Le potassium : rôles et bénéfices

Le potassium : rôles et bénéfices
Le potassium est un des principaux minéraux présents dans le corps. C’est un électrolyte intervenant dans un grand nombre de réactions à l’intérieur de l’organisme. Il est présent en grande majorité dans les cellules de notre corps. Il circule également dans le sang et il est normalement éliminé par les reins. Lorsque les mécanismes régulant les mouvements du potassium dysfonctionnent, son taux sanguin peut monter ou au contraire diminuer, avec des conséquences potentiellement sérieuses pour la santé.
Par ailleurs, notre régime alimentaire, en Occident, nous mène à consommer trop de sel et pas assez de potassium. Les bienfaits de ce dernier sont pourtant nombreux : effet positif sur l’hypertension, il préviendrait l’ostéoporose et l’apparition de calculs rénaux…
A quoi sert le potassium ? Quelles sont les conséquences d’un taux de potassium anormal ? Doit-on prendre des suppléments au potassium ? Pharma GDD répond à toutes ces questions dans cette fiche sur ce minéral aux nombreux bénéfices.

Qu'est-ce que le potassium ?

C’est un métal abondamment présent sur Terre. Son symbole chimique est la lettre K, provenant de son nom latin : kalium. C’est ce qui explique que les pathologies liées au potassium incorporent la racine latine « kal ».

Le potassium est également présent dans le corps humain. Nous en avons entre 130 et 140 grammes, ce qui en fait le troisième minéral le plus présent de l’organisme, après le calcium et le phosphore. Il est contenu :
  • à 98 % dans les cellules (80 % de ce potassium est situé dans les cellules des muscles, le reste dans les cellules des os, du foie et des globules rouges),
  • à 2 % en dehors, dans le sang et dans l’espace entre les cellules. La concentration de potassium dans le sang est appelé la kaliémie.
Il y a des échanges de potassium entre les cellules et le sang. L’insuline est impliquée dans le mécanisme faisant rentrer le potassium dans les cellules. C’est ce qui explique qu’une élévation de l’insuline entraîne une baisse du taux de potassium dans le sang.

Quels sont les rôles du potassium dans l'organisme ?

A l’intérieur du corps, le potassium agit comme un électrolyte, c’est-à-dire qu’une fois dissous dans l’eau, il intègre une charge électrique qui lui permet de conduire de l’électricité, qui assurera donc une multitude de fonctions dans l’organisme.

L’équilibre des fluides de l’organisme

L’eau, qui est le composant majeur de notre corps, est contenue dans les cellules, et dans l’espace hors des cellules. La quantité d’eau dans et hors des cellules dépend des électrolytes présents dans ces milieux. En effet, si un électrolyte est trop présent à un endroit, l’eau va s’y diriger. Les déséquilibres ainsi créés peuvent avoir des conséquences graves.
Le potassium est un électrolyte majoritairement contenu dans les cellules, quand le sodium, lui, est surtout présent en dehors. Pour assurer un bon équilibre des fluides entre l’intérieur et l’extérieur des cellules, le taux de potassium et de sodium doit être finement régulé par l’organisme. C’est notamment le rôle des reins, qui éliminent le potassium en trop via les urines.

Le rôle du potassium dans les impulsions nerveuses

Elles assurent la communication entre les neurones et les autres cellules de l’organisme. Le potassium et le sodium sont nécessaires à la génération de ces impulsions nerveuses. Elles sont créées par le double mouvement de rentrée du sodium et de sortie du potassium des cellules. La modification de voltage consécutive est à l’origine de l’impulsion nerveuse.
Ces impulsions nerveuses interviennent dans la contraction des muscles ainsi que dans les battements du cœur. C’est ce qui explique l’importance d’un bon rapport entre sodium et potassium pour le bon fonctionnement du cœur, et les graves troubles qui peuvent survenir si le potassium est en trop faible ou trop grande quantité dans le corps.

