Allaiter son bébé

Allaiter son bébé
En France, environ 65 % des jeunes mamans font le choix d’allaiter leur bébé. L’allaitement est en effet recommandé par tous les médecins en raison de la composition sur-mesure du lait maternel qui s’adapte aux besoins du bébé au fur et à mesure de son développement. Cependant, allaiter son bébé n’est pas toujours facile, surtout lorsque ce geste est totalement nouveau. L’allaitement nécessite un temps d’adaptation à la fois pour la maman et pour le nourrisson, ce qui explique les doutes, les questionnements et les petites difficultés qui surviennent dans les premières semaines. Vous avez décidé d’allaiter mais ne savez pas vraiment comment vous y prendre ? Pharma GDD vous livre toutes ses recommandations pour mettre en place un allaitement serein dès les premiers jours de vie de bébé.

Pourquoi allaiter son bébé ?

L’allaitement exclusif est recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de plus en plus encouragé au sein des maternités. Le lait maternel constitue l’aliment essentiel et unique du bébé de sa naissance jusqu’à l’âge de six mois car il est en mesure de couvrir l’ensemble de ses besoins nutritionnels et d’apporter tous les éléments nécessaires à sa croissance et à la prévention des infections.

Une composition idéale

La composition du lait maternel varie en fonction du moment de la tétée et de l’âge du bébé. Ainsi, dans les premiers jours qui suivent l’accouchement, les seins produisent ce que l’on appelle le colostrum, un lait jaune orangé très précieux du fait de sa richesse en anticorps, en enzymes facilitant la digestion du nouveau-né, en agents laxatifs favorisant l’élimination des selles, en protéines et en sels minéraux. Le colostrum est un lait très digeste car pauvre en lactose et en lipides. Il faut compter une dizaine de jours environ pour que le lait maternel atteigne sa phase de maturité.

La meilleure protection pour l’organisme de bébé

L’allaitement permet de protéger le nouveau-né durant ses premiers mois de vie mais également sur le long terme. Il est bénéfique pour l’enfant même s’il ne dure que quelques semaines car il contient tous les nutriments qui vont lui permettre de s’adapter à son nouvel environnement. Allaiter son bébé permet de le préserver des infections le temps qu’il construise et consolide son propre système immunitaire. Une durée d’au moins trois mois permet de limiter les infections ORL, digestives et respiratoires. Chez les nouveau-nés à risque d’allergie, le lait maternel pendant au moins quatre mois est recommandé pour réduire les risques d’eczéma atopique et d’asthme du nourrisson. Plusieurs études ont également mis en avant le fait que l’allaitement préviendrait le risque d’obésité dans l’enfance puis à l’adolescence.

Des bénéfices pour la maman

Le bébé n’est pas le seul à tirer des bénéfices de l’allaitement. En effet, la maman peut y trouver plusieurs avantages. Allaiter permet par exemple de perdre plus rapidement les kilos pris durant la grossesse, surtout dans les six premiers mois qui suivent l’accouchement. Des recherches ont également montré que cela préviendrait l’ostéoporose et réduirait les risques d’être touchée par un cancer du sein ou de l’ovaire avant la ménopause.

Créer un lien

L’allaitement est une manière très simple de créer un lien intime privilégié avec son bébé. La tétée est un moment propice au calme et à l’échange entre la mère et son enfant. Dans les premiers jours et particulièrement s’il s’agit d’un premier enfant, cela permet de faire connaissance avec bébé, d’apprendre à identifier ses besoins et de se familiariser avec son nouveau rôle de mère.

Des contre-indications rares

Même si elles restent exceptionnelles, certaines situations empêchent d’allaiter son bébé. Les principales contre-indications sont l’infection par le VIH, les cancers et la galactosémie congénitale, une maladie métabolique rare. L’allaitement est également fortement déconseillé pour les mamans qui fument car le tabac modifie le goût et la composition du lait maternel et réduit sa production.

Pour aller plus loin, consultez notre fiche conseil : « Bienfaits et bénéfices de l’allaitement maternel ».

Les clés d’un allaitement maternel réussi

Allaiter son bébé peut être difficile au quotidien pour de nombreuses raisons : fatigue, production de lait insuffisante, appréhension, peur de mal faire, apparition de crevasses, reprise du travail, etc. Comme l’accouchement, l’allaitement est une démarche qui se prépare mais qui peut malgré tout réserver quelques surprises. Nous vous présentons les différentes étapes qui vous permettront d’allaiter votre bébé en toute sérénité.

