Tout savoir sur les calculs rénaux et la colique néphrétique

Tout savoir sur les calculs rénaux et la colique néphrétique
Les calculs rénaux ou lithiase urinaire sont très fréquents. Ils sont dus à l’accumulation et la cristallisation de minéraux présents dans les urines. Leur manifestation douloureuse, la colique néphrétique, doit être soulagée rapidement. Pharma GDD vous explique quels sont les types de calculs, comment les diagnostiquer et les traiter. Enfin, nous verrons qu’il est possible de prévenir la récidive des calculs urinaires grâce à une alimentation adaptée et le concours des plantes.

Les calculs rénaux

Définition et incidence

La lithiase urinaire est due à la formation de calculs rénaux dans les voies urinaires (reins, vessie, urètre, uretère). Ils touchent plus les hommes que les femmes et surviennent souvent entre 30 et 50 ans. Le risque de récidive est important : entre 50 et 60% à 10 ans.

Les calculs urinaires touchent entre 2 et 5% de la population française et cette incidence ne cesse de croître depuis le début du XXème siècle. Cette évolution est directement liée à la modification de nos modes de vie. La plupart du temps, les calculs sont liés à une trop faible hydratation, une alimentation trop riche et pas équilibrée. En d’autres termes, les personnes mangent trop, mal et ne boivent pas assez d’eau.

Les différents types de calcul rénal

Les plus fréquents sont les calculs calciques (80%) soit sous forme d’oxalate (50%) soit sous forme de phosphate ou de carbonate de calcium. Ces amas sont visibles à la radio quand on fait un ASP (Abdomen Sans Préparation).

On rencontre ensuite la lithiase phosphatique (10%) qui est retrouvée chez 80% des femmes. Elle est souvent peu symptomatique et se développe en suivant l’anatomie des voies urinaires ce qui lui donne un aspect de corail. Elle se compose d’un mélange de phosphate, d’ammoniac et de magnésium. Elle est liée à la présence d’une infection urinaire.

La lithiase urique (10%) ne se voit pas à la radio. Il s’agit de cristaux d’acide urique et d’urates qui se développent dans des urines acides. Dans 25% des cas, on retrouve une uricémie trop élevée.

Formation des calculs ou lithogénèse

Le calcul parfois appelé « pierre » ou « caillou » par les patients est constitué d’une matrice protéique (des débris de protéines) sur laquelle viennent s’agglomérer des sels minéraux. La formation du calcul se fait en 7 étapes :

  • La sursaturation urinaire : la concentration trop élevée d’une substance dans les urines par rapport à la capacité de filtration de cette substance par les reins.
  • La germination cristalline : des germes ou bourgeons de cristaux vont se former à partir des ions présents dans les urines
  • La croissance cristalline : à partir des germes, les minéraux vont pouvoir continuer de s’agglomérer et ainsi faire grossir la structure cristalline
  • L’agrégation cristalline : plusieurs cristaux vont se rapprocher pour former un ensemble plus volumineux
  • L’agglomération cristalline : de nouveaux cristaux se forment pour augmenter l’agrégat et former l’architecture du calcul
  • La rétention cristalline : les particules cristallines sont retenues dans le rein
  • La croissance du calcul : elle se fait à vitesse variable selon la nature du calcul et de l’environnement physico-chimique. La taille des calculs peut varier de quelques millimètres à quelques centimètres.

Facteurs favorisants les calculs urinaires

  • Les troubles métaboliques : une augmentation importante du calcium ou de l’acide urique dans le sang ou dans les urines qui peut être liée ou non à un changement d’alimentation (régime minceur, voyage, passage à un régime végétarien, etc…)
  • La modification du pH de l’urine ou la présence d’une infection urinaire
  • Une anomalie des voies urinaires qui provoque une stagnation des urines comme une compression, une hypertrophie de la prostate ou liée à des causes anatomiques (anomalie de la jonction pyélo-urétrale, méga uretère).
  • Un facteur génétique : on retrouve une histoire familiale de calculs rénaux dans 1 cas sur 2
  • L’environnement : travail dans un milieu chaud, voyage dans un pays tropical, activité sportive intense ou accrue, station assise prolongée pendant plusieurs heures (train, bus, voiture).

La colique néphrétique

Quand ils sont asymptomatiques, les calculs rénaux peuvent être découverts par hasard lors d’un examen radiologique, mais la plupart du temps c’est la douleur qui amène à consulter. La forme la plus violente est connue sous le nom de colique néphrétique.

Symptômes de la colique néphrétique

Il s’agit avant tout d’une douleur intense dite frénétique c'est-à-dire qu’aucune position ne vient soulager ce qui rend le patient agité. La douleur est lombaire, unilatérale, brutale et très vive : elle est souvent comparée à des douleurs d’accouchement.

Cette douleur irradie vers la fosse iliaque (partie latérale basse du ventre) et vers les organes génitaux. Parfois, elle se limite à ses zones d’irradiation ce qui complique le diagnostic. Elle peut être accompagnée de signes urinaires (sang dans les urines, brûlures à la miction, envies fréquentes et impérieuses), des nausées, des vomissements et de la fièvre. La colique néphrétique fébrile est une urgence médicale qui doit être prise en charge très rapidement.

