Prévenir et traiter l'eczéma

Prévenir et traiter l'eczéma
L’eczéma est une affection de la peau très fréquente, caractérisée par l’apparition de plaques rouges, parfois suintantes, un prurit et des démangeaisons.
Ses causes sont variées, les plus courantes étant la dermatite atopique et l’eczéma de contact, ce dernier pouvant être allergique ou irritatif. Certaines formes d’eczéma apparaissent très tôt dans la vie, suscitant l’inquiétude des parents. C’est souvent un trouble cutané désagréable et difficile à supporter, en particulier lorsqu’il laisse des marques sur le visage. Quand il touche les mains, il peut conduire à une inflammation de la peau très invalidante, notamment sur le plan professionnel.
Quelles sont les causes de l’eczéma ? Comment le soulager ? Peut-il avoir des complications ? Pharma GDD répond à ces questions et vous conseille sur les traitements existants.

La dermatite atopique

La dermatite atopique est une affection cutanée très courante, qui touche particulièrement les nourrissons et les enfants. En France, 20 % des enfants de moins de 7 ans sont concernés ; dans d’autres pays européens, le chiffre monte à 30 %.
Elle est la conjonction de plusieurs facteurs : une peau assurant mal sa fonction de protection, une prédisposition génétique et une influence de l’environnement. La prédisposition génétique à développer des allergies est nommée « atopie ». La dermatite atopique en est la manifestation cutanée, mais l’atopie peut également s’exprimer au niveau  :
  • des voies aériennes et déclencher un asthme,
  • des muqueuses digestives et provoquer une allergie alimentaire,
  • des yeux et susciter une conjonctivite. 
La peau des personnes en souffrant est sèche : c’est la xérose. Des dysfonctionnements au niveau des gènes responsables de la fabrication de la couche cornée de la peau ont été repérés chez certaines personnes atteintes et joueraient sans doute un rôle dans le développement de cette dermatite.
Cette vulnérabilité rend la peau perméable aux allergènes qui la pénètrent facilement et déclenchent une réaction inflammatoire à l’origine de l’eczéma. Ce n’est pas une réaction à un allergène donné, comme l’allergie « classique », mais une réponse exagérée de l’organisme face à des facteurs présents dans l’environnement, qui traversent facilement une peau fragilisée.
La dermatite atopique évolue en deux temps : une phase de sensibilisation, au cours de laquelle les allergènes présents dans l’environnement pénètrent la peau et les muqueuses d’une personne atopique, prédisposée génétiquement, et une phase d’expression, qui a lieu lorsque la personne est à nouveau exposée aux mêmes substances, et qui conduit à l’apparition d’un eczéma.

Notre corps héberge en permanence des milliards de micro-organismes, notamment dans nos intestins et sur notre peau. Ces colonies de micro-organismes variés jouent un rôle bénéfique important, en particulier au niveau immunitaire – les défenses de l’organisme. Par exemple, les bactéries de la peau limitent le développement des germes pathogènes.
La dysbiose désigne un déséquilibre de ces flores de micro-organismes. Dans la dermatite atopique, la peau est envahie par un staphylocoque, S. Aureus, qui a une influence sur l’affection cutanée.
Une étude récente du CNRS a montré le lien entre perturbation du microbiote intestinal et eczéma chez la souris.

Quels sont les symptômes ?

C’est une maladie chronique qui s’exprime par poussées d’eczéma ; elle a d’ailleurs longtemps été appelée « eczéma constitutionnel ». Lors de ces poussées, la peau est marquée par des rougeurs et des démangeaisons. Ce prurit altère la qualité du sommeil de l’enfant.
Ensuite, des vésicules, de minuscules poches de liquide se forment. Lorsqu’elles se déchirent, elles laissent s’écouler du liquide, provoquant un suintement. Enfin, ces vésicules percées vont se recouvrir de croûtes.
Ces phases de poussées alternent avec des périodes de rémission.
Le grattage conduit à un épaississement de la peau nommé « lichénification ».
Les zones touchées par cet eczéma varient en fonction de l’âge.
  • Chez le nourrisson, il s’étend sur le visage, en particulier sur les joues, le front et le menton. Il touche aussi les cuisses et les bras. La dermatite est associée au développement de « croûtes de lait » au niveau du cuir chevelu.
  • Chez l’enfant âgé de plus de deux ans, l’eczéma se développe surtout sur les plis du corps : les coudes, les genoux, le cou, les poignets. Parfois, il touche les mamelons, les mains ou les chevilles. L’atopie, et la fragilité cutanée qu’elle provoque, peuvent conduire au développement d’un eczéma de contact sur les mains, ces dernières étant particulièrement exposées. L’eczéma apparaît plus couramment en automne et en hiver.
  • Chez l’adolescent et l’adulte, ce sont la tête et le cou qui sont atteints.
Pour établir le diagnostic d’une dermatite atopique, le médecin s’appuie sur l’interrogatoire du patient ou de ses parents et sur des tests, voire une biopsie. D’autres maladies comme la dermatite séborrhéique, la gale et le psoriasis peuvent être confondues avec la dermatite atopique.

