Comment soulager une migraine ?

Comment soulager une migraine ?
La migraine est une forme particulière du mal de tête dont il est difficile de se débarrasser. Plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, elle se manifeste sous forme de crises plus ou moins longues.

Bénigne, la migraine n’en altère pas moins la qualité de vie des patients atteints car elle peut se répercuter sur leurs relations affectives ou leurs activités professionnelles. Elle se manifeste par des douleurs vives qui ressurgissent plus ou moins régulièrement et dont les facteurs incriminants sont multiples et propres à chacun.

Pour savoir si vous êtes un migraineux qui s’ignore, apprenez à reconnaître et, le cas échéant, à soulager ces symptômes !

Migraine ou mal de tête ?

Un mal de tête classique ou céphalée de tension est lié à la contraction des muscles du cou. Il se traduit par une sensation de serrement continu des 2 côtés de la tête. La durée de la douleur peut être importante, jusqu'à 7 jours en cas de céphalée de tension épisodique voire continue en cas de céphalée de tension chronique.

La migraine est le résultat de la vasodilatation des artères méningées. L'individu ressent alors une douleur pulsatile qui prédomine d'un seul côté du crâne. Cette douleur augmente lors d'un effort physique et s'accentue au contact du bruit et de la lumière. Elle peut également être accompagnée de nausées ou de vomissements. La migraine se manifeste par des crises qui peuvent durer de 4 à 72 heures et dont les symptômes disparaissent entre 2 épisodes.

Chez certains individus, la migraine est précédée d'une vasoconstriction des artères. Le manque d'irrigation du cerveau donne alors lieu à des troubles visuels (éclairs lumineux, lignes aux couleurs vives ou perte de vue temporaire) : on parle de migraine avec aura.

Chez les enfants, la migraine dure moins longtemps et est régulièrement précédée d’une pâleur du visage. Les vomissements sont plus fréquents que chez l’adulte et peuvent être amenés à devenir plus violents que la migraine en elle-même. Ce que l’on considérait autrefois être une « crise de foie » est aujourd’hui jugé comme une véritable crise de migraine.

Les origines de la migraine

Les éléments déclencheurs d'une migraine sont nombreux et divers. Ils peuvent être d'ordre personnel (stress, faim, fatigue...), environnemental (modification de la pression atmosphérique, odeur inhabituelle...), ou alimentaire (surconsommation d'alcool (et surtout le vin car il contient des sulfites), de caféine, d'aliments tels que le chocolat, l'aspartame).

La migraine peut également être considérée comme étant héréditaire dans certains cas. Il arrive qu’au sein d’une même famille plusieurs individus soient atteints de cette maladie parce qu’ils ont un terrain génétique favorable (la transmission de la migraine se ferait par plusieurs gènes).

Les femmes sont plus souvent touchées par la migraine. La cause ? Leurs hormones ! Bien que la migraine ne soit pas une maladie d’origine hormonale, sa survenue est fortement influencée par les fluctuations hormonales (puberté, règles, grossesse, ménopause).

Il est aussi probable que la migraine puisse apparaître plus souvent suite à un abus médicamenteux. La surconsommation d’antalgiques comme le paracétamol va, à termes, favoriser la venue d’une migraine chronique.

Comment prévenir une migraine ?

La prévention de la migraine est un point clé essentiel du traitement. Il arrive aussi que la migraine soit la manifestation indirecte d’une maladie. Dans ce cas précis, il est alors plus difficile de prévenir ce désagrément. Seul le traitement de la maladie initiale permettra de vous éviter les symptômes d’une migraine.
Autrement, la première mesure de prévention des migraines consiste à adopter une hygiène de vie plus saine : une alimentation équilibrée, un sommeil réparateur (il faut surtout qu’il soit régulier car, par exemple, faire la grasse matinée le week-end peut déclencher des crises chez certains patients), un exercice physique régulier et moins de stress.

