Infection urinaire : causes, symptômes et traitements

Infection urinaire : causes, symptômes et traitements
Pour les femmes, l’infection urinaire est un motif très fréquent de consultation. Il n’y a pas qu’une forme d’infection urinaire mais plusieurs. Les plus fréquentes sont la cystite et la pyélonéphrite.
Ces infections sont souvent difficiles à vivre, entraînant notamment un besoin fréquent d’aller uriner. Elles s’accompagnent dans certains cas de douleurs, de brûlures lors de la miction ou de fièvre.
Si les infections urinaires sont généralement sans gravité et se soignent facilement, elles peuvent dans certains cas récidiver ou avoir des conséquences graves.
Comment soigner l’infection urinaire ? Quelles en sont les causes ? Comment la reconnaître ? La réponse à ces questions sur Pharma GDD.

Les infections urinaires

Ce sont des infections très courantes : plus de la moitié des femmes en subiront au moins une dans leur vie. Un dixième des femmes sont touchées chaque année. Ces infections sont parfois récidivantes. Lors de la miction (l’acte d’uriner), elles provoquent en général des douleurs et une sensation de brûlure.

L’appareil urinaire

Il est constitué de plusieurs organes, dont certains sont susceptibles de subir une infection, qui prendra alors le qualificatif d’« urinaire ».
Les reins filtrent le sang, éliminant les électrolytes en surnombre et sécrètent l’urine. Celle-ci transite par les uretères jusqu’à la vessie. Là, elle peut être évacuée lors de la miction via l’urètre débouchant par le méat urinaire. Les reins étant en position haute, et la vessie en position basse, on parlera d’infection urinaire haute lorsqu’elle touche les reins, et d’infection urinaire basse lorsqu’elle concerne la vessie.

Les bactéries à l’origine des infections urinaires

Ce sont des bactéries qui sont responsables des infections urinaires. Dans la grande majorité des cas, c’est une bactérie de type Escherichia coli (E. coli) qui est retrouvée lors de l’analyse d’urine.
Ces bactéries viennent principalement de la flore rectale ou vaginale. En effet, la peau et les muqueuses humaines hébergent naturellement des milliards de bactéries, virus et champignons. Ces micro-organismes forment des flores en équilibre et auraient même des effets protecteurs pour l’organime. Mais certains germes peuvent remonter l’urètre et gagner ainsi la vessie ou les reins pour y déclencher l’infection. On parle de voie ascendante.
C’est un des facteurs qui explique pourquoi les femmes et les hommes sont inégaux face aux infections urinaires : l’urètre est plus court chez la femme que chez l’homme, donc plus facile à remonter. La miction est aussi un moyen de défense de l’organisme face aux infections potentielles : elle « nettoie » la vessie, repousse hors du corps les bactéries et gêne leur montée le long de l’urètre.
Dans certains cas plus rares, les infections auront pour origine le sang et non une remontée de l’urètre. C’est la voie dite « hématogène ».

Le risque d’être atteinte par une infection urinaire est accru par plusieurs facteurs :
  • les relations sexuelles, en faisant entrer dans le vagin des micro-organismes normalement situés à l’extérieur du corps,
  • le fait d’utiliser un spermicide, qui va altérer l’équilibre de la flore,
  • le diabète, qui dégrade les défenses de l’organisme face à l’infection,
  • le fait d’être sous traitement anticancéreux ou immunosuppresseur, ce qui abaisse les capacités de défense du corps,
  • la ménopause et la grossesse, en raison des bouleversements hormonaux qu’elles provoquent, rendraient la vessie plus fragile face aux infections,
  • la stagnation des urines dans la vessie,
  • la constipation.
Enfin, il y aurait une prédisposition génétique à subir des infections urinaires à répétition.

La bandelette urinaire

C’est l’un des outils de diagnostic les plus couramment utilisés. Les bandelettes, aussi appelées sticks, sont faciles à manipuler. Elles permettent d’affiner le diagnostic, sans pour autant devoir passer par un laboratoire pour y faire un ECBU, un Examen CytoBactériologique des Urines. Elles offrent un examen sommaire des urines, praticable aussi bien dans le cabinet du médecin qu’à domicile.

Ces bandelettes urinaires contiennent des réactifs permettant de mettre en évidence la présence de protéines et de sang dans les urines. Dans le cas des infections urinaires, les substances recherchées sont les estérases leucocytaires et les nitrites. Les premières sont des enzymes des leucocytes (les globules blancs), défenseurs de l’organisme, et les secondes sont produites par certains germes. Ce sont les deux éléments que met en évidence la bandelette urinaire, et qui orientent le diagnostic vers l’infection urinaire.

