Qu'est-ce que la cataracte ?

Qu'est-ce que la cataracte ?
La cataracte est une maladie caractérisée par l’opacification du cristallin. Elle gêne considérablement la vision. La cataracte concerne particulièrement les personnes âgées. Son traitement passe par la chirurgie, avec la pose d’implants de plus en plus perfectionnés. Cette opération, réalisée en ambulatoire, a de très bons résultats. Mais avant d’en arriver à cette solution, on peut également adopter des mesures de prévention simples pour réduire la probabilité d’apparition de la maladie.
Qu’est-ce que la cataracte ? Quels sont ses causes et ses symptômes ? Quelles sont les traitements et les mesures préventives existants ? La réponse à ces questions avec Pharma GDD !

Cataracte : une maladie des yeux

Le cristallin est une lentille située derrière l’iris et la pupille. Semblable à l’objectif d’un appareil photo, il sert à faire converger les rayons lumineux sur la rétine, et de là, l’image perçue est envoyée au cerveau.
Le cristallin est normalement transparent, ce qui permet la transmission de la lumière.
Des muscles spéciaux agissent au niveau de l’œil pour modifier la courbure du cristallin. Ainsi, celui-ci peut être étiré ou au contraire bombé. C’est cette capacité à changer de forme qui assure un phénomène appelé « accommodation ».
L’accommodation désigne les changements effectués par les yeux pour permettre une vision nette à des distances de vision variées. Ainsi, pour ne pas voir flou un objet au loin, les muscles étirent le cristallin. Pour voir nettement un objet situé plus près, le cristallin sera bombé. C’est cette mise au point que l’on nomme accommodation, et que permet le cristallin.
Structure de l'oeil
Il arrive, sous l’action de divers facteurs, que le cristallin subisse des modifications anormales. Il contient de l’eau et des protéines. Si la quantité d’eau varie ou si les protéines s’agrègent, il risque de s’opacifier, altérant la vision. C’est la cataracte. Le mot provient du grec katarraktès qui désigne la chute d’eau, les précipitations ou la chute d’un voile masquant le regard, illustrant bien les effets de la cataracte.
Cette opacification du cristallin peut être totale ou simplement partielle. Elle est également susceptible de s’aggraver avec le temps.
La cataracte touche généralement les deux yeux, mais pas systématiquement de la même façon. Les cataractes unilatérales (d’un seul côté) sont souvent celles induites par des traumatismes.

Quelles sont les causes de la cataracte ?

La cataracte est une maladie des yeux assez courante. Elle est souvent liée à l’âge – on parle alors de cataracte sénile. Ainsi, un tiers des Américains de plus de 75 ans en souffrent, et la moitié des sexagénaires français ont des cristallins présentant des zones opaques. C’est la troisième cause de cécité en France, après la DMLA et le glaucome, et c’est la première dans le monde. Le nombre croissant de cataractes est lié à l’augmentation de l’espérance de vie.
Mais l’âge n’est pas la seule cause de développement de la cataracte. Elle peut :
  • faire suite à un traumatisme, perforant ou provoqué par une contusion,
  • être causée par une maladie ophtalmique (uvéite, forte myopie ou rétinopathie pigmentaire),
  • être induite par des maladies métaboliques comme le diabète ou l’hypoparathyroïdie,
  • être provoquée des maladies génétiques comme la trisomie 21, la maladie de Wilson ou la maladie de Steinert,
  • avoir pour origine un traitement : prise de corticostéroïdes sur le long terme, radiothérapie au niveau de l’œil.
  • être congénitale, soit héréditaire, soit causée par une infection pendant la grossesse, comme par exemple la rubéole congénitale.
Plusieurs facteurs contribuent au risque de développer une cataracte : le tabac, une trop grande consommation d’alcool, l’obésité, mais également une trop grande exposition au soleil en étant mal protégé des UV.

Quels sont les formes et les symptômes de la cataracte ?

A terme, la cataracte évolue généralement vers une cécité des deux yeux, sauf dans le cas où elle est provoquée par un traumatisme qui ne touche qu’un seul œil.

Les symptômes de la cataracte

En général, les symptômes de la cataracte sont une vision trouble, des couleurs perçues comme fades ou jaunies, des halos autour des lumières, une vision de nuit altérée, une sensibilité à la lumière, le besoin fréquent de changer de lunettes.

