Ronflements : ce qu'il faut savoir

Ronflements : ce qu'il faut savoir
Le ronflement, de son appellation plus technique "ronchopathie", est un phénomène qui touche chroniquement entre 25 et 40 % de la population âgée de 30 à 50 ans, la proportion augmentant au-delà de 50 % après l’âge de 60 ans. Il se caractérise par une nuisance sonore pouvant atteindre jusqu’à 100 décibels dans les cas les plus graves, soit le bruit d’un camion, mais la plupart sont compris entre 45 et 60 décibels.

Plus précisément, les ronflements sont la manifestation des vibrations des tissus mous du palais et de la luette au passage de l’air, à la manière de voiles qui claqueraient au vent. La grande majorité du temps, bénins, ils peuvent dans certains cas être très néfastes pour la santé, et sont surtout une gêne considérable pour les personnes de l’entourage, notamment pour les conjoints.

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Quels sont les facteurs à l’origine du ronflement ?

Comme pour toute pathologie, la présence de ronflements peut être expliquée par différents facteurs, qui sont susceptibles d’en faciliter la survenue. On distingue ainsi les facteurs internes, qui sont liés à des causes purement physiologiques ou à des maladies, des facteurs externes qui sont pour leur part évitables.

Les facteurs internes

Les ronflements peuvent apparaître de façon plus récurrente à cause :
  • D’un surpoids : qu’il soit lié à une obésité ou à une prise de poids due à une grossesse, l’excès de graisse au niveau du cou a pour effet de rétrécir les voies respiratoires, et ainsi de limiter le passage de l’air.
  • De certaines caractéristiques physiologiques : une cloison nasale déviée, une rétrognathie (mâchoire inférieure trop reculée), une luette allongée, des amygdales ou une langue trop volumineuses perturbent le passage de l’air vers les poumons, et augmente surtout les risques de vibrations. Une prédisposition génétique peut également avoir une conséquence sur les voies aériennes, qui sont alors naturellement trop étroites.
  • Des maladies obstructives des voies nasales : les rhinites virales ou allergiques, les sinusites, ou la présence d’un polype nasal obligent souvent à respirer par la bouche, et entraînent ainsi plus facilement des ronflements.
  • Du sexe, les hommes sont plus concernés que les femmes, du moins jusqu’à l’âge de 60 ans, auquel les proportions sont alors plus équitables.
  • De l’âge, le vieillissement entraînant un relâchement progressif des tissus qui facilite ainsi l’apparition d’une ronchopathie.

Les facteurs externes

La consommation de certaines substances ou certains positionnements nocturnes peuvent aussi favoriser la survenue des ronflements :
  • L’alcool, qui est un perturbateur de la qualité de sommeil, peut aussi avoir un effet relaxant sur les tissus mous de l’arrière de la gorge.
  • Le tabac, responsable d’inflammations et d’irritations des voies respiratoires, ce qui entraîne un gonflement des muqueuses et des tissus.
  • Des médicaments comme les somnifères, les tranquillisants ou les antihistaminiques, car ils induisent au même titre que l’alcool un relâchement musculaire.
  • Dormir sur le dos est la pire des positions si vous avez déjà tendance à ronfler, car la langue recule au fond de la gorge et bloque encore davantage le passage naturel de l’air, ce qui crée encore plus de vibrations. 


Quelles conséquences peut avoir le ronflement ?

La cause la plus fréquente de consultation pour ronflements est liée aux plaintes du conjoint, sa qualité de sommeil étant fortement dégradée par les nuisances sonores nocturnes. Dans près de 9 cas sur 10, les ronflements n’ont absolument aucune autre conséquence sur le quotidien ou sur la santé. De nombreuses études menées ces dernières années ont en effet démontré que les conjoints sont les premières victimes des ronflements, car ils subissent des réveils nocturnes, ont des difficultés à s’endormir ou à se rendormir, et sont régulièrement obligés de lutter pour réussir à faire taire le ronfleur. Ainsi, dans les couples où au moins un des deux partenaires est ronfleur, environ 3 sur 4 finiraient par faire chambre à part, au moins 70 % reconnaîtraient qu’il s’agit d’un sujet de tension régulier, et dans certains cas cela peut même finir par entraîner le divorce (rassurez-vous, ces cas restent très minoritaires et rares!).

