Grossesse et médecines douces

Grossesse et médecines douces
La grossesse est un état qui expose les femmes à de nombreux bouleversements, qu’ils soient physiques ou psychologiques. Nausées, constipation, troubles du sommeil, jambes lourdes, stress, douleurs dorsales, angoisse de l’accouchement… tous ces symptômes de grossesse peuvent être soulagés par les médecines douces, aussi appelées médecines alternatives. Parmi les plus connues, nous pouvons citer l’ostéopathie, l’homéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie ou encore l’aromathérapie. Loin d’être contre-indiquées pendant la grossesse, ces solutions apportent des bienfaits à la future maman et, par conséquent, au bébé à venir.

Ostéopathie et grossesse : quand, comment, pourquoi ?

L’ostéopathie est une pratique exclusivement manuelle qui s’appuie sur des manipulations musculo-squelettiques ainsi que sur une approche globale du corps. Reconnue officiellement par les pouvoirs publics depuis 2007, cette discipline recherche l’origine des tensions et des éventuelles douleurs. Elle est particulièrement recommandée au cours de la grossesse afin d’atténuer certains maux.

Bienfaits de l’ostéopathie pendant la grossesse

Mal de dos, sciatique, douleurs articulaires ou ligamentaires, la grossesse met parfois le corps à rude épreuve. L’objectif de l’ostéopathie est d’aider le corps à s’adapter de manière progressive aux modifications structurelles qu’implique la grossesse. Cela vise aussi à relâcher les tensions accumulées au fil des mois au niveau du bassin, du diaphragme, du crâne ou encore du thorax. Par des gestes très doux, des massages et des étirements, l’ostéopathie contribue à la détente des ligaments, de la structure osseuse et des tissus.

Si les douleurs lombaires constituent le motif de consultation le plus répandu, il en existe beaucoup d’autres. Les brûlures d’estomac et le reflux gastrique sont par exemple des symptômes de grossesse fréquents qui peuvent être atténués par l’ostéopathie. Au fil des mois, le bébé grandit et grossit dans l’utérus, ce qui a pour effet de faire remonter l’estomac vers le haut et de provoquer des brûlures (pyrosis). Si vous êtes sujette à ce désagrément pendant votre grossesse, l’ostéopathe pourra vous manipuler pour étirer le tractus aéro-digestif et rétablir votre confort.

À quel moment consulter un ostéopathe ?

Il est possible d’avoir recours à l’ostéopathie à partir du 4e mois de grossesse, lorsque l’utérus devient plus volumineux et sollicite plus intensément les ligaments. Aux alentours des 7e et 8e mois de grossesse, les séances viseront davantage à encourager bébé à se mettre dans l’axe du bassin, surtout s’il n’est pas bien positionné, et à préparer la maman à l’accouchement. Attention cependant, un ostéopathe n’est pas habilité à pratiquer une version (manipulation externe ayant pour but de retourner un bébé placé en siège). De plus, l’ostéopathie ne remplace pas les cours de préparation à l’accouchement et peut être contre-indiquée dans certaines situations, notamment en cas de grossesse pathologique. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme et privilégiez un ostéopathe formé aux manipulations pendant la grossesse, afin de garantir votre sécurité et celle de votre bébé.

Avant la séance, l’ostéopathe vous posera un certain nombre de questions concernant le déroulement de votre grossesse, les résultats de vos éventuels examens, le motif de la consultation, vos symptômes et vos antécédents. Il testera également la mobilité de votre bassin et de la zone sacro-iliaque afin de faire votre bilan ostéopathique.

Le cas de la fasciathérapie

La fasciathérapie est une technique qui a été développée dans les années 1980 par le kinésithérapeute-ostéopathe français Danis Bois. Elle agit exclusivement sur les fascias, de fines membranes qui constituent un réseau enveloppant les muscles et les organes. La fasciathérapie est officiellement intégrée à la kinésithérapie et de plus en plus employée dans le cadre de la préparation à l’accouchement. Par des points d’appui et de légers étirements, elle participe à l’activation des facultés d’autorégulation naturelles de l’organisme.

Chez la femme enceinte, la fasciathérapie va permettre de remettre le corps, extrêmement sollicité, en mouvement. Elle va dénouer les tensions, réduire les éventuelles douleurs et développer chez la future maman la perception de son propre corps.

L’acupuncture pour les femmes enceintes

Médecine ancestrale originaire de Chine, l’acupuncture est une spécialité officiellement reconnue par l’Ordre des médecins. Elle se pratique avec des aiguilles très fines tout en restant indolore et sans effets secondaires, que ce soit pour la maman ou pour le bébé. L’objectif de l’acupuncture est de stimuler un point précis du corps, en vue de rétablir une circulation énergétique perturbée. Il existe au total plus de 300 points répartis sur tout le corps. Pendant la grossesse, cette médecine alternative peut venir compléter la médecine dite conventionnelle afin de traiter les troubles fonctionnels. Elle participe également à l’amélioration du bien-être de la future maman ainsi qu’à l’atténuation des petits maux passagers tels que les vomissements, les nausées, la constipation, l’insomnie ou la sciatique.

