Noyade, hydrocution, insolation : les dangers de l'été

  • Par Myriam Gorzkowski, mis à jour le 06/10/2021 à 11h10, publié le 03/06/2015 à 09h06
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Noyade, hydrocution, insolation : les dangers de l'été
Dans l’imaginaire collectif, l’été est la période de l’année la plus propice au farniente sur la plage, aux baignades en mer ou en piscine ou encore aux repas en terrasse. Toutefois, il est important de rester vigilant lors de ces activités estivales, car elles peuvent donner lieu à des incidents que les services de secours et d’assistance connaissent bien : hydrocution, insolation et noyade sont les trois phénomènes les plus courants en été. Loin d’être anodins, ils peuvent pourtant être évités en suivant quelques mesures simples de prévention. Pour passer des vacances en toute sécurité, préserver votre santé et votre bien-être, les pharmaciens de Pharma GDD vous présentent les conduites à tenir tout au long de l’été !
 

Noyade : la prévention avant tout

Chaque année en France, on dénombre environ 1 000 décès provoqués par une noyade accidentelle. Que ce soit en mer, en piscine privée ou publique, en cours d’eau ou dans un simple bassin, le risque existe. Cet accident grave et très fréquent en été nécessite souvent des manœuvres de réanimation. La noyade n’entraîne pas forcément le décès de la victime et peut laisser plus ou moins de séquelles.
 

Qu’est-ce que la noyade ?

La noyade est définie comme une insuffisance respiratoire résultant d’une submersion ou d’une immersion dans un milieu liquide. Il faut distinguer deux types de noyades : primitive et secondaire. Dans le cas de la noyade primitive, la victime est consciente et tente de préserver ses voies respiratoires de l’atteinte de l’eau. Elle lutte parfois longtemps, jusqu’à manquer de force, ce qui occasionne une asphyxie progressive. La noyade primitive concerne surtout les personnes qui ne savent pas nager ou qui s’épuisent face à une situation dépassant leurs capacités de nage (distance, courant, vagues, etc.).
 
La noyade secondaire est, quant à elle, consécutive à une perte de conscience. Différentes situations peuvent alors être en cause : un choc traumatique (plongeon, chute accidentelle), une panique extrême, un malaise, un accident de plongée, un choc allergique…
 

Les conséquences de la noyade

Quel que soit le type de noyade, des manœuvres de réanimation peuvent être nécessaires afin d’éviter le décès, notamment si la victime est inconsciente. Il s’agit tout d’abord d’assurer une assistance ventilatoire par le biais du bouche-à-bouche, associé à un massage cardiaque en l’absence de pouls. Dans certains cas, le massage n’est pas utile. Il convient cependant de placer la victime en position latérale de sécurité (PLS). En effet, les vomissements après une noyade sont fréquents, il faut donc veiller à prévenir les risques d’étouffement en plaçant la tête sur le côté.
 
Le décès peut survenir rapidement après l’incident ou à la suite de complications directes ou indirectes, comme une pneumonie par exemple. Si la victime reprend conscience, des séquelles peuvent perdurer dans les jours qui suivent. Il peut s’agir de symptômes incommodants liés à l’atteinte du système respiratoire, d’infections ou d’irritations des voies aériennes. Il est important de rester attentif face à ces signes et de consulter un médecin s’il n’y a pas d’amélioration.
 

Le cas de la noyade sèche

Aussi appelée « noyade retardée », la noyade sèche représente environ 2 % des noyades recensées chaque année. Elle se produit hors de l’eau, jusqu’à 72 heures après avoir bu la tasse ou failli se noyer, et touche surtout les jeunes enfants. En entrant dans les poumons, l’eau altère le surfactant qui recouvre les alvéoles pulmonaires et qui assure normalement la séparation de l’air et du sang. Dans les heures qui suivent, le conduit aérien se ferme du fait des spasmes causés par la présence d’eau. La noyade sèche induit aussi un risque de sang dans les poumons. Notez cependant que boire la tasse ne provoque pas systématiquement une noyade sèche. L’important est de vérifier si des symptômes typiques apparaissent après l’incident.
 
