Rejoignez-nous !
Livraison prévue mercredi !

Infarctus du myocarde : une urgence médicale

  • Temps de lecture : ~ 0 minutes
Infarctus du myocarde : une urgence médicale
Plus familièrement appelé crise cardiaque, l’infarctus du myocarde constitue une urgence vitale. Chaque année en France, 80 000 personnes y sont confrontées. Environ 12 000 d’entre elles décèdent, dont 1 sur 10 dans l’heure qui suit l’infarctus. Le taux de mortalité tend à diminuer grâce à la prise en charge de plus en plus rapide par les services d’urgences puis par les unités de cardiologie. Provoqué par l’obstruction d’une artère amenant l’oxygène au cœur, l’infarctus se manifeste par des symptômes qui apparaissent brutalement. Il nécessite un traitement rapide afin de limiter les séquelles cardiaques. Pharma GDD vous présente les causes et les symptômes de l’infarctus du myocarde, les différents facteurs qui favorisent sa survenue ainsi que les principaux traitements préconisés pour le soigner.
 

Infarctus : causes et facteurs favorisants

L’infarctus du myocarde est défini comme la destruction d’une partie plus ou moins étendue du muscle cardiaque. À l’origine de ce phénomène, il y a l’obstruction d’une artère coronaire.

Formation d’un infarctus du myocarde

Le myocarde est un muscle puissant qui propulse le sang des cavités du cœur vers l’ensemble du corps. Ce muscle est approvisionné en oxygène grâce au sang qui passe par les artères coronaires. Celles-ci peuvent être partiellement obstruées par des plaques d’athérome, c’est-à-dire des dépôts graisseux qui s’accumulent sur les parois. En l’absence de prise en charge de cette anomalie, les parois des artères se durcissent. C’est l’athérosclérose. Le cœur ne reçoit alors plus suffisamment d’oxygène, et on parle de maladie coronarienne.

Quand une plaque d’athérome se détache, se déplace puis s’immobilise dans une artère coronaire, un caillot peut se former autour de la plaque. Cela interrompt l’apport en sang et en oxygène au niveau du cœur, provoquant l’infarctus.

Facteurs favorisants

L’infarctus du myocarde touche essentiellement les hommes de plus de 55 ans, et les femmes entre 65 et 70 ans. Les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires augmentent les risques d’être concerné.

Le tabagisme est un facteur qui favorise les pathologies cardiovasculaires, dont l’infarctus. En effet, fumer entraîne un rétrécissement des artères, accroît le risque de formation de caillots et de troubles du rythme cardiaque. Le tabagisme passif est également néfaste. Ainsi, une personne exposée à la fumée de tabac entre 1 et 7 heures par semaine voit son risque d’infarctus augmenter de 25 %. La hausse est de 62 % lorsque l’exposition atteint 22 heures par semaine.

D’autres facteurs peuvent induire un risque plus élevé de crise cardiaque. C’est le cas notamment du surpoids, de l’obésité et de la sédentarité. Une alimentation riche en sucres et en graisses, associée à un manque d’activité physique, se traduit souvent par un taux trop haut de cholestérol et/ou de triglycérides. Ces lipides sanguins s’accumulent dans les artères et augmentent les risques d’infarctus. Un diabète mal contrôlé, une hypertension artérielle et une consommation excessive d’alcool sont également des facteurs favorisants qu’il est nécessaire de surveiller pour éviter la crise cardiaque.
 

Les symptômes d'une crise cardiaque

L’infarctus se manifeste par des symptômes qui surviennent de manière brutale. Le premier d’entre eux est une douleur thoracique, au repos ou au cours d’un effort, qui naît à l’arrière du sternum. On parle d’une douleur en étau, intense, qui serre fortement la poitrine. Parfois, elle peut s’étendre dans les mâchoires, le bras gauche (voire le droit) et le dos. Persistante, la douleur due à la crise cardiaque peut s’accompagner d’une pâleur, d’une sensation de malaise, de sueurs, d’un essoufflement, de nausées et d’éructations. Chez certaines personnes, l’infarctus provoque une douleur atypique au niveau de l’estomac.