Le médecin peut inciter le patient à tenir un journal des crises de migraine pour identifier et ainsi éviter les facteurs déclenchants. Pour cela, vous devrez par exemple consigner plusieurs informations comme ce que vous avez mangé le jour-même, les activités que vous avez pratiquées, l’heure du début de la crise migraineuse, la douleur que vous éprouvez, la durée de la crise, les médicaments que vous utilisez et les facteurs de risques que vous estimez comme probablement à l’origine de la migraine. Vous l’aurez compris, la maîtrise des facteurs déclenchants est une véritable force face à la maladie.

En cas de migraines récurrentes (au moins 3 crises par mois), votre médecin peut vous conseiller un traitement préventif pour réduire l'intensité et la fréquence des crises (bêtabloquants, inhibiteurs calciques, anticonvulsivants, antidépresseurs tricycliques, vitamine B2, hormonothérapie substitutive).

Migraine : comment soulager les symptômes ?

Dès les premiers signes précurseurs, soulagez vos symptômes grâce à des anti-douleurs tels que l'aspirine ou l'ibuprofène, associés ou non à la caféine. Attention toutefois à ne pas les utiliser trop souvent car la migraine pourrait devenir résistante à ces traitements. En cas de prise d'anti-douleurs plus de 10 à 15 jours par mois, consultez votre médecin.

Évitez le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan) dont l'efficacité n'est pas prouvée dans cette indication et qui, à doses régulières, peut induire et entretenir les migraines (migraines médicamenteuses).

Il existe également un traitement spécifique des migraines. Disponibles sur ordonnance, les triptans « resserrent » les vaisseaux méningés et permettent de soulager rapidement les crises.
Si vous n'avez pas d'antalgiques sous la main, pensez à :
  • vous allonger dans une pièce calme et sombre,
  • boire de l'eau pour éviter la déshydratation, surtout en cas de vomissements,
  • vous masser le cuir chevelu,
  • exercer une pression sur vos tempes,
  • manger une poignée d'amandes (elles contiennent un dérivé de l'aspirine),

Les complications de la migraine

Les complications de la migraine sont très rares. Même si celle-ci est non traitée, les symptômes ne sont pas plus sévères avec le temps. Cependant, la prise de médicaments pour soigner la migraine peut être à l’origine d’autres troubles comme le syndrome sérotoninergique. Ce syndrome est le résultat d’une prise médicamenteuse multiple qui augmente les niveaux de sérotonine. Les symptômes qui y sont associés sont : la confusion, l’agitation, la sudation excessive, l’augmentation du rythme cardiaque, la diarrhée et les spasmes musculaires. Il est indispensable de se rendre aux urgences si vous ressentez ces symptômes dans les heures qui suivent la prise d’un nouveau traitement ou d’une dose plus élevée d’un médicament. Non traitée, le syndrome sérotoninergique peut entraîner des crises d'épilepsie, voire même la mort.

Les accidents vasculaires cérébraux sont une autre complication de la migraine. Ils sont plus souvent constatés chez les femmes notamment celles qui sont sujettes aux auras pendant leur migraine. A ce jour, la raison de cette complication n’est pas totalement comprise.

Algie vasculaire de la face ou migraine ?

Souvent confondue avec la migraine, l’algie vasculaire de la face est une maladie rare qui touche essentiellement des patients jeunes et de sexe masculin. Elle se manifeste par des crises douloureuses intenses et brèves, séparées par des périodes asymptomatiques. Elle évolue par salves de 2 à 8 semaines et est strictement unilatérale. Contrairement à la migraine où la douleur monte progressivement en intensité, l'algie atteint son paroxysme en quelques minutes seulement.  

La douleur peut être centrée sur un œil, se diffuser sur la moitié du visage et descendre dans le cou, voire l'épaule. Elle ne donne pas lieu à des nausées ou des vomissements comme la migraine.


Ça y est, à la lecture de cet article vous en êtes certains, vous souffrez de migraines. Et si, pour confirmer votre diagnostic et vous soulager vous en parliez à votre médecin ou à votre pharmacien ? Ils pourront faire le point avec vous sur vos symptômes et vous guider vers un traitement adapté. Vous apprendrez, par la même occasion, à mieux connaître la maladie et vous éviterez ainsi de tomber dans le piège de l’auto-médication (souvent responsable de céphalées chroniques)!