Ostéoporose : causes, traitement et prévention

Ostéoporose : causes, traitement et prévention
L’ostéoporose est une maladie osseuse qui résulte du vieillissement du squelette et qui reste bien souvent silencieuse. Elle touche davantage les femmes que les hommes et se traduit par une baisse de la densité osseuse. Ce phénomène induit une plus grande fragilité des os et une augmentation importante du risque de fracture. Lorsqu’elle est diagnostiquée, l’ostéoporose nécessite une prise en charge adaptée à la situation de chacun. Un suivi médical et des mesures au quotidien permettent de mieux vivre avec la maladie et d’éviter les complications. Quelles sont les causes de l’ostéoporose ? Comment est-elle traitée ? Est-il possible de prévenir sa survenue ? Les pharmaciens de Pharma GDD répondent à ces questions et font le point sur tout ce qu’il faut savoir au sujet de l’ostéoporose.

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

Parfois confondue avec l’arthrose, l’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette qui se caractérise par deux phénomènes conjoints : la diminution de la densité de l’os et les altérations au niveau de sa micro-architecture.

Les mécanismes précis de la maladie

Les os sont des tissus vivants qui se régénèrent en permanence afin de garder leur solidité. Les parties anciennes et endommagées sont naturellement remplacées par de l’os sain. C’est ce que l’on appelle le remodelage osseux. Ce processus est possible grâce à l’action de deux formes de cellules qui interviennent dans deux phénomènes distincts : la résorption et la formation osseuse. Les ostéoclastes sont les cellules qui détruisent l’ancien os et les ostéoblastes sont celles qui fabriquent le nouveau.

Jusqu’à environ 45 ans, les deux étapes s’équilibrent et assurent correctement le renouvellement de la structure osseuse, essentiellement grâce à des facteurs de régulation comme les hormones sexuelles (oestrogènes et androgènes), qui installent des conditions favorables à la formation de nouvel os, ou la vitamine D. Avec le vieillissement, le remodelage osseux est perturbé et on observe alors une réduction naturelle de la densité des os. Pour certains individus, ce déficit n’entraîne pas de conséquences graves. Pour d’autres, la perte notable de résistance osseuse est importante et l’ostéoporose apparaît.

Quelques chiffres clés

Si l’ostéoporose peut toucher tous les individus quel que soit leur sexe, elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, principalement à cause de la ménopause, qui constitue un facteur favorisant. En France, les autorités sanitaires estiment que 2,5 à 3,5 millions de femmes souffrent d’ostéoporose lorsqu’elles ont passé cette étape de leur vie. L’ostéoporose masculine est moins fréquente, plus tardive mais représente malgré tout un quart des fractures, les plus fréquentes étant les fractures vertébrales, du col du fémur et du poignet.

Principaux facteurs favorisant l’ostéoporose

Au fur et à mesure des recherches menées sur le sujet, plusieurs facteurs ont été identifiés comme étant favorables à la survenue de l’ostéoporose. Le risque est d’autant plus important lorsqu’ils se cumulent. Les principaux éléments favorisant cette maladie osseuse sont :
  • l’âge et le vieillissement ;
  • le sexe féminin ;
  • la ménopause, surtout si elle survient avant l’âge de 40 ans ;
  • une prédisposition génétique, avec la présence de plusieurs cas dans une même famille ;
  • un Indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 19, signe d’une maigreur excessive ;
  • l’absence d’activité physique ;
  • une carence en vitamine D et/ou en calcium ;
  • une immobilisation prolongée ;
  • la consommation de tabac et d’alcool.

Le fait de prendre ou d’avoir pris par le passé un traitement à base de corticoïdes à dose élevée pendant au moins trois mois consécutifs est également un facteur favorisant. Certaines pathologies endocriniennes affectant notamment la sécrétion des hormones sexuelles et, chez l’homme, l’hormonothérapie à la suite d’un cancer de la prostate peuvent augmenter le risque d’être touché par l’ostéoporose.

Concernant le risque de fracture, il est favorisé par les chutes, qui peuvent survenir dans plusieurs situations comme l’alcoolisme, la baisse de l’acuité visuelle (DMLA, glaucome), les maladies neuromusculaires (Parkinson par exemple), les troubles orthopédiques tels que l’arthrose de la hanche ou du genou, la prise de certains médicaments (somnifères, anxiolytiques).

Peut-on prévenir l’ostéoporose ?

