Nutrithérapie : mieux se nourrir pour garder la santé

Nutrithérapie : mieux se nourrir pour garder la santé
La nutrithérapie est, à l’instar de l’aromathérapie ou de la phytothérapie, une médecine naturelle millénaire qui a été mise de côté et quelque peu oubliée pendant des décennies. Elle a été remise au goût du jour il y a une cinquantaine d’années d’années aux États-Unis, et s’est depuis considérablement développée.

Ce renouveau s’explique notamment par les insuffisances de notre alimentation moderne, les modes de production, de conservation ou de cuisson des aliments leur faisant perdre de nombreux principes actifs. De fait, il est aujourd’hui très courant d’avoir des carences en vitamines, en minéraux ou autres oligo-éléments, car l’alimentation n’est pas toujours en capacité de répondre aux besoins de notre organisme.

La nutrithérapie est la médecine consacrée aux solutions à apporter aux pathologies qui se créent à cause de ces déficits. Nos pharmaciens vous emmènent avec eux à sa découverte !

Nutrithérapie : comment ça marche ?

Le but de la nutrithérapie est de répondre, par un changement des habitudes alimentaires ou par la prise de compléments alimentaires, aux carences ou aux besoins métaboliques de l’organisme, en ciblant les micro-nutriments ou les substances qui vont maximiser les performances du corps.

Principe détaillé de la nutrithérapie

Cette médecine part du principe que l’alimentation joue un rôle clé au niveau de la santé, mais aussi des performances physiques et psychiques, et qu’elle peut aussi permettre d’améliorer considérablement l’hygiène de vie, voire même de prévenir certaines pathologies.

L’objectif est de prendre en considération les habitudes alimentaires, propres à chaque individu, et de les faire évoluer pour que celles-ci puissent permettre à l’organisme d’y répondre de manière optimale. C’est la métabolisation des micro-nutriments par les cellules qui se retrouve au centre de l’attention, car elle détermine où sont les besoins principaux et la raison pour laquelle des carences peuvent apparaître.

Ainsi, l’équilibre de l’alimentation quotidienne constituera la première étape, les nutriments contenus naturellement dans la nourriture faisant en quelque sorte office de médicaments. La prise de compléments alimentaires (aussi appelés suppléments alimentaires) est également très courante, car ils permettent d’apporter en quantité significative des acides gras ou aminés, des vitamines ou des minéraux qui maximisent les capacités physiques et psychiques.

Les études les plus récemment menées montrent que la nutrithérapie permet d’améliorer considérablement l’hygiène de vie au quotidien, car elle influe aussi bien sur les capacités musculaires ou articulaires que sur le sommeil, la concentration, le stress, et même sur la mémoire. Une alimentation équilibrée et variée serait bénéfique pour allonger la durée de vie, tout en restant en bonne santé et en pleine possession de ses moyens.

En résumé, les objectifs de la nutrithérapie sont les suivants :
  • Optimiser les fonctions de l’organisme (renforcer les défenses immunitaires, favoriser la digestion et la métabolisation, contribuer à la croissance physique et intellectuelle, augmenter la résistance au stress et la capacité de concentration, …).
  • Prévenir les altérations des cellules ainsi que des pathologies aiguës ou chroniques.
  • Préserver le patrimoine génétique et les capacités reproductrices.
  • Réduire la consommation de médicaments et se substituer à leurs effets secondaires, en profitant des effets pharmacologiques des aliments et des nutriments.
  • Traiter certaines pathologies, en restaurant l’énergie du patient et en corrigeant les déficits ou les surcharges nutritionnelles.

Histoire de la nutrithérapie

La première trace concrète de ce qui s’apparente à de la nutrithérapie nous provient de la Grèce Antique. C’est le très célèbre Hippocrate, considéré à juste titre comme le père de la médecine moderne, qui avait écrit cette phrase devenue célèbre : "Que ton aliment soit ton médicament !". Ses recherches lui avaient déjà permis de découvrir en partie que l’alimentation est naturellement source de bienfaits pour la santé, et qu’il était possible de tirer profit des vertus de certains aliments comme l’ail ou l’oignon.

Cependant, ce sont les progrès chimiques et technologiques qui ont permis de développer considérablement cette médecine, notamment car cela nécessitait des recherches au niveau cellulaire et moléculaire. Vers la fin du XIXème siècle, les chercheurs prennent tout d’abord conscience des différentes catégories de molécules qui composent l’organisme, à savoir les lipides, les protéines et les glucides. Au début des années 1900, la découverte du rôle des minéraux et des vitamines est une nouvelle avancée majeure, car elle permet notamment à cette époque de pouvoir éviter le développement de maladies comme le scorbut ou la pellagre, la cause de celles-ci étant identifiée comme une carence en vitamine C pour la première, et en vitamine B3 pour la seconde.

