Comment prévenir l'acné ?

Comment prévenir l'acné ?
En France, environ 15 millions de personnes sont touchées par l’acné, un problème de peau très fréquent, de gravité et d’étendue variables, qui concerne en premier lieu les adolescents au moment de la puberté (80 % des cas) mais également un nombre de plus en plus important d’adultes, principalement les femmes. L’acné est la première cause de consultation chez le dermatologue et peut avoir des répercussions psychologiques importantes, notamment sur la confiance et l’estime de soi et les relations sociales. Plusieurs méthodes permettent de prévenir l’acné et de limiter l’apparition des imperfections telles que les comédons, les points noirs et les kystes. Pharma GDD revient sur les causes et les différentes formes d’acné et vous présente les principaux gestes de prévention à suivre au quotidien.

D’où vient l’acné ?

L’acné est une maladie chronique de la peau qui touche plus précisément les follicules pilo-sébacés. Ces cavités font partie de la structure de l’épiderme et sont constituées d’un poil et d’une glande sébacée dont la principale fonction est de sécréter le sébum, un fluide huileux chargé de protéger la peau de toutes les agressions extérieures. Sur une peau normale, le sébum reste fluide et s’écoule normalement. En revanche, en cas d’acné, ce fonctionnement est altéré : les glandes sébacées sécrètent une plus grande quantité de sébum. Celui-ci s’épaissit et se mêle aux cellules mortes situées à la surface de la peau, entraînant une tension à l’intérieur du follicule pilo-sébacé et une obstruction du canal pilaire, qui ne peut alors plus évacuer normalement le sébum.

Cet environnement, riche en lipides, installe des conditions favorables à la multiplication d’une bactérie naturellement présente en petite quantité au fond de la glande sébacée : Propionibacterium acnes. Cette bactérie est dite anaérobie, c’est-à-dire qu’elle est capable de se développer en l’absence d’oxygène. Les composants gras du sébum (cire, squalènes, triglycérides) accélèrent la prolifération de la bactérie qui provoque ensuite les imperfections typiques de l’acné : points noirs, points blancs, kystes, pores dilatés…

Les différentes formes d’acné

Dans plus de 90 % des cas, la zone la plus touchée par l’acné est le visage. Cependant, ce problème de peau peut aussi apparaître sur le dos, le cou et la poitrine. Il existe plusieurs formes d’acné, chacune impliquant des lésions différentes et un degré de gravité variable.

L’acné rétentionnelle

Le premier stade de l’acné est l’acné rétentionnelle. Cette forme se caractérise tout d’abord par une production importante de sébum (hyperséborrhée) à l’origine de la fameuse peau grasse. La peau présente alors des zones de brillance localisées généralement sur la zone médiane (aussi appelée « zone T », regroupant le front, le nez et le menton). Sa texture est modifiée, le grain de peau devient irrégulier et les pores sont dilatés.

Les principales lésions de l’acné rétentionnelle sont les comédons ouverts ou micro-comédons, communément appelés points noirs. Ils résultent de l’accumulation de sébum et de cellules mortes dans le canal pilaire. Leur couleur noire est due à l’oxydation des kératinocytes (cellules épidermiques mélangées au sébum) au contact de l’air. Les points noirs mesurent de 1 à 3 mm de diamètre et peuvent s’expulser spontanément ou s’enflammer.

L’acné rétentionnelle se manifeste également par l’apparition de comédons fermés (microkystes), plus connus sous le terme points blancs. Ces lésions sont la conséquence directe de l’obstruction du canal pilaire et de l’accumulation du sébum. Un comédon fermé entraîne un bombement de la peau dur et localisé avec une zone pâle au centre, d’où son appellation de point blanc. Ces lésions mesurent 2 à 3 mm de diamètre et favorisent la prolifération de la bactérie P. acnes. L’acné rétentionnelle peut évoluer plus ou moins rapidement vers l’acné inflammatoire.

L’acné inflammatoire

Lorsque les lésions de l’acné rétentionnelle sont infectées par P. acnes, l’organisme se défend. L’acné inflammatoire débute suite à ce mécanisme naturel. Trois types de lésions peuvent alors apparaître sur la peau : les papules, les pustules et les nodules.

