en contact avec des animaux, en particulier des chats.

L’entretien de la maison et la vie avec un chat

Outre le lavage des mains, il est important de nettoyer systématiquement les surfaces et les ustensiles de cuisine après s’en être servi. Pour cela, il n’est pas nécessaire de se tourner vers l’eau de Javel, qui n’est pas plus efficace que les produits ménagers conventionnels.

Finalement, si vous êtes enceinte, non immunisée contre la toxoplasmose, et vivez avec un chat, nul besoin de vous en séparer (contrairement à ce que l’on peut souvent entendre !). Pour éviter de contracter l’infection pendant la grossesse, faites en sorte de limiter les contacts avec votre animal. Le nettoyage de la litière doit être effectué plusieurs fois par semaine, à l’eau bouillante, de préférence par une autre personne. Si vous ne pouvez pas déléguer cette tâche, portez systématiquement des gants pour éviter d’être en contact avec le parasite, et lavez-vous les mains immédiatement après. Finalement, notez que les griffures de chat ne transmettent pas la toxoplasmose.

En conclusion

Provoquée par le parasite Toxoplasma gondii, la toxoplasmose est une infection bénigne dans 80 % des cas. Elle provoque peu ou pas de symptômes, et est combattue efficacement par le système immunitaire. En revanche, la toxoplasmose peut être dangereuse chez les sujets immunodéprimés ainsi que chez les femmes enceintes qui ne sont pas immunisées. Contractée pendant la grossesse, l’infection peut entraîner une fausse couche, une mort in utero ou un accouchement prématuré. Dans 3 grossesses pour 10 000, le parasite est transmis au fœtus, qui peut présenter un retard de croissance et des malformations. On parle de toxoplasmose congénitale. Pour prévenir la toxoplasmose pendant la grossesse, il est indispensable de bien cuire la viande, de rincer soigneusement les fruits et les légumes et, le cas échéant, de limiter les contacts avec son chat, sans pour autant s’en séparer. Le nettoyage de la litière, notamment, doit être délégué à une autre personne que la femme enceinte non immunisée contre la toxoplasmose, ou effectué avec des gants. Le lavage des mains est également un réflexe à adopter pour limiter l’exposition au parasite.
expand_less