Cancer du sein : prendre soin de soi

Chaque année en France, il y a près de 55 000 nouveaux cas de cancers du sein. Heureusement, le dépistage permet une détection des cancers à un stade précoce, les traitements évoluent et le taux de survie après 5 ans atteint aujourd'hui 87%. Mais si ces chiffres sont rassurants, le quotidien de la personne atteinte d'un cancer du sein est souvent difficile à vivre et la maladie laisse des traces profondes. En effet, selon les cas, les traitements comprennent des séances de chimiothérapie et la chirurgie mammaire conduisant parfois à une mastectomie. Poitrine, ongles, cheveux et peau souffrent... Au-delà des épreuves occasionnées par le traitement lui-même, ce sont l'image de soi, les rituels beauté, le plaisir de s'apprêter qui sont durement affectés. Mais il existe aujourd'hui des prothèses et des maillots pour reconstruire sa silhouette et des produits pour préserver ses ongles et entretenir sa peau, permettant de mieux vivre pendant et après le cancer du sein.

Que faire après une mastectomie ? 

Elle est une conséquence du cancer du sein particulièrement difficile à vivre. La poitrine est associée à la féminité, et ici, ce qui est souvent perçu comme une mutilation est visible, aussi bien dans l’intimité qu’à l’extérieur. La chirurgie reconstructrice fait aujourd’hui des miracles, et les tatouages pour refaire l’aréole mammaire sont de plus en plus élaborés. Mais toutes les femmes ne souhaitent pas à nouveau passer par la chirurgie.

Pourquoi porter une prothèse mammaire externe ?

La prothèse mammaire externe permet de reconstruire sa silhouette, de rééquilibrer son corps sans passer par la chirurgie. Elle corrige également les problèmes de posture induits par la perte d’un sein. C’est une solution simple qui ne nécessite qu’un rendez-vous chez un pharmacien ou un prothésiste.

Choisir sa prothèse mammaire

On distingue plusieurs types de prothèses mammaires externes.

Dans les deux mois qui suivent la mastectomie, le temps que la cicatrisation se fasse, le seul appareillage disponible est la prothèse en textile, transitoire et non-adhérente. Elle se glisse dans une poche prévue à cet effet sur un soutien-gorge post-opératoire spécial.

Par la suite, après deux mois, une fois la cicatrisation effectuée, il est possible de passer aux prothèses en silicone non-adhérentes. Elles s’insèrent dans la poche d’un soutien-gorge spécial disposant de l’espace pour les accueillir.
Enfin, un an après la cicatrisation, 14 mois après l’intervention, il est possible de passer aux prothèses adhérentes. Comme leur nom l’indique, elles se fixent sur la peau, soit via un support, soit directement.
Ces prothèses, adhérentes et non-adhérentes, sont de formes et tailles variées, s’adaptant à la morphologie de chacune.

Pour les sportives, des prothèses ventilées, conçues pour le mouvement, ou plus légères ont été mises au point. Elles conviendront également pour celles qui souffrent de bouffées de chaleur.
Il s’agit des modèles Energy Cosmetic 3S d’Amoena et de la Silima Ultra Light de Thuasne.

Pour celles qui souhaitent pratiquer la natation ou tout simplement se baigner, la prothèse Aqua Wave se glisse dans un maillot de bain adapté. Cette prothèse, allégée et transparente, laisse circuler l’eau autour d’elle, n’alourdissant pas la poche du maillot. Elle est spécialement conçue pour résister à l’eau, qu’elle soit salée ou chlorée.
Pour la nuit ou les périodes de détente, la prothèse textile Leisure form est disponible.
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Le choix de la prothèse se fait après consultation d’un prothésiste ou d’un pharmacien. Idéalement, pour ce rendez-vous, apportez un haut moulant pour estimer l’effet final, et demandez à un proche de vous accompagner pour bénéficier de son regard.