Le diagnostic

Il se fait sur des éléments cliniques et l’interrogatoire du patient : antécédents de lithiase, origine des douleurs, mais aussi sur la recherche du pH urinaire grâce à une bandelette, la mise en culture ou ECBU et la mesure de la créatinémie pour évaluer la fonction rénale.

Des examens complémentaires sont réalisés comme une radiographie de l’abdomen : si on voit ou non les calculs, cela permet de prédire leur nature.  Un scanner sans injection révélera le ou les calculs rénaux, leur taille et leur emplacement. Ce sont ces différents éléments qui vont être déterminants pour la suite à donner à la prise en charge.

Chez la femme enceinte, on ne pourra réaliser qu’une échographie ou une IRM.

Le diagnostic différentiel de la colique néphrétique doit se faire par rapport à d’autres pathologies obstructives des voies urinaires (anomalie anatomique, caillot, endométriose ou non obstructives comme la pyélonéphrite et même avec des pathologies de la sphère uro-génitale (grossesse extra-utérine, torsion des ovaires, torsion du cordon spermatique).

Traitement des calculs urinaires

La première chose à faire est de soulager le patient de cette douleur insupportable. Pour cela l’administration orale ou en IV d’anti-inflammatoires et d’antispasmodiques est la règle. Quand cela s’avère nécessaire, le recours à des antalgiques morphiniques est possible.

Près de 80% des calculs rénaux sont évacués spontanément par les voies urinaires. S’ils font moins de 6 mm, on n’intervient pas. On limite la diurèse et on demande au patient de récupérer ses urines et de les filtrer pour garder le calcul évacué et pouvoir l’analyser pour en connaître la nature. On peut lui conseiller pour cela, d’uriner au travers d’un filtre à café en papier, pendant quelques jours.

Si un traitement médical est nécessaire pour évacuer le caillou, plusieurs techniques existent.

La lithotritie extra-corporelle ou LEC

Cela consiste à fragmenter le calcul rénal pour que les « morceaux » soient plus petits et puissent ainsi être éliminés par les voies urinaires. L’intervention se fait sous contrôle radioscopique et le générateur d’ondes transmet ces dernières au travers de la paroi abdominale. Il n’y a pas besoin d’incision, il ne s’agit pas d’une chirurgie. L’intervention se passe en ambulatoire et sous sédation.

L’urétéroscopie laser

Cette technique consiste en une exploration endoscopique visuelle de l’uretère en passant par les voies urinaires. En plus de voir le calcul, on peut introduire une fibre optique qui va morceler au laser le caillou. Une sorte de panier au bout de l’urétéroscope permet de récupérer les petits fragments. On laissera en place quelques jours une sonde urinaire pour soulager le patient. Cette technique se réalise sous anesthésie générale, mais ne demande pas d’incision et reste peu invasive.

La néphrolithotomie percutanée

Elle n’est utilisée que pour les calculs rénaux très volumineux (supérieur à 20 mm). On réalise une petite incision pour ponctionner le rein. On intervient par voie lombaire pour introduire le matériel endoscopique.

Autres techniques

La chirurgie conventionnelle est de moins en moins utilisée. En cas d’anurie (absence totale d’émission d’urines) on peut avoir recours à la pose d’une sonde double JJ. Ce type de sonde est mis en place par voie endoscopique et peut être un préalable à une LEC pour favoriser l’élimination des fragments générés.

Prévenir la récidive

Une fois la phase aigüe passée, le patient est soulagé de sa douleur et de la présence de son calcul. Si on a pu déterminer la nature du caillou, cela permettra de bien le guider sur les mesures hygiéno-diététiques à suivre pour éviter au maximum que cela ne se reproduise.

Boire beaucoup

La règle n°1 c’est boire, boire, boire et encore boire ! De l’eau bien entendu. Cela permet de diluer les urines et donc d’éviter une surconcentration de minéraux qui nous l’avons déjà évoqué, est le tout début de la formation du calcul urinaire. Il faudra donc consommer 2 litres par jour de boissons réparties dans la journée y compris le soir avant d’aller se coucher et la nuit si vous vous réveillez.

À l’exception de l’alcool, toutes les boissons sont autorisées : eau, café, tisane, jus d’orange. Cependant, on consommera avec modération le thé trop fort, les boissons sucrées ou salées, le lait ou la bière.

Les patients interrogent souvent leur médecin ou leur pharmacien sur quelle eau boire ? L’eau du robinet est une très bonne réponse même si elle est calcaire car les normes concernant le calcium dans l’eau potable correspondent aux recommandations des urologues. C'est-à-dire un taux compris entre 80 et 120 mg par litre.

Concernant les eaux minérales, tout dépendra de la nature du calcul. S’il s’agit d’une lithiase urique, l’eau de Vichy va permettre de la dissoudre. Mais en revanche, c’est une eau très salée qui va favoriser l’hypertension artérielle et augmenter le risque de calculs calciques. On ne la consommera donc pas tous les jours.