Les papules sont des élévations rouges, fermes et parfois douloureuses, entourées d’une auréole inflammatoire. Elles sont le signe d’une infection superficielle et mesurent moins de 5 mm de diamètre. En cas d’inflammation plus avancée, des pustules peuvent apparaître sur les papules. Elles contiennent un liquide purulent de couleur jaunâtre qui s’évacue ou provoque un nodule lorsque les pustules se rompent dans les couches profondes de la peau. Plusieurs microbes prolifèrent sur ces lésions et peuvent s’étendre au derme et à l’hypoderme.

Les nodules traduisent une atteinte plus profonde de la peau. Ils forment des petites bosses douloureuses de plus de 5 mm diamètre et ne s’accompagnent pas nécessairement de rougeur visible à la surface de la peau.

L’acné kystique

Si les lésions inflammatoires ont été mal traitées ou manipulées, elles peuvent être à l’origine d’une acné kystique. Cette forme d’acné induit une modification de la structure de la peau due à la présence de kystes. Ces comédons encapsulés sont entourés d’une coque fibreuse qui empêche le drainage de la glande sébacée. Les kystes prennent l’aspect de bosses permanentes sous la surface de la peau. De volume variable, ils surviennent parfois en même temps que les autres types de lésions et peuvent laisser des cicatrices, une des complications les plus redoutées de l’acné.

Evolution, complications et formes graves de l’acné

L’acné juvénile touche les adolescents lors de la puberté : vers 12 ans pour les jeunes filles et vers 14 ans pour les garçons. Elle dure en moyenne 3 à 4 ans et disparaît spontanément entre 18 et 20 ans. Cependant, l’acné peut également concerner les adultes. Près d’un quart des femmes de plus de 25 ans sont confrontées à ce problème de peau. Cela peut être dû à une acné juvénile récidivante ou tardive ou à d’autres causes comme les hormones, le stress, les cosmétiques. L’acné chez la femme adulte est surtout concentrée sur le bas du visage (menton, mâchoires).

La première complication de l’acné est l’apparition de cicatrices, temporaires ou définitives, à la suite des lésions. Elles surviennent surtout lorsque l’inflammation a été profonde et si les boutons ont été manipulés ou mal soignés. Les cicatrices peuvent être creuses (« micro-cratères ») ou en relief et donner un aspect « grêlé » au visage.

Il existe deux formes graves d’acné, heureusement assez rares. L’acné conglobata débute à l’adolescence et s’étend progressivement au tronc, aux épaules et aux fesses. Elle se manifeste par de grands comédons inflammatoires et des nodules qui peuvent fusionner, former des abcès et laisser de multiples cicatrices. L’acné fulminans est une évolution grave de lésions préexistantes caractérisée par des nodules inflammatoires très nombreux. Cette forme d’acné touche principalement les hommes. Elle apparaît par une poussée brutale associée à une forte fièvre (jusqu’à 40 ° C) et des douleurs articulaires. Ces symptômes se résorbent ensuite jusqu’à la guérison grâce à une prise en charge adaptée.

Les facteurs favorisants de l’acné

De nombreux éléments peuvent favoriser l’acné et prédisposent certaines personnes à en souffrir plus longtemps que d’autres. L’hérédité et la génétique jouent un rôle important dans la survenue de l’acné. Par exemple, si deux parents ont été touchés par ce problème de peau, leurs enfants ont plus de risques que les autres d’être atteints par l’acné et elle sera parfois difficile à traiter.

L’acné est étroitement liée aux hormones sexuelles et notamment aux hormones mâles, les androgènes. A l’adolescence, ces hormones commencent à être sécrétées en quantité, tant chez les garçons que chez les filles. Cette production importante d’androgènes stimule le développement des glandes sébacées et active la sécrétion de sébum. Certaines peaux sont plus sensibles que d’autres aux hormones et réagissent en présentant des lésions plus étendues. Le dermatologue peut parfois suspecter un hyperandrogénisme (excès d’hormones masculines) et prescrire un bilan hormonal voire une échographie des ovaires pour écarter le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) qui est souvent à l’origine d’une acné persistante. La grossesse mais aussi la contraception hormonale (pilule combinée, patch, anneau, DIU hormonal) peuvent aussi favoriser l’acné chez les personnes qui ont déjà des prédispositions.

