La perte d'audition : causes et conséquences

La perte d'audition : causes et conséquences
Les troubles de l’audition sont un phénomène qui concerne 8 % des Français. Les personnes âgées sont particulièrement touchées, mais ce ne sont pas les seules. La surdité - terme qui désigne la baisse de l’audition et pas seulement sa suppression totale - peut avoir des causes variées : exposition chronique à un son trop fort, infection, suite d’otites répétées… Parfois, elle est simplement une conséquence du vieillissement. Elle a des effets parfois insoupçonnés : elle peut nuire à la sociabilité, induire une dépression et augmenter la fatigue et le stress
Pharma GDD détaille les principales causes de la surdité et leurs conséquences.

Comment fonctionne l'audition ?

Pour bien comprendre les différents types de surdité, il est nécessaire de bien saisir ce qu’est un son et comment il est perçu.

Qu’est-ce qu’un son ?

Le son est constitué par une vibration des molécules de l’air (ou d’un autre milieu, comme l’eau) se propageant sous forme d’ondes. La fréquence du son – le nombre de vibrations par seconde – est exprimé en hertz (Hz). Les décibels mesurent l’intensité avec laquelle le son est perçu.
L’oreille de l’homme capte les sons de fréquence allant de 20 à 20 000 Hz. Les infrasons se situent sous cette plage de fréquences, les ultrasons au-dessus. A titre d’exemple, le chien peut entendre des sons allant jusqu’à 50 000 Hz, il capte donc des ultrasons imperceptibles par les humains.
Plus un son est aigu, plus sa fréquence est élevée, plus il est grave, plus sa fréquence est basse.
Les fréquences d’une conversation vont généralement de 500 à 2000 Hz.

L’intensité du son s’exprime en décibels. La respiration émet 10 décibels, le mécanisme d’une montre, 15. Une conversation s’étend de 20 (voix basse) à 60 décibels, l’environnement sonore d’un restaurant bruyant est de 90 décibels, en discothèque, il est de 100 décibels. Un marteau-piqueur génère 110 décibels et un tir d’arme à feu peut monter jusqu’à 160 décibels.
Au-dessus de 85 décibels, le son devient nocif pour les oreilles et a un impact sur certains organes de l’audition. Au-dessus de 115, les dommages causés sont irréversibles.
Le son devient douloureux à partir de 105 décibels.

Comment le son est-il perçu ?

L’oreille humaine se divise en trois parties :
  • l’oreille externe, constituée par le pavillon de l’oreille et le conduit auriculaire,
  • l’oreille moyenne, qui comprend le tympan, les osselets et la trompe d’Eustache,
  • l’oreille interne : la cochlée, le nerf auditif et le vestibule, organe de l’équilibre.
Les sons sont concentrés par le pavillon, et entrent ensuite dans le conduit auriculaire où ils sont amplifiés, et gagnent le tympan et les osselets. Ces derniers transmettent le son à la cochlée, un organe doté d’une membrane portant des milliers de cils. Lorsque les sons parviennent à la cochlée, ces cils bougent, convertissant le son en signal électrique. Ce dernier va être transmis au nerf auditif et arriver au cerveau.
Anatomie de l'oreille

Selon le son reçu, ce sont certains cils de la membrane qui vont bouger. Les sons graves activent les cils d’une partie de la membrane, les sons aigus une autre zone. Les sons agissent sur la membrane à la manière d’un musicien sur un piano.
Le nombre de cils actifs va diminuer avec l’âge mais aussi suite à des traumatismes sonores. Ainsi, le bruit d’un concert ou d’une détonation d’arme à feu est susceptible d’endommager de façon irréversible une partie des cils de la cochlée. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de protéger ses oreilles de tout bruit nocif, ce qui implique de minimiser l’utilisation des baladeurs et de porter des protections auditives lors des expositions aux sources sonores intenses.
Notre sélection :

Pour celles et ceux qui souhaitent entendre malgré le port de protections auditives (percevoir les sons de l’environnement mais protéger ses oreilles de la détonation du fusil lors de la chasse, par exemple), il existe des protections auditives équipées de filtres atténuant uniquement les sons forts. Ils préserveront l’audition des chasseurs, militaires, spectateurs de concerts, ouvriers du bâtiment ou encore tireurs sportifs...