Il est possible de prévenir l’ostéoporose en veillant à adopter le plus tôt possible de bonnes habitudes pour maintenir une densité osseuse suffisante. Une bonne hygiène de vie basée sur l’association d’une alimentation équilibrée et d’une activité physique régulière constitue un premier pas essentiel. Dès l’enfance, il faut veiller à ce que les apports en calcium et en vitamine D soient suffisants. Ces deux nutriments permettent en effet la constitution et le maintien d’une masse osseuse de qualité. Ils se trouvent facilement dans l’alimentation mais, dans certains cas, un médecin peut recommander une supplémentation s’il détecte un risque de carence.

Aliments riches en calcium Aliments riches en vitamine D
Gruyère (1 010 mg/100 g) Saumon sauvage (25 µg/100 g)
Gouda (777 mg/100 g) Huile de foie de morue (11 µg/cuill. à café)
Cantal (776 mg/100 g) Sardines en boîte (11 µg/100 g)
Œufs (555 mg/100 g) Beurre (1,25 µg/10 g)
Lait entier (125 mg/100 g) Œuf (1 µg/unité)


Notre sélection de compléments alimentaires :

Comment cette maladie osseuse est-elle diagnostiquée ?

Dans la plupart des cas, l’ostéoporose est découverte tardivement, généralement suite à une fracture résultant d’un traumatisme mineur. La maladie peut être diagnostiquée plus tôt après l’analyse des facteurs de risque et par une technique appelée ostéodensitométrie, qui consiste à mesurer la densité minérale osseuse (DMO).

Plusieurs outils sont utilisés par les médecins pour analyser les risques de fracture liée à une ostéoporose. L’un d’entre eux, le FRAX®, prend en compte pas moins de douze critères avant de donner un résultat : DMO, âge, poids, consommation de tabac et d’alcool, traitements suivis dans le passé, antécédents de fracture chez le patient et ses parents, etc. A l’issue de l’analyse, le FRAX® calcule la probabilité qu’une fracture majeure ostéoporotique survienne dans les dix ans à venir. Le résultat permet alors au médecin de proposer un éventuel traitement.

L’ostéodensitométrie est indiquée principalement chez les individus qui présentent des facteurs de risques médicaux d’ostéoporose. Elle se base sur une valeur de référence au même âge et pour le même sexe pour calculer le « T score » et évaluer le degré de fragilité osseuse :
  • « T score » supérieur à -1 = densité normale ;
  • Entre -2,5 et -1 = ostéopénie (état précurseur de l’ostéoporose) ;
  • Inférieur ou égal à -2,5 = ostéoporose ;
  • Inférieur ou égal à -2,5 avec une ou plusieurs fractures = ostéoporose sévère.

Réaliser une ostéodensitométrie constitue la méthode de référence pour obtenir une mesure précise de la DMO. Deux parties du corps sont ciblées : le rachis et le col du fémur. L’examen consiste à exposer l’os à une très faible quantité de rayons X. Cela dure moins d’un quart d’heure et permet de constater clairement la densité osseuse : plus l’os est dense, plus il absorbe de rayons.

Le traitement de l’ostéoporose

Lorsque l’ostéoporose est avérée, le traitement repose avant tout sur la prévention des fractures. Les plus fréquentes sont les fractures vertébrales (ou tassements), de la hanche (col du fémur), du poignet et de l’extrémité supérieure de l’humérus (épaule). Ces traumatismes peuvent altérer l’autonomie de la personne concernée. Le traitement de l’ostéoporose est mis en place lorsque le risque est jugé élevé.

Mesures préventives

Si l’ostéodensitométrie a révélé une ostéopénie, plusieurs démarches sont initiées pour freiner la baisse de la densité osseuse et retarder l’ostéoporose. Dans un premier temps, le médecin cherche à corriger une éventuelle carence en vitamine D et/ou en calcium. Le régime alimentaire peut être adapté et si besoin complété par une supplémentation pour atteindre les apports quotidiens recommandés : 1 200 mg pour le calcium et entre 20 et 50 µg pour la vitamine D. Si le patient est fumeur, des solutions peuvent être présentées pour aider à l’arrêt. Le médecin s’assure enfin de la prévention des chutes et de la pratique d’une activité physique suffisante.

