Comment prévenir et traiter la grippe saisonnière ?

Comment prévenir et traiter la grippe saisonnière ?
La grippe est une infection respiratoire aiguë d’origine virale. Elle est qualifiée de saisonnière car elle revient chaque année au moment de l’automne et dure jusqu’au retour du printemps. Très contagieuse, elle peut s’étendre en seulement quelques semaines sur tout un territoire. On parle alors d’épidémie de grippe. Au cours de l’hiver 2017-2018, près de 2,4 millions de consultations pour syndrome grippal ont été recensés en France métropolitaine et 13 000 décès ont été attribués à la maladie. Chez les personnes les plus fragiles, les complications peuvent être très graves, il est donc primordial de prévenir la propagation de la grippe saisonnière et de la traiter le plus rapidement possible. Les pharmaciens de Pharma GDD vous présentent les gestes à adopter en période d’épidémie et détaillent les différents traitements contre la grippe chez l’adulte et l’enfant.

Prévenir la grippe

Les symptômes provoqués par la grippe saisonnière peuvent être particulièrement invalidants : forte fièvre, frissons, fatigue intense, perte d’appétit, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, toux sèche. Ces signes se déclenchent brutalement 48 heures seulement après la contamination par le virus et peuvent entraîner une fatigue persistante jusqu’à trois à quatre semaines après la guérison. Afin d’éviter les désagréments liés à la grippe, la prévention est indispensable et passe par plusieurs étapes.

La vaccination

Se faire vacciner contre la grippe chaque année constitue le premier geste de protection et de prévention. Si elle ne permet pas d’éviter la maladie à coup sûr, la vaccination réduit le risque de complications graves et de décès. Or, à l’hiver 2017-2018, seulement 45,6 % des personnes à risque étaient vaccinées. Pour l’hiver 2018-2019, le vaccin vise à protéger contre les quatre souches de virus grippaux les plus susceptibles de circuler : les deux souches de virus A (H1N1 et H3N2) et les deux souches de virus B.

Le vaccin contre la grippe est vivement recommandé aux personnes les plus fragiles : personnes âgées de 65 ans et plus, femmes enceintes, patients atteints de maladies chroniques (en particulier respiratoires), obèses ayant un Indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 40. Les soignants et les aidants qui sont régulièrement en contact avec ces populations et l’entourage proche des nourrissons de moins de six mois sont également encouragés à se faire vacciner contre la grippe.

La vaccination doit être réalisée tous les ans car les souches virales en circulation dans l’atmosphère varient d’une année à l’autre. Une seule injection suffit, à l’exception des enfants âgés de six mois à neuf ans qui n’ont jamais été vaccinés. Dans leur cas, deux injections à demi-dose et à quatre semaines d’intervalle sont nécessaires pour qu’ils soient protégés contre la grippe. En France, le vaccin peut être administré par plusieurs professionnels de santé : médecins, sages-femmes, infirmiers et même pharmaciens dans certaines régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, Hauts de France et Occitanie). Les effets secondaires sont bénins et disparaissent spontanément après quelques jours. Il peut s’agir de rougeur et de douleur au point d’injection, de douleurs musculaires, de maux de tête ou de fièvre légère. Les réactions allergiques au vaccin contre la grippe restent extrêmement rares.

Les gestes « barrière »

En période d’épidémie de grippe, certaines mesures d’hygiène permettent de limiter les risques de propagation du virus. L’un des réflexes les plus importants à adopter au quotidien est de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon (liquide de préférence) en les frottant pendant au moins trente secondes et en les séchant ensuite avec une serviette propre ou du papier absorbant. Ce geste est incontournable et doit devenir une habitude dans plusieurs situations :
  • avant de préparer les repas et de se mettre à table ;
  • après s’être mouché, avoir éternué ou toussé en ayant mis sa main devant sa bouche ;
  • après être passé aux toilettes ;
  • après avoir pris les transports en commun ;
  • après s’être occupé d’un animal ;
  • dès que l’on rentre chez soi.