Préparer ses seins avant l’accouchement

Pendant la grossesse et sous l’effet des hormones, les glandes qui sécrètent le lait (appelées acini) grandissent et se développent dans les canaux galactophores qui débouchent sur les mamelons. C’est le signe que le corps se prépare à fabriquer du lait maternel. Comme les seins vont être très sollicités lorsque vous allez allaiter votre bébé, il est important d’en prendre soin avant la naissance pour que la mise en place de l’allaitement se fasse plus rapidement. La préparation des seins permet aussi de les préserver des désagréments, notamment des crevasses. Certains produits vont également aider les femmes qui ont des mamelons ombiliqués à allaiter plus facilement en les faisant émerger des seins. Avant d’accoucher, pensez à masser quotidiennement vos seins avec une pommade, un baume ou une huile spécifique.


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Commencer dès la naissance

Au sein des maternités, les sages-femmes, auxiliaires de puériculture et pédiatres encouragent les jeunes mamans à allaiter leur bébé dès les premières heures qui suivent l’accouchement. Cette méthode se retrouve souvent sous le terme « tétée de bienvenue ». Réalisée en peau à peau lors de la première phase d’éveil du nouveau-né, cette tétée permet de stimuler la production de lait et facilite ensuite la mise au sein lors des tétées suivantes. Nous vous recommandons également de profiter du temps passé à la maternité pour demander des conseils et des gestes de démonstration auprès des auxiliaires de puériculture ou des conseillers en lactation. Cela vous permettra d’être rassurée et d’allaiter votre bébé en toute sérénité à la maison.

Impliquer le papa

L’implication du papa contribue énormément à la réussite de l’allaitement maternel. Il peut parfois se sentir exclu, mis de côté ou ne pas savoir comment prendre part à ce moment a priori réservé au bébé et à la maman. Le rôle du papa est pourtant loin d’être négligeable : il peut aider à la mise au sein, apporter son soutien en cas de difficultés, faire faire son rot à bébé, changer sa couche après la tétée et tout simplement encourager la maman dans son désir d’allaiter.

En pratique : positions, durée et fréquence des tétées

Il n’existe aucune vérité absolue : chaque bébé est unique et possède un rythme qui lui est propre, c’est pourquoi aucun allaitement ne peut être comparé à un autre. Il est toutefois recommandé à toutes les mamans de prendre le temps au moment des tétées et de donner le sein à bébé dans un environnement calme où ils ne seront pas dérangés. Durant les premières semaines, la proximité entre le nouveau-né et sa mère est très importante et facilite la mise au sein dès que les premiers signes de faim se manifestent. Différentes positions permettent d’être à l’aise au moment d’allaiter son bébé :
  • la position semi-assise, dite « biologique », avec le bébé couché sur le ventre de la maman ;
  • la position de la madone, où le corps de bébé est couché sur le côté, le ventre contre celui de la maman et la tête reposant sur son avant-bras bien en face du sein ;
  • la position du rugbyman, dans laquelle bébé est blotti contre les côtes de la maman, le haut du corps étant soutenu par son avant-bras pour bien prendre le sein ;
  • la position couchée sur le côté, où maman et bébé se font face (idéale pour les tétées de nuit ou suite à un accouchement par césarienne pour éviter les frottements sur la cicatrice).

Dans les premiers jours qui suivent la naissance, vous pouvez expérimenter ces différentes positions d’allaitement afin de trouver celle qui vous convient le mieux et dans laquelle bébé et vous êtes les plus à l’aise. Il n’est pas nécessaire de varier les positions si tout se passe bien. Cependant, si vous ressentez des douleurs dans le haut du corps ou si votre bébé manifeste des signes d’inconfort, n’hésitez pas à essayer une autre position. Dans tous les cas, il ne faut pas que le bébé soit positionné trop bas car cela aurait pour effet de tirer sur le sein, favorisant l’apparition de crevasses.

Au début de l’allaitement, les tétées peuvent paraître longues mais plus le bébé sera éveillé et habitué à téter, plus elles seront efficaces et rapides. La durée d’une tétée varie selon les besoins de l’enfant, qui sait à quel moment il n’a plus faim. Plusieurs indices permettent de savoir quand la tétée se termine : bébé fait des pauses de plus en plus longues, ses mouvements de succion sont plus faibles et plus courts, il somnole ou se désintéresse du sein qui est beaucoup plus mou qu’au début de la tétée. Dans l’idéal, proposez les deux seins à bébé ou alternez d’une tétée à l’autre pour éviter l’engorgement.

