8 questions sur la contraception d'urgence

8 questions sur la contraception d'urgence

Plusieurs situations peuvent conduire à un rapport sexuel non ou mal protégé : un oubli de pilule, un préservatif mal utilisé, un patch contraceptif qui se décolle ou un anneau contraceptif qui glisse… Cela peut se produire à n’importe quel moment de la vie sexuelle, que ce soit lors des premières expériences ou plus tard. La contraception d’urgence est alors une solution qui permet d’éviter le développement d’une grossesse non désirée.

Il existe deux méthodes de contraception d’urgence, chacune étant utilisée en fonction de la situation et des besoins de la femme qui y a recours. De nombreuses interrogations subsistent autour de cette méthode de contraception qui doit rester exceptionnelle : à qui s’adresser ? Quels délais faut-il respecter ? Y a-t-il des effets secondaires ? Les pharmaciens de Pharma GDD font le point sur tout ce qu’il faut savoir au sujet de la contraception d’urgence.

Quelles sont les méthodes de contraception d’urgence et comment fonctionnent-elles ?

Deux méthodes sont utilisées dans le cadre de la contraception d’urgence. La première, sans doute la plus connue, est la contraception d’urgence hormonale, communément appelée « pilule du lendemain ». La seconde, moins utilisée mais tout aussi efficace, est la pose d’un Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre dans les jours qui suivent le rapport sexuel à risque.

La contraception d’urgence hormonale

Cette méthode est surtout connue sous le nom de « pilule du lendemain ». En France, la première génération de ce type de pilule est disponible depuis 1999. Elle contient du levonorgestrel, un progestatif qui a pour effet de bloquer l’ovulation afin d’empêcher la fécondation de l’ovule et donc la survenue d’une grossesse.

Depuis 2009, une deuxième génération de contraception d’urgence hormonale à base d’ulipristal acétate est également disponible. Cette « pilule du surlendemain » fonctionne de la même façon que celle de première génération mais possède un délai de prise plus large pouvant aller jusqu’à 5 jours. Elle est disponible sous le nom EllaOne®.

Dans les deux cas, ces pilules se présentent sous la forme d’un comprimé correspondant à une prise unique.

La contraception d’urgence par DIU au cuivre

Cette méthode de contraception d’urgence est moins utilisée car plus difficile à mettre en œuvre puisqu’elle nécessite l’intervention d’un médecin ou d’une sage-femme. Il s’agit pourtant d’une méthode très efficace qui peut ensuite être conservée et utilisée en tant que contraception régulière. Le DIU au cuivre agit de différentes façons. Il possède un effet spermicide qui rend les spermatozoïdes inactifs et bloque donc la fécondation. Si l’ovule a déjà été fécondé, le DIU va l’empêcher de s’implanter dans l’utérus et le risque de grossesse non désirée sera alors écarté.

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Qui peut utiliser la contraception d’urgence ?

Toutes les femmes qui veulent éviter une grossesse suite à un rapport sexuel non ou mal protégé peuvent avoir recours à la contraception d’urgence, qu’elles soient mineures ou majeures.

Les pilules du lendemain et du surlendemain ne présentent pas de contre-indication et leurs effets secondaires sont limités. Dans le cas des jeunes mamans qui allaitent, la prise de la pilule du lendemain (ou du surlendemain) implique un arrêt provisoire de l’allaitement pendant une durée précise indiquée sur la notice. En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien.

La contraception d’urgence par DIU peut être utilisée aussi bien par les femmes qui n’ont pas encore eu d’enfant (nullipare) que par celles qui ont déjà mené une ou plusieurs grossesse à terme (multipare). Contrairement à une idée reçue répandue, le DIU, aussi appelé « stérilet », ne rend pas stérile et peut tout à fait être posé sur des jeunes femmes au début de leur vie sexuelle. Il existe en effet des modèles différents de stérilets adaptés en fonction de la taille de l’utérus.

