Substituts nicotiniques : adapter le traitement à sa dépendance

Substituts nicotiniques : adapter le traitement à sa dépendance
Effets délétères sur sa santé et celle de ses proches, coût financier allant croissant, conséquences sur l’environnement… Les motivations pour arrêter de fumer sont nombreuses. Mais le tabagisme est une addiction, face à laquelle la motivation seule ne suffit pas. Se lancer sans soutien dans l’arrêt du tabac, c’est la garantie d’une rechute dans les jours qui suivent. Les aides disponibles pour se sevrer de la cigarette vont de l’aide d’un médecin spécialiste - l’addictologue - à la prise de médicaments. L’un des outils les plus efficaces est le substitut nicotinique. Il apporte la nicotine à l’organisme, mais sans les effets néfastes de la cigarette. Il aide ainsi à reprendre la main sur sa consommation et à progressivement s’affranchir de sa dépendance. Ces substituts existent sous plusieurs formes, ce qui leur permet de répondre aux comportements et aux besoins de chaque fumeur. Découvrez sur Pharma GDD les substituts nicotiniques disponibles ainsi que leurs effets.

Pourquoi prendre des substituts nicotiniques ?

La cigarette peut apporter un certain plaisir. Elle a également pour effet de légèrement réduire l’anxiété. Elle finit vite par constituer un rituel dont on ne peut se passer. Elle doit ces effets à la nicotine, une molécule présente dans le tabac. Mais le prix à payer pour bénéficier de ces quelques bienfaits est très élevé. En effet, la combustion du tabac est génératrice de conséquences graves pour la santé.

Les effets nocifs du tabac

Le tabagisme est à l’origine de maladies et de troubles variés. Il affecte l’appareil respiratoire : il est ainsi l’une des premières causes de BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive). Il dégrade également le système digestif, en accroissant la sécrétion d’acides gastriques. Il entraîne des problèmes cardiovasculaires, en augmentant la pression artérielle et en altérant les parois des artères. Enfin, il provoque des cancers. Ces pathologies sont sévères et peuvent mener au décès. Ainsi, le tabac est responsable de 75 000 morts prématurées par an en France. Pour plus de renseignements sur les effets du tabac sur la santé, vous pouvez consulter notre fiche "Consommation de tabac : attention danger !". S’ajoutent à ces effets le tabagisme passif et également le coût financier de la consommation de cigarettes, non négligeable. Pour une estimation des économies réalisables par l’arrêt du tabac, vous pouvez utiliser cette calculette disponible en ligne.

Surmonter son addiction au tabac

Ce qui rend difficile l’arrêt du tabac, c’est la dépendance qu’il suscite. Il en existe 3 formes. La dépendance biologique : elle est provoquée par la nicotine. Elle a modifié le cerveau et le fumeur subit une sensation de manque lorsqu’il n’a pas de nicotine. A l’origine de cette dépendance : les « pics » de nicotine, c’est-à-dire l’arrivée rapide de cette molécule au niveau du cerveau, après inhalation et passage par les poumons.
La dépendance psychologique : le fumeur recherche les effets stimulants ou anxiolytiques de la nicotine pour faire face aux situations de stress ou lorsqu’il a besoin de se concentrer.
La dépendance comportementale ou environnementale : c’est l’acquisition de rituels de consommation, on fume dans telle ou telle circonstance (en soirée, après le travail…).

Pour vaincre son addiction au tabac, il faut donc analyser son comportement et agir sur l’ensemble de ces dépendances. Les substituts nicotiniques ont pour principal rôle d’apporter la nicotine sans les nuisances associées. En effet, ils fonctionnent sans avoir recours à la combustion de feuilles de tabac, ce qui réduit considérablement les effets secondaires néfastes que l’on peut observer avec la cigarette. Ce type de traitement pour arrêter de fumer délivre la nicotine plus lentement que la cigarette, ce qui évite le phénomène de pics et permet donc au fumeur de reprendre la main sur sa dépendance sans pour autant subir de sensation de manque. Ils agissent donc principalement sur la dépendance biologique.