Plusieurs symptômes peuvent faire suspecter une noyade sèche. Une toux, des difficultés à respirer et une respiration sifflante sont caractéristiques de ce type de noyade. Attention : ils ne doivent pas être confondus avec une crise d’asthme, bien que celle-ci doit malgré tout amener les parents à consulter un médecin. D’autres symptômes peuvent se manifester, comme des maux de ventre, une fièvre, une somnolence prononcée ou un teint gris.
 

Comment prévenir les noyades ?

Dans la grande majorité des cas, les noyades sont accidentelles et pourraient être évitées. Dans un premier temps, il est essentiel d’encourager l’apprentissage de la nage, en particulier chez les enfants. Durant l’été, nous vous recommandons de privilégier les baignades dans des zones qui sont surveillées par des maîtres-nageurs sauveteurs. Si vous avez des enfants, ne les quittez jamais des yeux, même s’ils restent au bord de l’eau. Respectez toujours les consignes de sécurité et, le cas échéant, les interdictions de baignade. Avant de partir pour la plage, informez-vous sur les conditions météorologiques, les horaires de marées, l’intensité des vagues et des courants, autant de facteurs pouvant augmenter les risques de noyade. Tenez toujours compte de votre état de santé et de votre condition physique avant d’aller vous baigner, que ce soit en mer ou en piscine, et ne consommez pas d’alcool.

Si vous êtes propriétaire d’une piscine, celle-ci doit être équipée d’un système de sécurité destiné à prévenir les risques de noyade. Barrière de protection, alarme sonore en cas de chute, couverture de sécurité ou abri (type véranda), vous avez l’embarras du choix ! La législation est la même pour les locations de résidences avec piscine.
 
Dans le cas où vous vous retrouveriez en situation de noyade, essayez de suivre ces quelques conseils :
  • dans la mesure du possible, ne paniquez pas et ne luttez pas contre les éléments ;
  • allongez-vous sur le dos, en position de planche, et laissez-vous flotter ;
  • appelez à l’aide de manière distincte, afin que les personnes présentes aux alentours vous entendent et avertissent les secours.

L’hydrocution

Le terme hydrocution fait référence à un choc thermique survenant lorsque la température du corps est beaucoup plus élevée que celle de l’eau. On parle aussi de syncope thermo-différentielle. En été, de nombreuses personnes entrent rapidement dans l’eau après être restées longtemps au soleil. Cela entraîne le réflexe d’immersion et la fermeture des voies aériennes supérieures. Le rythme cardiaque diminue et le cœur doit alors produire davantage d’effort pour assurer son rôle de pompe. Parallèlement, la circulation cérébrale ralentit. L’association de ces différents phénomènes en cas d’hydrocution peut avoir pour conséquence une perte de connaissance, une noyade, voire le décès de la personne qui en est victime. Les enfants, les personnes âgées et celles qui présentent des troubles cardiaques sont les plus vulnérables face à l’hydrocution.
 

Comment reconnaître une hydrocution ?

Souvent, l’hydrocution ne survient pas tout de suite après l’entrée dans l’eau. Certains symptômes permettent de la reconnaître et de prendre des mesures pour en limiter les complications. En raison du manque d’oxygène dans le cerveau, la victime présente des signes de souffrance : mal de tête, vertiges, crampes, engourdissements, frissons, sensation d’angoisse.
 

Les réflexes à adopter pour éviter l’hydrocution

Tout comme la noyade, l’hydrocution est un incident évitable, pour peu que l’on suive certaines règles relatives à la baignade. Nous vous conseillons dans un premier temps d’entrer progressivement dans l’eau, surtout après être resté longtemps au soleil. Mouillez d’abord votre nuque, votre torse et vos bras afin d’acclimater votre corps à la température de l’eau. Enfin, évitez de plonger immédiatement après un effort physique important et ne consommez pas d’alcool lorsque vous vous baignez. Contrairement à une idée reçue encore très répandue, aller se baigner après avoir mangé ne présente pas de risque d’hydrocution.
 

Comment réagir en cas d’hydrocution ?

Il est essentiel de réagir rapidement si vous constatez qu’une personne présente les signes d’une hydrocution. Tout d’abord, sortez-la de l’eau et placez-la en PLS. Séchez-la, couvrez-la et tenez les autres vacanciers à l’écart. Ensuite, contactez immédiatement les sauveteurs présents sur la zone ou les secours (15, 18 ou 112). En cas d’arrêt cardio-respiratoire, une personne formée aux gestes de premiers secours peut pratiquer les manœuvres de réanimation, à savoir le bouche-à-bouche et le massage cardiaque.
 