Au niveau de la vie sociale en général, cela peut aussi amener des complications lors des déplacements ou des couchages à l’extérieur du domicile, les personnes présentes subissant les nuisances sonores, et le ronfleur faisant régulièrement l’objet de remarques qui peuvent facilement le mettre mal à l’aise, plus que sa conscience de la situation ne peut déjà le mettre.

Lorsque les ronflements sont vraiment importants, ils peuvent aussi être vecteurs d’une dégradation de la qualité du sommeil, car le cerveau est alors jusqu’à 30 % moins irrigué qu’à la normale, et le cœur et les poumons sont sujets à davantage d’efforts pour faire circuler l’oxygène. En conséquence, cela peut amener de la fatigue diurne, des pertes de concentration ou de vigilance, et augmente le risque d’accidents domestiques, mais surtout d’accidents de la circulation. Une étude suédoise menée par le Professeur Haraldson a démontré que les risques de somnolence au volant, et donc d’accident, sont en moyenne multipliés par 12 chez les personnes qui ronflent de façon chronique, encore plus si elles sont sujettes à des apnées du sommeil.

Les apnées du sommeil sont d’ailleurs une autre complication qui peut être déclenchée par la ronchopathie. Ce trouble du sommeil ne touche que près de 3 % des ronfleurs, mais peut avoir de graves répercussions, puisqu’il est susceptible d’engendrer des problèmes neurologiques ou cardio-vasculaires sur le long terme, en raison des manques d’oxygénation prolongés des organes vitaux. Si cette pathologie est détectée (le plus souvent par le conjoint comme elle survient pendant le sommeil), il est important de consulter rapidement son médecin voire un spécialiste pour trouver des solutions et éviter toute autre complication.

Chez les femmes enceintes, il n’est pas rare que la grossesse entraîne l’apparition de ronflements, en raison de la prise de poids que celle-ci entraîne. Ces derniers sont susceptibles d’augmenter le risque de pré-éclampsie, qui se caractérise par une augmentation de la pression artérielle. Cette pathologie disparaît la majorité du temps à l’accouchement, et n’influe pas sur la santé du bébé à la naissance. Dans de très rares cas, cela peut mener à des naissances prématurées ou à un décès de la mère ou du nourrisson, il est donc préférable, si les ronflements se manifestent de façon récurrente, de consulter un médecin afin d’écarter tout risque.
Dans le cas des enfants, il est totalement anormal qu’ils soient sujets à des ronflements réguliers et récurrents avant l’âge de 10 ans au minimum, il est donc très important de consulter un professionnel de santé si la situation se présente, car cela peut dissimuler une malformation au niveau des voies respiratoires, ou une pathologie qui touche la sphère ORL.

Enfin, une étude menée en 2015 par Ricardo Osorio, Professeur au Centre pour la Santé du Cerveau de l’Université de New York, a conclu en testant plus de 2000 sujets que les ronfleurs avaient tendance à avoir des pertes cognitives plus rapides, leur mémoire et leur réactivité se dégradant plus vite que des personnes ayant un sommeil sain. Il lie cette divergence au fait que le cerveau soit moins irrigué pendant le sommeil des ronfleurs, ce qui crée des micro-lésions sur le long terme. Il en est également arrivé à un postulat plus avancé, puisque les risques de développer la maladie d’Alzheimer serait d’après lui plus grands chez les ronfleurs, toujours à cause de ce même facteur d’irrigation du cerveau, qui serait un des premiers éléments déclencheurs de cette maladie encore trop peu connue et maîtrisée.