Une à deux séances d’acupuncture peuvent suffire à soulager les symptômes de grossesse. La première séance est généralement longue (de 1 h à 1 h 30), afin que le praticien puisse évaluer les besoins de la femme enceinte, ses antécédents et son terrain personnel. Les effets se font généralement sentir dans les trois à quatre jours qui suivent la séance d’acupuncture. Il n’est pas rare d’avoir une sensation de fatigue, liée à la sollicitation du corps.

À l’approche du terme de la grossesse, les séances seront plus courtes (environ 20 minutes) et auront pour objectif principal d’aider à la maturation du col de l’utérus, de favoriser la descente du bébé dans le bassin et de détendre la maman. L’acupuncture peut également être pratiquée pendant l’accouchement, par une sage-femme formée. Certains points du corps ont en effet une action antalgique et peuvent être ciblés pour réduire la douleur du travail.

Grossesse et homéopathie

L’homéopathie est une approche thérapeutique qui consiste à administrer à doses infinitésimales une substance qui produit, à des doses plus fortes, des symptômes semblables à ceux que l’on veut combattre. La substance en question peut être d’origine végétale, animale ou minérale. Pendant la grossesse, l’homéopathie est souvent employée pour son innocuité sur maman et bébé. Toutefois, l’automédication n’est pas recommandée et il est préférable de se rendre chez un médecin homéopathe afin d’avoir une prise en charge globale et un traitement personnalisé.

Les symptômes de grossesse et les états émotionnels qui l’accompagnent peuvent faire l’objet d’un traitement homéopathique. Les nausées et les vomissements, qui surviennent surtout pendant le 1er trimestre de grossesse, seront soulagés par différentes souches en fonction de leur nature et du moment auquel ils se produisent :
  • Ignatia 5 CH, en cas de nausées aggravées par la vue et/ou l’odeur des aliments ;
  • Nux vomica 5 CH, lorsque les nausées sont calmées par les vomissements ;
  • Ipeca 5 CH, si les vomissements ne soulagent pas les nausées et si la femme enceinte souffre d’hypersalivation ;
  • Cocculus 5 CH, pour les nausées aggravées par les mouvements des transports ;
  • Sepia officinalis 5 CH, en cas de nausées survenant uniquement le matin.

Si votre grossesse provoque une sensation de jambes lourdes, l’homéopathie peut être une solution. Les souches recommandées sont Aesculus, Sepia, Arnica montana, Hamamélis, Lachesis ou encore Pulsatilla, à une dilution de 4 à 7 CH.

L’homéopathie présente aussi une utilité à mesure que la date de l’accouchement se rapproche. Certaines souches sont ainsi conseillées pour préparer et accompagner le travail, en particulier la dilatation du col, comme Actaea racemosa 9 CH, à prendre trois semaines à un mois avant le terme.


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Aromathérapie : huiles essentielles et grossesse

Selon Danièle Festy, pharmacien spécialiste de la phytothérapie et de l’aromathérapie, on véhicule encore trop souvent à tort l’idée selon laquelle les huiles essentielles sont dangereuses et absolument proscrites pendant la grossesse. Cela n’est pas tout à fait vrai, puisque environ 25 d’entre elles peuvent être utilisées par la femme enceinte, à condition de suivre certaines recommandations.

De par leurs composants, certaines huiles essentielles sont effectivement néfastes et contre-indiquées au cours de la grossesse. C’est le cas par exemple de la sauge officinale, de la menthe poivrée, de l’aneth ou du romarin, qui sont toxiques pour le développement cérébral du bébé. Le cyprès de Provence, la ciste, le genévrier et le myrte rouge sont également à bannir, car ils affectent le système hormonal.

Parmi les huiles essentielles autorisées pendant la grossesse, nous pouvons citer l’huile essentielle de citron, efficace pour lutter contre les nausées. L’épinette noire aurait quant à elle des vertus anti-fatigue et stimulantes. En association avec une huile végétale, les huiles essentielles de géranium et de laurier noble ou d’eucalyptus citronné combattent respectivement les vergetures et les maux de dos lorsqu’elles sont appliquées en massage sur les zones concernées.

Par sécurité, nous vous conseillons de ne jamais consommer d’huile essentielle pendant les trois premiers mois de grossesse. Par la suite, ne les prenez pas par voie orale et ne les utilisez pas pures sur la peau, mais toujours diluées dans une huile végétale (1 goutte d’huile essentielle pour 10 gouttes d’huile végétale). Enfin, en cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien ou à un praticien spécialisé dans l’aromathérapie.