La véritable "naissance" de la nutrithérapie est cependant établie en 1968, grâce aux travaux menés par le chimiste américain de renom Linus Pauling. Ce dernier a su valoriser la médecine orthomoléculaire, c’est-à-dire le fait de tenir compte de la totalité des caractéristiques de l’individu afin de pouvoir agir directement au niveau cellulaire, par le biais de substances physiologiquement actives comme les oligo-éléments, les acides aminés ou les enzymes digestives. C’est ce progrès considérable qui a ouvert la porte à des milliers de travaux de recherche pour réussir à comprendre au mieux l’impact de l’alimentation et de ses apports en micronutriments sur l’organisme.

L’attrait pour la nutrithérapie est aujourd’hui en constante augmentation, notamment avec la dégradation de la qualité de l’alimentation moderne. On estime aujourd’hui qu’en France, plus de 10 % de la population souffrirait de malnutrition. Ceci est principalement dû à l’agriculture intensive (et à l’utilisation d’engrais et de pesticides) qui appauvrit les apports nutritionnels des produits cultivés, mais aussi aux additifs alimentaires industriels ainsi qu’à des facteurs indépendants de l’alimentation comme la consommation de tabac ou d’alcool.

Consultation avec un nutrithérapeute

Le développement important de la nutrithérapie a ainsi amené à la création d’une spécialisation médicale. Les nutrithérapeutes sont de plus en plus nombreux, et se différencient des nutritionnistes et des diététiciens par leur approche cellulaire de l’alimentation, l’objectif de la nutrithérapie étant de nourrir la cellule pour que celle-ci puisse fonctionner au mieux, et donc délivrer le maximum de son potentiel.

Aussi, si l’automédication ne suffit pas à combler les carences ou à diminuer les surcharges, il est possible de consulter ces spécialistes afin de faire un bilan précis des besoins métaboliques, et en conséquence de pouvoir être orienté vers des solutions plus précises.

Compléments nutritionnels : faire le bon choix

Les compléments nutritionnels peuvent être des micronutriments administrés seuls (vitamine C, zinc, coenzyme Q10, …) ou des complexes de micronutriments destinés à un but précis (réduire le stress, réguler la glycémie, ralentir le vieillissement, etc.).

Comment être sûr qu’un complément alimentaire convienne ?

Pour qu’un complément nutritionnel fasse correctement effet, il est essentiel que celui-ci respecte certaines modalités :
  • La bonne forme : pour être correctement absorbés, les nutriments doivent être apportés sous la forme la plus "bio-disponible" possible, c’est-à-dire qu’ils peuvent être consommés sous forme de capsule, de solution buvable, de gélule ou encore de gel.
  • Le bon dosage : la dose doit être adaptée en fonction des besoins journaliers du patient, qui diffèrent selon le nutriment, l'âge, le sexe, la pathologie... Une dose nutritionnelle permet de prévenir les déficits, une dose correctrice de combler les carences, une dose pharmacologique de soigner (effet médicament).
  • La bonne association : certains micro-nutriments disposent d’une efficacité renforcée lorsqu’ils sont associés à d’autres, comme c’est par exemple le cas de la vitamine B6 qui favorise l’assimilation du magnésium. Au contraire, d’autres associations peuvent avoir des effets néfastes, à l’instar de la vitamine C qui devient oxydante lorsqu’elle se retrouve en présence de fer. Il existe d’ailleurs de nombreux cas d’incompatibilité, la théine ne doit par exemple pas être consommée en même temps que le fer, car elle capture ce dernier et l’empêche d’être assimilé, le charbon capture toutes les substances à cause de ses effets absorbants, et l’huile de paraffine bloque l’assimilation des vitamines liposolubles.
  • Le bon moment : pour qu’ils soient correctement métabolisés, certains micro-nutriments doivent être pris à jeun, alors que d’autres doivent impérativement accompagner un repas. Par exemple, il est conseillé de consommer les acides gras saturés plutôt le matin, les omégas 6 sur le temps du déjeuner, et les omégas 3 le soir.

En cas de doute, il ne faut pas hésiter à demander conseil à votre pharmacien, qui saura vous indiquer précisément les dosages et les posologies de ces compléments nutritionnels.

L’existence de "super-aliments" ?

Ce concept a vu le jour au début des années 2000 mais reste encore assez peu défini à l’heure actuelle. Les super-aliments constitueraient une alternative face aux nombreux scandales alimentaires, et à la multiplication des maladies chroniques. Ce sont, suivant l’exemple des baies de Goji ou des graines de chia, des aliments qui sont d’une grande richesse en micro-nutriments, et qui permettraient de combler facilement de nombreuses carences de l’organisme, ou au contraire de réguler les excédents.br />

Notre sélection :

La seule définition qui en est actuellement donnée est que ce sont des aliments riches en nutriments, considérés comme particulièrement bénéfiques en terme de santé et de bien-être. Si l’on reprend l’exemple des baies de goji, qui ont été les premières à être classées comme super-aliment, elles seraient anti-cancer, pleines de bienfaits pour le cœur, le foie, la fertilité ou encore le cerveau, et posséderaient même des vertus tonifiantes.

