Fortes chaleurs : trop boire peut-il devenir dangereux ? Comprendre le risque d’hyponatrémie
- Par Myriam Gorzkowski, mis à jour le 01/07/2026 à 17h07, publié le 01/07/2026 à 17h07
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Lors d’un épisode de fortes chaleurs, le premier réflexe recommandé est de boire régulièrement. Cette recommandation reste essentielle, car la chaleur augmente les pertes en eau par la transpiration et expose à la déshydratation. Mais l’hydratation doit rester équilibrée : boire de très grandes quantités d’eau, surtout sans apport alimentaire suffisant, peut favoriser une baisse anormale du sodium dans le sang, appelée hyponatrémie. Ce trouble reste moins connu que la déshydratation, mais il peut avoir des conséquences graves, notamment chez les personnes âgées, les personnes fragiles ou les patients prenant certains médicaments.
Qu’est-ce que l’hyponatrémie ?
L’hyponatrémie correspond à une concentration trop basse de sodium dans le sang. Le sodium est un électrolyte indispensable au bon fonctionnement de l’organisme : il participe notamment à l’équilibre de l’eau entre les cellules, au fonctionnement des nerfs et des muscles, ainsi qu’au maintien de l’équilibre hydrique général. On définit l’hyponatrémie comme une natrémie inférieure à 135 mmol/L.
Lorsque le sodium sanguin diminue, l’eau peut entrer en excès dans les cellules. Ce phénomène est particulièrement problématique au niveau du cerveau, car les cellules cérébrales sont sensibles aux variations rapides de l’équilibre hydrique.
C’est pourquoi les symptômes de l’hyponatrémie sont souvent neurologiques : maux de tête, confusion, somnolence, troubles de l’équilibre, faiblesse, crampes, nausées ou vomissements.
Dans les formes sévères, des convulsions, un coma, voire le décès peuvent survenir.
Pourquoi les fortes chaleurs peuvent-elles favoriser une hyponatrémie ?
En période de canicule ou de chaleur intense, le corps transpire davantage pour tenter de maintenir sa température interne. Cette transpiration entraîne une perte d’eau, mais aussi une perte de sels minéraux, dont le sodium. Le risque apparaît lorsque les apports ne compensent pas correctement ces pertes.
Deux situations peuvent alors se rencontrer. La première est la déshydratation, lorsque l’organisme manque d’eau. La seconde, plus paradoxale, est l’hyponatrémie de dilution : elle peut survenir lorsqu’une personne boit beaucoup d’eau en peu de temps ou en trop grande quantité, sans apport suffisant en sel et en nutriments. Le sodium présent dans le sang se trouve alors trop dilué.
Santé publique France insiste d’ailleurs sur l’importance de s’hydrater tout en diversifiant les apports hydriques, par exemple avec des fruits, des légumes riches en eau, des laitages ou d’autres aliments adaptés, et de manger suffisamment afin d’apporter les sels minéraux nécessaires à l’organisme. Cette précision est importante : en cas de fortes chaleurs, il ne s’agit pas seulement de boire, mais aussi de conserver une alimentation suffisante.
Qui est le plus exposé au risque d’hyponatrémie pendant les fortes chaleurs ?
Certaines personnes sont plus vulnérables. Les personnes âgées sont particulièrement concernées, car elles peuvent avoir une sensation de soif diminuée, une alimentation réduite, des maladies chroniques ou des traitements qui influencent l’équilibre en eau et en sodium. Une étude populationnelle suédoise publiée en 2022 a montré que le risque d’hospitalisation pour hyponatrémie augmentait fortement lors des journées les plus chaudes, avec un risque particulièrement élevé chez les femmes et les personnes âgées.
Les patients prenant certains médicaments doivent également être prudents. Les diurétiques, notamment, peuvent modifier les pertes urinaires en eau et en électrolytes et peuvent être impliqués dans l’hyponatrémie. Certains diurétiques peuvent entraîner une baisse du sodium dans le sang et nécessitent une surveillance biologique prescrite par le médecin. Il ne faut jamais arrêter ou modifier un traitement sans avis médical, y compris pendant une canicule.
Les sportifs, les personnes travaillant en extérieur ou en atmosphère chaude, ainsi que les personnes qui transpirent beaucoup, peuvent aussi être concernées. Dans ces situations, les pertes en eau et en sel augmentent. Le risque est majoré si l’on compense uniquement par de grandes quantités d’eau, sans tenir compte des apports alimentaires ou électrolytiques.
Quels signes doivent alerter ?
Les signes d’hyponatrémie peuvent être trompeurs, car ils ressemblent parfois à ceux d’un malaise lié à la chaleur : fatigue inhabituelle, maux de tête, nausées, vomissements, crampes, faiblesse, vertiges ou confusion. La confusion, les troubles de la vigilance, les convulsions ou la perte de connaissance sont des signes de gravité.
Santé publique France recommande d’appeler un médecin si les symptômes liés à la chaleur s’aggravent ou persistent plus d’une heure, et d’appeler immédiatement le 15 en cas d’urgence. En pratique, toute altération de l’état de conscience, confusion importante, convulsion, malaise sévère ou vomissements répétés doit faire rechercher une aide médicale sans attendre.