Insolation : causes, symptômes et prévention

Quand le soleil tape fort, certaines personnes peuvent être touchées par une insolation, communément appelée « coup de chaleur ». Cela est dû à une hyperthermie, c’est-à-dire à une augmentation brutale de la température interne du corps.
 

Quelles sont les causes de l’insolation ?

L’insolation est un phénomène courant en été. Elle se produit lorsque l’on reste longtemps au soleil sans se protéger de ses rayons, qui frappent de manière intense au niveau de la tête et de la nuque. À l’origine de l’insolation, il y a un dysfonctionnement du système de régulation de la température corporelle. En temps normal, l’organisme a la capacité de contrôler sa température interne et de la maintenir autour de 37 °. C’est ce que l’on appelle l’homéothermie. La transpiration et la soif sont les deux principaux mécanismes qui interviennent dans ce système qui, en cas d’insolation, se retrouve dépassé. Les personnes fragiles, les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées sont les plus touchés.
 
Parmi les facteurs favorisant la survenue d’une insolation, nous pouvons citer les températures élevées associées à une absence de vent, l’effort physique prolongé au soleil sans protection adéquate, ou encore la prise de médicaments perturbant la régulation de la température du corps.
 

Les symptômes de l’insolation

Les symptômes de l’insolation apparaissent après plusieurs heures, ou plus rapidement chez les enfants. Le premier d’entre eux est la sensation de chaleur, en général au niveau du visage. On observe aussi une fièvre supérieure à 39,5 °, une augmentation du rythme cardiaque et des difficultés à respirer. La peau est chaude et sèche, et la victime peut avoir des nausées, accompagnées ou non de vomissements. La somnolence, une sensation de malaise ou de confusion, des crampes musculaires et des bourdonnements dans les oreilles sont également des symptômes de l’insolation.

Lorsque la température corporelle dépasse les 40 ° et que la victime présente des symptômes graves, on parle d’une insolation maligne. Celle-ci se caractérise par :
  • une perte de conscience ;
  • une confusion ;
  • des troubles respiratoires ;
  • une absence de transpiration ;
  • une bouche sèche ;
  • des yeux creusés.

Insolation : quels sont les bons gestes ?

L’insolation doit être prise en charge le plus tôt possible, dès que les premiers signes se manifestent. Il faut commencer par placer la personne dans un endroit frais, aéré et à l’ombre. Faîtes-lui prendre une douche tiède ou humidifiez régulièrement sa peau afin de faire baisser sa température. La réhydratation est indispensable. Elle peut se faire directement en buvant de l’eau, ou par voie intraveineuse si la victime est conduite à l’hôpital. Le paracétamol et l’aspirine ne sont pas recommandés en cas d’insolation, car ils ne sont pas efficaces sur ce type d’hyperthermie.
Pour éviter l’insolation, nous vous recommandons de ne pas vous exposer au soleil pendant les heures les plus chaudes (soit entre 11 h et 17 h). Protégez-vous tout au long de l’été avec une protection solaire adaptée, abritez-vous sous un parasol et portez un chapeau ou une casquette. Préservez vos enfants avec des vêtements anti-UV ou des hauts à manches longues et de couleur claire. Boire est également un réflexe à avoir pour prévenir l’insolation : buvez 1 à 2 litres d’eau, répartis en petites quantités au fil de la journée. Évitez les efforts prolongés et ne vous endormez jamais au soleil !
 

L’essentiel à retenir

La noyade, l’hydrocution et l’insolation sont des événements fréquents en été. Ils ne sont pas à prendre à la légère, car leur impact sur la santé peut être très important. Avant de partir en vacances en bord de mer, il convient donc de s’informer des différentes consignes de sécurité et, si besoin, de se former aux gestes de premiers secours pour bien réagir en cas d’incident. Une fois sur place, on ne présume pas de ses forces : le soleil et la mer favorisent la détente, mais peuvent aussi se montrer hostiles, en particulier pour les personnes les plus fragiles (nourrissons, enfants, personnes âgées). Autre fléau estival : les piqûres ! pour découvrir tous nos conseils et vous en prémunir, consultez notre fiche conseil : « Soulager et prévenir les piqûres de moustiques ».
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