L’hygiène de vie a un impact non négligeable sur la qualité de la peau. La consommation de tabac, d’alcool et une alimentation trop riche en sucres et en graisses peuvent fragiliser l’épiderme et accentuer les problèmes de peau, dont l’acné. Il est également important d’apprendre à gérer son stress pour limiter les risques. En effet, de nombreuses cellules nerveuses sont situées près des glandes sébacées. En cas de stress, elles libèrent une substance dite « substance P » qui entraîne à son tour une augmentation de la production de sébum.

Enfin, les produits cosmétiques sont aussi des éléments qui peuvent favoriser l’acné. Certains composants dérivés du plastique (les fameux silicones) ont un caractère occlusif et peuvent empêcher l’écoulement normal du sébum, ce qui se traduit par des imperfections. Les produits trop gras ne sont pas adaptés aux peaux acnéiques et augmentent l’obstruction des pores.

Peau acnéique : les gestes à suivre

Si votre peau est susceptible d’être touchée par l’acné, sachez qu’il existe de nombreuses façons de limiter l’apparition des imperfections. L’étape incontournable est de connaître son type de peau. En effet, l’acné est une maladie qui peut atteindre aussi bien les peaux grasses que les peaux normales, mixtes ou sensibles. Identifier son type de peau est un passage obligé avant de se lancer dans l’utilisation de soins spécifiques aux peaux acnéiques. Pour y parvenir, n’hésitez pas à consulter notre fiche conseil : « Reconnaître et entretenir chaque type de peau ».

Une routine de soin anti-acné adaptée

Pour éviter l’acné, il est primordial de ne pas agresser sa peau. Évitez donc les produits trop décapants qui contiennent par exemple de l’alcool : ils auraient pour effet d’endommager le film hydrolipidique et la peau se défendrait alors en produisant encore plus de sébum. Utilisez des gels nettoyants sans savon et hydratez votre peau quotidiennement. Pour les garçons, évitez les gels, mousses et soins après-rasage contenant de l’alcool et essayez d’espacer les rasages pour limiter l’impact sur les glandes sébacées.

Le double nettoyage est une bonne méthode pour conserver une belle peau. Très répandu dans les pays asiatiques, il est considéré à tort comme trop agressif et constitue en réalité une étape clé pour une routine efficace à condition que les produits contre l’acné soient correctement choisis. Le double nettoyage implique un démaquillant et un nettoyant. Le démaquillage doit être réalisé avec un corps gras comme une huile, un lait ou un baume afin d’éliminer les impuretés liposolubles (maquillage, sébum) et certaines particules de pollution. Le nettoyant, sous forme de gel ou de mousse, permet de débarrasser les pores des impuretés hydrosolubles qui ont résisté au démaquillant. L’association de ces deux étapes garantit une efficacité plus importante qu’un démaquillage simple à l’eau micellaire et permet de limiter l’apparition des imperfections liées à l’acné. Les soins appliqués par la suite pénétreront mieux et seront eux aussi plus efficaces.

Pour l’hydratation, privilégiez une crème légère non comédogène voire un sérum seul pour ne pas surcharger la peau. L’huile végétale de jojoba est particulièrement recommandée pour le soin des peaux acnéiques. Sa composition biochimique est en effet très proche du sébum humain et lui confère de nombreuses propriétés : elle est hydratante, régulatrice, équilibrante et protectrice.

Une à deux fois par semaine (selon la sensibilité de votre peau), vous pouvez faire un gommage suivi d’un masque purifiant. Le gommage permet d’éliminer les cellules mortes et favorise le renouvellement de la peau. Les masques purifiants, surtout ceux à base d’argile, absorbent l’excès de sébum et les impuretés, laissant la peau parfaitement nette.