Veillez à utiliser systématiquement un mouchoir jetable pour vous moucher, tousser, éternuer ou cracher et jetez-le immédiatement après vous en être servi. Si vous n’en avez pas à portée de mains, toussez et éternuez dans le pli de votre coude en couvrant bien votre bouche et votre nez. Si besoin, n’hésitez pas à porter un masque pour vous protéger du virus de la grippe et préserver votre entourage si vous êtes atteint. Ne touchez pas directement vos yeux, votre bouche ou votre nez sans vous être lavé les mains au préalable. Chaque jour, ouvrez vos fenêtres pendant au moins 10 minutes pour aérer votre intérieur et réduire la concentration en microbes dans l’air ambiant.

Si vous êtes en charge d’un nourrisson et qu’une épidémie de grippe sévit, évitez de l’emmener dans les lieux publics (transports en commun, centres commerciaux, hôpitaux, etc.) où il pourrait entrer en contact avec des personnes touchées par le virus. Les bébés âgés de moins de six mois sont extrêmement vulnérables face à la grippe saisonnière, d’autant plus si la maman n’a pas bénéficié du vaccin lorsqu’elle était enceinte.


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Hygiène de vie et système immunitaire

Pour éviter de contracter la grippe, il est important de conserver durant toute l’année une bonne hygiène de vie, que ce soit en termes d’alimentation ou d’activité physique. La consommation de fruits et légumes frais permet de faire le plein de vitamines, d’antioxydants et de renforcer ses défenses naturelles pour que l’organisme soit plus fort face aux différents virus, dont celui de la grippe. Une activité physique régulière est également le gage d’une plus grande résistance et ne doit donc pas être négligée pendant les périodes à risque de grippe. Nos fiches conseils « Stimuler l’immunité avec les médecines naturelles » et « Comment renforcer ses défenses immunitaires » vous donneront plus de détails et vous présenteront les différentes façons de rester en forme malgré l’épidémie de grippe.

L’homéopathie peut également être utilisée en prévention et venir compléter les mesures précédentes. Les souches indiquées pour cet usage sont Influenzinum, Thymuline et Serum de Yersin en dose à raison d’une dose par semaine pendant quatre semaines puis une dose par mois pendant toute la période hivernale.

Les traitements contre la grippe

Généralement, un simple examen clinique effectué par un médecin généraliste suffit pour poser le diagnostic de la grippe. Le traitement ne sera alors pas exactement le même selon que la personne atteinte est un adulte ou un enfant. Néanmoins, le repos et l’hydratation sont deux éléments indispensables qui font partie intégrante de la prise en charge de la grippe dans les deux cas. Il faudra également veiller à porter des vêtements légers, ne pas trop se couvrir et maintenir une température intérieure située entre 18 et 20 ° C.

Le traitement contre la grippe chez l’adulte

La grippe entraîne une fièvre élevée : on parle de V grippal car la température est très élevée le premier jour (autour de 40 ° C) puis redescend à 38 ° C avant de grimper à nouveau. Les personnes touchées ressentent aussi des maux de tête et des douleurs musculaires et/ou articulaires qui peuvent être soulagés par la prise de médicaments comme le paracétamol, l’ibuprofène ou l’aspirine. Il est recommandé de n’utiliser qu’un seul type de médicament dans un dosage adapté à son âge et à son poids et de bien respecter les contre-indications précisées sur la notice. A noter également qu’il ne faut jamais associer ibuprofène et aspirine. Si la température est supérieure à 38,5 ° C, il est possible d’alterner paracétamol et ibuprofène toutes les trois heures. En parallèle, la prise de vitamine C permet de réduire la fatigue et favorise une guérison rapide. Certains médicaments contre l’état grippal associent un antalgique, de la vitamine C et un antihistaminique pour lutter contre les symptômes de la grippe.

Les médicaments antiviraux (oseltamivir ou zanamivir) sont le plus souvent inutiles en cas de grippe mais peuvent être proposés par le médecin traitant aux personnes les plus fragiles. Le traitement n’est alors efficace que s’il est débuté dans les deux jours qui suivent l’apparition des symptômes. Une hospitalisation est parfois nécessaire, notamment en cas de formes graves ou compliquées de la grippe. En 2017-2018, 9 738 personnes ont ainsi été hospitalisées et 2 915 cas ont fait l’objet d’une admission en service de réanimation.