Le soignant qui pose une contraception d’urgence par DIU doit avant tout s’assurer que la femme qui la demande ne présente pas de contre-indication comme une malformation de l’utérus, une infection ou des saignements inexpliqués.

A qui s’adresser pour obtenir une contraception d’urgence ?

L’obtention de la pilule du lendemain ou d’un DIU au cuivre peut se faire directement en pharmacie, sans qu’une prescription médicale ne soit nécessaire.

Les collégiennes, lycéennes et étudiantes peuvent également se procurer la pilule du lendemain auprès d’une infirmière scolaire ou du service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS).

Les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) sont également en mesure de délivrer la pilule du lendemain et apportent également des informations plus générales au sujet de la contraception et de la santé.

En consultant un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme, vous pouvez obtenir une ordonnance pour la pilule du lendemain (ou du surlendemain) ou pour un DIU au cuivre selon le choix que vous aurez fait.

Combien coûte la contraception d’urgence ?

Pour les jeunes femmes mineures, la délivrance de la pilule du lendemain en pharmacie ou auprès d’un CPEF est gratuite, anonyme et ne nécessite ni prescription médicale ni autorisation parentale. Pour rappel, un jeune homme mineur ne peut pas obtenir gratuitement une contraception d’urgence pour sa partenaire.

Les jeunes femmes majeures sans couverture sociale peuvent obtenir gratuitement la pilule du lendemain en se rendant dans un CPEF.

Si vous avez une prescription médicale pour une contraception d’urgence, l’Assurance Maladie garantit une prise en charge à hauteur de 65 %, qu’il s’agisse de la pilule du lendemain ou d’un DIU. La pilule du lendemain à base de levonorgestrel présente un coût d’environ 4 €, la pilule EllaOne® coûte environ 20 € et un DIU au cuivre environ 30 €.

A quel moment utiliser une contraception d’urgence ?

Dans l’idéal, la contraception d’urgence doit être utilisée au plus tôt après le rapport sexuel à risque et ce quel que soit le moment du cycle. En effet, l’ovulation est un phénomène qui n’est pas toujours prévisible et qui peut être bouleversé par certains facteurs (stress, choc émotionnel). Le risque d’une grossesse non désirée est donc présent tout au long du cycle.

La pilule du lendemain peut être prise jusqu’à 3 jours (72 h) après le rapport non protégé tandis que la pilule du surlendemain peut être prise jusqu’à 5 jours plus tard (120 h). En cas de contraception d’urgence par DIU au cuivre, la pose doit être réalisée au plus tard 5 jours après le rapport à risque.

La contraception d’urgence entraîne-t-elle des effets secondaires ?

Les effets secondaires suite à la prise d’une contraception d’urgence hormonale sont peu fréquents et disparaissent rapidement. Ils peuvent prendre la forme de petits saignements appelés spotting et qui ne doivent pas être confondus avec des règles. D’autres effets secondaires peuvent se manifester : nausées, vomissements, fatigue, maux de ventre ou de tête, vertiges, gonflement des seins.

Dans le cas de la contraception d’urgence par DIU, les effets secondaires sont peu nombreux, surtout s’il a été posé par un soignant qui en a l’habitude. Généralement, des saignements légers et des crampes semblables à des douleurs de règles apparaissent quelques heures après la pose puis s’estompent rapidement. Pour les soulager, la jeune femme peut prendre des anti-douleurs type paracétamol ou un antispasmodique à base de phloroglucinol.

Comment savoir si la contraception d’urgence a été efficace ?

Même lorsqu’elle est prise correctement, la pilule du lendemain (ou du surlendemain) ne peut être efficace à 100 %. La seule manière de savoir si elle a fonctionné consiste à surveiller le retour des règles. Parfois, la contraception d’urgence hormonale peut avancer ou retarder de quelques jours la date de leur arrivée.

En cas de doute, il est recommandé de réaliser un test de grossesse urinaire ou sanguin si vous constatez un retard de règles de plus de 5 jours ou si vos règles sont arrivées à la date prévue mais vous semblent anormales ou s’accompagnent de douleurs inhabituelles.