Avant de prendre ces substituts, il faut évaluer son addiction, à l’aide du Test de Fagerström. Les résultats permettent de savoir si l’on doit prendre des substituts et s’orienter vers la forme la plus adaptée à son cas. Ainsi, pour un résultat situé entre 3 et 4, il faut envisager de prendre des pastilles ou des gommes pour aider à arrêter le tabac. Le Test de Fagerström est un outil fiable mais le mieux, pour maximiser ses chances d’arrêter de fumer, est de bénéficier de l’aide et des conseils d’un médecin spécialiste (addictologue ou tabacologue).

Les différentes solutions anti tabac

Les substituts existent sous plusieurs formes : des patchs ou dispositifs transdermiques, et des formes orales (gommes, pastilles, comprimés, sprays et inhaleurs). Cette multiplicité de solutions permet de s’adapter aux besoins et aux dépendances de chacun. Les différentes formes peuvent être associées pour plus d’efficacité. L’idéal est de débuter la prise de substituts de façon à apporter une forte dose de nicotine, puis de décroître progressivement, tous les mois, la quantité de nicotine prise de façon à cesser de prendre des substituts au bout de 3 à 6 mois.

Les patchs anti tabac / dispositifs transdermiques

Les dispositifs transdermiques, appelés patchs, se fixent sur la peau. Ils délivrent lentement leur nicotine de façon continue à travers le derme, ce qui permet l’apport de nicotine sans le « pic » générateur d’addiction. On peut garder un patch anti tabac si l’on continue à fumer en parallèle, à condition de réduire sa consommation de cigarettes, pour éviter tout risque de tachycardie. Le patch est compatible avec le fait de fumer.

Les types de patchs anti tabac

Il en existe deux grands types, variant en fonction de leur durée d’action : 16 ou 24 heures. Posés le matin, les patchs de 16 heures assurent un apport de nicotine pendant toute une journée, les patchs de 24 heures assurent également la délivrance de nicotine pendant la nuit, jusqu’au lendemain matin. Ces derniers permettent de contrecarrer le manque au réveil. Les 16 heures délivrent 10, 15 ou 25 mg de nicotine. Les 24 heures délivrent 7, 14 ou 21 mg de nicotine. Pour rappel, une cigarette délivrerait 1 à 3 mg de nicotine. Les patchs anti tabac font sentir leurs effets environ une demi-heure après la pose.

La posologie

Si le résultat au Test de Fagerström est inférieur à 5, le patch à utiliser sera celui de 14 mg / 24 h.
Si le résultat est supérieur à 5, c’est le patch 21 mg / 24 h qu’il faudra appliquer.
Leur apport en nicotine est stable et constant, ce qui ne permet pas au fumeur de faire face à une demande élevée de nicotine suite, par exemple, à une situation émotionnellement intense. Il faudra alors compléter l’action du patch avec la prise de nicotine sous forme orale.

Quand et où mettre le patch de nicotine ?

Le patch se pose le matin sur une peau sans lésions, sèche et sans poils. Ils peuvent être posés partout, à l’exception des zones poilues ou de la plante des pieds, trop épaisse pour une bonne diffusion. Les meilleures localisations sont la partie supérieure du bras, au niveau du ventre ou des hanches. Pour prévenir les irritations, il faut varier quotidiennement les zones de peau où appliquer le patch.

Le patch se posera le matin et, dans le cas des patchs 16 heures, sera ôté le soir, dans le cas des 24 heures, retiré le lendemain matin. Il se conserve sous la douche. Il faut noter que la transpiration est susceptible de le détacher. Enfin, le patch doit rester intact : il ne faut pas essayer de le couper en deux pour diminuer la dose de nicotine, cela aurait pour conséquence de diminuer son efficacité.

Les effets indésirables du patch

Les patchs de nicotine peuvent avoir quelques effets secondaires. Ils provoquent des allergies cutanées ou des troubles du sommeil. En cas de réaction cutanée, on peut soulager la peau à l’aide d’un Cérat de Galien ou d’une crème apaisante. La nicotine est parfois à l’origine de douleurs musculaires au niveau de la zone de pose.


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Les formes orales

Si le patch permet un apport constant de nicotine, les formes orales conviennent pour lutter contre les envies ponctuelles survenant pendant la journée. Ces formes de substituts nicotiniques créent également une gestuelle particulière. Elles contribuent à faire du consommateur un acteur de son traitement.