La prothèse doit être nettoyée, notamment pour éviter que des impuretés ne nuisent à l’adhérence. Un produit de lavage spécial et une brosse sont disponibles.
La peau doit également être entretenue et préparée pour que la prothèse puisse correctement adhérer.
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La lingerie après une mastectomie

Les soutiens-gorge post-opératoire sont conçus pour être agréables à porter et minimiser les compressions et les sources d’irritation. Ils sont faciles à mettre grâce à leurs systèmes de fermeture sur le devant.
Les soutiens-gorge accueillant les prothèses mammaires sont de types variés. Pour celles qui souffrent des frictions provoquées par le poids de certaines prothèses, il est possible de diminuer l’irritation et de répartir les masses à l’aide de coussinets en silicone s’insérant sous les bretelles, au niveau des épaules.
Enfin, les femmes pratiquant les activités aquatiques ont à leur disposition des maillots de bain capables d’accueillir une prothèse mammaire.
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Traiter le lymphœdème

Lorsqu’il y a eu curage des ganglions, la lymphe normalement filtrée par les ganglions peut ne pas circuler aussi vite qu’auparavant, voire même être bloquée. En conséquence, elle stagne sous la peau du bras, provoquant un gonflement. C’est le lymphœdème. Il est plus trivialement appelé le « gros bras ». Il touche parfois seulement la main, parfois l’avant-bras, parfois le bras entier. Le lymphœdème n’est pas systématique. Il apparaît du côté du sein opéré, quelques semaines, mois ou même années après l’opération. Il est très inesthétique et difficile à vivre.
Il est parfois possible de l’éliminer simplement en plaçant le bras touché au repos en situation surélevée. Sinon, la solution pour le résorber passe par des séances de kinésithérapie associées au port de contentions et de bandes.

En aromathérapie, l’huile essentielle de cyprès de Provence est réputée pour son effet décongestionnant. Elle s’applique diluée dans une préparation et appliquée par massages sur la peau de la zone à traiter.

Attention, si le lymphœdème est apparu en peu de temps et qu’il est très volumineux, consultez en urgence un médecin

Comment préserver ses ongles, ses cheveux et sa peau pendant la chimiothérapie ?

En cas de cancer du sein, la poitrine n’est pas la seule à être touchée : ongles, cheveux et peau sont également atteints par certains médicaments utilisés en chimiothérapie.

Pourquoi peau, ongles et cheveux souffrent lors d'une chimiothérapie ?

Les cellules cancéreuses étant à renouvellement rapide, les traitements utilisés lors de la chimiothérapie reposent parfois sur cette caractéristique pour identifier leurs cibles. Ainsi, ils s’attaquent aux cellules à renouvellement rapide. Malheureusement, les cellules cancéreuses ne sont pas les seules à se renouveler rapidement : c’est le cas des cellules de la peau, des cheveux, des ongles, du tube digestif et de la moelle osseuse… D’où une peau sèche parfois marquée par des éruptions cutanées, des chutes de cheveux, des ongles cassants et fragilisés, des diarrhées et un affaiblissement du système immunitaire.

Protéger ses ongles pendant une chimiothérapie

Pour préserver ses ongles, pendant la chimiothérapie, des moufles spéciales sont mises à disposition. Elles procurent un froid intense, empêchant ainsi les médicaments d’atteindre les ongles en réduisant le flux sanguin.
Pour les renforcer, la veille ou le jour de la chimiothérapie, il faut déposer sur les ongles du vernis, des soins au silicium, qui vont avoir pour effet de durcir la kératine.
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Pour réduire les risques d’infection, il est préférable d’utiliser une lime à ongle plutôt que des ciseaux pour sa manucure.
Les ongles des pieds sont parfois de grands oubliés dans les hôpitaux et cliniques. Si on ne vous fournit pas de chaussettes spéciales, pensez à refroidir vos ongles des pieds à l’aide d’un pain de glace et d’une paire de chaussettes ou utilisez une poche de froid de thermothérapie.

