Vitiligo : causes, symptômes et traitements

Vitiligo : causes, symptômes et traitements
Le vitiligo a été récemment mis en lumière sur les podiums grâce au mannequin Winnie Harlow. Ces taches blanches sur la peau sont souvent considérées au mieux comme étranges au pire comme disgracieuses. Mais comment et pourquoi apparaissent-elles ? Existe-t ’il un traitement efficace pour lutter contre cette dépigmentation de la peau. Pharma GDD vous dit tout sur le vitiligo !

Le vitiligo : qu’est-ce que c’est ?

Le vitiligo est une maladie qui se caractérise par l’apparition de taches blanches sur la peau : on parle de dépigmentation surtout au niveau des mains, du visage et du tronc. Elle touche entre 0,5 et 2 % de la population sans distinction entre les hommes et les femmes. Le vitiligo est une dermatose qui peut aussi bien apparaitre chez les adultes que chez les enfants et ce quelque soit la couleur de la peau. Cette maladie n'est pas contagieuse, elle ne fait pas mal et ne démange pas.

Cette achromie, c'est-à-dire cette absence de coloration de la peau qui se traduit par les fameuses taches blanches, est due à une disparition des mélanocytes. Ces cellules sont responsables de la production de mélanine : un pigment qui va donner la coloration plus ou moins foncée à la peau selon la quantité produite et son degré d’oxydation. La mélanine est un protecteur de la peau vis-à-vis des effets néfastes du soleil.

Le vitiligo n’est pas une maladie psychologique comme on l’a longtemps dit, elle n’est pas psychosomatique et n’est pas due au stress. En revanche, elle a un retentissement important sur la qualité de vie des gens lié à la dégradation de l’image de soi et au regard des autres. On estime que le retentissement psychologique du vitiligo est du même ordre qu’une dépression ou un cancer.

Les causes du vitiligo

Le vitiligo est une maladie multifactorielle encore mal élucidée. C’est sans doute la combinaison de différentes causes : génétiques, environnementales et auto-immunes qui est à l’origine du développement de cette dépigmentation par disparition des mélanocytes.

Origine auto-immune

C’est la théorie la plus souvent retenue car on a identifié une corrélation importante (15 à 20% des cas) entre le vitiligo et d’autres maladies auto-immunes comme le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, des maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) et surtout des problèmes de thyroïde.

L’auto-immunité signifie que les personnes atteintes de vitiligo produisent des anticorps anormaux qui s’attaquent à leurs propres cellules. Ils ciblent ici les mélanocytes et les détruisent. Une fois ces derniers détruits, la peau devient totalement blanche puisqu’il n’y a plus de production de pigment.

Cette théorie est d’autant plus solide que les essais cliniques d’immunothérapie ont été un succès.

La génétique

Il est fréquent qu’au sein d’une même famille plusieurs personnes soient atteintes de vitiligo. Plus de 15 gènes de susceptibilité ont été identifiés. Cependant, être porteur de l’un d’entre eux ne signifie pas automatiquement que vous allez développer la maladie. Les mécanismes de déclenchement ne sont pas encore élucidés.

On étudie également la possibilité d’anomalies mélanocytaires au cours du développement embryonnaire qui expliqueraient une fragilité plus importante de ces cellules chez les personnes atteintes de vitiligo.

Les radicaux libres

Selon plusieurs études scientifiques, les mélanocytes des personnes atteintes de vitiligo auraient une tendance anormale à accumuler des radicaux libres. Ces « déchets » d’oxydation vont entrainer un dérèglement du fonctionnement cellulaire et conduire à la destruction des mélanocytes. Un stress important produit une grande quantité de radicaux libres or on a observé que le stress peut être un facteur aggravant de la maladie.

Dans cette perspective, la prise de compléments alimentaires antioxydants est parfois préconisée comme traitement adjuvant du vitiligo.

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L’hypothèse nerveuse

Elle concerne surtout le vitiligo segmentaire dont la dépigmentation est localisée autour d’un trajet nerveux. Cette observation a conduit les chercheurs à émettre l’hypothèse que l’extrémité de certains nerfs pourrait sécréter des substances toxiques à l’origine de la destruction des mélanocytes.

Les différents types de vitiligo

Le diagnostic du vitiligo est avant tout clinique : le dermatologue observe les taches blanches sur la peau du patient. Il peut s’aider d’une lampe de Wood qui permet de voir s’il existe encore une coloration invisible à l’œil nu et de mesurer l’étendue des taches. Cet examen à la lampe de Wood permet de différencier le vitiligo d’autres maladies de peau comme le lupus, le psoriasis, l’eczéma, etc… Dans de rares cas, on peut réaliser une biopsie cutanée.