Quelles sont les complications possibles ?

La complication la plus courante est l’impétigo, un terme désignant une infection par un staphylocoque de la peau préalablement lésée, comme c’est le cas avec la dermatite atopique.
Les autres complications sont beaucoup plus rares : le problème de peau peut être la cause d’un retard de croissance, de problèmes aux yeux ou d’un syndrome de Kaposi-Juliusberg lorsqu’elle est surinfectée par le virus de l’herpès.
Elle est également susceptible d’évoluer en eczéma de contact.

Comment la soigner ?

La dermatite atopique évolue chez le nourrisson la plupart du temps vers une résolution sans séquelles. Mais elle perdure parfois jusqu’à l’adolescence ou l’âge adulte.
Le traitement ne vise pas à soigner, mais à prévenir les poussées et soulager les désagréments provoqués par les symptômes.

Pour mieux vivre avec cette affection de la peau, à côté des mesures préventives et des traitements des poussées, il faut adopter une hygiène de vie peu contraignante, qui évite l’aggravation des symptômes.
Ainsi, il est préférable :
  • d’éviter les tissus pouvant susciter une irritation : laine, certains textiles de synthèse. Le coton ou le lin sont à privilégier,
  • de ne pas s’exposer au tabagisme,
  • de dormir au frais,
  • de faire de l’exercice physique et de se doucher sans oublier d’appliquer un émollient à la fin,
  • de couper court ses ongles (ou les ongles d’un enfant atteint), pour minimiser les lésions par grattage.
  • de ne pas utiliser de savon, trop agressif pour la peau, mais de se tourner vers les syndets et autres solutions sans savon.
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Le traitement de fond : les émollients

Le geste fondamental face à la dermatite atopique, à réaliser de préférence hors des poussées, lors des périodes de rémission, reste l’application d’émollients. Ces produits détendent la peau et la nourrissent. Ils sont fondamentaux pour soulager la peau sèche. Ce sont des hydratants, aidant à prévenir irritations et poussées. Pour être efficaces, ils doivent être utilisés quotidiennement et sur le long terme, et mis en plus grande quantité lors d’exposition au froid ou à un air sec.


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Prévenir la dermatite atopique

La prévention de ce type d’eczéma passe par l’éviction des aéroallergènes. Ces allergènes aériens sont impliqués dans le développement des dermatites atopiques. Il s’agit des poussières, des acariens, de certains animaux de compagnie ou encore de peluches.
Pour savoir comment éliminer les acariens, vous pouvez consulter notre fiche Acariens : quelles solutions existent ?.

Chez certaines personnes, il existe un lien avec une allergie alimentaire. Dans ce cas, l’éviction de l’allergène alimentaire peut être réalisée. Mais elle doit se faire sur avis du médecin, toute éviction alimentaire risquant de générer des carences.

Traiter la dermatite atopique

Pour traiter les poussées d’eczéma atopique, l’application de dermocorticoïdes en pommade ou en crème reste la référence. Ces dermocorticoïdes sont échelonnés en 4 classes de puissance croissante. Le médecin sélectionnera la classe la plus adaptée aux lésions du patient.
L’application de dermocorticoïdes peut être complétée par la prise d’anti-histaminiques oraux, en appoint, pour réduire le prurit.
Si les dermocorticoïdes sont en échec, le médecin peut prescrire des immunomodulateurs topiques mais cela reste un traitement d’exception.
Les crèmes émollientes apaisent la peau lésée tout en étant compatible avec l’application de dermocorticoïdes. Elles doivent toutefois être mises à distance du dermocorticoïde pour éviter de le diluer, ce qui en réduirait l’efficacité.