Comment prévenir l’hyponatrémie sans négliger l’hydratation ?
La prévention repose sur un équilibre. Il faut boire régulièrement, surtout pendant les épisodes de chaleur, mais éviter les prises massives d’eau en très peu de temps. Il est également important de manger en quantité suffisante, même léger, afin d’apporter des sels minéraux. Les fruits et légumes riches en eau, les repas fractionnés, les laitages ou les aliments faciles à consommer peuvent aider les personnes qui ont moins d’appétit pendant la chaleur.
Il faut aussi limiter les facteurs aggravants : éviter l’alcool, rester au frais autant que possible, mouiller son corps, ventiler la peau, réduire les efforts physiques aux heures les plus chaudes et prendre des nouvelles des personnes fragiles. Pour les personnes âgées, malades chroniques ou sous traitement, un avis médical ou pharmaceutique peut être utile en cas de doute sur la quantité d’eau à boire, l’alimentation ou la conduite à tenir avec les médicaments.
L’objectif n’est donc pas de boire moins par crainte de l’hyponatrémie, mais de boire de manière adaptée. En période de fortes chaleurs, l’eau reste indispensable, mais elle doit s’inscrire dans une stratégie globale : rester au frais, éviter les efforts, maintenir une alimentation suffisante et surveiller les signes d’alerte.
Boisson de réhydratation et pastilles effervescentes
En période de fortes chaleurs, certaines pastilles ou comprimés effervescents à diluer dans l’eau peuvent aider à apporter des électrolytes, c’est-à-dire des minéraux impliqués dans l’équilibre hydrique de l’organisme. C’est notamment le cas de références comme Hydratis, UPSA HydraFizz, Vitavea Hydrafresh ou encore Alvityl Hydrink, qui associent selon les formules des électrolytes, des glucides, des vitamines ou des minéraux. Ces produits peuvent être pratiques lors d’une transpiration importante, d’un effort physique ou lorsque les apports hydriques doivent être mieux accompagnés. Ils ne doivent toutefois pas être considérés comme une solution systématique ni comme un traitement de l’hyponatrémie. En cas de maladie chronique, de traitement diurétique, d’insuffisance rénale, de régime pauvre en sel ou de symptômes inhabituels, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé avant d’en consommer.
À retenir
L’hyponatrémie est une baisse du sodium sanguin qui peut survenir notamment lorsque les apports en eau deviennent excessifs par rapport aux apports en sels minéraux. Pendant les fortes chaleurs, la transpiration augmente les pertes en eau et en sodium, tandis que la peur de la déshydratation peut conduire certaines personnes à boire trop d’eau. Les personnes âgées, les patients sous diurétiques, les personnes fragiles et les sportifs doivent être particulièrement vigilants. En cas de confusion, convulsions, malaise sévère ou symptômes persistants, une prise en charge médicale rapide est nécessaire.
Sources :Manuel MSD – Hyponatrémie : faible taux de sodium dans le sang
Santé publique France – Quelles mesures pour prévenir les risques liés à la chaleur ?
Ministère de la Santé – Hyponatrémie et canicule, fiche d’information PDF
Ministère de la Santé – Les recommandations en cas de vague de chaleur
Vidal – Exemple de diurétique pouvant entraîner une baisse de la natrémie
Mannheimer B. et al. – Current and Future Burdens of Heat-Related Hyponatremia
Mayo Clinic – Hyponatremia: symptoms and causes
CDC / NIOSH – Heat-related illnesses
Questions / Réponses
Quels sont les premiers signes d’une hyponatrémie en période de fortes chaleurs ?
Les premiers signes d’une hyponatrémie peuvent être une fatigue inhabituelle, des maux de tête, des nausées, des vomissements, des crampes ou une sensation de faiblesse. En cas de fortes chaleurs, ces symptômes peuvent être confondus avec un malaise lié à la chaleur. Une confusion, une somnolence importante, des troubles de la vigilance ou des convulsions doivent faire appeler rapidement les secours.
Peut-on faire une hyponatrémie en buvant trop d’eau pendant la canicule ?
Oui, une hyponatrémie peut survenir lorsqu’une personne boit de très grandes quantités d’eau sans apport suffisant en sels minéraux. Le sodium présent dans le sang peut alors être trop dilué. Ce risque concerne surtout les personnes âgées, les personnes fragiles, les sportifs, les travailleurs exposés à la chaleur ou les personnes prenant certains traitements comme les diurétiques.
Comment éviter l’hyponatrémie quand il fait très chaud ?
Pour éviter l’hyponatrémie en période de fortes chaleurs, il faut boire régulièrement sans excès massif, maintenir une alimentation suffisante et veiller aux apports en sels minéraux. Les fruits, légumes riches en eau, repas légers et boissons adaptées peuvent aider à préserver l’équilibre hydrique. En cas de maladie chronique, de traitement diurétique ou de symptômes inhabituels, un avis médical est recommandé.






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