Que se passe-t-il en cas de manque de potassium ?

La baisse de potassium se répercute sur la kaliémie, le taux de potassium dans le sang, et déclenche une hypokaliémie. La kaliémie normale est entre 3,6 et 5,2 mmol/l. On parle d’hypokaliémie lorsque le taux de potassium est inférieur à 3,5 mmol/l, et d’hypokaliémie sévère lorsqu’il est inférieur à 2,5 mmol/l.
Elle peut avoir trois grandes causes :
  • une trop grande élimination du potassium par les reins ou le système digestif,
  • un trop grand transfert du potassium sanguin vers les cellules,
  • plus rarement, un trop faible apport en potassium.
La cause la plus courante d’hypokaliémie est la prise de diurétiques. Il s’agit surtout des diurétiques thiazidiques, des diurétiques osmotiques et des diurétiques de l’anse.
Ainsi, il est impératif de vérifier le taux de potassium lors de la prise de diurétiques pour certains patients à risque : ceux souffrant d’un diabète, ceux ayant un ventricule gauche à la fonction diminuée, ceux sous digitaline et ceux atteints d’asthme et prenant des bêta2-agonistes.
Autres médicaments à l’origine d’une trop grande élimination de potassium : les laxatifs, la pénicilline à forte dose, l’amphotéricine B ou la théophylline.
Parmi les autres substances menant à l’hypokaliémie, on trouve le tabac à mâcher/chiquer, la réglisse lorsqu’elle est surconsommée et l’argile, lorsqu’elle est ingérée.
La diarrhée et les vomissements, que l’on retrouve dans plusieurs maladies, induisent une hypokaliémie.
Certains troubles peuvent mener à une hypokaliémie. Il s’agit principalement des syndromes de Cushing, Barrter, Gitelman ou Liddle, de l’acidocétose diabétique, de l’hyperthyroïdisme ou de l’acidose tubulaire rénale.
Le transfert anormal du potassium vers les cellules peut être déclenché par une variation du pH du sang, par l’administration d’insuline dans certaines situations, survenir lors de traumatismes, de delirium tremens ou de cardiopathies ischémiques, ou être provoqué par les médicaments à base de salbutamol, utilisé contre l’asthme, de dobutamine, d’acide folique ou de vitamine B12.
L’anorexie ou une alimentation associant beaucoup de glucides à de l’alcool constituent un risque de trop faible apport potassique et peuvent parfois conduire à des hypokaliémies.

Les symptômes de l’hypokaliémie varient selon le taux de potassium. Une légère baisse peut ne pas susciter le moindre signe, mais il n’en va pas de même avec des hypokaliémies plus sévères.

Les principaux signes de l’hypokaliémie sont des palpitations, la faiblesse musculaire, la constipation, la fatigue et des crampes musculaires. Les hypokaliémies graves peuvent mener à des troubles du rythme cardiaque, des paralysies, une insuffisance respiratoire et une dégradation des cellules des muscles, un phénomène appelé rhabdomyolyse.
L’hypokaliémie sévère est potentiellement mortelle.

Le diagnostic clinique de l’hypokaliémie exige le passage d’un électrocardiogramme ainsi qu’une mesure biologique de la kaliémie.
Le traitement repose sur le traitement de la cause sous-jacente et sur la prise de potassium. Celle-ci se fait par intraveineuse dans les cas graves.

Que se passe-t-il si l'on a trop de potassium ?

Cette situation mène à une hyperkaliémie. Elle survient lorsque le taux de potassium est supérieur à 5,5 mmol/l et elle est considérée comme sévère lorsqu’il dépasse 7 mmol/l.
Elle survient lors de deux processus :
  • une élimination insuffisante de potassium,
  • un trop grand transfert de potassium vers l’extérieur des cellules. 
Les deux grandes causes de l’hyperkaliémie sont l’insuffisance rénale et la prise de certains médicaments. Parmi ces derniers, on trouve les bêta-bloquants non sélectifs, les AINS, l’héparine, le lithium, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les anti-AT II.