Prévenir les ronflements

À l’instar de nombreux troubles physiologiques, il est possible de prévenir les ronflements par le biais d’un changement de certaines habitudes de vie, ainsi que de quelques astuces simples. Il est ainsi conseillé :
  • D’arrêter de fumer pour dégager les voies respiratoires (on ne le dira jamais assez, mais cela est valable pour votre santé en règle générale !).
  • De faire attention à son poids, en évitant au maximum les excès alimentaires et la sédentarité, et en pratiquant une activité sportive régulière.
  • D’éviter la consommation d’alcool en soirée (et de toujours en boire avec modération).
  • De ne pas utiliser de somnifères ou de médicaments pour dormir.
  • De faire en sorte de s’endormir sur le côté ou sur le ventre, afin d’éviter que la langue ne redescende vers la gorge.
  • De surélever sa tête, car cela libère plus facilement les voies respiratoires.
  • D’utiliser un humidificateur ou des médicaments adaptés en cas de congestion nasale due à une rhinite ou une sinusite.


Quelles solutions contre le ronflement ?

Si les mesures de prévention sont insuffisantes, des traitements et des solutions plus poussés ont été mis au point ces dernières années pour traiter au mieux la ronchopathie.

Il existe tout d’abord des solutions anti-ronflements qui sont disponibles en parapharmacie, et qui se présentent sous forme de languettes nasales, de sprays ou de pastilles. Ces produits ont prouvé leur efficacité sur le court terme, car ils permettent soit d’élargir les voies respiratoires, soit de les lubrifier pour faciliter le passage de l’air, et sont un excellent moyen de redonner calme et silence à vos nuits.

Les autres méthodes de correction de ce désagrément incluent obligatoirement une chirurgie ou l’usage d’une orthèse. Le procédé le plus courant est une chirurgie traditionnelle, appelée pharyngotomie chirurgicale ou uvulo-palato-pharyngoplastie (UVPP). Il s’agit d’une opération pratiquée sous anesthésie générale, où une ablation de la luette peut être faite, ou un retrait partiel du voile mou du palais. Par la même, si une déviation nasale est constatée, celle-ci est le plus souvent corrigée dans le même temps. Cette chirurgie offre un taux de satisfaction supérieur à 80 %.

Une autre possibilité est l’uvulo-palatoplastie, c’est-à-dire une chirurgie par laser. Elle consiste également en une ablation partielle de la luette et du voile mou du palais, mais ne demande qu’une anesthésie locale. Cependant, plusieurs séances peuvent être nécessaires pour arriver au résultat final, mais les résultats sont aussi satisfaisants que dans le cas d’une pharyngotomie chirurgicale.

Plus récemment, une nouvelle technique appelée la radiofréquence a été mise au point, et celle-ci a vite su séduire de par sa simplicité. Cela peut également inclure plusieurs séances de traitement, mais consiste, sous anesthésie locale, à introduire une électrode dans le voile du palais afin d’y faire passer un bref courant électrique, ce qui permet de rétracter les tissus et de diminuer les vibrations au niveau du palais. Déjà bien développée, cette méthode ferait preuve d’une très grande efficacité, et serait en plus la moins douloureuse des chirurgies qui puisse être pratiquée.

La dernière méthode utilisée est l’usage d’une orthèse d’avancement mandibulaire, comme celles proposées par Douce Nuit ou par Quies, qui est une sorte d’appareil dentaire se portant pendant le sommeil, et qui contribue à l’élargissement du pharynx ainsi qu’au rétablissement d’un flux respiratoire normal. Ce procédé semble également faire preuve d’une bonne efficacité, mais les effets à long terme, notamment sur le déplacement de la mâchoire, sont encore assez mal connus.



Plus fréquemment inoffensifs, les ronflements sont donc le plus souvent problématiques pour le conjoint du ronfleur, qui voit généralement la qualité de ses nuits dégradée par ce tapage sonore. Avant que la situation ne s’envenime, il est possible de recourir à diverses solutions, chirurgicales ou non, qui permettent de grandement améliorer la situation, même par le biais de petits changements dans la vie de tous les jours.

Pour en savoir davantage sur les traitements du ronflement, n’hésitez pas à consulter notre fiche conseil intitulée "Ronflements : que faire ?".