Qu'est-ce que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ?

Qu'est-ce que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ?
La BPCO est une maladie chronique inflammatoire des bronches qui se caractérise par une toux associée à une gêne respiratoire. Elle est due à une obstruction progressive et permanente des voies respiratoires, liées à des réactions inflammatoires locales entraînant des altérations des tissus bronchiques. Le tabac est le principal responsable de la bronchopneumopathie chronique obstructive. C’est l’une des insuffisances respiratoires les plus courantes, mais aussi les plus handicapantes à terme. Qu’est-ce que la BPCO ? Comment la traiter et éviter son aggravation ? Pharma GDD répond à toutes vos questions pour vous aider à mieux comprendre cette pathologie qui, du fait de l’augmentation du tabagisme et de la pollution, représenterait la 3 ème cause de mortalité dans le monde.

Qu’est-ce que la BPCO ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) se manifeste dans un premier temps par une bronchite chronique qui évolue progressivement au fil des années, entraînant à terme des difficultés respiratoires, pouvant nuire aux activités courantes.
Cette maladie respiratoire touche environ 1,7 millions de personnes soit approximativement 7,5% de la population de plus de 40 ans, et est responsable d’environ 16 000 décès par an. Si la population masculine était la plus impactée, en raison de l’augmentation du tabagisme féminin, elle concerne dorénavant aussi bien les femmes que les hommes.
Certainement sous-évaluée et relativement mal connue, son diagnostic et sa prise en charge précoce constituent un enjeu sanitaire essentiel, puisqu’elle peut entraîner une insuffisance respiratoire chronique potentiellement très invalidante.

Symptômes de la BPCO

Une toux chronique productive, c’est à dire grasse et expectorante, représente le plus souvent le premier symptôme caractéristique de cette pathologie. Dans un premier temps elle se manifeste surtout le matin par une sorte de « toilette bronchique ». Elle survient chez le fumeur à partir de 40, 50 ans, devient de plus en plus fréquente, et finit par s’installer en permanence. Plus tard, un essoufflement à l’effort commence à se produire, qui va s’aggraver petit à petit et devenir présent au moindre déplacement. Cette dyspnée rend de plus en plus difficiles les activités du quotidien, et peut impacter rapidement la mobilité si un traitement n’est pas mis en place.
La BPCO se manifeste par une alternance de phase stable et d’épisodes d’exacerbations au cours desquels on observe une aggravation de la dyspnée, de l’expectoration et de la toux.

Causes de la BPCO

La BPCO se caractérise par une inflammation chronique au niveau des bronches qui se développe suite à l’inhalation des fumées de cigarette ou autres particules potentiellement nocives contenues dans l’atmosphère. D’autres facteurs semblent également intervenir dans ce processus inflammatoire pathologique, comme une prédisposition génétique ou des phénomènes de stress oxydatif.
Ces réactions inflammatoires répétées vont entraîner des agressions multiples au niveau des différentes structures tissulaires et vasculaires pulmonaires induisant à terme une hyperactivité des bronches (hypersécrétion de mucus), une altération des parois des bronchioles, une atrophie des muscles lisses. Ces différentes atteintes vont provoquer au long cours une diminution des débits aériens, un rétrécissement des voies respiratoires et une obstruction des bronches, entraînant progressivement les essoufflements.
Lorsque les alvéoles pulmonaires sont atteintes, les échanges gazeux sont altérés et un emphysème peut alors se développer.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur l’évaluation des troubles ventilatoires grâce à une exploration fonctionnelle qui va mesurer les volumes d’air expirés, témoin du degré d’obstruction bronchique. Les images radiologiques pourront montrer également les lésions pulmonaires.