Les grands types de cataractes

La cataracte prend différentes formes :
  • La cataracte nucléaire touche le centre du cristallin. Elle est généralement liée à l’âge. Elle altère la perception des couleurs et diminue l’acuité visuelle à longue distance.
  • La cataracte corticale touche, elle, les bords du cristallin. Elle provoque des éblouissements.
  • La cataracte sous-capsulaire postérieure affecte l’arrière du cristallin, gênant la lecture et suscitant des éblouissements et des halos entourant les sources lumineuses la nuit. Elle est généralement liée à une maladie métabolique ou à un traitement.
  • La cataracte juvénile et congénitale prend également une forme différente. Elle peut être due à la dystrophie myotonique, au syndrome de Lowe, à la galactosémie ou encore à la rubéole.

Comment le médecin établit-il son diagnostic ?

Pour aider le médecin à faire son diagnostic, il faut lister ses symptômes, ainsi que les médicaments que l’on prend.
Le médecin a à sa disposition plusieurs outils pour son diagnostic. Il réalisera un test d’acuité visuelle, qui consiste à demander au patient de lire des lettres sur un panneau. Il utilisera ensuite une lampe à fente pour examiner l’œil. Cet examen se fera avant et après dilatation des pupilles. S’il n’a pas accès au fond d’œil parce que le cristallin est trop opaque, il peut demander une échographie. Il quantifiera également le tonus musculaire.

Comment prévenir la cataracte ?

Quelques mesures préventives pourraient contribuer à diminuer le risque de développer une cataracte.

A partir de 60 ans, il est nécessaire de faire régulièrement examiner ses yeux par un ophtalmologiste, au minimum une fois tous les deux ans.

L’alimentation jouerait un rôle important dans la prévention de la cataracte. Selon plusieurs études, la consommation d’aliments riches en certains caroténoïdes (zéaxanthine et lutéine), en anti-oxydants, ainsi qu’en vitamines C et E aideraient à réduire le risque de survenue de la cataracte. Ces aliments se trouvent généralement dans les fruits et légumes. Les deux caroténoïdes en question se trouvent dans les légumes verts, et plus particulièrement dans les épinards, les choux verts et les brocolis.
Il est parfois difficile d’obtenir ces éléments par l’alimentation. Des suppléments les contenant sont disponibles.


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En parallèle, il est préférable de diminuer sa consommation de glucides (céréales, pâtes…).

Même si cela est exigeant, faire l’effort d’arrêter le tabac apporte des bénéfices considérables à l’organisme, ainsi qu’à ses proches et à son environnement. Le tabagisme étant une addiction, il est difficile d’arrêter sans aide. Des techniques et des produits ont été mis au point pour faciliter l’arrêt. Pour en savoir plus, consultez notre fiche Sevrage tabagique : quelles solutions pour arrêter de fumer ?.

L’alcoolisme est également une addiction terriblement délétère. N’hésitez pas à consulter un professionnel (médecin addictologue) pour vous faire aider.

Pour les personnes obèses, perdre du poids est également bénéfique à l’organisme, et réduirait les risques de développement de la cataracte. Pour s’affiner, il est nécessaire de modifier son alimentation. Là aussi, des produits et des aides sont disponibles. Vous pouvez suivre nos conseils sur la fiche Perte de poids : comment retrouver la ligne ?.

L’exposition au soleil ne doit pas se faire sans lunettes de soleil protectrices capables de filtrer les UV, et en particulier les UVB. Ces lunettes doivent être marquées du signe « CE » et la classe de protection doit être indiquée. Il faut choisir une classe de protection adaptée à la luminosité. La classe 0 n’offre aucune protection, les classes 3 et 4 sont à utiliser en cas de luminosité intense, par exemple la plage ou la montagne. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cette fiche d’aide sur les lunettes de soleil élaborée par la DGCCRF, la répression des fraudes.

Les laboratoires pharmaceutiques ont également développé des collyres contre la cataracte, en traitement d’appoint des opacifications du cristallin.

Toujours en traitement d’appoint ou préventif, l’homéopathie offre plusieurs compléments contre la cataracte. Ainsi, les souches Carbo animalis et Secale cornutum sont à prendre pour prévenir la cataracte sénile, Calcarea carbonicum s’utilise en cas de cataracte juvénile, et Ammonium carbonicum contre les autres formes de cataractes.

La chirurgie de la cataracte

C’est actuellement le seul traitement existant de la cataracte. C’est l’intervention la plus couramment pratiquée au monde. Entre 600 000 et 700 000 interventions sont réalisées chaque année en France.
Elle est décidée quand la cataracte dégrade la qualité de vie du patient et que son acuité visuelle est inférieure ou égale à 5/10.