Les gommes, pastilles et comprimés nicotiniques

Les gommes contiennent de la nicotine qui passera par les muqueuses buccales pour gagner le cerveau en une vingtaine ou une trentaine de minutes. Leurs effets se font sentir plus rapidement que ceux des patchs, sans pour autant déclencher de « pic », comme peut en générer le tabac. Ces gommes à la nicotine suffisent parfois pour arrêter de fumer, lorsque le Test de Fagerström donne un résultat de 3 à 4.

Elles existent en deux dosages : 2 et 4 mg de nicotine / gomme. Il faut garder à l’esprit qu’il y a une déperdition de nicotine : la dose délivrée est divisée par deux. Elles ne doivent pas être mâchées comme un chewing-gum et la salive ne doit pas être avalée. Il faut les sucer dans un premier temps, puis les mâcher doucement, en s’accordant des pauses. Lorsqu’elles ne sont pas mâchées, elles doivent être placées entre la joue et la gencive. Ces gommes sont aromatisées : réglisse, menthe, saveurs fruitées…

Il ne faut pas hésiter à commencer avec une dose importante (8 à 12 gommes) pour diminuer ensuite progressivement. La prise de café ou de soda (liquide acide) avec une gomme en bouche risque d’altérer le passage de la nicotine dans l’organisme. On s’abstiendra de boire un café dans les 30 minutes qui précèdent la prise d’une gomme. Enfin, les gommes à mâcher peuvent susciter des irritations, le hoquet, des aphtes ou des problèmes digestifs. Elles sont contre-indiquées en cas de port d’un appareil dentaire.

Des variantes reposant sur le même principe sont disponibles : les comprimés sublinguaux que l’on place sous la langue et qui diffusent l’intégralité de leur contenu. Leur prise est moins visible que celle d’une gomme ; les pastilles à sucer qui délivrent aussi la totalité de leur nicotine. Elles ne doivent pas être croquées.

Les sprays à la nicotine

Ils diffusent leur contenu dans la cavité buccale. Ils agissent plus rapidement que les gommes, pastilles ou comprimés. Il ne faut pas respirer le produit, mais simplement le pulvériser dans la bouche.

Posologie de ces formes orales

Pour une dépendance modérée (résultat du test inférieur à 5), la posologie est :
  • pour les gommes : 2 mg dès que l'envie de fumer apparaît,
  • pour les pastilles et comprimés sublinguaux : 1 comprimé toutes les 1 à 2 h.
  • pour le spray buccal : 1 pulvérisation par prise, sans dépasser 4 pulvérisations par heure.

Pour une dépendance élevée (résultat du test supérieur à 5), la posologie est :
  • pour les gommes : 4 mg dès que l'envie de fumer apparaît,
  • pour les pastilles et comprimés sublinguaux : 2 comprimés toutes les 1 à 2 h.
  • pour le spray buccal : 1 à 2 pulvérisations par prise, sans dépasser 4 pulvérisations par heure.


Les inhaleurs / dispositifs pour inhalation

Enfin, l’inhaleur ou inhalateur contient des microgouttelettes de nicotine qui vont être aspirées et déposées dans la cavité buccale. Ces dispositifs sont de même forme que des cigarettes. Ils conviennent aux fumeurs attachés au geste de la cigarette. Ainsi, ils agissent également sur la dépendance comportementale en plus de la dépendance biologique. Il est possible d’associer une forme orale (gomme ou inhaleur) et le port d’un patch. Le surdosage de nicotine se reconnaît au fait qu’il déclenche une augmentation du rythme cardiaque, des nausées, un goût étrange dans la bouche, des vertiges et des troubles du sommeil.

Ce qu'il faut retenir

Lorsque l’on décide d’arrêter de fumer, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté. La prise de substituts nicotiniques permet d’augmenter la probabilité de réussite. A côté de cette substitution, on peut se tourner vers un médecin spécialiste et suivre une TCC, thérapie cognitivo-comportementale. Enfin, on peut également être soutenu dans sa démarche en contactant gratuitement Tabac Info Service au 3989 et consulter le site www.tabac-info-service.fr.