La spirométrie

La spirométrie est une épreuve fonctionnelle respiratoire qui permet de mesurer les volumes pulmonaires et le débit respiratoire des patients. Un volume expiré faible va signaler une obstruction des bronches. Il est exprimé par le VEMS, c’est-à-dire le volume expiratoire maximale en 1 seconde, grâce à un spiromètre. La valeur du VEMS va signer la gravité de l’obstruction bronchique.
Le diagnostic est posé suite à la mesure du VEMS après inhalation d’un bronchodilatateur.
La spirométrie est également utile pour surveiller l’évolution de la maladie et la réponse au traitement.
Il existe d’autres méthodes exploratrices complémentaires, comme la pléthysmographie. Elle consiste à mesurer le volume pulmonaire résiduel, c’est à dire la quantité d’air restant à la fin de l’expiration. Cette mesure reflète notamment l’atteinte des bronchioles.
Une mesure des gaz du sang est parfois indispensable pour connaitre le taux d’oxygène sanguin.

La radio pulmonaire

Les clichés du thorax vont mettre en évidence les différentes atteintes pulmonaires. Ils permettent notamment de déceler les lésions du parenchyme alvéolaire caractéristiques de l’emphysème.

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Les stades de la BPCO 

Les différents stades de la BPCO sont évalués en fonction de l’importance de la dyspnée.

  • Stade 0 : Pas de Bronchopneumopathie obstructive. L’essoufflement apparaît lors d’efforts soutenus.
  • Stade I : BPCO léger (VEMS supérieur à 80 %). La marche rapide et en pente entraîne l’essoufflement.
  • Stade II : BPCO modéré (VEMS entre 50 et 80 %). Essoufflement à la marche sur terrain plat.
  • Stade III : BPCO sévère (VEMS entre 30 et 50 %). L’essoufflement nécessite un arrêt rapide de l’activité.
  • Stade IV : BPCO très sévère (VEMS inférieure à 30 %). Essoufflement dès le moindre effort.

La gravité des atteintes sera également exprimée en fonction d’autres critères, comme le nombre d’épisodes aigus d’exacerbation, la dyspnée à l’effort, et inclura également les facteurs de comorbidités, c’est à dire la présence concomitante de pathologies (insuffisance cardiaque, maladie coronarienne, diabète, neuropathie, fibrose pulmonaire...)


Facteurs de risques de la BPCO


Le tabac

Les fumeurs ont un risque accru de développer une bronchopneumopathie chronique obstructive puisqu’environ 80 % des cas sont imputés au tabac. Le tabagisme passif est également un facteur de risque, tout comme fumer pendant la grossesse altère le développement pulmonaire du fœtus et risque de l’exposer ultérieurement à une BCPO. Cependant, seuls 15 à 20 % des fumeurs développeront une BPCO, ce qui implique le rôle probable d’une susceptibilité individuelle certainement d’origine génétique.


La pollution

Les polluants atmosphériques, les poussières, les produits chimiques contenus dans l’environnement représentent aussi des agents agressifs vis-à-vis des voies respiratoires. Ainsi certaines professions seront considérées comme à risques, car particulièrement exposées. C’est le cas notamment des métiers du bâtiment, de l’agriculture, de l’industrie du textile et de la sidérurgie.


Les infections pulmonaires

Les infections respiratoires sévères contractées pendant l’enfance exposent à un risque de baisse des volumes respiratoires, favorisant ainsi l’apparition d’une BPCO à l’âge adulte.


Les complications de la BPCO

La BPCO nécessite une prise en charge précoce afin de limiter son évolution et d’éviter son aggravation. Toute toux persistante chez un fumeur doit conduire à une consultation afin d’établir un bilan respiratoire.

La détérioration progressive de la fonction respiratoire entraîne régulièrement des phases d’exacerbations. Elles sont principalement dues à des infections ou à des pics de pollution, bien que parfois aucune cause ne soit décelée. Elles se caractérisent par une aggravation de tous les symptômes (dyspnée, toux, gênes respiratoires).

La fréquence et la sévérité de ces épisodes aigus vont également contribuer à endommager les bronches et à aggraver la situation, pouvant conduire à une insuffisance respiratoire chronique. C’est tout l’enjeu de la surveillance de cette pathologie, dont l’objectif est de limiter au maximum ces phases aiguës.