La fréquence des tétées varie d’un bébé à l’autre et est plus élevée au moment des pics de croissance car l’enfant réclame davantage de lait maternel afin de couvrir ses besoins. Il n’y a pas de fréquence normale pour allaiter son bébé et, dans les premières semaines, il est recommandé de le faire boire « à la demande » sans limiter le nombre ou la durée des tétées. Les enquêtes montrent qu’un nourrisson boit en moyenne entre 8 et 12 fois par 24 heures. Les tétées de nuit ne sont pas à négliger car la production de lait maternel est plus élevée sous l’impulsion de la prolactine, une hormone indispensable dont la sécrétion augmente en phase nocturne. Après l’âge de 3 mois, les tétées deviennent plus espacées et une sorte de routine s’installe dans l’allaitement, ce qui permet de mieux anticiper.

Pour allaiter votre bébé plus facilement au quotidien, vous pouvez porter un soutien-gorge ou une brassière d’allaitement pour que la mise au sein se fasse rapidement et sans contraintes. Privilégiez aussi les vêtements amples ou à fermeture de type cache-cœur qui vous permettront de donner le sein sans les retirer complètement. Enfin, un coussin d’allaitement peut être utile pour avoir plus de confort durant les tétées et éviter les tensions dans la nuque, le dos et les bras.

Maintenir et relancer la production de lait

La production de lait maternel est un parfait exemple de la loi de l’offre et de la demande : plus les seins se vident pendant les tétées, plus ils produisent du lait ensuite. A l’inverse, moins ils sont stimulés par les mouvements de succion du bébé, moins la production est importante. Les tétées régulières permettent donc de maintenir la lactation mais il arrive que cela ne soit pas suffisant. Si vous constatez que vous produisez moins de lait ou si vous souhaitez simplement soutenir le processus de lactation, vous pouvez consommer des tisanes ou des infusions d’allaitement ainsi que des compléments alimentaires. Ces produits contiennent généralement des ingrédients connus pour leurs propriétés galactagogues comme le fénugrec, l’anis ou le fenouil mais aussi, dans le cas des compléments, des vitamines et minéraux indispensables pour que bébé grandisse bien et éviter la fatigue de la maman.


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L’alimentation pendant l’allaitement

Si vous avez décidé d’allaiter votre bébé, il est indispensable de conserver une alimentation variée et équilibrée. Il est généralement conseillé de prêter attention aux apports en fer car le bébé puise dans les réserves de sa mère. Il faut donc en consommer en plus grande quantité afin de l’aider à constituer son propre stock. Le fer se trouve dans la viande rouge, le jaune d’œuf, les légumineuses et les céréales complètes. Le calcium est également très important car il participe au développement du squelette et de la musculature du bébé. Du côté de la maman, le processus de production de lait entraîne des pertes calciques qu’il faut compenser en mangeant par exemple des yaourts, du lait ou du fromage.

Les acides gras essentiels doivent être largement représentés dans l’alimentation pendant l’allaitement car ils contribuent au bon développement du cerveau du nourrisson. On en trouve essentiellement dans les poissons gras comme le hareng, le saumon, les sardines ou le maquereau ainsi que dans les huiles végétales de colza, de noix ou de lin.

Allaiter son bébé nécessite aussi d’augmenter légèrement les apports en eau pour atteindre entre 1,5 et 2 litres par jour. L’hydratation permet d’assurer la production de lait pendant toute la durée de l’allaitement. L’alcool, le café, le thé et les boissons contenant de la caféine sont déconseillés en raison de leur effet stimulant et des effets néfastes qu’ils peuvent entraîner sur le développement de bébé. De plus, comme le lait maternel prend le goût des aliments ingérés par la maman, il est conseillé d’éviter les aliments aux goûts trop prononcés. Évitez également les aliments connus pour provoquer des ballonnements car cela peut favoriser les coliques du nourrisson.

Se faire confiance et demander conseil

S’il n’y avait qu’un seul conseil à retenir pour allaiter son bébé, ce serait celui de se faire confiance. Ecouter son corps, son instinct et les besoins de son bébé est primordial pour réussir son allaitement et ne pas s’arrêter aux difficultés des premiers jours. Si cela vous rassure, n’hésitez pas à demander conseil et à rechercher des informations auprès d’un pédiatre, d’un conseiller en lactation ou d’une sage-femme. Le site de la Leche League est aussi une très bonne source d’informations et propose régulièrement des ateliers et des réunions un peu partout en France. Avoir des doutes est très fréquent et normal lorsque l’on allaite et demander de l’aide ne doit pas être perçu comme un aveu de faiblesse ou un sentiment d’échec. Le rôle des professionnels de santé est aussi de vous donner les clés pour améliorer votre allaitement.

