L'oxygénothérapie pour traiter l'insuffisance respiratoire chronique

L'insuffisance respiratoire chronique désigne l'incapacité de l'appareil respiratoire à assurer l'oxygénation du corps. Elle affecte considérablement la qualité de vie. Elle peut avoir de multiples causes mais l'une des plus courantes est la BPCO, ou Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive. Le traitement généralement prescrit pour améliorer la vie du patient et lui permettre de mieux respirer est l'oxygénothérapie. Le principe est simple : délivrer à la personne souffrante de l'oxygène pur pour compenser les effets de l'insuffisance respiratoire chronique. L'oxygénothérapie améliore la survie du patient. Les dispositifs actuels lui permettent de conserver son autonomie et sa capacité à se déplacer.
Découvrez grâce à Pharma GDD les indications principales de l'oxygénothérapie et les moyens d'administration existants : obus d'oxygène gazeux, concentrateur et oxygène liquide.

Qu'est ce que l'insuffisance respiratoire chronique ? 

Notre système respiratoire permet d'apporter de l'oxygène aux cellules de notre organisme et d'évacuer le CO2. L'oxygène est présent dans l'air que nous respirons. Lorsque nous inspirons, l'air passe par les voies respiratoires, atteint les poumons, où l'oxygène (O2) est transmis au sang des artères et emmené aux organes et aux cellules de notre corps. Le sang des veines, lui, revient chargé de CO2, qui sera éliminé par les poumons et les voies respiratoires lors de l'expiration.

L'insuffisance respiratoire chronique

Il arrive que ce processus complexe puisse être défaillant, notamment sous l'influence de maladies, et ne parvienne pas à assurer correctement sa fonction. C'est ce que l'on nomme "insuffisance respiratoire".
Cette insuffisance respiratoire peut être chronique ou aiguë. Dans le premier cas, le corps s'adapte et parvient à compenser dans une certaine mesure. L'insuffisance respiratoire chronique provoque une fatigue, des maux de tête, des oedèmes (des gonflements) et une dyspnée, une difficulté à respirer. Dans le second cas, les mécanismes permettant la compensation sont insuffisants. C'est une situation d'urgence, généralement déclenchée par un traumatisme, une intoxication ou un asthme aigu. Il peut également s'agir d'une aggravation brusque des symptômes de la BPCO, la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive.

La BPCO

Cette affection est une des grandes cause d'insuffisance respiratoire chronique. C'est une obstruction chronique et progressive des voies aériennes peu ou pas réversible. Elle provoque une dyspnée qui se manifeste graduellement. Elle est marquée par des toux et des expectorations. Ce "tueur silencieux" est responsable du décès de 17 500 personnes tous les ans en France. C'est une maladie sous diagnostiquée qui concerne 7,5% de la population française. 66 à 90% des personnes qui en souffrent ne le savent pas. Lorsqu'elle n'est pas identifiée, la personne atteinte adapte progressivement son comportement sans prendre conscience que la maladie influence son mode de vie. Ainsi, la BPCO non diagnostiquée la pousse à diminuer son activité physique, à cause des difficultés respiratoires qu'elle rencontre à l'exercice.
Pour vous aider à détecter si vous avez une BPCO, vous pouvez répondre à ce questionnaire de dépistage élaboré par la Haute Autorité de Santé et, en fonction des résultats, consultez votre médecin généraliste.
La principale cause de Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive, responsable de 85% des cas est le tabagisme. 15 à 20 % des consommateurs de tabac développeront une BPCO. Elle peut aussi avoir pour origine une exposition à des polluants environnementaux.

Les conséquences de la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive

Elle évolue vers l'insuffisance respiratoire chronique ou aiguë et provoquera des épisodes au cours desquels ses symptômes seront intensifiés. Ces exacerbations ont souvent une cause infectieuse.
A côté des problèmes respiratoires qu'elle cause, la BPCO est également responsable de dénutrition, d'ostéoporose, d'une inflammation locale et systémique, de maladies cardiovasculaires et de dysfonctions musculaires et sexuelles.

La BPCO est à l'origine d'une hypoxémie, une baisse de la quantité d'oxygène contenue dans le sang. Lorsque l'on analyse les gaz du sang, on peut quantifier la "pression partielle en oxygène". C'est la Pa02. Celle-ci doit normalement être supérieure à 70 mmHg. En dessous de cette limite, il y a insuffisance respiratoire. La Pa02 est un des principaux indicateurs utilisés par le médecin en cas d'insuffisance respiratoire.
L'hypoxémie va entraîner une hypertension et ce que l'on appelle un "coeur pulmonaire". Elle s'accompagne d'une intolérance à l'effort, d'un état de fatigue permanent, de malnutrition, de troubles du sommeil et d'anxiété.

