Qu'est-ce que le syndrome métabolique ?

Qu'est-ce que le syndrome métabolique ?
Décrit pour la première fois dans la première moitié du 20e siècle, le syndrome métabolique, aussi appelé syndrome X, n’est pas vraiment une maladie, mais un état évolutif entraîné par l’association d’anomalies morphologiques, physiologiques et biochimiques. En France, 1 adulte sur 6 en serait atteint. Véritable signal d’alarme, le syndrome métabolique est une problématique en constante augmentation et touche des personnes de plus en plus jeunes. Son dépistage est crucial, en raison de ses conséquences sur la santé. En effet, ce syndrome prédispose au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires. Pour vous permettre d’en savoir plus, les pharmaciens de Pharma GDD vous présentent les causes du syndrome métabolique ainsi que son impact sur la santé.

Comment identifier le syndrome métabolique ?

Le syndrome métabolique, ou syndrome X, correspond à un ensemble de troubles. Il est généralement décelé grâce à un suivi médical régulier (examens biologiques, mesure du tour de taille et de la tension artérielle). Le diagnostic est posé lorsqu’au moins 3 des critères suivants, définis par le National Cholesterol Education Program, sont réunis chez une personne :
  • une obésité abdominale et un excès de graisse viscérale, avec un tour de taille supérieur à 102 cm chez les hommes ou à 88 cm chez les femmes ;
  • un taux de cholestérol HDL (« bon » cholestérol) inférieur à 40 g/L (hommes) ou à 50 g/L (femmes) ;
  • un taux de triglycérides supérieur à 1,5 g/L ;
  • une glycémie à jeun supérieure à 1,1 g/L ;
  • une tension artérielle élevée.
Le surpoids et l’obésité constituent le point de départ du syndrome métabolique. D’autres facteurs sont impliqués, notamment l’hérédité et les antécédents familiaux, mais aussi la sédentarité (manque d’activité physique) et une alimentation déséquilibrée, riche en calories et pauvre en nutriments.

Syndrome métabolique : quels risques pour la santé ?

Dans la plupart des cas, le syndrome métabolique n’entraîne pas de symptômes particuliers, ce qui explique qu’il passe longtemps inaperçu. L’apparition de symptômes est souvent le signe d’un problème de santé plus grave. En revanche, il induit ce que l’on appelle un risque cardiométabolique, c’est-à-dire le risque de souffrir, à plus ou moins long terme, d’une maladie cardiovasculaire et/ou d’un diabète de type 2.

Le syndrome métabolique peut être responsable d’une déficience en insuline. Cette hormone, sécrétée par le pancréas, contribue à la régulation du taux de sucre dans le sang, la glycémie. Or, le syndrome métabolique implique une glycémie élevée. Face à cette anomalie, le pancréas cherche à compenser en augmentant la sécrétion d’insuline. Sur-stimulé, il s’épuise progressivement et ne peut plus assurer une production suffisante. C’est ce que l’on appelle l’insulinodéficience. Ce phénomène est en cause dans l’apparition du diabète de type 2.

Des triglycérides élevés et un taux insuffisant de bon cholestérol, lorsqu’ils ne sont pas traités, augmentent de manière importante les risques de maladie cardiovasculaire. En effet, ils sont à l’origine du développement de plaques d’athérome, des dépôts lipidiques qui se forment sur les parois des vaisseaux sanguins, en particulier dans les artères de gros et moyen calibre, et favorisent la survenue d’une maladie appelée athérosclérose. Celle-ci peut, à terme, amener à un rétrécissement des artères, ce qui entrave la circulation sanguine. Les plaques d’athérome sont susceptibles de se détacher et de former des caillots, qui viennent ensuite obstruer les artères. Cette obstruction peut provoquer, selon sa localisation dans le corps, une phlébite, un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Chez les femmes, le syndrome métabolique peut favoriser un déséquilibre hormonal et l’apparition de troubles gynécologiques tels que des perturbations du cycle menstruel, un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), voire une infertilité.