Les principales causes de surdité

Le mot « surdité » ne s’applique pas qu’à la perte totale d’audition. Il désigne toute baisse de l’acuité auditive. Ainsi, sourds et malentendants sont atteints de surdité.
Les problèmes d’audition sont très répandus : un adulte européen sur 8 déclare en souffrir. En France, 65 % des personnes âgées de plus 65 ans sont touchées.
Les origines de la surdité sont multiples : vieillissement, infections, traumatismes, malformations… Certaines causes sont répandues parmi la population, d’autres sont plus rares.
On distingue les surdités de transmission et les surdités de perception.
  • Les surdités de transmission sont provoquées par un problème au niveau de l’oreille externe et/ou de l’oreille moyenne. Leur intensité est faible à moyenne. Elles sont à l’origine de pertes d’audition allant jusqu’à 60 décibels. Parmi ces surdités, on trouve l’otospongiose, le bouchon de cérumen et l’aplasie d’oreille.
  • Les surdités de perception touchent l’oreille interne. Leur intensité va de la perte légère d’audition à la surdité totale. Il est très difficile pour les personnes atteintes de suivre une conversation dans un environnement bruyant. Parfois, elles sont associées à des atteintes de l’équilibre. C’est dans cette catégorie que l’on trouve la presbyacousie, la surdité unilatérale, les infections, les traumatismes sonores ou les surdités toxiques, provoquées par plusieurs médicaments et certaines substances, comme par exemple les solvants.
  • Les surdités dites « mixtes » qui sont à la fois de transmission et de perception.
La perte auditive se mesure en décibels. Ainsi, une perte de 20 à 40 décibels est légère, une de 40 à 70 est moyenne, une de 70 à 90 est sévère et une perte de 90 à 120 est profonde.
S’il existe des traitements médicaux ou chirurgicaux pour les surdités de transmission, il demeure impossible de guérir une surdité de perception.

La presbyacousie

Elle est aussi appelée « surdité de sénescence ». Elle est une conséquence normale de l’âge, découlant de la dégradation de la cochlée. Elle est aussi liée à une perte de sensibilité du tympan et des osselets.
La presbyacousie, troisième maladie chronique dans le monde, évolue progressivement. Elle commence à 25 ans en dégradant la perception des fréquences les plus aiguës, sans entraîner à cet âge de problèmes de compréhension. Il n’en va pas de même après 50 ans : elle provoque alors des troubles de la communication verbale. En effet, si la presbyacousie commence par les fréquences les plus élevées, elle gagne ensuite les fréquences de la conversation (500 – 2000 Hz). Au départ, il est difficile d’entendre la sonnerie du téléphone, ensuite, c’est la compréhension des paroles des autres en environnement bruyant qui devient malaisée.
L’oreille « perd » 1 décibel chaque année passé 60 ans. En d’autres termes, il faudra qu’un son donné entendu précédemment soit un décibel plus fort pour être perçu un an plus tard.
Plusieurs facteurs influencent le développement de ce problème auditif : diabète, hypertension, génétique, exposition à des sons intenses, prise de médicaments toxiques pour les oreilles... Il est important de faire un dépistage à l’aide d’un bilan auditif à l’âge de 60 ans. La presbyacousie est un phénomène irréversible, mais les aides auditives permettent de pallier la perte auditive.

Les traumatismes sonores

Ils sont soit chroniques, soit aigus.
L’exposition chronique à des bruits forts s’observe généralement en milieu professionnel mais pas uniquement : ainsi, suivre des concerts à côté des enceintes peut aussi être à l’origine d’un traumatisme sonore.
Ses effets néfastes dépendent du temps d’exposition et de l’intensité du bruit. Ainsi, une exposition de 8 heures par jour à 80 décibels génère des dommages, tout comme une exposition de 30 min/j à 92 décibels. Le trouble de l’audition se fait d’abord sentir dans les 4000 Hz, avant de gagner les fréquences de la conversation. Il s’agit, lorsqu’il a été causé sur le lieu de travail, d’une maladie professionnelle.
Les traumatismes sonores peuvent aussi être aigus : explosion, détonation… Si l’incident à l’origine du son survient lors de l’exercice professionnel, c’est un accident du travail. Le traumatisme peut être lié à des vertiges et à des sifflements d’oreille.

Les séquelles d’otites

Les otites moyennes à répétition sont susceptibles d’endommager les osselets, le tympan ou la Trompe d’Eustache. Il existe des solutions chirurgicales pour soigner le problème. La personne atteinte peut également se tourner vers les prothèses auditives. Pour plus d’informations sur l’otite, vous pouvez consulter notre fiche Tout savoir sur l'otite.

L’aplasie d’oreille

C’est une malformation congénitale qui touche l’oreille externe, et parfois également l’oreille moyenne. Elle peut aller jusqu’à l’absence de formation d’un canal auriculaire. Le traitement est chirurgical. Les aides auditives à conduction osseuse donnent également de bons résultats.

Le bouchon de cérumen

Le cérumen est la substance naturellement émise par le corps pour nettoyer le conduit auditif. Il peut arriver, généralement suite à l’usage de cotons-tiges, que celui-ci forme un amas bloquant le canal auriculaire et susceptible de réduire l’audition. Il faut alors l’enlever. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre fiche Comment enlever un bouchon de cérumen ?.

La surdité unilatérale

Elle ne touche qu’une seule oreille, contrairement aux surdités bilatérales, qui concernent les deux oreilles. Elle peut avoir plusieurs causes : la maladie de Ménière, qui affecte également l’équilibre, infections, notamment par les virus des oreillons ou du zona auriculaire, ou traumatisme. Elle peut aussi être brusque, survenant soudainement, sans cause. La personne atteinte doit être traitée très rapidement. La surdité unilatérale entraîne une difficulté à discriminer les sons et une impossibilité de déterminer leur localisation.

