Tourista, diarrhée du voyageur : comment l'éviter ?

Tourista, diarrhée du voyageur : comment l'éviter ?
Chaque année, plus de 50 millions de personnes voyagent dans les pays en voie de développement. Parmi elles, 40 % sont confrontées à ce que l’on appelle communément la tourista, dont 2 à 10 % de cas graves nécessitant une hospitalisation. Egalement appelée diarrhée du voyageur, la tourista est une forme de diarrhée infectieuse très fréquente, bénigne dans la majorité des cas mais particulièrement handicapante en raison des symptômes qu’elle entraîne. Très souvent, le touriste doit adapter ses activités en conséquence voire modifier complètement son programme de vacances. Heureusement, il est possible d’éviter ce désagrément grâce à des gestes de prévention à connaître avant d’arriver à destination. Pharma GDD fait le point sur les causes, les symptômes et les différentes façons de prévenir et soigner la tourista.

Causes et symptômes de la tourista

La tourista est une infection fréquente véhiculée par des conditions d’hygiène douteuses et des difficultés d’accès à l’eau potable au sein du pays visité. Les principaux éléments pointés du doigt lors de la survenue d’une diarrhée du voyageur sont la qualité de l’eau, l’alimentation et un nettoyage des mains insuffisant ou mal réalisé. Contrairement à certaines idées reçues, le changement de régime alimentaire ou de climat, les épices ou la fatigue liée au voyage ne sont pas responsables.

Une origine bactérienne

Dans 80 % des cas, la tourista apparaît suite à l’exposition à la bactérie Escherichia coli. Moins fréquemment, c’est le rotavirus qui est impliqué. Les germes pénètrent dans la paroi intestinale et se fixent à la surface de la muqueuse digestive. Ils produisent ensuite une toxine qui provoque une hypersécrétion d’eau et d’électrolytes (sels minéraux) par les entérocytes (cellules de l’épithélium intestinal impliquées dans le transport des nutriments).

Zones à risque et circonstances d’apparition

La diarrhée du voyageur est un risque qui existe dans les régions où la bactérie Escherichia coli circule. Il y a une tendance à la baisse dans les pays de l’est de l’Asie mais l’Afrique centrale et de l’ouest ainsi que l’Inde sont toujours considérées comme des zones où le risque est élevé, tout comme l’Amérique centrale et du sud, notamment le Mexique. Les pays du Moyen-Orient peuvent également exposer à la tourista.

L’apparition de la tourista est brutale et se produit dans les trois à cinq jours qui suivent l’arrivée dans le pays visité. Elle régresse généralement de manière spontanée 48 à 72 heures après l’apparition des premiers symptômes pour une guérison complète quatre à sept jours plus tard. Dans certains cas, la tourista peut récidiver au cours du séjour.

Symptômes et complications

Les deux principaux symptômes de la tourista sont facilement reconnaissables : une diarrhée, avec émission de trois à huit selles liquides par jour, associée à des maux de ventre. Parfois, des nausées et des vomissements sont observés, induisant un risque de perte de poids. La diarrhée du voyageur peut éventuellement entraîner une fièvre peu intense qui disparaît rapidement.

La principale complication liée à la tourista est la déshydratation, due à la perte brutale d’eau et de sels minéraux. Ce phénomène peut avoir des conséquences graves chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est fragilisé. Les signes caractéristiques d’une déshydratation sont une urine très foncée, une soif intense, une sensation de bouche sèche, des étourdissements voire une confusion.

Comment éviter la tourista ?

La prévention est un élément indispensable pour éviter d’être confronté à la diarrhée du voyageur. Pour l’essentiel, il s’agit de suivre des conseils hygiéno-diététiques simples recommandés par les médecins et les pharmaciens. Le principal réflexe à avoir tout au long du voyage consiste à se laver systématiquement les mains avant chaque repas à l’aide d’un produit adapté comme une solution hydroalcoolique.

Pour ce qui est des repas, il faut savoir qu’il est préférable de ne pas consommer certains aliments dont les conditions de préparation pourraient provoquer une tourista. Dans la mesure du possible, ne prenez pas vos repas auprès des marchands ambulants, dont l’hygiène est bien souvent éloignée des standards européens. Voici ensuite la liste des aliments « sensibles » à éviter :
  • crudités et salade verte ;
  • viandes et poissons crus ou peu cuits ;
  • crustacés et fruits de mer ;
  • lait et produits laitiers non pasteurisés ;
  • mayonnaise, crème anglaise, chantilly ;
  • jus de fruits servis au verre ;
  • glaces à l’eau et glaçons.
Privilégiez les plats servis chauds et pensez à toujours peler ou nettoyer avec une eau propre les fruits frais que vous souhaitez manger. Concernant l’eau, buvez uniquement des eaux en bouteilles ouvertes devant vous ou de l’eau qui aura préalablement été bouillie pour éliminer les germes et les bactéries.

Avant votre départ, vous pouvez renforcer votre flore intestinale avec des probiotiques comme Lactibiane Voyage. Pensez également à constituer une trousse à pharmacie adaptée contenant tous les éléments nécessaires à une bonne hygiène et au traitement de la tourista. Ils vous seront très utiles si vous y êtes confrontés malgré des mesures préventives. Emportez avec vous un gel hydroalcoolique, des lingettes désinfectantes, des mouchoirs en papier ou du papier hygiénique, des comprimés pour désinfecter l’eau (notamment l’eau servant à votre hygiène quotidienne).