L’absence totale de sensation douloureuse est également possible, ce qui rend la crise cardiaque plus difficile à déceler. Les femmes, les personnes âgées et les patients diabétiques sont particulièrement concernés. Dans ce cas précis, d’autres signes peuvent mettre sur la piste d’un infarctus : malaise, essoufflement soudain, fatigue inexpliquée, sensations inhabituelles dans le bras gauche. Ils durent plus de 5 minutes et ne disparaissent pas avec du repos. Un infarctus qui passe inaperçu pourra être diagnostiqué a posteriori, lors d’un bilan cardiaque.

La principale complication possible de l’infarctus du myocarde est l’arrêt cardiaque. La personne perd alors connaissance, chute, ne réagit pas aux stimulations et présente une respiration inexistante ou très irrégulière. Face à cette situation, le massage cardiaque est indispensable jusqu’à l’arrivée des secours afin de préserver l’apport d’oxygène au cerveau.

Si vous vous trouvez en présence d’une personne faisant un infarctus ou présentant des symptômes évocateurs, il est essentiel de réagir rapidement. Appelez le 15 ou le 112 pour assurer une prise en charge en urgence et limiter les dommages cardiaques.
 

Infarctus du myocarde : quels sont les traitements ?

Le traitement de l’infarctus doit débuter le plus tôt possible, dès l’intervention des services de secours. Le malade est ensuite admis en unité de cardiologie interventionnelle, hospitalisé, et se verra prescrire un traitement médicamenteux au long cours.

Prise en charge par les secours

À leur arrivée sur place, les secours pratiquent un électrocardiogramme (ECG) sur la personne touchée par l’infarctus. Cela permet de confirmer le diagnostic et de localiser les lésions. Si l’obstruction artérielle est partielle, un traitement médicamenteux à base d’antiagrégants plaquettaires ou d’anticoagulants peut suffire dans un premier temps. Il faudra ensuite faire un bilan complet, avec une coronarographie visant à évaluer l’état des artères coronaires. Si l’artère est totalement obstruée, le traitement immédiat consiste à réaliser une angioplastie ou une thrombolyse pour rétablir la circulation sanguine.

Angioplastie coronarienne et thrombolyse : quelles différences ?

L’angioplastie coronarienne est envisageable si le délai de prise en charge est court : moins de 90 minutes depuis le début des symptômes, 120 minutes au maximum. Cette intervention est effectuée à l’hôpital et consiste à introduire un cathéter par une artère du bras avant de le faire remonter jusqu’à l’artère coronaire obstruée. Un ballonnet gonflable permet de dilater les parois de l’artère et de restaurer la circulation sanguine. Ce geste est suivi par la pose d’un stent, un petit dispositif tubulaire en mailles métalliques placé dans l’artère afin de maintenir sa dilatation.

Lorsque le délai d’intervention ne permet plus de faire une angioplastie, les médecins pratiquent une thrombolyse pour détruire le caillot qui bloque la circulation sanguine. Un médicament fibrinolytique est perfusé au patient afin de dissoudre le thrombus. Le principal risque de cette opération est de provoquer des complications hémorragiques, notamment au niveau cérébral. La thrombolyse n’est pas indiquée chez les personnes qui prennent des anticoagulants, qui ont subi une intervention chirurgicale récente ou qui ont des antécédents d’accidents hémorragiques (AVC par exemple).

Le patient est ensuite hospitalisé au sein d’un service spécialisé. La surveillance implique un certain nombre d’examens : prise de la tension artérielle, bilan sanguin, échodoppler cardiaque, ECG, scintigraphie cardiaque, coronarographie…

