Quels sont les bienfaits du gingembre ?

Quels sont les bienfaits du gingembre ?
Le gingembre est une épice provenant à l’origine d’Asie, réputée pour son goût piquant et rafraîchissant. Il possède également des vertus non négligeables pour la santé et fait d’ailleurs l’objet de nombreuses recherches scientifiques. En effet, c’est un anti nausées naturel et très efficace, mais ce n’est pas son seul bienfait : il aurait aussi des propriétés anti inflammatoires, anti cancéreuses, anti oxydantes… Il protégerait le foie et l’estomac, et diminuerait le taux de cholestérol. Pour ceux qui souhaiteraient bénéficier de ses apports sans avoir à le préparer et à l’inclure dans leur cuisine, le gingembre est disponible sous forme de décoction ou de gélules.
Les pharmaciens de Pharma GDD font le point sur le gingembre : ses effets sur la santé, les façons de le prendre et les précautions d’usage.

Le gingembre : origine et histoire

Le gingembre est le nom d’une plante tropicale. Ce sont les rhizomes (les racines) de cette plante qui sont utilisés en cuisine et que l’on peut trouver dans les magasins d’alimentation. Ils ressemblent au bois d’un cerf.

Une plante originaire d’Asie

Le gingembre est une plante nécessitant des conditions tropicales pour son développement. Elle provient de Chine ou d’Inde. Elle est principalement cultivée en Asie, mais également en Afrique, en Océanie et en Amérique. La plante peut mesurer jusqu’à 1,30 m de hauteur. Son rhizome fait une dizaine de cm de longueur, 1,5 cm d’épaisseur et 2 cm de largeur. Il est de couleur jaune et recouvert d’une peau beige clair.
En magasin d’alimentation, on trouve deux types de rhizomes : le blanc, qui a été pelé et séché, et le gris, qui a conservé sa peau.

Utilisée depuis plusieurs millénaires

Le gingembre est à la fois une épice et une plante médicinale depuis des centaines d’années. Elle a intégré les médecines traditionnelles indiennes et chinoises avant de gagner l’Occident, en Grèce et à Rome. Son usage et sa consommation continuent au Moyen-Âge, mais déclinent face au poivre jusqu’à la fin du XXe siècle. Ce n’est que depuis quelques décennies qu’elle opère son retour et réintègre les cuisines françaises.

Le gingembre est constitué d’amidon à hauteur de 60 %. Il intègre également une résine riche en phénols (gingérol, shogaol, zingérone…) et une huile essentielle contenant des terpènes.

100 grammes de gingembre apportent 332 kcal. Le gingembre contient surtout des glucides (70 g pour 100 grammes), dont des sucres (3 g/100 g). Viennent ensuite l’eau, les protéines (9 g/100 g), et enfin les lipides (4 g/100 g).

Il contient également des vitamines et des minéraux, et en particulier des vitamines du groupe B (B2, B3, B6 et B9), du fer, du cuivre, du magnésium, du manganèse et du potassium. La teneur en nutriments peut varier lorsque le gingembre a été séché. Ses composés, surtout le gingérol et les terpènes, font du gingembre une plante aux propriétés médicinales, utilisée depuis maintenant 6 millénaires. L’une de ses qualités principales est d’être un excellent anti nausée.

Gingembre : un remède anti nausée

Ce sont les phénols, shogaols et gingérols, qui expliqueraient son action contre la nausée. Il constitue donc une approche phyothérapeutique intéressante contre les haut-le-cœur, en complément ou en remplacement des traitements classiques contre les nausées.

Ces écœurements provoquent une envie de vomir et sont particulièrement désagréables. Ils s’accompagnent parfois de vomissements. Nausée et vomissement sont provoqués par certaines situations ou thérapeutiques. Il s’agit surtout de :
  • La grossesse. Ces nausées de la femme enceinte surviennent principalement dans le premier semestre de grossesse. Elles ne sont pas à négliger : elles peuvent mener, dans de rares cas, à l’hyperémèse gravidique aux conséquences potentiellement graves. Les femmes enceintes ne peuvent bénéficier des anti nauséeux classiques, en raison de leurs possibles effets secondaires sur la mère et le fœtus.
  • Le mal des transports/le mal de mer. Aussi appelé « cinétose », le mal des transports peut être provoqué par un trajet en voiture, en train, en bus, en avion ou en bateau.
  • Les nausées induites par la chimiothérapie. Elles concernent une majorité de patients et nuisent au bon suivi du traitement.
  • Les nausées induites par la chirurgie. Presque un tiers des patients souffrent de nausées après la sortie de l’anesthésie générale.
La prise de gingembre réduit efficacement les nausées de la femme enceinte, tout en étant bien tolérée et en ne présentant que peu d’effets indésirables. Il convient toutefois de demander l’avis d’un médecin avant de prendre du gingembre lorsque l’on est enceinte. En parallèle, pour moins ressentir les nausées, il est conseillé de réduire la taille des repas mais d’en augmenter le nombre : mieux vaut 5 à 6 petits repas que 3 volumineux. Autre conseil contre la nausée : manger au lit le matin, avant de se lever.