Le principe est simple : la patiente va aux toilettes et commence à uriner. En milieu de miction, elle recueille une petite quantité d’urine dans un récipient stérile. Une bandelette réactive est ensuite mise très brièvement en contact avec l’urine dans le récipient.
La bandelette urinaire est ornée de carrés réactifs. Après une à deux minutes, ceux-ci vont réagir avec les substances contenues dans l’urine et les carrés vont changer - ou non - de couleur. Il suffit donc de comparer les variations de couleur obtenues au document de référence - une gamme colorimétrique - fourni avec les bandelettes pour identifier les substances présentes dans l’urine. L’interprétation des résultats peut aussi se faire à l’aide d’un lecteur électronique de bandelettes urinaires.


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Si la bandelette ne met pas en évidence de leucocytes et de nitrites, alors le médecin cherche une autre cause que l’infection urinaire aux symptômes présentés par la patiente.
La bandelette n’est pas infaillible. C’est un outil qui a des limites. L’une d’entre elles est l’existence de germes à l’origine d’infections mais n’émettant pas de nitrites.

Les complications de l’infection urinaire

L’infection urinaire est qualifiée de simple lorsqu’elle concerne une femme par ailleurs en bonne santé, et non enceinte. Sinon, elle est dite « compliquée », par exemple lorsqu’elle touche une femme enceinte ou immunodéprimée, qu’elle est due à un pathogène résistant, ou qu’elle se développe en parallèle d’une complication anatomique (malformation), d’un calcul ou de la présence d’un corps étranger.
Ces infections compliquées exigent des examens complémentaires allant au-delà de l’utilisation des bandelettes.

Les différents types d'infections urinaires chez la femme

Les deux infections urinaires les plus fréquemment rencontrées sont la cystite, qui touche la vessie, et la pyélonéphrite, quand les reins sont atteints.

La cystite

Elle se caractérise par une dysurie (douleurs et sensation de brûlure lors de la miction). La personne atteinte a un besoin impérieux d’aller uriner. Elle va souvent aux toilettes pour de petites mictions : c’est la pollakiurie. Il peut y avoir présence de sang dans les urines qui sont troubles et émettent de mauvaises odeurs.

Identifier une cystite

Si la cystite est simple, le médecin, pour établir son diagnostic, s’appuie sur l’examen et sur le test de la bandelette urinaire.
Si elle est compliquée (grossesse, calcul…), le médecin va demander un ECBU, un Examen CytoBactériologique des Urines.

Comment traiter la cystite ?

Le traitement de la cystite simple repose sur :
  • le fait de boire beaucoup d’eau : l’hydratation a pour effet de diluer les urines, ce qui gène le développement des bactéries, et de les chasser du corps lors de la miction.
  • la prise d’un antibiotique : le médecin prescrit une dose de fosfomycine trométamol, ou de la nitrofurantoïne pendant 5 jours, ou de la fluoroquinolone (une dose ou 3 jours de traitement).
Pour soulager la douleur, la patiente peut prendre du paracétamol ou du phloroglucinol.
Il faut attendre deux ou trois jours pour que les symptômes diminuent.

La récidive de cystite

Il y a récidive s’il y a eu :
  • 3 épisodes en une année,
  • 2 épisodes en 6 mois.
Les facteurs favorisant la récidive sont les relations sexuelles, la constipation, la ménopause, le fait de ne pas assez s’hydrater ou de ne pas aller suffisamment souvent aux toilettes.
Le diagnostic se fait par un bilan des urines et non plus seulement par l’utilisation de la bandelette. Le traitement repose là aussi sur les antibiotiques, mais différents de ceux utilisés la première fois et pris sur une plus longue durée.

La pyelonéphrite

Comme la pyélonéphrite touche les reins, elle est qualifiée d’infection urinaire haute. Elle est marquée par la présence de fièvre et de douleurs aux lombaires, au flanc et à l’abdomen. Elle peut s’accompagner de nausées, de vomissements et de diarrhées. A ces symptômes, s’ajoutent parfois ceux de la cystite.
C’est d’ailleurs une cystite non soignée ou trop tardivement traitée qui est souvent à l’origine d’une pyélonéphrite. Mais ces dernières peuvent également être d’origine hématogène.

Diagnostiquer une pyélonéphrite

Le diagnostic commence par une bandelette urinaire. Si celle-ci est positive, le médecin demande un ECBU, un examen sanguin et une échographie des reins pour détecter d’éventuelles complications. L’antibiogramme, qui permet d’identifier le germe responsable avec précision, fait également partie des examens nécessaires.

Comment traiter une pyélonéphrite ?