En dehors de la limitation du débit aérien, la BPCO peut provoquer d’autres complications, comme une hypertension artérielle pulmonaire, un risque accru aux infections respiratoires, et un amaigrissement.
Enfin, l’essoufflement à l’effort entraîne progressivement une baisse des activités quotidiennes pouvant conduire au handicap.


Comment traiter la BPCO ?


L’objectif de la prise en charge de la BPCO est d’éliminer les facteurs de risques (arrêt du tabac), soulager les symptômes comme la toux et la dyspnée, améliorer la qualité de vie et prévenir les phases d’exacerbations.

Arrêt du tabac

L’arrêt du tabac est essentiel et obligatoire pour freiner l’évolution de la BPCO et prévenir son aggravation. La mise en place d’un sevrage tabagique est souvent nécessaire. Il peut être envisagé sous forme de substitut nicotinique par exemple. Il sera adapté au degré de dépendance de chaque personne et devra être régulièrement suivi en raison du risque de rechute possible.

Soulager les symptômes

Des traitements médicamenteux sont souvent mis en place pour soulager la toux ou la dyspnée. Ce sont généralement des bronchodilatateurs qui vont dilater les voies respiratoires et ainsi favoriser le passage de l’air. Ils seront associés ou non à des corticoïdes inhalés. Votre médecin établira votre protocole qui sera indispensable à suivre régulièrement.

La rééducation respiratoire

La rééducation respiratoire consiste à entraîner les muscles respiratoires et à réapprendre à mieux respirer afin d’augmenter la tolérance à l’effort du patient. Elle peut être mise en place individuellement à l’aide d’exercices, ou peut nécessiter l’intervention d’un kinésithérapeute. Il s’agit le plus souvent d’une prise en charge multidisciplinaire visant à améliorer la qualité de vie du malade, en fonction de son état respiratoire et de son éventuel handicap physique. Un renforcement musculaire respiratoire et physique est souvent préconisé.

L’oxygénothérapie

Dans les cas les plus sévères, une oxygénothérapie ainsi qu’une ventilation doivent être envisagées. Les modalités seront définies en fonction de l’état de chaque patient.

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Comment mieux vivre avec sa BPCO ?

L’éducation thérapeutique est indispensable à la prise en charge de cette pathologie respiratoire. Elle a pour but de faire comprendre au patient sa maladie et de lui inculquer des habitudes de vie afin que celui-ci gère mieux sa situation respiratoire. L’adhésion du malade est un facteur clé dans le suivi de la BPCO.
Ainsi, pour mieux appréhender votre broncho-pneumopathie, et éviter les phases d’exacerbation, voici quelques recommandations :

  • Respecter et suivre correctement vos traitements.
  • Suppression des facteurs de risques : arrêt total du tabac et éviction de l’exposition aux agents irritants. Par exemple, il est déconseillé de sortir en cas d’alerte à la pollution. Pensez à vérifier la ventilation de votre lieu de vie, et l’état de vos appareils de chauffage.
  • Renforcement musculaire et activité physique font partie du traitement et de la prévention. En effet, la baisse de l’activité physique est un facteur de risque d’aggravation de la BPCO. Pratiquer des exercices contribue à améliorer votre résistance à l’effort et à réduire vos essoufflements.
  • Mesures diététiques indispensables afin d’éviter une perte de poids, voire une dénutrition qui pourrait aggraver votre pathologie. A contrario, un surpoids favorise les essoufflements.
  • La vaccination antigrippale est recommandée ainsi qu’une vaccination antipneumococcique.
  • Consulter rapidement devant tout signe suspect, comme une toux qui s’aggrave, un essoufflement plus important, de la fièvre, un sifflement respiratoire ou un œdème des membres inférieurs.

Conclusion

La BPCO est une pathologie des bronches responsable de difficultés respiratoires qui se développe progressivement et peut impacter considérablement la vie quotidienne, et conduire au handicap. Si le tabagisme est le principal responsable, des facteurs individuels et environnementaux sont liés à son développement. Le traitement, le diagnostic précoce, et les mesures de prévention sont essentiels, afin de limiter l’évolution de cette pathologie, qui peut conduire à terme à une insuffisance respiratoire chronique.