Par un mécanisme encore mal connu, l’exposition à certains rayons solaires permet de traiter plusieurs maladies de la peau, dont la dermatite atopique. Des dispositifs spéciaux - des cabines - émettant des UVA et UVB sont parfois utilisés dans les cas graves, avec une bonne efficacité. C’est la puvathérapie, réalisée chez un dermatologue. Le facteur limitant son utilisation est le faible nombre de cabines disponibles.

Enfin, certaines eaux sont réputées pour leurs bienfaits pour la peau. Des stations thermales se sont installées sur les sources de ces eaux et disposent de cures pouvant bénéficier aux personnes atteintes d’eczéma.

L’eczéma de contact

Aussi appelé dermite ou dermatite de contact, il survient lorsqu’un allergène ou un irritant entre en contact avec la peau. Il en existe deux grands types : l’eczéma de contact allergique et l’eczéma de contact irritatif.

L’eczéma de contact allergique

Il est dû à un allergène. Contrairement à ce qui est observé dans la dermatite atopique, la peau n’est pas altérée.
Le développement de cet eczéma s’effectue en deux phases :
  • une phase de sensibilisation, au cours de laquelle l’organisme est mis en contact avec l’allergène. Elle peut durer de 5 jours à plusieurs années.
  • une phase de déclenchement, qui apparaît chez une personne préalablement sensibilisée, après une réitération du contact avec l’allergène.
L’eczéma ne survient que un à deux jours après ce nouveau contact. C’est ce qui peut rendre particulièrement ardu l’identification de l’allergène en question : c’est une réaction retardée.
Cette réaction déclenche un eczéma à l’origine d’un fort prurit. Lors de son développement, il passe par 4 étapes : l’apparition de plaques rouges, la formation de vésicules, leur rupture avec suintement et une desquamation (élimination de peaux mortes). Il ne laisse pas de cicatrices.
Cet eczéma apparaît sur les zones de la peau ayant été en contact avec l’allergène mais s’étend parfois au-delà.

Certaines professions exposent à des allergènes responsables de dermatites de contact, notamment aux mains, générant parfois ce que l’on appelle « l’eczéma chronique des mains ». Les professions les plus à risque sont celles du bâtiment, de la coiffure, de l’industrie, de la santé et de l’horticulture.
Le sparadrap ainsi que plusieurs médicaments peuvent générer un eczéma de contact allergique, notamment les antiseptiques iodés, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, la néomycine et les pommades contre le prurit.
Le nickel est un allergène couramment rencontré dans les eczémas de contact. Il entre en contact avec la peau lorsqu’il est contenu dans des bijoux fantaisie, des montres, des boucles de ceinture ou des boutons.
Vêtements et produits cosmétiques sont parfois à l’origine de ce type de dermatite.
Les rayons UV peuvent également « activer » une substance et la rendre allergène. C’est notamment le cas pour plusieurs médicaments. Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter notre fiche
Médicaments et soleil : attention à la photosensibilisation !.

La prévention de l’eczéma de contact allergique passe par l’évitement de l’allergène incriminé. Pour l’identifier, le médecin dispose de tests sous forme de patchs à porter pendant deux jours.

Lorsque l’eczéma a été déclenché, le traitement est semblable à celui de la dermatite atopique : application de dermocorticoïdes.

Si l’allergène n’est pas évité, l’eczéma devient chronique. Il peut mener à un épaississement de la peau suite aux grattages, à une érythrodermie (une extension des rougeurs à la presque totalité de la surface de la peau) et à une surinfection. Il constitue parfois un handicap important.
Le port de gants ou de protections fait partie des défenses à mettre en œuvre face à l’allergène.
Enfin, des crèmes constituant une barrière protégeant la peau ont également été mises au point.


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L’eczéma de contact irritatif

Contrairement à ce qui est observé dans le cas de la dermatite atopique ou la dermatite de contact allergique, l’eczéma de contact irritatif n’est pas déclenché par un allergène, mais par une substance irritante. Il provoque une sensation de brûlure et non des démangeaisons. Mais la dermite de contact irritatif aide à la pénétration des allergènes à travers la peau et peut conduire à un eczéma de contact allergique. Il concerne souvent la peau des mains et peut lui aussi être à l’origine d’un eczéma chronique des mains.
Son intensité dépend de la dose de substance irritante reçue.
La prévention repose sur l’évitement de la ou des substances irritantes et sur le port de protection. Les plus couramment rencontrées sont les détergents, les substances acides ou caustiques, certaines huiles, mais également le froid et l’eau.