L’opération du cristallin

Elle se déroule en ambulatoire : vous entrez le matin et ressortez quelques heures après de l’hôpital.
  • L’anesthésie est la plupart du temps topique, réalisée à l’aide de gouttes dans l’œil (collyre contenant de la tétracaïne). L’anesthésie générale pour une opération de la cataracte est rarissime.
  • Le chirurgien pratique une incision avant de détruire et de retirer le cristallin, généralement en utilisant la technique de la phacoémulsification, qui consiste à émulsifier le cristallin à l’aide d’ultra-sons. D’autres techniques utilisant notamment un laser sont à l’étude.
  • Le chirurgien insère alors un implant – une lentille artificielle – qui va remplacer le cristallin déficient et permettre au patient de recouvrer une vision convenable. Parfois, la pose d’un implant est impossible, obligeant le patient à porter des lunettes pour compenser la perte.
L’ensemble prend entre un quart et une demie-heure.
L’un des principaux risques de l’opération de la cataracte étant l’infection, et en particulier l’endophtalmie, terme désignant l’infection généralisée de l’œil, urgence médicale majeure. C’est la raison pour laquelle un antibiotique est injecté à la fin de l’opération. Enfin, il sera demandé au patient d’appliquer un collyre antibiotique et anti-inflammatoire pendant le mois suivant l’opération.
Lorsqu’un patient doit être opéré des deux yeux, le chirurgien n’intervient pas sur les deux cristallins lors de la même opération. Il opère d’abord un œil, puis respecte un intervalle d’une quinzaine de jours avant d’opérer le second œil.

L’implantation

Les implants installés pour remplacer le cristallin dans la chirurgie de la cataracte sont de plus en plus perfectionnés. A l’origine, les implants n’étaient que monofocaux, ne permettant d’avoir une vision nette que à courte ou à longue distance. Sur certains patients, on pose un implant pour la vision de loin dans un œil, et un pour la vision de près dans l’autre, permettant ainsi une mise au point sur les deux distances.
Les implants multifocaux ont été élaborés, permettant une netteté de la vision à plusieurs distances et éliminant souvent le besoin de porter des lunettes. En contrepartie, les implants multifocaux génèrent quelques troubles : ils rendent moins sensibles aux contrastes lumineux, obligeant à utiliser un éclairage plus puissant pour pouvoir lire, et ils provoquent des effets de halos la nuit, altérant la conduite automobile, par exemple.
Des implants accommodatifs ont été mis au point. Ils ne bombent pas comme un véritable cristallin, mais réalisent un mouvement de bascule, offrant une vision claire à toutes les distances. Ces implants ne sont pas sans inconvénients : ils entraînent notamment une sclérose qui limite l’amplitude de correction de la vision. De nouveaux implants accommodatifs sont en cours d’élaboration. Ils seront capable de se déformer comme le cristallin originel, et ainsi d’assurer la mise au point à toutes distances.
L’opération de la cataracte est parfois l’occasion de soigner d’autres problèmes de vue comme l’astigmatisme, la presbytie ou l’hypermétropie, grâce à la pose d’implants spéciaux, dits « toriques » améliorant la qualité de vie des patients.

Les conséquences post-opératoires

Pour garantir un succès optimal de l’intervention, le patient devra suivre quelques gestes simples dans les jours qui suivent. Quelques complications peuvent apparaître, la plupart du temps faciles à résoudre.

Après l’opération

  • Suite à l’opération de la cataracte, le patient doit se reposer et se sustenter, ayant été à jeun dans les heures précédant l’intervention.
  • Le patient ne doit pas passer la nuit suivant l’opération seul, sans accompagnement.
  • Pendant plusieurs jours, le patient doit éviter de toucher ou de frotter son œil. Il porte un pansement ou une coque oculaire, ainsi que des lunettes pour éviter tout traumatisme à l’œil.
Il doit contacter immédiatement son chirurgien en cas de douleur à l’œil, de baisse brusque et notable de la vision sur l’œil ayant subi l’intervention, de visions de « mouches volantes », d’éclairs ou de voile noir, ou de rougeur oculaire grandissante.

Il faudra au patient un temps d’adaptation avant de s’habituer aux implants. Il devra parfois également changer de lunettes.

Les complications après l’opération de la cataracte

La moitié des patients opérés subiront une « opacification de la capsule postérieure », aussi appelée cataracte secondaire. Il s’agit d’une opacification causée par des cellules restantes de l’ancien cristallin et qui apparaît dans les deux années suivant l’intervention. Cette cataracte secondaire se soigne très facilement, sans hospitalisation ni anesthésie, grâce au laser YAG.
Les autres complications parfois rencontrées sont l’œdème maculaire, la kératite bulleuse et le décollement de la rétine.


La cataracte est l’une des causes de cécité les plus courantes. Elle est souvent liée à l’âge et touche surtout les personnes âgées de plus de 60 ans. La chirurgie de la cataracte est très efficace. Les implants destinés à remplacer le cristallin sont de plus en plus sophistiqués et imiteront bientôt parfaitement le cristallin d’origine.