La gestion de la fièvre chez le nourrisson et le jeune enfant
- Par Samuel Rault, mis à jour le 08/01/2026 à 12h01, publié le 07/01/2026 à 11h01
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La fièvre chez le bébé n’est pas une maladie en soi, mais la manifestation d’une affection et une réaction normale de défense de l’organisme. Elle est définie par une température corporelle supérieure à 38 °C, le plus souvent causée par une infection virale ou bactérienne, ou suite à une vaccination.
Identifiez les signes et les causes de la fièvre
La température normale du corps est voisine de 37 °C, restant inférieure à 37,5 °C le matin et 37,8 °C le soir. Les signes cliniques de la fièvre incluent la fatigue, l'abattement, les yeux brillants, ainsi qu’une peau chaude et sèche sur le visage et le dos. À l'inverse, les membres peuvent être humides et froids, accompagnés d'une respiration accélérée et d'une soif intense. Les causes sont variées : infections urinaires, ORL, dermatologiques ou réactions post-vaccinales. Bien que naturelle, elle peut parfois révéler une pathologie grave nécessitant une prise en charge rapide.
Choisissez une méthode de mesure adaptée
Le thermomètre électronique par voie rectale est le plus précis pour un bébé. La voie buccale, déconseillée avant 5 ans, nécessite de rajouter 0,5 °C au résultat, car la bouche est moins chaude que le corps. La mesure axillaire (sous l'aisselle) est utile pour une évaluation rapide, mais imprécise ; il faut alors ajouter 0,6 °C. Les modèles auriculaires infrarouges sont rapides, mais complexes à utiliser chez le jeune enfant de moins de 2 ans en raison de l'étroitesse du conduit auditif. Enfin, les thermomètres frontaux et les bandelettes permettent une mesure aisée sans manipuler l'enfant, bien que la sueur ou le froid extérieur puissent fausser les résultats.
Surveillez les complications potentielles
La fièvre peut entraîner une déshydratation par sudation, surtout si le bébé s'alimente moins. Une autre complication possible est la convulsion fébrile, qui touche 3 % à 5 % des enfants de moins de 5 ans prédisposés génétiquement. Ces crises sont généralement sans gravité et disparaissent avec l'âge, mais elles ont tendance à récidiver. 50 % des bébés de moins d'un an ayant fait une convulsion en referont une, contre 30 % pour les enfants de plus d'un an. Il sera nécessaire, dans certains cas, d'administrer à vos enfants des solutions de réhydratation pour maintenir le bon équilibre hydrique.
Consultez un médecin selon des critères précis
Une consultation le jour même est impérative si un bébé de moins de 6 mois dépasse 38 °C. Pour un enfant de plus de 6 mois, consultez si la fièvre dépasse 39 °C ou dure plus de 48 heures. Un avis médical est urgent si le bébé est amorphe, difficile à réveiller, plaintif, refuse de s'alimenter ou respire mal. Une raideur de la nuque associée à une fatigue, une sensibilité à la lumière et des vomissements impose un transfert immédiat aux urgences pédiatriques.
Soulagez l'inconfort de l'enfant
L'objectif est de supprimer l'inconfort plutôt que de normaliser la température. En dessous de 38,5 °C, un traitement n'est pas indispensable si l'enfant va bien. Ne couvrez pas trop le bébé et maintenez la chambre entre 18 °C et 19 °C. Proposez régulièrement à boire (sein, biberon ou soluté de réhydratation). Le bain n'est plus recommandé car il augmente le malaise et favorise les convulsions. En première intention, utilisez le paracétamol (15 mg/kg toutes les 6 h). L'ibuprofène est une alternative dès 3 mois (20 à 30 mg/kg/jour). L'aspirine et l'association de médicaments ne doivent pas être utilisées sans avis médical.
Conclusion
La fièvre est un signe de défense contre l'infection, sans danger en soi, mais elle nécessite une surveillance de l'hydratation et la connaissance des signes de gravité. La prise en charge privilégie le confort de l'enfant et l'usage du paracétamol si un traitement est justifié.