Comment prévenir le syndrome métabolique ?

À ce jour, il n’existe pas de traitement du syndrome métabolique et ses manifestations sont traitées de manière indépendante. Aussi, la prévention est essentielle pour s’en prémunir. Plusieurs études ont ainsi démontré qu’une réduction de 5 à 15 % du poids permet de limiter les risques de syndrome métabolique. Afin de favoriser la perte de poids, il est recommandé de modifier ses habitudes de vie.

Dans un premier temps, il s’agit de réduire les apports caloriques ainsi que la taille des portions consommées au moment des repas. L’alimentation doit être la plus saine possible. Privilégiez les fruits et légumes frais, les fibres, les céréales complètes et remplacez la viande rouge par de la volaille. Il est aussi préconisé d’éviter les aliments gras, sucrés et très transformés. En parallèle, n’oubliez pas d’avoir de bons apports en acides gras essentiels, et plus particulièrement en oméga 3 (DHA, EPA). En effet, ces nutriments participent au bon fonctionnement du système cardiovasculaire et au maintien d’un taux de cholestérol normal. Vous les trouverez essentiellement dans les produits issus de la mer tels que les poissons gras (anchois, sardines, harengs, saumon), le krill et l’huile de foie de morue. Les graines de chia et les fruits à coques comme les noix, les pistaches, les noisettes ou les amandes contiennent également des oméga 3. Enfin, n’hésitez pas à vous tourner vers les huiles végétales, et notamment les huiles de colza, de lin et de noix, pour cuire et assaisonner vos plats. Si votre alimentation ne suffit pas à couvrir vos besoins en oméga 3, il peut être intéressant de recourir aux compléments alimentaires. Attention, quelle que soit votre situation, demandez toujours l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Notre sélection :

Perdre du poids dans le but de prévenir le syndrome métabolique passe également par l’activité physique, qui est recommandée à raison d’au moins 30 minutes par jour, 5 fois par semaine. Marche rapide, natation, course à pied, vélo… choisissez ce qui s’adapte le mieux à votre quotidien, vous fait plaisir et respecte vos capacités physiques. Si vous aviez un mode de vie très sédentaire, faites en sorte d’augmenter l’intensité progressivement afin de limiter les risques de blessure et de rester motivé. N’hésitez pas à solliciter le soutien de vos proches s’ils sont en mesure de vous accompagner dans votre démarche.

Le fait de changer ses habitudes implique également, pour les personnes concernées, de réduire la consommation d’alcool. Il est aussi primordial d’arrêter de fumer, même si vous êtes un « petit » fumeur. En effet, les effets néfastes du tabagisme sur le système cardiovasculaire ont été largement prouvés : troubles du rythme cardiaque, formation de caillots, hypertension artérielle, artérite des jambes, AVC, infarctus du myocarde, etc. Un bilan auprès d’un spécialiste (tabacologue, addictologue) et l’utilisation de substituts nicotiniques sont parfois nécessaires pour arrêter de fumer, surtout en cas de forte dépendance.

Ce qu’il faut retenir

Le syndrome métabolique n’est pas une maladie en soi, mais un ensemble de troubles d’origine morphologiques, physiologiques et biochimiques. En l’absence de prise en charge, il favorise la survenue d’importants problèmes de santé, notamment le diabète de type 2, et augmente nettement les risques d’être atteint d’une maladie cardiovasculaire. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine du syndrome métabolique, en particulier le surpoids, l’obésité et la sédentarité. Aucun traitement ne permettant de le soigner, tout repose sur la prévention. Maintenir un poids de santé et perdre du poids lorsque c’est nécessaire, pratiquer régulièrement une activité physique, arrêter de fumer et limiter sa consommation d’alcool constituent ainsi les principales mesures pour réduire les risques de développer un syndrome métabolique.