Quels sont les réflexes à adopter après avoir eu recours à la contraception d’urgence ?

La contraception d’urgence, en particulier les pilules du lendemain et du surlendemain, ne peut être utilisée en tant que contraception régulière et doit rester exceptionnelle. Après y avoir eu recours, il est nécessaire d’adopter les bons réflexes pour éviter d’autres risques de grossesse non désirée.

Compléter par un test de dépistage

Un rapport sexuel non ou mal protégé n’expose pas uniquement à un risque de grossesse mais également à des infections et des maladies sexuellement transmissibles (IST, MST) telles que le VIH, l’hépatite B ou les chlamydiæ. Si vous avez un doute quelconque vis-à-vis de votre partenaire, il est primordial de compléter la contraception d’urgence par un test de dépistage. Pour cela, vous pouvez vous adresser à un centre de dépistage ou au service des urgences d’un hôpital.

Se protéger lors des rapports suivants

La pilule du lendemain et celle du surlendemain ne peuvent agir que pour le rapport sexuel à risque. Elles n’assurent aucune protection pour les rapports suivants, il est donc important de se protéger avec d’autres moyens.

Si vous avez une contraception régulière comme la pilule, le patch ou l’anneau, il est conseillé de poursuivre son utilisation comme habituellement et d’y ajouter des préservatifs pendant au minimum 7 jours. Vous pouvez utiliser des préservatifs masculins mais également féminins.

Si vous n’aviez aucune contraception au moment du rapport à risque, vous devrez alors utiliser des préservatifs jusqu’au cycle suivant et vous assurer que la contraception d’urgence a été efficace en empêchant tout développement d’une grossesse non désirée.

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Adapter sa contraception

Le recours à la contraception d’urgence doit vous encourager à adapter votre contraception si vous en avez déjà une ou à choisir une méthode de contraception régulière qui convienne à votre âge, votre mode de vie, votre état de santé et vos souhaits personnels. Il est également important d’impliquer votre partenaire et d’échanger avec lui au sujet de la contraception afin qu’il vous apporte un soutien et vous aide si besoin dans le suivi de la méthode que vous aurez choisie.

Pour obtenir des informations sur les différents moyens de contraception, vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant, à un gynécologue ou à une sage-femme. Vous pouvez également vous rendre dans un CPEF où les consultations et la contraception sont gratuites et confidentielles pour les mineures. Le numéro de téléphone national, anonyme et gratuit est le 0 800 08 11 11.

Pour en savoir plus sur les méthodes de contraception, n’hésitez pas à consulter nos fiches conseils :


En cas de grossesse

Si vous constatez que la contraception d’urgence n’a pas été efficace et que vous êtes enceinte, nous vous recommandons de prendre rapidement contact avec un médecin, une sage-femme ou un CPEF afin de vous informer sur les différentes démarches à suivre en fonction de votre choix de poursuivre ou non cette grossesse.

Retenir l’essentiel

La contraception d’urgence est une méthode de rattrapage qui permet d’éviter une grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé. Elle ne protège pas des infections et des maladies sexuellement transmissibles (IST, MST). Il existe deux méthodes différentes de contraception d’urgence : la méthode hormonale, aussi connue sous le nom de pilule du lendemain (ou du surlendemain) et la méthode qui consiste à poser un Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre dans l’utérus. Ces deux méthodes de contraception d’urgence doivent être utilisées le plus tôt possible après que le rapport sexuel à risque ait eu lieu car leur efficacité diminue avec le temps. La pilule du lendemain peut être obtenue gratuitement et anonymement par les jeunes femmes mineures directement en pharmacie mais il est aussi possible de faire appel à un médecin, une sage-femme ou un Centre de planification et d’éducation familiale (CPEF). La contraception d’urgence ne peut constituer une méthode de contraception régulière et son utilisation doit rester exceptionnelle.