Hygiène intime : comment faire sa toilette intime ?

Hygiène intime : comment faire sa toilette intime ?
L’hygiène intime est une préoccupation quotidienne pour une grande majorité des femmes. Indispensable pour éviter d’être confrontée à des désagréments gynécologiques et à des sensations d’inconfort, elle demande une attention et des précautions particulières. La zone intime est constituée de muqueuses et de peau qui sont plus sensibles et fragiles que les autres parties du corps. Il est donc important de choisir les produits les plus adaptés à cette spécificité et de connaître les différents critères à prendre en compte. Les pharmaciens de Pharma GDD vous livrent leurs recommandations pour adopter une bonne hygiène intime et les bons réflexes à suivre au quotidien.

Hygiène intime : pourquoi est-elle importante ?

Au quotidien, la toilette intime est tout aussi importante que celle du reste du corps mais est parfois laissée de côté ou mal réalisée. Pourtant, elle permet de prévenir bon nombre de désagréments et de maintenir le bon équilibre de la flore intime. Une mauvaise hygiène intime ou à l’inverse un excès d’hygiène peuvent être à l’origine de perturbations au sein du microbiote vaginal, d’irritations voire d’infections.

Qu’est-ce que la flore intime ?

La flore intime est constituée à plus de 85 % de lactobacilles, des micro-organismes qui se situent sur la vulve et qui sont indispensables à l’équilibre vaginal. Ils vont en effet former une barrière protectrice contre les agressions extérieures, notamment contre les germes responsables des infections et des mycoses. Les lactobacilles interviennent aussi pour renforcer les défenses immunitaires.

L’équilibre de la flore intime est extrêmement fragile et peut être sensibilisé par différents facteurs comme les variations hormonales liées à la puberté, à la grossesse et à la ménopause, la prise de certains médicaments (antibiotiques par exemple), les rapports sexuels, la contraception, la consommation de tabac, le stress ou encore les produits utilisés pour la toilette intime. Il est donc primordial de choisir des soins adaptés qui préservent la flore intime et lui permettent de jouer son rôle de bouclier.

Un élément essentiel : le pH

Le pH permet de mesurer l’acidité ou l’alcalinité d’une solution ou d’un milieu sur une échelle allant de 1 à 14. Le pH est acide lorsqu’il se situe entre 1 et 7 et on parle d’un pH alcalin au-delà de 7. Le pH neutre est quant à lui égal à 7. La formule « pH physiologique » signifie que le produit concerné est doté d’un pH proche du pH normal de la partie du corps à laquelle il est destiné.

En matière d’hygiène intime, le pH est un élément très important à prendre en compte lors du choix des produits. Il faut distinguer d’une part le pH vaginal qui se situe autour de 4, donc acide, et le pH de la région vulvo-anale d’autre part qui est acide à légèrement alcalin et se situe entre 4,8 et 8.

Le vagin possède son propre système de nettoyage et de maintien de l’acidité. L’hygiène intime doit donc se concentrer sur la vulve et privilégier des produits au pH adapté (4,8 à 8). Un produit de toilette intime pour le quotidien ne doit pas être trop agressif et décapant, il est donc conseillé de ne pas dépasser un pH de 8 en l’absence de pathologie. En revanche, en cas de mycose, le pH du produit utilisé doit se situer entre 7 et 9 pour s’opposer au développement des champignons.

Comment choisir le bon produit ?

Pour avoir une bonne hygiène intime au quotidien, il faut commencer par choisir le bon produit. Celui que vous utilisez pour laver votre corps, qu’il s’agisse d’un gel ou d’une huile de douche, est trop agressif pour les muqueuses et risque de déséquilibrer la flore intime. Il faut donc choisir un produit qui a été spécialement formulé pour la toilette intime.

D’autres critères doivent également être pris en compte lors du choix du nettoyant intime. Selon votre préférence, vous pouvez vous tourner vers un gel moussant, une mousse, une crème ou un pain de savon. La texture du produit doit être agréable à l’application et laisser une sensation de fraîcheur et de propreté pour vous inciter à l’utiliser tous les jours. Choisissez un produit hypoallergénique présentant les formules « pH physiologique », « usage quotidien » et « testé sous contrôle gynécologique ». Si possible, privilégiez les soins sans savon qui contiennent des agents surgraissants, hydratants et apaisants. Contrairement aux gels douche conventionnels, ils respectent le film protecteur et la lubrification naturelle de la vulve.