De même, l’efficacité du gingembre contre la cinétose est comparable à celle des antinaupathiques classiques, tout en présentant moins d’effets secondaires, et constitue donc une alternative intéressante pour ceux sujets à ce mal.
Pour aider à réduire l’effet de la cinétose, il est recommandé de toujours s’asseoir dans le sens de la marche, de s’installer si possible en position couchée ou à moitié couchée, et d’éviter les gros repas avant et pendant le transport.

Le gingembre peut s’ajouter aux autres traitements antiémétiques et anti nauséeux donnés aux patients suivant une chimiothérapie. Pour compléter son action, il est préférable de manger des repas froids, émettant peu d’odeurs et de rester assis au moins une demi-heure après un repas.

Enfin, le gingembre est aussi efficace contre les nausées post-opératoires, en appoint d’autres médicaments antiémétiques.

Les vertus du gingembre pour la digestion

Les bienfaits du gingembre ne s’arrêtent pas là. Il est aussi réputé pour son action sur la sphère digestive.
Ses composés ont une action relaxante et spasmolytique, c’est-à-dire qu’ils réduisent les spasmes musculaires. Cette propriété du gingembre le rend intéressant pour ceux qui souffrent de crampes abdominales, autre nom des spasmes digestifs. Ceux-ci surviennent notamment lors d’épisodes de stress, ou chez les personnes atteintes de spasmophilie ou de colopathie fonctionnelle.

Il améliore également la motilité gastrique, c’est-à-dire la progression de la nourriture dans le tube digestif et la vidange gastrique, l’évacuation de ce que contient l’estomac.

Le gingembre protège l’estomac des ulcères gastriques. Ces plaies douloureuses surviennent lorsque la paroi de l’estomac est mise en contact avec les sucs gastriques acides de la digestion. Normalement, celle-ci est recouverte d’une couche de mucus qui prévient justement ce phénomène. Sous l’influence de plusieurs facteurs, cette protection peut être altérée ou s’avérer insuffisante. Cette situation mène à une inflammation chronique, et, dans certains cas, à des hémorragies.

Le gingembre est très efficace contre plusieurs causes d’ulcères. Il réduit les sécrétions d’acide dans l’estomac, et accroit la formation de mucus protecteur. Enfin, il a la capacité d’inhiber le développement d’une bactérie, Helicobacter pylori, qui est une des principales causes d’ulcère. Lorsqu’elle colonise l’estomac, cette bactérie se fixe sur les parois et libère une toxine qui réduit l’efficacité des cellules de l’estomac, qui, en réaction, sécrètent plus d’acide. Le gingembre permet d’éliminer ces bactéries ; il est étudié et pourrait faire partie de l’arsenal déployé contre elles. Il serait, si les résultats des études sont confirmés, utilisé aussi bien en prévention qu’en traitement et constituerait potentiellement une piste en cas de développement de résistance de ces bactéries aux antibiotiques. Enfin, ses effets anti inflammatoires seraient également intéressants dans cette pathologie.

Le gingembre est donc l’ingrédient idéal lorsque l’on souffre de digestion difficile grâce à son action à de multiples niveaux.

Mais son action sur la sphère digestive ne s’arrête pas à la prévention et au soin des ulcères. Il augmenterait également la production de bile et aurait aussi une action protectrice sur le foie.
Enfin, cette épice abaisserait le taux de triglycérides dans le sang. Elle est souvent associée au curcuma, autre épice hypolipémiante, dans certaines préparations comme le lait d’or.
Attention, elle ne se substitue pas à un traitement hypolipémiant prescrit par un médecin.

Les autres effets du gingembre

Comme le curcuma, avec lequel il est parfois confondu, le gingembre a des effets variés sur le corps humain, qui font l’objet d’études pour les déterminer et les expliquer.

Une plante anti inflammatoire

L’inflammation, réaction physiologique du corps face à un trauma ou une agression, peut être désagréable, générer des douleurs et nuire à l’organisme lorsqu’elle devient chronique.

