Polyarthrite rhumatoïde : symptômes, causes et traitements

Polyarthrite rhumatoïde : symptômes, causes et traitements
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire chronique des articulations qui se manifeste par des douleurs et des déformations articulaires. Touchant le plus souvent l’adulte jeune, elle évolue par poussées et peut s’avérer invalidante. Au travers de cette fiche conseil, Pharma GDD vous informe afin de mieux comprendre la polyarthrite rhumatoïde : identifier les premiers symptômes, connaître les différentes solutions thérapeutiques pour améliorer sa prise en charge, ralentir son évolution, et limiter le handicap.

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

Un rhumatisme inflammatoire

La polyarthrite rhumatoïde est la pathologie rhumatismale inflammatoire la plus fréquente de l’adulte jeune. Elle touche près de 1 % de la population et est 3 fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Elle peut se déclencher à tout âge, mais les premiers signes apparaissent le plus souvent entre 40 et 50 ans. Elle débute par des manifestations articulaires, principalement situées au niveau des doigts, des mains et des poignets. Les articulations sont gonflées, douloureuses et raides, notamment le matin au réveil.
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique qui peut impacter considérablement la vie quotidienne. Elle évolue par poussées, entrecoupées de rémissions plus ou moins longues. À terme, l’inflammation chronique conduit à la destruction progressive des articulations, à l’origine de déformations et d’atteintes périarticulaires. Il existe plusieurs stades et plusieurs formes de polyarthrite rhumatoïde.

Comment l’articulation est-elle atteinte ?

La polyarthrite rhumatoïde est due à une atteinte des tissus mous qui recouvrent l’articulation, notamment la membrane synoviale. Lorsqu’une articulation est atteinte, le liquide synovial est infiltré par de nombreuses cellules de l’inflammation, telles que macrophages, lymphocytes, polynucléaires…. Ces dernières vont progressivement entraîner la destruction des différents éléments constituant l’articulation : cartilage, os, tendons, ligaments. Les articulations vont s’user, s’éroder et se déformer au fil du temps, altérant la mobilité et pouvant créer un handicap.

Quelles sont les causes de la maladie ?

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune, c’est-à-dire qu’elle est liée à l’apparition d’anticorps, provoquant un dérèglement du système immunitaire responsable du développement de l’inflammation chronique.
La polyarthrite rhumatoïde est une pathologie multifactorielle associant une susceptibilité génétique et des facteurs extérieurs déclenchants.
Le terrain génétique est lié à la présence d’antigène chez les patients atteints. Cependant, ils ne sont pas toujours présents.
Parmi les différents facteurs susceptibles de déclencher la maladie, on peut citer le sexe, l’âge, ainsi que des facteurs neuropsychologiques. Des critères géographiques et infectieux sont également évoqués. En cas de tabagisme, la maladie serait également plus fréquente.

Comment évolue la Polyarthrite rhumatoïde ?

L’évolution et la gravité de la polyarthrite rhumatoïde sont très variables d’un individu à l’autre :
Les formes bénignes (20 à 30 %) n’ont pratiquement aucune répercussion sur la vie quotidienne, et les atteintes restent minimes.
Les formes intermédiaires (50 à 60 %) se manifestent par des poussées évolutives alternant avec des phases silencieuses dépourvues de symptômes. Lors des épisodes aigus, les déformations s’amplifient pouvant entraîner un certain handicap au fil des années. Le nombre d’événements aigus et leurs ampleurs sont très variables et imprévisibles.
Les formes sévères de la polyarthrite rhumatoïde (20 %) sont à l’origine de destructions des articulations très rapides. Le handicap peut s’installer et les manifestations extra articulaires sont la plupart du temps présentes.
Enfin, les rémissions sont possibles. Elles peuvent être transitoires, mais parfois durables. On parle de rémissions si, pendant au moins 2 mois consécutifs, il y a absence d’asthénie, de douleurs et de gonflements articulaires, si la raideur matinale est inférieure à 15 minutes, et si la vitesse de sédimentation est inférieure à 30 mn chez la femme et 20 mn chez l’homme, à la première heure.

Quels sont Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde ?