Comment gérer les difficultés de l’allaitement ?

Les mamans qui allaitent leur bébé peuvent parfois être confrontées à des complications et des difficultés qui peuvent être décourageantes ou particulièrement gênantes. Trois préoccupations sont fréquemment citées : la montée de lait, l’engorgement et les crevasses. Nous vous proposons des solutions pour y faire face et maintenir des conditions favorables à l’allaitement.

La montée de lait

Il faut compter entre deux et quatre jours après la naissance de bébé pour voir apparaître la montée de lait. Celle-ci se produit même si vous n’avez pas prévu d’allaiter et constitue un phénomène naturel qui se déclenche suite à la stimulation de la glande hypophyse qui sécrète de la prolactine, l’hormone à l’origine de la production de lait maternel. Dans le même temps, une hormone appelée ocytocine provoque la contraction des glandes acini. Les seins sont gonflés, tendus, chauds et sensibles. Ces sensations désagréables sont temporaires et perdurent pendant deux à trois jours en moyenne. Pendant cette période, la production de lait est très importante et les tétées fréquentes permettent de faire passer la montée plus rapidement. Il est également possible de porter des coussinets d’allaitement lavables ou jetables pour absorber les écoulements entre deux tétées. Les coquilles recueil-lait peuvent également être utiles et permettent de ne pas perdre de lait. Ces deux types d’accessoires présentent aussi l’avantage de protéger les mamelons et d’éviter les crevasses.


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L’engorgement

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’engorgement du lait maternel dans les seins : une production très importante, l’espacement des tétées ou encore un arrêt brutal de l’allaitement. Pour l’éviter, vous pouvez utiliser un tire-lait, ce qui vous permettra d’avoir un stock de lait disponible en cas d’absence ou d’en faire don auprès d’un lactarium pour en faire bénéficier les bébés prématurés. Mettre bébé au sein dès qu’il le réclame est également une manière de prévenir l’engorgement. Pour soulager les douleurs engendrées par ce phénomène, appliquez du chaud ou du froid sur votre poitrine et évitez de porter des soutiens-gorge trop serrés.


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Les crevasses

Les crevasses sont une complication très fréquente pendant l’allaitement. Il s’agit de petites fissures qui apparaissent au niveau des mamelons et qui peuvent entraîner des douleurs voire des saignements. Elles sont le plus souvent liées à un mauvais positionnement de la tête du bébé au moment de la tétée ou au fait que le mamelon est mal positionné dans sa bouche. Le premier réflexe à avoir si vous êtes confrontée aux crevasses est de placer la tête de votre bébé bien en face de vous pendant les tétées puis de retirer délicatement le sein lorsqu’il n’a plus faim. Nettoyez vos mamelons uniquement à l’eau et au savon une fois par jour et pas systématiquement à chaque tétée, ce qui risque de les fragiliser encore plus. Des pansements et des compresses spécifiques et le port de protège-mamelons permettent de favoriser la cicatrisation et de limiter les frottements contre le soutien-gorge et les vêtements. Vous pouvez également appliquer une crème en prévention ou en traitement pour apaiser, hydrater et régénérer la peau des mamelons. Enfin, les bouts de seins peuvent être utilisés pendant les tétées le temps de la cicatrisation ou simplement pour prévenir l’apparition des crevasses.


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Pour aller plus loin et en savoir plus sur les accessoires disponibles pour l’allaitement, consultez notre fiche : "Allaitement : accessoires et conseils".

En résumé

Le lait maternel est le seul et unique aliment recommandé par les médecins pour l’alimentation de bébé de la naissance jusqu’à l’âge de 6 mois. Riche en nutriments, il évolue en même temps que l’enfant afin de couvrir au mieux ses besoins. Allaiter est également bénéfique pour la maman et permet de tisser un lien intime privilégié dès les premiers jours de vie. Ce n’est toutefois pas toujours simple et nécessite un temps d’adaptation. Pour allaiter son bébé, il faut avant tout se faire confiance et ne pas hésiter à demander de l’aide si l’on en ressent le besoin. De nombreuses solutions existent pour remédier aux éventuelles complications qui peuvent survenir et ainsi allaiter en toute sérénité.