Traitement par biphosphonates

Les biphosphonates sont les médicaments les plus utilisés pour traiter l’ostéoporose. Ces molécules ont un mode d’action très simple : elles freinent l’activité des ostéoclastes (cellules à l’origine de la dégradation des os) et limitent ainsi la perte de densité osseuse. Elles réduisent de 20 à 50 % le risque de fracture vertébrale et du col du fémur. Ce traitement est indiqué en première intention. Il peut être pris en dose unique une fois par semaine, à jeun, au moins trente minutes avant un repas, avec un grand verre d’eau plate et en position assise ou debout, sans se recoucher ensuite. Pour être pleinement efficace, le traitement doit être suivi pendant au moins quatre ans.

Compte tenu du risque de complications osseuses au niveau des mâchoires, il est recommandé de faire un bilan bucco-dentaire et radiologique au préalable. Les éventuels soins dentaires doivent également être réalisés avant le début du traitement. Par la suite, une surveillance de l’hygiène bucco-dentaire et un suivi régulier chez un chirurgien-dentiste sont conseillés.

Quel suivi médical en cas d’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une maladie osseuse qui évolue sur le long terme. Le suivi médical est assuré par le médecin traitant, en coopération avec un rhumatologue. Afin d’optimiser ce suivi, le patient peut veiller à respecter plusieurs principes :
  • respecter le rythme des consultations et des bilans prévus ;
  • demander des informations aux médecins concernant le traitement afin de mieux en comprendre l’action ;
  • ne pas interrompre ou modifier le traitement en cours sans un avis médical ;
  • respecter scrupuleusement la posologie des médicaments ;
  • signaler tout effet indésirable et consulter en cas de symptômes inhabituels ;
  • demander conseil à un pharmacien avant de prendre un autre médicament.

Vivre avec l’ostéoporose au quotidien

Une personne atteinte d’ostéoporose peut continuer à vivre tout à fait normalement en mettant toutefois en place de nouvelles habitudes dans sa vie quotidienne. Cela passe tout d’abord par des mesures hygiéno-diététiques adaptées. Les médecins recommandent de pratiquer de manière régulière une activité physique comme la marche ainsi que des exercices d’étirement et de relaxation. Travailler son équilibre est important pour réduire le risque de chute et donc de fracture.

Dans certaines situations, il est nécessaire d’aménager l’environnement quotidien pour éviter les chutes. Quelques changements peuvent ainsi être apportés au domicile lorsque vous souffrez d’ostéoporose :
  • se débarrasser du mobilier encombrant ;
  • dégager les couloirs et les endroits de passage ;
  • éviter les fauteuils et chaises à roulettes ;
  • retirer les tapis, notamment au pied du lit ;
  • installer des barres d’appui dans les toilettes et la salle de bains ;
  • ranger les objets les plus courants à portée de mains ;
  • ne pas laisser les fils électriques dans les zones de passage ;
  • multiplier les sources d’éclairage et placer une veilleuse la nuit entre la chambre et les toilettes.

La prévention des chutes passe également par un bilan régulier de l’acuité visuelle et le signalement au médecin traitant des éventuels vertiges, troubles de l’équilibre et difficultés à se déplacer. Dans la journée, il est déconseillé de prendre des médicaments pouvant induire une somnolence. L’habillement doit aussi être adapté : pour marcher, optez pour des chaussures fermées qui tiennent bien tout le pied ; évitez les vêtements trop longs ou trop larges dans lesquels vous risquez de vous prendre les pieds.

L’essentiel à retenir

L’ostéoporose est une maladie qui affecte les os en réduisant leur densité. Elle touche surtout les femmes et est favorisée par le vieillissement. La principale complication est le risque accru de fracture, résultant de la fragilité du squelette. L’ostéodensitométrie est la seule méthode pour détecter l’ostéoporose. Cela consiste à mesurer la densité osseuse afin d’évaluer la prise en charge la plus adaptée. L’objectif du traitement est avant tout de prévenir les fractures. Pour y parvenir, différents moyens sont utilisés : l’adaptation du régime alimentaire, avec la consommation d’aliments riches en calcium et vitamine D ; la correction des éventuelles carences ; l’activité physique. Les médicaments les plus utilisés pour le traitement de l’ostéoporose sont les biphosphonates. Ils agissent en freinant la dégradation des os, les rendant ainsi moins fragiles. Dans la vie de tous les jours, quelques ajustements peuvent être nécessaires pour prévenir les chutes, qui constituent la principale cause des fractures.