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Pensez à vérifier les dates de péremption des produits contre l’acné que vous appliquez sur votre peau afin de les utiliser dans les temps et éviter ainsi les réactions cutanées. Si besoin, notez la date d’ouverture sur le contenant du produit pour plus de sécurité. Evitez de multiplier les produits et d’en changer trop souvent : votre peau serait sur-stimulée et réagirait par une production massive de sébum, facteur favorisant l’apparition des imperfections.

Une hygiène irréprochable

Pour prévenir l’acné, il est nécessaire d’avoir une hygiène irréprochable au quotidien. Ne touchez jamais votre visage avec des mains sales et ne manipuler pas les boutons qui apparaissent. Le fait de les gratter, percer ou pincer aurait pour conséquence d’augmenter la prolifération de la bactérie P. acnes, les risques d’infection et de cicatrices. Gardez en tête qu’un bouton d’acné de taille moyenne met entre 2 et 4 jours à se résorber mais que ce délai est rallongé dès que l’on y touche ! Privilégiez donc les soins locaux qui assèchent les imperfections sans laisser de marques résiduelles. Outre les soins ciblés disponibles en pharmacie, vous pouvez utilisez l’huile essentielle de tea-tree associée à du gel d’aloe vera, très efficace pour résorber les imperfections.


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Nettoyez régulièrement l’écran de votre téléphone portable. C’est un véritable nid à bactéries qui, lorsque l’on téléphone sans kit mains libres, peut transférer des microbes sur la peau. Pour sécher votre visage, utiliser une serviette réservée à cet usage et changez-la chaque semaine. Évitez les gants de toilette et les brosses de nettoyage pour le visage qui sont eux aussi propices au développement des bactéries. Si vous vous maquillez, lavez vos pinceaux de maquillage au moins 1 fois par semaine et faîtes-les bien sécher avant de les réutiliser. Enfin, pensez à changer régulièrement vos taies d’oreiller : durant la nuit, elles absorbent la sueur et le sébum qui vient ensuite se déposer à nouveau sur la peau, ce qui n’aide pas à lutter contre l’acné.

Alimentation et compléments alimentaires

Une alimentation saine est indispensable pour rester en bonne santé mais également pour éviter les problèmes de peau. Privilégiez les fruits et légumes frais, les huiles végétales riches en omégas 3 et évitez les produits laitiers, les graisses saturées et la charcuterie, réputés pour favoriser l’acné. Pour donner un coup de pouce à votre peau, vous pouvez aussi utilisez des compléments alimentaires à base de plantes ou de zinc. La bardane, la pensée sauvage et l’ortie sont particulièrement indiquées en cas d’acné légère à modérées. Elles possèdent des propriétés dépuratives, régulatrices, antimicrobiennes et anti-inflammatoires. Le zinc est quant à lui impliqué dans de nombreuses fonctions physiologiques et a un effet antioxydant et anti-inflammatoire. Certains aliments comme la viande rouge, le poisson, les fruits de mer et le jaune d’œuf permettent d’en consommer mais des compléments alimentaires peuvent éventuellement être recommandés. Le gluconate de zinc est à prendre à distance des repas en évitant le pain complet, les céréales, le lait, le soja et le café, qui réduisent son absorption.


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Ce qu’il faut retenir

L’acné est sans doute le problème de peau le plus courant. Due à une production excessive de sébum et à la prolifération de la bactérie P. acnes, elle est facilement reconnaissable de par les imperfections et lésions qu’elle provoque : points noirs, points blancs, kystes… Pour prévenir l’acné et limiter le développement des imperfections, il est indispensable de connaître les gestes à suivre : adopter une routine de soin anti-acné adaptée au type de peau, veiller à avoir une hygiène irréprochable, ne jamais toucher ses boutons, conserver une bonne hygiène de vie, etc. Si l’ensemble des mesures de prévention ne suffisent pas à éviter l’acné, il faudra alors se tourner vers un dermatologue pour un traitement au cas par cas. Pour en savoir plus sur les différents traitements de l’acné, consultez notre fiche conseil : « Comment traiter l’acné ? ».