Quelques autres formes d'eczémas

L’eczéma est plus un syndrome qu’une maladie, c’est-à-dire qu’il est un ensemble de symptômes et de signes cliniques qui peuvent avoir des origines différentes. On le retrouve dans des pathologies variées ; il prend parfois des formes particulières.

L’eczéma séborrhéique

Vieux nom donné à la dermatite séborrhéique, qui, chez le nourrisson, est à l’origine des croûtes de lait.

L’eczéma nummulaire

La forme des lésions de l’eczéma évoque celui de pièces de monnaie, d’où le nom de cet eczéma : « nummulaire », venant de « nummulus », signifiant petite pièce de monnaie.

L’eczéma auriculaire

Il concerne la peau du conduit auditif externe. Il est à l’origine d’un prurit et peut conduire à des otalgies, des douleurs à l’oreille.

La dyshidrose

Ce terme désigne un eczéma apparaissant au niveau des paumes des mains et des plantes des pieds. Il survient surtout l’été, et se caractérise par des rougeurs, un prurit et par la présence de vésicules claires sur les doigts, les orteils, les paumes et les plantes des pieds. Ces vésicules vont soit se rompre et suinter, soit former des croûtes brunes.
La dishydrose est liée au stress, au contact avec un allergène métallique (nickel, chrome…), à une trop forte transpiration, à l’atopie ainsi qu’au tabac. Elle peut être particulièrement désagréable, suscitant de vives démangeaisons.
La prévention passe par là aussi par un évitement des substances allergènes et des déclencheurs, et également par une réduction de la transpiration. Quant au traitement, il repose là encore sur les dermocorticoïdes et les émollients.

L’eczéma variqueux

Un eczéma des jambes se développe parfois sur les jambes des personnes souffrant d’insuffisance veineuse et de varices.

Les traitements naturels en cas d'eczéma

Les plantes et probiotiques offrent des solutions à utiliser en appoint des traitements émollients, des dermocorticoïdes et des protections.

L’aromathérapie

Plusieurs huiles essentielles sont réputées pour leurs effets apaisants sur la peau. Il s’agit notamment des huiles essentielles de Camomille, de Cèdre, de Katafray et de Patchouli.
Ces huiles s’appliquent par voie cutanée, diluées dans une huile végétale ou dans de l’Aloe vera.
Les huiles végétales à utiliser sont l’huile végétale de baie de laurier, l’huile vétégale de Cameline, l’huile végétale d’Argan et les macérats huileux de Millepertuis et de Calendula.

La phytothérapie

L’Aloe vera est renommé pour ses propriétés cicatrisantes et émollientes, la calendula pour ses effets apaisants. Ces plantes intègrent la composition de gels ou pommades nourrissant et calmant la peau, idéaux pour les personnes souffrant d’eczéma.
Par voie orale, ce sont l’huile d’onagre et l’ortie, réputées pour leurs bienfaits sur la peau, qui sont disponibles sous forme de compléments alimentaires.


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Les probiotiques et l’eczéma

Les probiotiques se proposent de corriger par l’apport de germes vivants des microbiotes altérés.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche Tout savoir sur les probiotiques.

L’homéopathie

Au stade des vésicules, avant leur rupture, les souches conseillées sont Apis mellifica, Croton tiglium, Staphysagria et Urtica Urens.
Au stade des lésions qui suintent, après rupture des vésicules, les souches à prendre sont Merezeum et Graphites.
Si l’eczéma touche le visage, c’est la souche Antimonium crudum qui est recommandée.
Si l’eczéma touche les joues d’un enfant, il faut se tourner vers Viola tricolor.
Cantharis est à prendre en cas de douleurs.


L’eczéma provoque des rougeurs, un prurit et des lésions qui suintent avant de former des croûtes. Ses causes sont multiples. Il peut notamment être déclenché par une allergie ou par une substance irritante. Des solutions pour le prévenir ou le traiter existent. Il s’agit d’abord d’identifier l’allergène ou la substance à l’origine du trouble cutané et de l’éviter. Dans le cas de la dermatite atopique, il faudra appliquer quotidiennement sur la peau un émollient pour la renforcer et l’hydrater. Si l’eczéma s’est déclenché, les dermocorticoïdes sont le traitement de référence.