Lorsque la PaO2 baisse jusqu'à

  • passer sous le seuil de 55 mmHg,
  • ou se situer entre 56 et 59 mmHg et être accompagnée de polyglobulie ou de signes d'insuffisance ventriculaire droite, ou d'une hypertension artérielle pulmonaire ou d'une désaturation artérielle nocturne non apnéïque,

alors l'insuffisance respiratoire est grave et il faut mettre en place une assistance respiratoire. Dans le cadre de la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive, c'est l'oxygénothérapie.

L'oxygénothérapie

Elle n'est pas exclusivement destinée à la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive. Elle doit être différenciée de la ventilation mécanique et de la PPC (Pression Positive Continue). L'oxygénothérapie n'est pas synonyme d'hospitalisation : elle est parfaitement réalisable à domicile, et elle peut même être transportable pour permettre au patient de conserver sa mobilité et son autonomie.

Les principales indications

La Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive n'est pas la seule indication pour une assistance respiratoire par oxygénothérapie. Elle est également prescrite dans le cas de l'algie vasculaire de la face (des douleurs extrêmement intenses autour de l’œil), en soins palliatifs ou lorsque l'état du patient est instable.
Dans le cas de la BPCO, le patient devra être sous oxygène au minimum 15h/jour.

Le principe de l'oxygénothérapie

L'air ambiant comprend de l'oxygène, ou O2, mais également de l'azote et de l'argon. Les proportions sont 78% d'azote, 21% d'oxygène et 1% d'argon. L'oxygénothérapie consiste à apporter au patient de l'oxygène pur, ce qui permettra de corriger son hypoxémie et d'améliorer sa qualité de vie et ses chances de survie.
L'oxygénothérapie peut être de long terme, en cas d'insuffisance respiratoire chronique, ou de court terme, pour les cas d'insuffisance respiratoire transitoire.
Si tout médecin peut prescrire une oxygénothérapie sur le court terme, il faut :

  • un pneumologue,
  • ou un médecin soit d'un centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose, soit d'un centre de compétences de la HTAP (Hypertension Artérielle Pulmonaire),
    pour prescrire une oxygénothérapie sur le long terme. L'oxygénothérapie est remboursée par la sécurité sociale.


La prescription fait suite à deux quantifications des gaz du sang prises à 15 jours d'intervalle. Elle nécessite également une mesure de ces gaz, mais cette fois-ci sous oxygène.
Le matériel d'oxyénothérapie doit être renouvelé par le médecin prescripteur. La première prescription dure 3 mois, le renouvellement est annuel. Un prestataire sous la supervision d'un pharmacien livrera le matériel et accompagnera le patient.

Le matériel d'oxygénothérapie

Il n'y a pas une technique de stockage et de délivrance d'oxygène pur, il en existe plusieurs. La mesure des gaz du sang (dont la PaO2) et l'interrogatoire du patient permettent de personnaliser la prescription et de choisir le matériel le plus adapté à sa situation.

Les moyens de production d'oxygène

L'oxygène peut être soit apporté après avoir été stocké, soit être extrait de l'air ambiant. Il existe trois grandes catégories de matériel pour apporter l'oxygène avec chacunes leurs avantages et leurs inconvénients :

  • L'obus d'O2 gazeux
    Il s'agit d'une bouteille d'oxygène comprimé (à 200 bars). Un manodétenteur fait descendre la pression à la sortie de l'obus.
    L'obus d'O2 gazeux est surtout utilisé aujourd'hui pour les déplacements, ou comme solution de secours en cas de dysfonctionnement du concentrateur ou du dispositif d'O2 liquide ou de coupure de courant.
  • Le dispositif d'O2 liquide
    L'oxygène est stocké sous forme liquide, à – 183°C, dans une réserve fixe, et le patient recharge une réserve mobile, portative, à partir de cette réserve fixe. L'oxygène liquide se réchauffe à la sortie de la réserve en passant par un serpentin et peut être respiré.
    Un litre d'oxygène liquide équivaut à 850 litres d'oxygène gazeux, ce qui démultiplie les capacités de stockage et offre une bien plus grande autonomie au patient. Le dispositif d'oxygénothérapie à l'oxygène liquide a également l'avantage de fonctionner sans électricité, ce qui est à la fois sécurisant en cas de coupure de courant et plus économique.
    Les inconvénients sont liés à l'évaporation des réserves ainsi qu'aux règles de sécurité liées à l'entreposage et à la manipulation d'oxygène liquide.
  • Le concentrateur (ou extracteur) d'oxygène
    Il concentre l'oxygène présent dans l'air ambiant. Il est relié à un tuyau d'une longueur allant jusqu'à 15 m pour délivrer l'oxygène au patient. Il fonctionne branché sur une prise de courant. Certains sont sur batterie et s'emportent dans un sac à dos.
    Il existe désormais des concentrateurs d'oxygène silencieux.
    Enfin, certains sont reliés à un compresseur, qui permet en plus de charger des obus d'oxygène gazeux.
    Le concentrateur est capable de délivrer l'oxygène sur deux modes : continu, pour une alimentation sans interruption, ou pulsé, fonctionnant à la demande (lors de l'inspiration).
    Notre sélection :