Notre sélection de nettoyants intimes :

Pour limiter tout déséquilibre de la flore intime et la survenue de sensations d’inconfort, évitez d’utiliser des produits de toilette intime qui présentent des ingrédients agressifs et irritants tels que le parfum ou l’alcool. Les solutions antiseptiques ne sont pas destinées à la toilette intime quotidienne car elles peuvent détruire les lactobacilles de la flore intime. Elles sont recommandées uniquement en cas d’infection ou à la suite d’une opération.

Les crèmes, lingettes et déodorants intimes sont des produits complémentaires qui peuvent être utilisés de manière plus ponctuelle pour l’hygiène intime. Les crèmes intimes sont conseillées si vous êtes sujette à des sensations d’inconfort, notamment des irritations et des démangeaisons. Les lingettes et déodorants intimes sont quant à eux utiles en dépannage mais peuvent être irritants au quotidien. Ils trouveront parfaitement leur place dans le sac à main, la trousse de toilette de voyage ou le sac de sport pour retrouver rapidement une sensation de fraîcheur et de confort.


Notre sélection :

Toilette intime : les bons gestes

Après avoir trouvé le bon produit pour votre toilette intime, il s’agit de réaliser les bons gestes pour que l’hygiène soit optimale. Certains réflexes sont indispensables pour compléter l’action du nettoyant intime et éviter d’agresser les parties intimes. Nous vous recommandons de faire au maximum deux toilettes intimes par jour.

Sous la douche

Rappelons dans un premier temps qu’une toilette externe limitée à la vulve est amplement suffisante puisque le vagin se nettoie tout seul grâce aux sécrétions qu’il produit. Les douches vaginales sont ainsi à bannir car elles provoquent une destruction de la flore et un risque accru de sécheresse intime. Nous vous recommandons également d’éviter les gants de toilette et les fleurs de douche. Véritables nids à microbes, ils peuvent entraîner un transfert de bactéries sur la vulve mais aussi dans le vagin, exposant à des infections. Lavez-vous donc à mains nues et de préférence d’avant en arrière pour limiter le déplacement de germes de l’anus vers la vulve. En adoptant ce réflexe, vous limiterez les risques de cystite (infection urinaire). Rincez soigneusement votre nettoyant intime pour éliminer tout résidu de produit puis sécher délicatement avec une serviette propre, sans frotter, afin d’absorber l’humidité et d’éviter la macération.

Serviette de toilette et sous-vêtements

Toujours dans le but de réduire au maximum le transfert de bactéries et de germes sur les parties intimes, nous vous recommandons de changer régulièrement de serviette de toilette. Nous rappelons également qu’il est important de changer les sous-vêtements chaque jour pour une bonne hygiène intime. Préférez les culottes aux strings et les matières naturelles, plus particulièrement le coton, qui limiteront les frottements mais aussi la macération. Si cela est possible, ne portez pas de sous-vêtements durant la nuit. Enfin, essayez de porter le moins souvent possible des vêtements trop serrés comme les jeans slim qui favorisent les irritations.

Règles, sport, grossesse, épilation

Dans certaines situations, il convient de se montrer encore plus vigilante vis-à-vis de l’hygiène intime. La période des règles, propice aux infections, nécessite des précautions particulières dont la plus importante est de changer régulièrement de protection hygiénique. Que vous utilisiez des serviettes, des tampons ou une coupe menstruelle, il faut éviter de les laisser en contact avec la vulve et/ou le vagin pendant une trop longue période. Si vous êtes sujette aux pertes blanches et que vous portez un protège-slip pour vous sentir plus à l’aise, pensez à le changer dès qu’il est humide.

L’activité physique implique de la transpiration et une macération plus ou moins importante au niveau des muqueuses selon le sport pratiqué. Il existe alors un risque d’apparition ou d’aggravation de sensations d’inconfort. Pendant votre séance, ne portez pas de short ou de pantalon trop serré et, en cas d’activité aquatique comme la natation, ne portez pas trop longtemps votre maillot de bain mouillé après être sortie du bassin. Si vous ne pouvez pas vous laver avec un nettoyant adapté, optez pour une lingette intime.

Pendant la grossesse, la flore intime est encore plus fragile. Il faut alors éviter tout les produits intimes contenant du parfum. N’utilisez pas d’ovules ou de crèmes intimes sans avoir demander au préalable l’avis de votre pharmacien ou du médecin qui vous suit.

Les poils pubiens permettent de protéger la vulve des infections en empêchant la pénétration des germes. L’épilation a donc un impact important sur l’hygiène intime. Si vous ne pouvez pas vous en passer, choisissez une méthode qui limite les risques de plaies. Utilisez toujours du matériel propre, désinfecté et un soin post-épilation.