Aucune de ces propriétés n’est cependant formellement établie, elles sont basées sur les micro-nutriments contenus dans ces aliments, et comparées aux besoins quotidiens de l’organisme. Dans tous les cas, ces super-aliments sont source d’au moins un micro-nutriment essentiel en très grande quantité, celle-ci étant généralement supérieure aux besoins quotidiens moyens.

À l’avenir, la liste de ces aliments qualifiés de "miracles" tend à s’agrandir en raison des découvertes faîtes par les spécialistes de la nutrithérapie, qui travaillent activement sur le sujet afin de l’exploiter au maximum s’il s’avère que ces qualités sont aussi exceptionnelles que ce qui peut être estimé.

Exemples d’aliments et de leurs apports en micro-nutriments

L’ANSES, l’Agence Nationale de SÉcurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, mène depuis plusieurs années des travaux et des recherches pour déterminer les apports nécessaires en micro-nutriments pour l’organisme, et les aliments qui en sont les plus riches.

Ainsi, nous avons élaboré pour vous, à partir de ces données, un tableau listant certains micro-nutriments essentiels à l’organisme, avec des exemples d’aliments qui en contiennent en quantité significative, ainsi que la proportion journalière qu’il est recommandée de consommer.

Micro-nutriment Apport journalier recommandé Aliments conseillé avec leur teneur
en micro-nutriment
Pourcentage de l'apport journalier
recommandé (AJR)
Calcium 900 mg • Menthe séchée 1490 mg
• Graines de fenouil 1200 mg
• Gruyère 1090 mg
• 166%
• 133%
• 121%
Fer 11 mg • Boudin noir 17,4 mg
• Son de blé 14,8 mg
• Lentilles vertes sèches 9,4 mg
• 158%
• 135%
• 85%
Magnésium 320 mg • Graines de lin 372 mg
• Noix du Brésil 367 mg
• Graines de chia 335 mg
• 116%
• 115%
• 105%
Zinc 15 mg • Huîtres crues 20,7 mg
• Crabe cru 11,9 mg
• Bœuf braisé 10,5 mg
• 138%
• 79%
• 70%
Vitamine B2 1,5 mg • Jambonneau cuit 1,81 mg
• Foie de veau cuit 1,72 mg
• Macaron fourré à la crème 1,6 mg
• 121%
• 114%
• 107%
Vitamine B3 1,6 mg • Rocamadour (fromage de chèvre) 1,8 mg
• Crevettes cuites 1,77 mg
• Pommes de terre cuites à l'eau 1,73 mg
• 112%
• 111%
• 108%
Vitamine B6 1,7 mg • Ail cru 1,99 mg
• Pistaches grillées / salées 1,41 mg
• Lentilles 1 mg
• 117%
• 83%
• 59%
Vitamine B9 200 µg • Foie de veau cuit 592 µg
• Muesli 204 µg
• Bouillon de légumes déshydraté 180 µg
• 296%
• 102%
• 90%
Vitamine B12 4 µg • Bulots cuits 4,61 µg
• Hampe de bœuf grillée 4,6 µg
• Foie gras de canard 4,55 µg
• 115%
• 115%
• 113%
Vitamine C 94 mg • Poivron rouge cru 162 mg
• Kiwi 93 mg
• Pamplemousse 61 mg
• 172%
• 128%
• 65%
Vitamine D 10 µg • Hareng fumé 14,5 µg
• Bouillon de légumes déshydratés 13,8 µg
• Chanterelles / Girolles crues 5,3 µg
• 145%
• 138%
• 53%
Vitamine E 15 mg • Noisettes grillées 15,3 mg
• Amandes avec peau 14,6 mg
• Tarama de saumon 9 mg
• 102%
• 97%
• 60%
Acides gras saturés 25 g • Noix de coco 29,7 g
• Chocolat noir 26,6 g
• Noix de muscade 25,9 g
• 119%
• 106%
• 104%
Acides gras monoinsaturés 40 g • Noisettes 45,7 g
• Lard cru 42 g
• Noix de pécan 40,6 g
• 114%
• 105%
• 102%
Acides gras polyinsaturés 13 g • Noix du Brésil 25,6 g
• Cacahuètes 15,8 g
• Graines de soja 10,8 g
• 197%
• 122%
• 83%



La nutrithérapie est donc une médecine en constante évolution et pleine d’avenir, les recherches avançant à grand pas pour découvrir encore davantage les bienfaits que peut avoir l’alimentation sur notre santé et notre bien-être. Manger est déjà un plaisir pour la majorité d’entre nous, et pourrait le devenir encore plus s’il s’avérait que cela nous aide à vivre plus longtemps et en meilleure santé !

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