L’otospongiose

C’est un surdéveloppement des os de l’oreille moyenne, en particulier l’étrier. La surdité qu’elle provoque frappe les deux oreilles dans 75 % des cas. Elle touche les basses fréquences et s’accompagne de vertiges et d’acouphènes. L’otospongiose peut évoluer jusqu’à provoquer une surdité sévère. Le traitement est chirurgical : il s’agit de la pose d’un implant ou d’une prothèse rectifiant ou remplaçant l’étrier. En attendant, les aides auditives offrent d’excellents résultats, mais ne soignent pas l’otospongiose.

Quelles sont les conséquences de la perte d'audition ?

La surdité a des conséquences souvent sous-estimées. C’est un véritable handicap invisible, la personne atteinte semblant souvent au premier abord en parfaite santé. En réalité, sa capacité à percevoir ou à discriminer les sons est altérée. Dans certains cas, elle est incapable de repérer l’origine d’un son. Lorsqu’elle communique avec les autres dans un environnement bruyant, comme par exemple un restaurant, elle est obligée de faire répéter ou fait semblant d’avoir compris alors que ce n’est pas le cas, ce qui nuit à sa vie sociale et peut conduire à un « repli sur soi ». En parallèle, la surdité s’accompagne parfois d’acouphènes potentiellement difficiles à vivre.

Les conséquences directes

Au-delà de la perte en hertz ou en décibels, la surdité provoque de la fatigue, des tensions musculaires, des maux de tête et du stress… Elle peut s’accompagner de vertiges et de pertes de l’équilibre. Plusieurs études soulignent également l’association entre perte auditive et risque de déficience cognitive.
Dans certains cas, la capacité à discriminer les sons dans l’environnement ou à les localiser est diminuée ou supprimée. La personne atteinte doit alors se reposer sur sa vision pour essayer d’identifier l’origine du son.

Les conséquences psychologiques et sociales

La surdité peut mener à des situations de détresse psychologique, à la dépression, à l’irritabilité, à une perte de l’estime de soi ou encore à un sentiment de honte.
Comprenant mal les paroles en environnement bruyant, la personne malentendante a des difficultés lors des conversations animées à plusieurs (réunion de travail, dîner dans un restaurant, soirée avec des amis…), n’étant pas capable d’interagir avec autant d’aisance que les autres. Elle anticipe et évite ce genre de situations, ce qui l’amène à réduire considérablement sa sociabilité.
Au travail, la surdité rend les interactions avec les collègues et la compréhension dans les réunions difficile. Répondre au téléphone est malaisé pour les malentendants.
Lorqu’elle est amenée à participer à une activité de groupe dans un environnement sonore fort, la personne malentendante paraît « dans la lune », ou hautaine aux yeux des autres, alors qu’il lui est simplement difficile de comprendre la conversation.
Chez l’enfant, la surdité impacte l’acquisition du langage. Plusieurs études pointent un plus faible quotient intellectuel chez les enfants déficients auditifs par rapport aux enfants entendant normalement.
Enfin, le plaisir d’écoute de la musique peut être diminué par la déficience auditive.

Les acouphènes

C’est un phénomène complexe, dont l’origine n’est pas encore totalement comprise. Les acouphènes sont parfois qualifiés de « bruits fantômes ». La personne qui en souffre perçoit des sons alors qu’il n’y a pas réellement de bruit dans l’environnement. Ce serait une conséquence des lésions auditives.
Les « sons » entendus ressemblent à des sifflements, des bourdonnements, des grésillements ou des bruissements. Ils peuvent être temporaires ou chroniques. Ils sont parfois insupportables pour la personne atteinte, qui n’a pas de contrôle sur le phénomène. Des thérapies ainsi que les aides auditives générant un « bruit blanc » aident à mieux vivre avec les acouphènes. Le bruit blanc est un son saturant, couvrant l’intégralité des fréquences audibles. Il aurait un effet masquant sur les acouphènes et couvrirait également les bruits ambiants. Plusieurs variantes de se bruit existent : bruit rose, bruit marron… Il faut noter que les études scientifiques relatives à l’efficacité et à l’innocuité de l’écoute thérapeutique du bruit blanc manquent.


La déficience auditive peut avoir de multiples causes. Elle peut passer inaperçue, en l’absence de passage d’un test auditif. Elle touche en particulier les personnes âgées, souvent atteintes de presbyacousie. Les conséquences de la surdité vont souvent au-delà d’une simple difficulté à percevoir les sons.
Il convient de ne pas la sous-estimer et de passer régulièrement un bilan auditif pour détecter le plus tôt possible la perte d’audition. Des aides auditives, améliorant le quotidien des personnes atteintes, sont disponibles. Pour découvrir les différents modèles existants, où les obtenir et comment les entretenir, vous pouvez consulter notre fiche Comment choisir et entretenir ses aides auditives ?.