Le traitement contre la grippe chez l’enfant

Les symptômes de la grippe chez les enfants sont pris en charge par des médicaments dont le dosage est adapté à leur âge. Comme pour les adultes, il est conseillé de n’avoir recours qu’à un seul type de médicament, sauf en cas de fièvre au-delà de 38,5 ° C et sur avis médical. Celui qui est le plus couramment prescrit est le paracétamol mais il est aussi possible de donner de l’ibuprofène à l’enfant touché par la grippe. L’hospitalisation sera envisagée en cas de forme grave de la maladie.

Si l’enfant a moins de trois mois, seul le paracétamol est indiqué pour soigner la grippe. La dose maximale est de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises. En pratique, vous pouvez donner à votre enfant 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures.

A partir de trois mois, l’enfant peut être soulagé par la prise de paracétamol ou d’ibuprofène. Pour le paracétamol, le dosage à respecter est le même que celui indiqué précédemment. Si vous donnez de l’ibuprofène à votre enfant, la dose maximale doit être de 20 à 30 mg par kilo et par jour à répartir en trois ou quatre prises : 10 mg/kg toutes les huit heures ou 7,5 mg/kg toutes les six heures.

Si votre enfant est touché à la fois par la grippe saisonnière et par la varicelle (situation restant relativement rare), le recours aux anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ou le kétoprofène est à bannir car cela augmente le risque de complications de la varicelle. En cas de déshydratation importante due à des diarrhées ou des vomissements ou si une infection bactérienne est soupçonnée, les anti-inflammatoires sont contre-indiqués. L’aspirine ne doit pas être administrée à un enfant sans avis médical préalable car elle implique un risque de syndrome de Reye, une maladie rare mais grave.

Dans quels cas faut-il consulter ?

Les personnes fragiles et les femmes enceintes qui contractent le virus de la grippe sont les plus exposées à des complications : lésions pulmonaires étendues, atteintes cardiaques voire cérébrales, décompensation d’une maladie chronique, pneumonie, sinusite, otite… Il est donc vivement recommandé de consulter un médecin si vous êtes enceinte, immunodéprimé, si vous avez plus de 65 ans ou si vous êtes atteint d’une maladie chronique, en particulier respiratoire comme l’asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Si vous n’êtes pas concerné par ces différentes situations, certains signes nécessitent malgré tout une consultation dans les plus brefs délais :
  • fièvre mal supportée (plus de 40 ° C) ou symptômes inhabituels ;
  • essoufflement au repos ou difficultés à respirer ;
  • réapparition de la fièvre après amélioration ;
  • toux productive avec crachats purulents ou présence de sang ;
  • diarrhée ;
  • troubles de la conscience ;
  • brusque aggravation ou absence d’amélioration de l’état général après 72 heures.

Si vous avez le moindre doute concernant vos symptômes, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin traitant. Dans certains cas, il peut s’agir d’un état grippal et non d’une grippe. Pour faire la distinction entre les deux pathologies, consultez notre fiche conseil : « Reconnaître et soigner l’état grippal ».

A retenir

La grippe saisonnière est une pathologie très répandue qui sévit de l’automne au printemps. Elle entraîne des symptômes qui peuvent être très gênants et empêcher de poursuivre ses activités habituelles. Pour prévenir la grippe et éviter ses désagréments, la vaccination est indispensable, surtout chez les sujets les plus fragiles (femmes enceintes, personnes âgées, malades chroniques, etc.). Il est également nécessaire d’adopter au quotidien les gestes dits « barrière » visant à limiter la propagation du virus et la survenue d’une épidémie de grippe. Chez l’adulte et l’enfant, le traitement repose avant tout sur une mise au repos et une bonne hydratation, associées à la prise de médicaments pour réduire la fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires. Si vous êtes enceinte ou faîtes partie des populations à risque de complications, il est préférable de consulter votre médecin traitant.