Chez les petites filles

Avant la puberté, les défenses naturelles des parties intimes ne sont pas encore tout à fait en place, ce qui explique le fait que les petites filles sont souvent confrontées à une déshydratation, un dessèchement, des sensations de brûlures ou des irritations. Dans 50 à 70 % des cas, ces désagréments sont dus à une hygiène intime inadaptée. Or, il existe des produits élaborés spécialement pour les petites filles. Pour elles, une toilette intime par jour suffit. Préférez la douche plutôt que le bain et inculquez le plus tôt possible les bons réflexes : se laver les mains avant la toilette, nettoyer la vulve d’avant en arrière, ne pas utiliser de gant de toilette.


Notre sélection pour les petites filles :

Que faire en cas de désagréments ?

Une hygiène intime inadaptée, insuffisante ou excessive peut provoquer ou aggraver les désagréments gynécologiques. Le plus fréquent est la mycose, qui touche près de 75 % des femmes et récidive dans un cas sur deux. Une mycose entraîne des rougeurs, des démangeaisons vulvaires et des pertes blanches épaisses. Une mauvaise hygiène intime peut aussi favoriser la sécheresse vaginale et les infections urinaires. Si vous êtes régulièrement confrontées à ce type de problèmes, il convient d’adapter le choix de votre nettoyant intime.

En cas de mycose, préférez un produit au pH alcalin doté de propriétés antifongiques, antibactériennes (à base de thym par exemple), apaisantes et adoucissantes qui aideront à lutter à la fois contre la source de l’infection et contre les sensations d’inconfort. La sécheresse intime se traite quant à elle avec des nettoyants aux vertus hydratantes. Tournez-vous vers une crème lavante pour un nettoyage encore plus doux et privilégiez des actifs comme l’extrait de calendula et la bardane, connus pour leur fort pouvoir apaisant et adoucissant, qui vous aideront également à lutter contre les irritations vulvaires. Si vous êtes régulièrement confrontée à des sensations d’inconfort, vous pouvez utiliser, en plus de votre nettoyant intime, une crème apaisante enrichie en ingrédients hydratants, réparateurs et protecteurs.


Notre sélection :

Enfin, les probiotiques peuvent vous permettre de rééquilibrer votre flore intime et renforcer ses défenses naturelles. Ils sont disponibles sous forme d’ovules, de capsules, de gélules ou de tampons. Votre pharmacien peut vous aider à trouver les probiotiques les plus adaptés à votre pathologie :

  • en cas de mycose : Lactobacillus rhamnosus ;
  • en cas de vaginose bactérienne ou de candidose : Lactobacillus crispatus ;
  • en cas d’infection par le papillomavirus ou d’herpès génital : Lactobacillus gasseri.
Les probiotiques par voie vaginale sont généralement plus efficaces que les probiotiques par voie orale car ils sont placés au plus près de la flore intime et agissent donc de manière plus directe. En cas d’infection récidivante, vous pouvez effectuer une cure d’une semaine par mois, trois mois consécutifs, jusqu’à deux fois par an. Les probiotiques peuvent aussi être utilisés en cure préventive si vous savez que vous allez être exposée à de mauvaises conditions d’hygiène (pendant un voyage par exemple). Demandez toujours conseil à votre pharmacien.


Notre sélection de probiotiques :

A retenir

Avoir une bonne hygiène intime quotidienne est indispensable pour éviter les désagréments gynécologiques comme les infections, les mycoses, les irritations et les démangeaisons. La principale recommandation est de choisir un produit adapté aux muqueuses intimes, conçu pour un usage fréquent et composé d’ingrédients aux propriétés nourrissantes et apaisantes afin de ne pas agresser inutilement la flore intime. Seule la vulve doit être nettoyée, au maximum deux fois par jour, en évitant le gant de toilette et la fleur de douche. Il n’est pas nécessaire de nettoyer le vagin puisque les sécrétions qu’il produit assurent cette fonction. Les crèmes, lingettes et déodorants intimes sont réservés quant à eux à une utilisation plus ponctuelle, en week-end, après une séance de sport ou en déplacement par exemple. Il faut également veiller à adopter de bonnes habitudes : port de sous-vêtements en coton, changement régulier de la serviette de toilette, vigilance pendant les règles… Enfin, si, malgré une bonne hygiène intime, vous êtes sujette à des désagréments, les probiotiques par voie vaginale peuvent être une solution pour renforcer et rééquilibrer la flore intime.