Les premiers symptômes de la maladie

Les premiers symptômes évocateurs d’une polyarthrite rhumatoïde sont des douleurs articulaires nocturnes, principalement situées au niveau des mains, des poignets ou des doigts entraînant des raideurs au lever pendant environ une demi-heure. En général plusieurs articulations sont concernées, l’atteinte est souvent bilatérale et accompagnée de douleurs à la compression.
Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde sont variables et vont dépendre du degré d’inflammation des tissus. Ils se manifestent principalement lors de poussées et peuvent complètement disparaître en période de rémission.

Les autres manifestations de la polyarthrite rhumatoïde

  • La fatigue, le manque d’appétit et l’asthénie sont fréquemment constatés lors de l’installation de la maladie et au cours des différentes poussées.
  • Des nodules sous-cutanés sont présents chez environ 20 % des personnes atteintes. Ce sont des tuméfactions indolores, arrondies et mobiles situées sous la peau, le plus souvent aux alentours des articulations atteintes.
  • L’infiltration inflammatoire pouvant toucher le tissu conjonctif d’autres organes, il est possible de constater d’autres atteintes comme des gonflements des ganglions lymphatiques, des manifestations cardiaques, vasculaires ou pulmonaires.


Diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde

Le diagnostic doit être posé le plus précocement possible. En effet, c’est au début de la maladie que les traitements sont les plus efficaces. Il s’agit de confirmer et d’identifier l’épanchement articulaire synovial caractérisant cette pathologie, afin d’éliminer d’autres causes possibles de rhumatismes inflammatoires. Le diagnostic différentiel est parfois difficile à établir, surtout au début de la maladie lorsque les déformations ne sont pas encore présentes. Il est cependant essentiel à la stratégie thérapeutique.
Diagnostiquée rapidement, la polyarthrite rhumatoïde peut bénéficier de la mise en place précoce d’un traitement, et prévenir ainsi les complications et les déformations.
Le diagnostic repose sur un examen clinique, de l’imagerie médicale (radiologie, IRM) afin de mettre en évidence la synovite, ainsi que des analyses biologiques. Ces dernières consistent à rechercher les différents marqueurs (facteurs rhumatoïdes, anticorps) et à mesurer les marqueurs de l’inflammation (VS, CRP).
L’analyse du liquide synovial peut apporter également des informations importantes pour poser le diagnostic.

Les différents traitements de la polyarthrite rhumatoïde

Le traitement médicamenteux de polyarthrite rhumatoïde consiste à calmer les douleurs, réduire l’inflammation et stopper l’évolution de la maladie (traitement de fond). La mise en place d’une surveillance régulière est instaurée dès le début des traitements. Elle est indispensable et vise à s’assurer de la bonne tolérance des médicaments et de leur efficacité.
La prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde inclut également des traitements non médicamenteux destinés à soulager les douleurs, épargner les articulations, et prévenir les déformations et les destructions articulaires.

Traitements médicamenteux

Calmer la douleur

Le paracétamol est l’antalgique de base. La perception de la douleur étant très inégale d’un individu à l’autre, il faudra évaluer le seuil douloureux acceptable pour chacun, et adapter les traitements en conséquence.

Diminuer l’inflammation

Les corticoïdes sont très souvent utilisés, car ils réduisent l’inflammation à l’origine de cette pathologie. Ils doivent être prescrits avec précautions et nécessitent un suivi constant, notamment du régime alimentaire, de la pression artérielle et du métabolisme osseux (risque d’ostéoporose).

Stopper l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde

  • Les immunosuppresseurs : le méthotrexate est le traitement de première intention. Son administration est hebdomadaire, et associée à la prise d’acide folique, afin de réduire les effets secondaires. D’autres traitements sont également possibles comme avec l’hydroxychloroquine, le léflunomide ou la sulfasalazine. Ils sont généralement préconisés dans les formes les moins sévères. 

  • Les traitements ciblés de la biothérapie : en cas d’échecs avec le méthotrexate, il est nécessaire d’avoir recours à ce type de thérapie. Ces médicaments agissent en ciblant spécifiquement un des agents du processus de l’inflammation. Il s’agit d’anticorps monoclonaux dirigés contre les cytokines, les lymphocytes… Les plus couramment utilisés sont les anti TNF. Ils sont en général très bien tolérés.