Le choix de l'appareil d'oxygénothérapie se fait selon les besoins du patient, sa mobilité (on parle de déambulation) et surtout sur le débit d'oxygène.
Lorsque celui-ci doit être important (supérieur à 9L/min), que ce soit au repos ou en déambulation, c'est l'oxygène liquide qui est prescrit. Sinon, c'est le concentrateur et les obus d'oxygène gazeux.

L'oxygène étant un excellent comburant, par mesure de sécurité, pour éviter une explosion ou un incendie, il faut éviter d'approcher une flamme, de la graisse ou de la chaleur près des dispositifs d'oxygénothérapie et faire particulièrement attention aux règles de sécurité.

Les masques et lunettes d'oxygénothérapie

Une fois l'oxygène produit, il faut l'acheminer jusqu'au nez ou à la bouche du patient, pour qu'il puisse en bénéficier.
Le dispositif est relié à ce que l'on appelle des "consommables". Ce sont le tuyau et les dispositifs d'administration de l'oxygène.
Ceux-ci se classent en deux grandes catégories : les lunettes et les masques.

  • Les lunettes (ou canules nasales)
    Elles se présentent sous la forme de deux petits tuyaux qui se glissent dans les narines. Leur capacité d'oxygénation est faible. En revanche, elles présentent l'avantage d'être plus confortables à porter, et sont compatibles avec la parole ou l'alimentation.
  • Les masques
    Ils recouvrent la bouche et le nez. Il en existe différents types. Ils doivent être ôtés pour le repas ou pour la prise de parole. Ils ont une plus grande capacité d'oxygénation que les lunettes.

Plus rarement, l'oxygénothérapie se fait par cathéter passant par un orifice réalisé dans la trachée. L'oxygénation est excellente mais le patient doit faire l'objet d'un soin quotidien.

Les accessoires

Pour les débits importants, il est recommandé d'installer un humidificateur associé à un dispositif chauffant. Il offre de multiples avantages : il évite l'assèchement des voies aériennes supérieures et il diminue les risques d'infection.
Les autres accessoires disponibles sont la valve économiseuse d'oxygène et le débitmètre pédiatrique.

Pour ceux que les tubulures des lunettes irritent ou gênent, des protège oreilles en mousse peuvent se glisser derrière les oreilles pour protéger la peau.
Dormir sur le côté avec un masque relié à un tuyau est souvent compliqué : l'oreiller exerce une pression qui fait bouger le masque et génère des fuites qui diminuent l'efficacité de l'oxygénothérapie et gènent l'endormissement. Des oreillers spéciaux spécialement conçus pour les patients devant dormir avec un dispositif d'oxygénothérapie ont été élaborés.
Les consommables, notamment les filtres, doivent être changés régulièrement pour assurer l'efficacité du système.

L'insuffisance respiratoire chronique et l'hygiène de vie

L'insuffisance respiratoire chronique ne doit pas être une fatalité. Elle peut être prévenue, particulièrement par l'arrêt du tabac, et si elle est installée, elle ne doit pas empêcher de pratiquer un minimum d'activité physique.

L'arrêt du tabac

Le tabac est une des causes principales de BPCO, maladie évoluant vers l'insuffisance respiratoire chronique. Le fait de fumer est incompatible avec l'oxygénothérapie : l'oxygène se fixe aux vêtements. Même loin de l'appareil et du dispositif d'administration, une cigarette risque de provoquer des brûlures.
Arrêter de fumer est difficile, mais des aides et des solutions de susbtitution sont aujourd'hui disponibles : patchs, gommes, comprimés et inhaleurs.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche Sevrage tabagique : quelles solutions ?  

Le maintien d'une activité physique

Les personnes atteintes d'une insuffisance respiratoire chronique consécutive à une Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive peuvent bénéficier d'une Réhabilitation Respiratoire. Cette rééducation combine ré-entraînement à l'exercice, sevrage tabagique, supervision nutritionnelle, prise en charge psycho-sociale et éducation thérapeutique.

Des aides existent pour pratiquer une activité physique douce, de type marche ou vélo, compatibles avec l'oxygénothérapie grâce aux solutions portatives.

Notre sélection :


L'oxygénothérapie améliore la survie et la qualité de vie des patients souffrant d'insuffisance respiratoire. Les moyens de produire et de dispenser l'oxygène sont aujourd'hui variés et adaptés aux besoins et au mode de vie de chacun. Ils sont compatibles avec la mobilité, évitant ainsi au patient d'être alité en permanence.