Le traitement médicamenteux de l’infarctus du myocarde

Avant la sortie de l’hôpital, le cardiologue prescrit un traitement qui tient compte des résultats du bilan cardiaque. Ce traitement sera ensuite renouvelé par le médecin traitant. L’objectif est d’éviter l’aggravation ou la récidive de l’infarctus, de traiter les éventuelles complications, de contrôler et corriger les facteurs de risque cardiovasculaire, et d’éviter les autres atteintes comme l’AVC ou l’artérite des membres inférieurs. Après une crise cardiaque, 4 types de médicaments sont utilisés :
  • les bêta bloquants, qui limitent la pression sanguine sur les parois des artères et préviennent les troubles du rythme cardiaque ;
  • les antiagrégants plaquettaires, qui empêchent l’accumulation des plaquettes dans les artères et la formation de caillots qui en résulte ;
  • les statines, qui freinent la fabrication du cholestérol par le foie chez les personnes qui présentent un taux de cholestérol élevé ;
  • les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, qui agissent sur des hormones régulant la tension artérielle.
En parallèle des médicaments, différentes mesures pourront être prises par l’équipe médicale en cas de complications liées à l’infarctus, qu’il s’agisse de troubles du rythme cardiaque, d’une angine de poitrine persistante ou d’une insuffisance cardiaque. Selon les cas, la perte de poids est recommandée, tout comme l'arrêt du tabac. Pour ce dernier point, il existe des substituts nicotiniques sous différentes formes, qui aident au sevrage tabagique.

La réadaptation cardiaque

Le traitement d’un infarctus implique une étape importante : la réadaptation cardiaque. Cela consiste à rééduquer le cœur et le réhabituer à l’effort, en tenant compte de ses capacités. La réadaptation peut être débutée progressivement pendant l’hospitalisation, puis pratiquée de manière plus intensive au sein d’un établissement spécialisé pendant 2 à 3 semaines.
 

Suivi médical et vie quotidienne après une crise cardiaque

Dans les mois et les années qui suivent un infarctus, le suivi médical est assuré par le médecin traitant, en étroite collaboration avec un cardiologue. Les consultations sont régulières (tous les 3 mois) et un bilan annuel est effectué par le cardiologue. Le patient est encouragé à bien suivre son traitement, à informer l’équipe soignante en cas de symptôme nouveau ou inhabituel, et à signaler tout effet indésirable. De manière générale, il est essentiel de suivre les recommandations des médecins afin de garantir la réussite du traitement.

Le quotidien après un infarctus du myocarde est soumis à quelques modifications qui ont pour but de réduire les risques de récidive et d’aggravation des lésions cardiaques. Cela passe par l’alimentation, qui doit être variée et équilibrée, ainsi que par l’abandon de certaines habitudes comme le tabagisme. La consommation d’alcool doit être modérée. En ce qui concerne l’activité physique, elle doit être reprise de manière progressive. Une fois la réadaptation cardiaque effectuée, vous pourrez pratiquer 30 minutes d’activité physique par jour, 5 fois par semaine, selon vos capacités physiques.

Notez que les voyages en avion ne sont pas recommandés dans les 2 à 3 semaines qui suivent la crise cardiaque. En cas d’arrêt de travail, la durée dépend de la gravité et des séquelles de l’infarctus, de l’état de santé général et de la nature de la profession exercée. Vous devez vous rendre à une visite médicale de préreprise auprès de la médecine du travail afin d’évaluer vos aptitudes au poste et discuter de la nécessité de mettre en place des adaptations.

Le soutien des proches est très important après une crise cardiaque. Si vous le souhaitez, vous pouvez également vous rapprocher des associations de patients afin de trouver des informations, une écoute et des partages d’expérience.
 

À retenir

À l’instar de l’accident vasculaire cérébral, l’infarctus du myocarde (crise cardiaque) constitue une urgence vitale. Cette destruction plus ou moins étendue du muscle cardiaque est due à l’obstruction d’une artère coronaire par un caillot. Plusieurs facteurs favorisent la survenue d’un infarctus : surpoids, obésité, sédentarité, tabagisme, taux élevé de cholestérol, antécédents familiaux, âge, etc. Il est possible de réduire ses risques de faire un infarctus en adoptant de bonnes habitudes au quotidien : alimentation équilibrée, activité physique régulière, arrêt du tabac… Si la crise cardiaque survient malgré tout, il faut réagir rapidement en contactant les services d’urgence. Un traitement sera alors administré en fonction de la gravité de l’infarctus et de l’étendue des dommages au niveau du cœur. Dans les semaines et les mois qui suivent, des médicaments sont prescrits et doivent être pris sérieusement afin d’éviter les récidives et de réduire le risque cardiovasculaire de manière générale. Il est également essentiel de veiller à modifier son mode de vie si celui-ci n’était pas optimal avant la crise cardiaque.
expand_less