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Les différents traitements de la tourista

Pour soigner la diarrhée du voyageur, en atténuer les symptômes et accélérer la guérison, différents traitements sont envisageables. L’idéal est de demander conseil à un médecin ou un pharmacien avant le départ afin d’éviter toute déconvenue une fois sur place. Lorsque les premiers symptômes apparaissent, vous pouvez utilisez des antispasmodiques et un anti-diarrhéique. Il faut également veiller à adopter les bons réflexes dans les jours qui suivent.

Anti-diarrhéiques, antibiotiques : dans quels cas ?

Les anti-diarrhéiques sont disponibles sans ordonnance en pharmacie, où vous pourrez bénéficier de conseils adaptés et de recommandations concernant la posologie. Les anti-diarrhéiques sont surtout recommandés en cas de difficultés d’accès à des toilettes durant le séjour ou en cas de diarrhée sévère. Préférez le racécadotril (en l’absence de contre-indications) au lopéramide qui favorise la constipation et retarde donc l’évacuation de l’agent infectieux.

Les antibiotiques contre la diarrhée sont quant à eux réservés aux formes sévères de tourista qui présentent une fièvre persistante, du sang dans les selles ou une diarrhée très abondante. Dans ces cas précis, un antibiotique à base de norfloxacine, ofloxacine, ciprofloxacine ou perfloxacine peut être prescrit. La prise d’antibiotiques présente un risque de photosensibilisation, il faut donc se montrer très prudent et ne pas s’exposer au soleil durant la durée du traitement ou choisir une protection solaire adaptée. En cas de douleur au tendon d’Achille similaire à une tendinite, les antibiotiques doivent impérativement être arrêtés car il y a un risque de rupture.

Pansements digestifs et probiotiques

Les pansements digestifs sont utiles en cas de tourista car ils permettent d’absorber et de diminuer la charge infectieuse tout en agissant contre la diarrhée. Ils sont formulés à base de diosmectite, de kaolin ou de siméthicone et sont disponibles sans ordonnance. Leur utilisation prolongée nécessitent cependant un avis médical.

Pour reconstituer et fortifier la flore intestinale mise à rude épreuve suite à la tourista, il est possible de consommer des probiotiques, des levures ou des ferments lactiques sous forme de gélules ou de poudre à mélanger à l’alimentation. Notre fiche conseil « Comment refaire sa flore intestinale ? » vous donnera plus d’informations et de pistes pour retrouver du confort digestif après une diarrhée du voyageur.


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Réhydrater au plus vite

Le principal traitement de la tourista est la réhydratation par voie orale (RVO). Celle-ci doit intervenir le plus tôt possible pour permettre de compenser le déficit en eau et en sels minéraux causé par la diarrhée. Chez les sujets particulièrement fragiles (enfants, femmes enceintes, malades chroniques, etc.) ou en cas de vomissements, une réhydratation par voie intraveineuse à l’hôpital pourra être privilégiée.

La RVO peut se faire par le biais d’une solution de réhydratation élaborée avec de l’eau pure et du sel, disponible en pharmacie et à se procurer avant de partir en voyage. Vous pouvez également vous réhydratez grâce à des tisanes, du thé sucré, des bouillons de légumes ou des jus de fruits. L’eau utilisée pour ces préparations doit être bouillie avant d’être consommée. Dans le cas des jus de fruits, préférez les préparations en bouteille encapsulée.

Adapter le régime alimentaire

Dès que les symptômes de la tourista commencent à s’atténuer, il est primordial d’adapter son régime alimentaire pour éviter toute récidive. Généralement, les personnes présentant les symptômes de la diarrhée du voyageur craignent de prendre à nouveau leurs repas. Or, la réalimentation doit être précoce afin de réduire les risques de complications. Faîtes des repas plus légers mais nombreux au cours de la journée. Les aliments qui sont les plus recommandés après une tourista sont les pâtes et le riz bien cuits, les gâteaux secs ou encore la banane.

Quand faut-il consulter ?

Dans certains cas, ce qu’un voyageur perçoit comme une tourista peut être une pathologie plus grave nécessitant une prise en charge voire une hospitalisation. De manière générale, il est recommandé de consulter un médecin si la diarrhée du voyageur touche un enfant de moins de 2 ans, une femme enceinte, une personne âgée ou un patient immunodéprimé. Certains signes doivent également inciter à une consultation en urgence : diarrhée très importante et persistante, fièvre intense se prolongeant, sang dans les selles, douleurs abdominales intenses, vomissements qui s’étendent sur plusieurs jours, altération de l’état général.

L’essentiel à retenir

La tourista ou diarrhée du voyageur est une infection d’origine bactérienne très répandue qui touchent les touristes voyageant dans des régions où les conditions d’hygiène sont moins optimales que dans le pays d’origine. Elle apparaît au cours de la première semaine du séjour et entraîne des symptômes facilement identifiables : diarrhée brutale, maux de ventre, nausées voire vomissements. La meilleure manière d’éviter la tourista est de suivre un certain nombre de conseils hygiéno-diététiques qui limitent l’exposition à la bactérie Escherichia coli, principale responsable de ce désagrément. Si les mesures préventives ne suffisent pas, il est possible de traiter la tourista grâce à la réhydratation par voie orale (RVO), une modification du régime alimentaire, un anti-diarrhéique, des pansements digestifs, des probiotiques voire des antibiotiques dans les formes les plus sévères.