Le gingembre possède des propriétés anti inflammatoires grâce au gingérol, qui intervient au niveau des molécules impliquées dans le processus d’inflammation. Il a donc fait l’objet d’études, notamment pour son action potentielle en cas d’arthrose, une dégradation des cartilages des articulations menant à une inflammation et générant des douleurs parfois vives, et d’arthrite, une inflammation des articulations. Il atténuerait les symptômes de l’ostéoarthrite et de l’arthrose.

Cancer, rhume, règles douloureuses…

Il serait fastidieux de lister les propriétés du gingembre qui pourraient mener à de nouveaux traitements dans différents domaines. Cependant, certaines méritent d’être présentées. Ainsi, le gingembre aurait, selon une étude, des capacités antimigraineuses. Il serait également utilisé pour apaiser les symptômes de la dysménorrhée, les règles douloureuses. Autre propriété potentielle du gingembre : ses effets contre le rhume, qu’il doit à ses capacités anti-virales, anti inflammatoires et antitussives.
Enfin, des tests menés in vitro et sur des rats ont montré que le gingembre avait aussi un effet protecteur contre certains cancers.

Comment prendre du gingembre ?

Le gingembre est une épice couramment utilisée en cuisine en Asie ou en Afrique. Il a trouvé sa place dans les cuisines occidentales. Mais il existe également sous forme de compléments alimentaires, de préparation pour décoction ou d’huile essentielle.
La prise de gingembre est déconseillée dans certains cas :
  • Lorsque l’on prend un médicament aux propriétés anticoagulantes et antiplaquettaires (ibuprofène, aspirine, héparine, naproxène…).
  • Lorsque l’on est sous traitement pour le diabète (insuline, glipizide..). Le gingembre, couplé à certains médicaments, pourrait conduire à une hypoglycémie.
  • Lorsque l’on prend des médicaments pour traiter l’hypertension (amlodipine, diltiazem, nifédipine, vérapamil, felodipine…). Le gingembre, en combinaison avec ces médicaments, pourrait abaisser la tension et déclencher des troubles du rythme.
Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à demander conseil à l’un de nos pharmaciens.

En cuisine

Il est disponible sous deux principales formes : gingembre frais et gingembre en poudre. Il a un goût unique, piquant et poivré. En bouche, il induit une sensation « de feu ». Il est idéal pour élaborer une marinade, intégrer la composition d’une sauce, ou ajouter une touche bienvenue à un biscuit ou un gâteau. On peut aussi l’utiliser en boisson glacée ou chaude. Dans le lait d’or, il est mélangé au curcuma et au poivre. Mais il peut être difficile de mettre du gingembre dans tous les plats du quotidien, et l’intensité de l’épice est parfois peu appréciée. Il est alors possible, si l’on souhaite prendre du gingembre, d’avoir recours à des compléments alimentaires en contenant.

En complément alimentaire

Il est apporté sous forme de gélules élaborées avec de l’extrait de rhizomes. Ils sont principalement conseillés pour lutter contre les nausées en cas de mal des transports, voire de grossesse. Pour cette dernière utilisation, demandez conseil à un pharmacien avant de prendre des produits contenant du gingembre.


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En huile essentielle

L’huile essentielle de gingembre provient des rhizomes. Elle est obtenue par distillation. Elle s’utilise par voie cutanée et par voie orale.

L’huile essentielle de gingembre doit être diluée avant toute application sur la peau. En effet, pure, elle est irritante. Pour élaborer une préparation, on peut la diluer dans une huile végétale de noisette. Deux jours avant l’application, il est conseillé de faire un test dans le pli du coude pour vérifier la tolérance cutanée à la préparation.

Pour les douleurs et les rhumatismes, il suffit de masser la partie du corps concernée à l’aide de la préparation huileuse.

Pour les troubles digestifs, c’est l’abdomen qu’il faudra appliquer la préparation huileuse, toujours en réalisant un massage. Autre solution : la prise par voie orale d’une à deux gouttes mélangées à un peu de miel.

Contre le mal des transports, une utilisation très simple de l’huile essentielle de gingembre consiste à en déposer quelques gouttes sur un mouchoir et à respirer les arômes qui en émanent, pour dissiper les nausées.


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Attention, l’huile essentielle de gingembre ne convient pas pour les femmes enceintes lors du premier trimestre de grossesse.

Le gingembre comme le curcuma, est une épice possédant de nombreuses vertus médicinales. Ce sont les rhizomes qui sont utilisés, et elle fait l’objet d’études scientifiques pour déterminer ses possibles applications en médecine. C’est la plante anti nausée par excellence, et elle aurait également des propriétés anti inflammatoires et anti cancéreuses.