Le vitiligo segmentaire

C’est celui qui touche le plus les enfants et les adolescents. Il est localisé sur un seul côté du corps et les taches sont bien délimitées. Cette localisation correspond à un territoire d’innervation c'est-à-dire une zone de la peau innervée par un nerf en particulier. Ce type de vitiligo apparait en quelques mois puis n’évolue plus.

Le vitiligo généralisé

C’est la forme la plus courante, elle représente 90% des cas. Elle touche en premier le visage, les pieds et les mains et est évolutive. L’achromie touche souvent les zones de frottements ou de friction comme au niveau de la ceinture ou des aisselles par exemple. Les plaques sont nombreuses et bilatérales. Elles peuvent s’étendre ou rester assez petites. Parfois des démangeaisons annoncent l’arrivée d’une nouvelle tache blanche. Une décoloration des poils ou des cheveux peut également être observée : la leucotrichie.

Le vitiligo universalis

Il désigne une forme rare de la maladie où l’ensemble du corps est atteint par la dépigmentation.

Le vitiligo muqueux

Comme son nom l’indique, la décoloration blanche ne concerne que les muqueuses comme les lèvres ou les organes génitaux.

Evolution du vitiligo et facteurs de risque

L’évolution du vitiligo est imprévisible : il n’existe pas de règles qui permettraient de prévoir le nombre et l’étendue des taches de dépigmentation. Il peut évoluer par phase et dans certains cas (rares) les plaques blanches peuvent disparaitre spontanément.

Le vitiligo n’est pas une maladie grave, son risque majeur de complication est le cancer de la peau car cette dernière n’est plus protégée des méfaits des rayons UV par la mélanine. Les personnes atteintes doivent donc utiliser une crème solaire avec un indice de protection élevé.

Le seul facteur favorisant reconnu est ce qu’on appelle le phénomène de Koeber : c'est-à-dire l’apparition de nouvelles lésions favorisée par des lésions récentes comme des coupures, des cicatrices ou des zones de frottement répétées. Les coups de soleil, les brulures ou l’exposition répétée à des agents chimiques (comme les coiffeurs) sont également des facteurs favorisant le développement d’un vitiligo non segmentaire.

Le traitement du vitiligo

L’objectif de ces traitements est d’obtenir une repigmentation en stimulant les mélanocytes encore présents dans la peau ou en apportant de nouvelles cellules dans les zones touchées.

Les traitements locaux

Les dermocorticoïdes sont les plus utilisés. Ce traitement ne concerne que les taches récentes car il vise à diminuer la réaction immunitaire donc à enrayer la destruction des mélanocytes. Les corticoïdes doivent être appliqués une fois par jour pendant plusieurs mois en évitant les muqueuses et le contour des yeux. L’utilisation au long cours de ce type de crème se fait sous surveillance accrue car un amincissement et une fragilisation de la peau (atrophie) sont parmi les effets secondaires de ces médicaments quand ils sont utilisés sur une longue période.

Les immunomodulateurs : en France ils n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour cette indication. Ailleurs, on utilise le tacrolimus qui agit en neutralisant les lymphocytes T responsables de la réponse immunitaire dans le vitiligo. De plus, il a une action de repigmentation intéressante sur les zones exposées au soleil comme les mains, le visage ou le cou.

La photochimiothérapie

Il s’agit là encore de provoquer la repigmentation de la zone concernée par le vitiligo. On peut associer des séances chez le dermatologue à une prise de médicaments par voie orale ou locale.

La puvathérapie

Cela consiste à combiner la prise de psoralène par voie orale ou locale à l’exposition aux UVAs lors de séance chez un spécialiste. Le psoralène par voie orale est actif au bout de 2 à 3h. Il rend la peau plus sensible aux effets des rayons ultraviolets. Il est réservé aux cas de vitiligo étendus (au moins 20% de la surface corporelle).

C’est un traitement long est contraignant : il faut en moyenne 200 séances chez le dermatologue à raison de 2 à 3 séances par semaine. Il faut attendre 2 à 3 mois avant d’en voir les effets et même si cette technique est assez efficace, on n’observe une repigmentation totale que chez 20% des sujets.

On peut enregistrer des douleurs, de démangeaisons et des brulures : les manifestations d’un « coup de soleil ». La puvathérapie augmente légèrement le risque de cancer cutané, elle est contre-indiquée chez les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes.

Les UVBs

Plus récente, cette technique est néanmoins très prometteuse et supplante peu à peu la puvathérapie. Les taux de repigmentation sont plus élevés et les lampes à UVBs à spectre étroit n’ont pas besoin d’être associées au psoralène. La technique est donc moins contraignante et peut même être proposée aux enfants présentant un vitiligo très étendu. Là encore, il faudra faire 2 à 3 séances par semaine au cours desquelles on augmentera progressivement l’intensité de l’exposition aux rayons UVB.