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Phytothérapie : quelles plantes pendant la grossesse ?

Les plantes sont utilisées depuis des millénaires pour leurs propriétés médicinales, qui leur viennent des molécules très actives qu’elles contiennent. En tisanes, gélules, hydrolats ou élixirs floraux, les plantes sont idéales pendant la grossesse, si l’on apprend à bien les choisir.

Le gingembre et la badiane

Les nausées concernent près de 75 % des femmes enceintes, surtout au cours des premiers mois de la grossesse. Afin de les soulager, vous pouvez consommer du gingembre. Incontournable de la médecine traditionnelle chinoise et de la médecine ayurvédique en Inde, cette plante est réputée pour son action contre les nausées, les vomissements, ainsi que les brûlures d’estomac. Elle est également dynamisante et aide à lutter contre la fatigue tout au long de la grossesse.

Originaire d’Asie, la badiane, aussi appelée anis étoilé, est connue pour ses propriétés anti-inflammatoires, antalgiques et antispasmodiques. Durant la grossesse, elle conviendra surtout aux femmes qui sont sujettes aux ballonnements et pourra être consommée sous forme de tisane.

La cranberry

La grossesse est une période sensible pour le système urinaire. Elle peut notamment être à l’origine de cystites (infections urinaires) plus fréquentes qui, en l’absence de prise en charge, peuvent avoir de lourdes conséquences sur le déroulement de la grossesse. La cranberry est une petite baie réputée pour être un traitement naturel en cas d’infection urinaire. Elle contient en effet des molécules qui se fixent sur la paroi de la vessie et empêchent l’adhésion des bactéries de type Escherichia coli, responsable des cystites. Le plus simple est de boire du jus de cranberry, mais vous pouvez aussi vous tourner vers des gélules, après avoir demandé l’avis d’un professionnel de santé.

Le framboisier

Très répandue dans les pays anglo-saxons, la tisane de feuilles de framboisier commence à se faire connaître en France. Elle est surtout indiquée pour la fin de la grossesse, à l’approche de la date du terme, car elle favoriserait le bon déroulement du travail. En Australie, des chercheurs ont d’ailleurs montré que les complications (usage de forceps, césarienne d’urgence) ainsi que les gestes tels que le décollement des membranes étaient moins fréquents chez les femmes qui avaient consommé de la tisane de framboisier pendant le 9e mois de grossesse. Ces bénéfices restent à valider par des recherches plus larges, mais de plus en plus de sages-femmes recommandent cette plante à leurs patientes afin de préparer leur corps à l’accouchement. Les feuilles de framboisier contiennent en effet de la fragrine, une molécule qui tonifie les muscles de la ceinture pelvienne, dont l’utérus, et qui contribue à renforcer l’efficacité des contractions.


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Les Fleurs de Bach

Les Fleurs de Bach sont des élixirs floraux fabriqués à partir d’essences de fleurs mélangées à de l’alcool ou de la glycérine. Au total, le docteur Bach a isolé 38 élixirs floraux en s’appuyant sur l’idée que les principes actifs présents dans les fleurs peuvent aider à mieux gérer les émotions. La grossesse est souvent une période de grands bouleversements hormonaux. Entre l’excitation de l’inconnu, l’impatience de rencontrer son bébé et l’appréhension de l’accouchement, la future maman peut avoir du mal à contrôler ses différents états émotionnels. Sous forme de gouttes, de spray ou de pastilles, les Fleurs de Bach peuvent alors lui apporter davantage de sérénité. Pour votre sécurité et celle de votre bébé, il faudra bien entendu vous tourner vers les formules sans alcool.


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En conclusion

Les médecines douces, aussi appelées médecines alternatives, peuvent être d’une aide précieuse tout au long de la grossesse. Durant cette période, le corps de la femme enceinte subit de nombreux changements et mobilise toutes ses facultés d’adaptation. Les bouleversements sont également d’ordre psychologique et peuvent se traduire par du stress, des angoisses ou un sentiment de peur. Afin de vivre sereinement votre grossesse, vous pouvez opter pour différentes techniques telles que l’ostéopathie, qui contribue à soulager les tensions, réduire d’éventuelles douleurs et retrouver votre mobilité. En ciblant les canaux de circulation de l’énergie, l’acupuncture vous aidera aussi à lutter contre les symptômes de grossesse les plus courants, tout comme l’homéopathie. Enfin, n’hésitez pas à vous tourner vers les huiles essentielles et la phytothérapie pour combattre les petits maux tels que les nausées ou les douleurs lombaires. Quelle que soit la médecine douce qui vous attire, n’oubliez pas d’en discuter au préalable avec le praticien qui assure le suivi de votre grossesse. Il saura vous orienter vers celle qui convient le mieux à votre situation et à vos besoins.