Entretenir sa peau lors d'une chimiothérapie

La peau est normalement protégée par le film hydro-lipidique, constitué à l’aide de sébum, une substance grasse émise par des glandes de la peau. Ce film a notamment pour rôle de maintenir l’hydratation de la peau. L’un des effets secondaires de la chimiothérapie est la diminution de la production de sébum. La peau subit alors une sécheresse sévère. La peau devient désagréable, elle tiraille, suscite des démangeaisons, des rougeurs apparaissent…
Bioderma a mis au point le baume Secure Atoderm CHT pour les peaux fragilisées par la chimiothérapie. Ses actifs vont nourrir la peau pour la rééquilibrer.
Pour les éruptions semblables à de l’acné, il faut utiliser un spray contenant du zinc ou du manganèse, ou du lithium.

Le shampooing Secure Nodé CHT, toujours chez Bioderma, est destiné à apaiser les irritations du cuir chevelu pouvant survenir lors des traitements de chimiothérapie.

Les solutions pour l'alopécie

La perte des cheveux est peut-être le signe le plus visible de la chimiothérapie. C’est un des effets secondaires de la lutte contre le cancer du sein les plus difficiles à vivre.
Toutes les chimiothérapies n’entraînent pas systématiquement l’alopécie (la chute des cheveux). Tout dépend de la personne atteinte, des molécules utilisées et de leur posologie. Comme avec les ongles, le froid préserve, d’où le port d’une « charlotte » réfrigérante lors des séances de chimiothérapie.
Il est conseillé d’opter pour une coupe de cheveux courte avant de s’engager dans la chimiothérapie. La « charlotte » froide y gagnera en efficacité.
Un masque oculaire froid permet de couvrir sourcils et cils. Parlez-en à l’équipe médicale.
Si malgré tout les cheveux n’ont pu être préservés, des accessoires sont disponibles, le temps que les cheveux repoussent (ce qui arrive dans la très grande majorité des cas). A chacune d’essayer l’accessoire qui lui convient. Certaines assumeront le « tête nue », d’autres se dirigeront vers les perruques, chapeaux, bonnet ou casquettes… Parmi ces accessoires : le foulard. Les modèles uni ou à motif d’Amoena sont spécialement conçus pour être faciles à mettre et agréables à porter tout en restant élégants. Certains foulards sont déjà noués, pour être plus faciles à mettre, évitant des manipulations parfois douloureuses pour des patientes venant d’être opérées du sein.

Les conseils pour mieux supporter les traitements anticancéreux

Les effets secondaires de la chimiothérapie contre le cancer du sein sont particulièrement difficiles à vivre. Voici quelques conseils pour mieux les supporter ou pour minimiser les nuisances causées.

La bouche qui s’assèche est parfois une des conséquences de la chimiothérapie. Pour l’hydrater, on peut utiliser les produits anti-sécheresse buccale.
En cas de traitement du cancer du sein par radiothérapie, réalisez vos soins d’hygiène quotidiens à l’aide d’un savon surgras. Evitez d’exposer votre poitrine et votre peau au soleil. Si vous ne pouvez faire autrement, appliquez une crème solaire indice 50+.
Evitez la consommation de jus de pamplemousse pendant les traitements, en raison des effets que cette boisson pourrait avoir sur les médicaments.
Fumer pendant la chimiothérapie en réduirait l’efficacité. Pour surmonter la dépendance au tabac, des substituts nicotiniques sont disponibles. Consultez notre fiche Sevrage tabagique : quelles solutions pour arrêter de fumer ?.

Les patientes suivant une chimiothérapie pour leur cancer du sein expérimentent souvent des vomissements et des nausées. Ils risquent de mener à une perte de poids nuisible à la personne atteinte, affaiblissant son organisme. Pour éviter cela, il faut privilégier les aliments caloriques. Pour prévenir les nausées, il est préférable de diviser ses repas : mieux vaut manger 6 à 8 petits repas par jours que 3 copieux. Le traitement peut altérer le goût, l’odorat et la patiente peut ne plus supporter certaines odeurs. Il est préférable d'éviter les repas chauds au profit des plats froids moins odorants. Toujours pour ne pas être indisposé par l’odeur, on boira des boissons à la paille, dans des verres fermés.


Le cancer du sein est une épreuve, tant pendant le traitement qu’après, à causes des marques qu’il laisse sur le corps. Que ce soit pendant le traitement ou par la suite, des solutions permettant de préserver un minimum sa féminité sont aujourd’hui disponible.