Le laser excimer

La lumière monochromatique, fournie par le laser Excimer émettant à 308 nanomètres, est une source d’UVB précise qui permet d’obtenir d’excellents résultats de repigmentation (jusqu’à 70% selon les sources). Cette technique permet de cibler précisément les zones atteintes sans toucher aux zones saines se situant juste à côté. Cela réduit le nombre de séances et le risque induit de cancer de la peau. Les effets secondaires sont rares : un léger érythème ou quelques démangeaisons.

La greffe mélanocytaire

Ce traitement chirurgical consiste à greffer des mélanocytes provenant des zones saines du patient sur les zones dépigmentées. On parle alors de greffe autologue ce qui limite le risque de rejet par rapport aux greffes classiques (avec donneur) et ne contraint pas le patient à prendre un traitement immunosuppresseur. Selon les cas, on greffe directement des mélanocytes seuls ou des morceaux ultras minces d’épiderme prélevés dans des zones non dépigmentées.

Cette technique ne s’adresse qu’à des vitiligos stables, peu étendus, non évolutifs, sans phénomène de Koeber et pour lesquels les autres traitements ont échoué. Elle concerne plutôt les cas de vitiligo segmentaire chez un sujet jeune. Les résultats ne sont pas toujours satisfaisants car la recoloration obtenue n’est parfois pas homogène. Cette intervention n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie.

La dépigmentation complète

Cette technique n’est proposée que dans le cas du vitiligo universalis pour décolorer les quelques zones encore pigmentées pour que le patient ait une coloration uniforme de la peau. Elle a un caractère définitif sans possibilité de repigmentation ultérieure.
Les produits employés localement sont irritants (souvent à base d’hydroquinone) et doivent être appliqués tous les jours pendant au moins 1 an. Le patient doit être averti des effets secondaires : rougeurs, sécheresse, brulures…et surtout qu’il devra quotidiennement mettre une protection solaire car la peau n’a plus de barrière naturelle contre les UVs.

Vivre avec un vitiligo

Comme nous avons pu le voir, c’est avant tout le regard des autres et le retentissement sur son moral que le patient atteint de vitiligo va devoir gérer.

Le soutien psychologique

L’atteinte esthétique, surtout quand elle concerne des zones visibles comme le visage, le cou ou les mains peut être source d’une véritable détresse morale. Il est important d’en tenir compte et de ne pas la minimiser. Les patients ressentent souvent le besoin de parler avec des personnes traversant les mêmes difficultés. La participation à un groupe de soutien permet de se sentir moins seul face à la maladie et aux regards stigmatisants des passants. Des compléments alimentaires à base de plantes permettent d’améliorer l’humeur et de faire face aux angoisses (prise de parole en public, sortie dans un lieu très fréquenté, etc…)

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Le camouflage

L’application de fonds de teint spécifiques et d’autobronzants (qui agissent même en l’absence de mélanine) permet au patient de dissimuler les taches blanches présentes notamment sur le visage. Ce type de solution s’adresse au vitiligo peu étendu et au vitiligo segmentaire. Des ateliers animés soit par des associations soit par des esthéticiennes spécialisées en dermatologie permettent d’acquérir les bonnes techniques et de retrouver une bonne estime de soi. Il faut choisir des produits ayant une bonne couvrance mais aussi une bonne tenue dans le temps et si possible résistants à l’eau pour assumer la journée sans difficulté.
Chez les enfants, on optera avant tout pour des vêtements couvrants moins contraignants que le maquillage quotidien.

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La protection solaire

Comme nous l’avons vu, les taches blanches correspondent à des zones dépourvues de mélanocytes donc de mélanine, ce pigment qui participe à la protection naturelle de la peau contre le soleil.

Les patients atteints par le vitiligo doivent donc observer une vigilance importante vis-à-vis des rayons UVs et ce d’autant plus s’ils sont sous traitement médicamenteux pour leur maladie.

Il faudra utiliser une protection solaire adaptée à leur type de peau et avec un indice de protection élevé : minimum SPF 30. Cette application devra être renouvelée régulièrement au cours de la journée pour ne pas augmenter le risque de cancer cutané.

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Ce qu’il faut retenir :
Le vitiligo est une maladie bénigne de la peau qui se traduit par des taches blanches appelées taches de dépigmentation. Elle touche indifféremment toute la population, quel que soit l’âge des patients, leur sexe ou leur couleur de peau. Le vitiligo n’est ni contagieux ni douloureux et des traitements existent pour améliorer la repigmentation de la peau, mais leurs résultats restent toutefois limités. C’est avant tout le retentissement psychologique du vitiligo qu’il faudra prendre en compte avant d’améliorer la qualité de vie des patients.