A l’inverse, l’eau de Volvic, par exemple, est très pauvre en Calcium or c’est un élément indispensable au bon fonctionnement de notre organisme et à notre squelette. Donc sauf si vous consommez suffisamment de Calcium dans votre alimentation (1g par jour) ce n’est pas l’eau à privilégier même si vous avez déjà fait une lithiase calcique.

On évitera aussi les boissons qui acidifient les urines comme les colas pour ne pas provoquer la précipitation des minéraux et leur cristallisation. Prendre un complément alimentaire comme Ergybase pour rétablir l’équilibre acido-basique de l’organisme peut en revanche être une bonne idée.

Repenser son alimentation

Il ne s’agit pas de faire un régime, mais de chasser les excès : de calcium, de sucre, de sel, de protéines animales, d’oxalate et d’acide urique.

  • Le calcium :
Dans l’alimentation, il provient essentiellement de l’eau et des produits laitiers. Un apport de 800 mg à 1g par jour est recommandé. Donc selon la richesse de l’eau minérale ou en bouteille que vous buvez et la quantité, cela vous laisse une marge de manœuvre pour consommer 2 à 3 portions de produits laitiers par jour. On appelle portion 150ml de lait ou 1 yaourt ou 100g de fromage blanc. Tous les fromages ne se valent pas, les pâtes cuites comme le gruyère, l’édam ou le comté renferment 4 à 5 fois plus de calcium que la même quantité de munster ou de camembert. Les fromages frais contiennent une part importante d’eau donc proportionnellement moins de calcium. En revanche, tous les fromages sont salés et on devra se contenter d’une seule portion par jour.

  • Le sel :
Trop de sel va favoriser l’excrétion du calcium dans les urines avec un risque que celui-ci ne forme des cristaux. C’est pour cette raison qu’il faut limiter sa consommation de plats préparés industriels, mais aussi de charcuterie et ne pas resaler les plats à table. Pour cuisiner, pensez aux épices et aux aromates pour le remplacer astucieusement, mais pas de moutarde ou de sauce soja qui sont très salées.

  • Les protéines animales :
La viande ou le poisson doivent être consommés en quantité limitée pas plus de 150g par jour et sur un seul repas. Il faut privilégier les protéines d’origine végétale que l’on trouve en particulier dans les légumineuses (pois, lentilles, haricots secs). Les protéines animales vont favoriser l’excrétion de l’acide urique et du calcium augmentant ainsi le risque de calculs rénaux.

  • L’oxalate :
Comme il peut lui aussi être à l’origine d’une lithiase, on consommera raisonnablement les aliments qui en sont riches comme le chocolat ou le cacao, mais aussi les cacahuètes, les noix, les noisettes, les amandes ou encore les betteraves, les asperges, les épinards ou l’oseille. Ne pas consommer de Vitamine C en trop grosse quantité.

  • L’acide urique :
On le retrouve principalement dans la charcuterie, le gibier, les abats et dans certains poissons comme les anchois, le hareng, la truite, le thon ou les sardines et les fruits de mer.

Consommer régulièrement des fruits et des légumes sources de fibres et éviter les sucreries, les pâtisseries ou les sodas. Toutes ces mesures ne sont pas bonnes que pour éviter la récidive de calculs urinaires, mais elles vous protégeront également du diabète, de l’hypertension et de l’obésité.

Les solutions naturelles

En dehors des périodes de crise de calculs urinaires, l’usage de plantes diurétiques permet d’améliorer l’élimination de l’eau donc le volume des urines. Or il est démontré qu’avoir une diurèse de 2 litres par jour, réduit par quatre le risque de récidives.
Parmi les plantes diurétiques les plus connues, on peut citer l’orthosiphon, le pissenlit, le solidago ou verge d’or, la piloselle, les queues de cerise ou encore l’aubier de tilleul.

Notre sélection

Du côté de l’aromathérapie, c’est l’huile essentielle de Genévrier qui est traditionnellement utilisée pour prévenir les lithiases urinaires. Pour soulager la douleur en cas de colique néphrétique, on peut utiliser une synergie d’huiles essentielles en massage du bas du dos : petit grain bigarade (60 gouttes) pour son action antalgique, basilic (30 gouttes) pour son action antispasmodique et eucalyptus citronné (30 gouttes) pour dilater les voies urinaires et donc faciliter l’évacuation du calcul rénal.


Notre sélection

A retenir
La lithiase urinaire ou calcul rénal est due à la présence de cristaux de minéraux (calcium ou oxalates) dans les voies urinaires qu’elles obstruent. Source d’une douleur intense et violente, la colite néphrétique en est la manifestation bruyante. Après avoir soulagé le patient à l’aide d’anti-inflammatoires et d’antispasmodiques, la taille du calcul et sa localisation nous diront s’il y a lieu d’intervenir. Pour prévenir la récidive, très fréquente, des mesures diététiques simples doivent être mises en place et le recours à la phytothérapie et aux huiles essentielles peut être un plus.