La recherche sur le traitement des maladies de l’inflammation chronique est très active, car il existe de nombreuses cibles potentielles identifiées impliquant les différents acteurs inflammatoires. De nouvelles thérapeutiques devraient voir le jour ces prochaines années.
La mise en place de ces traitements est accompagnée d’un suivi médical strict lié à leur activité thérapeutique : des bilans sanguins seront effectués très régulièrement, et la survenue d’infection sera étroitement surveillée.

Les orthèses de repos

Les orthèses ont pour but de mettre au repos l’articulation, et de limiter les déformations. Ce sont en général des attelles posturales destinées à économiser et limiter la fonction articulaire. Elles sont antalgiques, correctrices ou préventives et selon le handicap, elles peuvent se porter la nuit et/ou le jour.


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La rééducation

La physiothérapie est souvent préconisée. En phase aiguë elle permet de diminuer l’inflammation et de calmer la douleur. En phase de rémission, elle doit être plus active afin de renforcer la force musculaire, et de récupérer les amplitudes des mouvements. Conserver et maintenir ces derniers sont une des priorités de la kinésithérapie.
L’intervention d’un ergothérapeute peut être nécessaire afin d’adapter les gestes ou de prévoir certains ustensiles afin de faciliter les gestes du quotidien.

La chirurgie

Différentes techniques chirurgicales peuvent être envisagées, en fonction de la gravité des atteintes :
  • La synovectomie peut être effectuée à un stade précoce afin de prévenir la destruction articulaire. Elle sera préconisée en cas de synovite persistante et résistante au traitement.
  • L’arthrodèse consiste à bloquer l’articulation et ainsi supprimer le mouvement. Elle concerne les articulations dont l’impact fonctionnel est faible (phalanges).
  • Les prothèses sont destinées à remplacer les articulations atteintes. Elles permettent ainsi de conserver la fonction articulaire (hanche, genou).


Vivre avec la polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde nécessite une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Elle inclut les différents acteurs du monde médical, mais également l’implication personnelle du malade.

Information du malade

Une bonne connaissance de la maladie et l’information du patient est essentielle au traitement. Une coopération active entre personnel soignant et patient participe à une prise en charge optimale de cette pathologie.
La polyarthrite rhumatoïde nécessite un suivi médical étroit permanent. En effet il s’agit d’être très réactif afin de procéder à l’adaptation rapide du traitement. Alternant les phases de rémissions et de crises, les thérapeutiques doivent souvent être modifiées. Ces adaptations constantes, au plus près des manifestations, améliorent le pronostic au long cours de la maladie.
Il est important de bien suivre son traitement et d’être attentif à tout signe évocateur d’une nouvelle crise, ainsi qu’en cas d’apparition de fièvre, ou encore si des douleurs au niveau de l’estomac survenaient (effets secondaires des traitements). Dans toutes ces situations, il est nécessaire de consulter votre médecin.

Aménager et adapter sa vie quotidienne

La polyarthrite rhumatoïde implique souvent une adaptation du mode de vie, des activités et de l’environnement afin de faciliter la vie quotidienne.
L’hygiène de vie est essentielle, comme arrêter le tabac et avoir une alimentation équilibrée afin d’éviter la surcharge pondérale, préjudiciable aux articulations.
La pratique sportive, en dehors des crises, est conseillée. Elle contribuera à renforcer votre musculature, essentielle aux mouvements. La pratique de la natation est la discipline la plus recommandée.
La kinésithérapie et l’ergothérapie vous seront d’un grand soutien, pour vous aider à effectuer les bons mouvements et gestes adéquats, afin d’économiser vos fonctions articulaires.
Un aménagement de l’habitat peut s’avérer utile. Des ustensiles spécifiquement élaborés sont également disponibles afin de vous aider dans les petits gestes de tous les jours.


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Enfin, les associations de malades sont très actives. N’hésitez pas à les contacter, elles pourront vous aider, vous accompagner, être à votre écoute, et vous permettront d’échanger et de partager.

Ce qu’il faut retenir :

La polyarthrite rhumatoïde est une pathologie inflammatoire chronique évolutive et invalidante qui nécessite une prise en charge globale et au long cours, incluant une thérapie adaptée, des soins de kinésithérapie et des exercices physiques. Des solutions existent pour aménager votre lieu de vie et vous aider dans vos gestes au quotidien.