Les symptômes de l’hyperkaliémie sont la faiblesse, une sensation de fatigue, des nausées et des diarrhées, ainsi que des coliques intestinales. Elle a aussi des conséquences cardiaques et neuromusculaires. Le sens du toucher est perturbé. Lorsqu’elle est sévère, l’hyperkaliémie peut mener à une fibrillation ventriculaire. Tout comme l’hypokaliémie, l’hyperkaliémie sévère peut engager le pronostic vital.

Pour établir son diagnostic, le médecin utilise un électrocardiogramme, demande une estimation de la kaliémie et étudie les médicaments pris par le patient.
Le traitement de l’hyperkaliémie se fait par la prise de calcium, d’insuline, de bicarbonates ou de bêta2-mimétiques. Si ces traitements sont inopérants, il reste la possibilité de pratiquer une hémodialyse.

Les bienfaits du potassium

Le potassium permettrait d’abaisser la pression artérielle. Cette propriété le rend particulièrement intéressant. En effet, l’hypertension artérielle est un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires. En cause : une alimentation déséquilibrée. En Occident, elle est trop riche en sodium (sel). Le rapport entre sodium et potassium influant sur la tension artérielle, un trop fort taux de sel est néfaste alors que le potassium exercerait un effet protecteur. Ainsi, si l’homme préhistorique consommait 10 fois plus de potassium que de sodium, l’homme actuel consomme maintenant 4 fois plus de sodium que de potassium. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le ratio devrait être de 1/1. Idéalement, il faudrait prendre 4,7 grammes de potassium quotidiennement.

Le potassium aiderait à corriger l’acidose chronique. Elle survient lorsque l’équilibre acide-base de l’organisme est perturbé et tend vers l’acidité. Parmi les causes de ce phénomène : une trop grande consommation de sodium. Cette acidose chronique intervient dans des troubles tels que l’ostéoporose, l’artériosclérose, la perte de masse musculaire ou la fatigue. Elle peut être corrigée par l’apport de potassium. En effet, comme il est alcalin, le potassium réduit l’acidose.

Quelles sont les sources de potassium ?

La carence en potassium due à l’alimentation est rare. C’est le ratio sodium/potassium qui est le plus souvent déséquilibré. Il peut être corrigé en salant moins sa nourriture (ou en évitant les plats préparés, à forte teneur en sel) et en mangeant plus de végétaux. Un autre moyen de le rééquilibrer est de remplacer le sel de table par du sel de potassium.

Le potassium dans l’alimentation

Le potassium est normalement apporté par les fruits et légumes. Les aliments les plus riches en potassium sont le cacao, les légumineuses (pois, lentilles), les légumes (cœur de palmier, épinards, avocats), les fruits (abricots, bananes) et fruits secs (amandes, noix, pistaches…), les poissons gras (saumon) et les pommes de terres ayant encore leur peau et cuites au four.

Les traitements contenant du potassium

La prise de compléments apportant du potassium pourrait conduire à une hyperkaliémie. Les médicaments apportant du potassium doivent faire l’objet d’une ordonnance et un bilan sanguin servant à évaluer la kaliémie est demandé avant toute supplémentation en potassium.
Notre sélection :

En oligothérapie réactionnelle, qui a pour but de traiter les troubles fonctionnels grâce à des apports très faibles en minéraux, le potassium est utilisé dans le soulagement des douleurs musculaires et des crampes.



Le potassium est un minéral fondamental pour le corps humain. Il permet la génération des impulsions nerveuses et l’équilibre des fluides dans le corps. Présent en trop grande ou en trop basse quantité, il mène à des troubles potentiellement graves. Notre alimentation, qui devrait apporter autant de sodium que de potassium, est aujourd’hui très déséquilibrée.