Lorqu’elle est simple, sans complication, la pyélonéphrite est traitée en ambulatoire (prise en charge médicale de quelques heures). Le traitement consiste en l’administration d’antibiotiques : céphalosporines de 3e génération en injection ou fluoroquinolones par voie orale. Ensuite, le médecin adapte la prescription en fonction des résultats de l’antibiogramme.
Dans certains cas (choc septique, abcès, obstruction...), une hospitalisation, voire une intervention chirurgicale d’urgence peuvent être nécessaires.

Comment prévenir les infections urinaires ?

Quelques gestes de prévention simples à suivre aident à prévenir les infections urinaires ou leurs récidives :
  • il faut privilégier le port de vêtements évitant la macération : tissus respirants non synthétiques, vêtements amples…
  • après la défécation, l’essuyage se réalise de l’avant vers l’arrière, pour éviter une contamination par la flore fécale,
  • il est fondamental de bien s’hydrater. Il faut boire au minimum 1,5 l d’eau par jour,
  • la constipation est l’un des facteurs augmentant le risque de récidive, il convient de prendre des mesures pour l’éviter. Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter notre fiche Prévenir et traiter la constipation.
  • il est préférable de ne pas se retenir d’uriner trop longtemps,
  • Il est impératif d’uriner après un rapport sexuel,
  • la flore vaginale assure la protection des muqueuses face aux germes pathogène. Pour la préserver, l’usage de produits trop agressifs ou inadaptés pour la toilette intime est à proscrire. Ainsi, on évite le savon au pH ne convenant pas et on se tourne vers des produits d’hygiène intime respectueux de la flore vaginale. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre fiche Hygiène intime : comment faire sa toilette intime ?.

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Les solutions naturelles en cas d'infections urinaires


Des solutions naturelles offrent des solutions en appoint des traitements classiques. Elles ne dispensent pas de prendre les antibiotiques prescrits. Hors épisode d’infection urinaire, elles apportent une aide bienvenue pour faciliter la miction ou renforcer la flore vaginale.

La phytothérapie

Certaines plantes de la famille des Ericacées ont des propriétés antiseptiques. Les plus couramment utilisées sont la canneberge, la bruyère et la busserole. Cette dernière ne convient pas pour les femmes enceintes, allaitantes et pour les enfants âgés de moins de 12 ans, demandez conseil à votre pharmacien.
La canneberge, ou cranberry en anglais, est très utilisée pour prévenir les épisodes de cystite. Elle est recommandée pour les femmes sujettes à des récidives d’infections urinaires, en parallèle des traitements classiques. Elle agit en gênant la fixation des bactéries sur les parois de la vessie. Ses actifs sont les PAC A, les proanthocyanidines de type A. Pour bénéficier des effets anti-bactériens de la canneberge, il faut un apport quotidien minimal de 36 mg de PAC A, ce qui équivaut à quelques dizaines de grammes de fruit, ou entre un et deux tiers de litre de jus.

A côté de ces plantes anti-bactériennes, les plantes diurétiques aident à lutter contre l’infection en limitant l’expansion de l’infection et en éliminant les bactéries présentes dans la vessie. Parmi les plantes réputées pour leurs effets diurétiques, on note l’orthosiphon, la piloselle et les pissenlits.


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L’aromathérapie

Certaines huiles essentielles ont des propriétés antibactériennes reconnues, d’autres ont des effets calmants, enfin, certaines sont diurétiques. Ce sont des aides utiles pour débarrasser le corps de l’infection et soulager les douleurs.
Les huiles essentielles antiseptiques sont celles de Tea Tree, de Palmarosa, de Cannelle, d’Origan et de Thym à thymol. L’huile essentielle de Santal est à la fois antiseptique et diurétique.
Ces huiles essentielles se prennent par voie orale, à raison d’une goutte 3 fois par jour, sauf l’huile essentielle de Tea Tree, qui doit être consommée à raison de deux gouttes 3 fois par jour. Ces gouttes se prennent sur un comprimé neutre ou dans une cuillère de miel.

L’huile essentielle de Camomille romaine est réputée pour ses effets apaisants et antalgiques. Elle s’applique sur le ventre après avoir été diluée dans une huile végétale.

Attention, les huiles essentielles ne conviennent généralement pas aux femmes enceintes ou allaitantes, ni aux enfants de moins de 6 ans. Demandez conseil à votre pharmacien.

L’homéopathie

Les souches traditionnellement recommandées en cas de douleurs à la miction sont Arsenicum album, Cantharis, Mercurius corrosivus et Staphysagria. Si en plus des douleurs, les urines sont troubles, les souches conseillées sont Formica rufa et Terebenthina.

Les probiotiques

Ce sont des produits contenant des milliards de micro-organismes vivants. Ils aident à reconstituer et rééquilibrer des flores altérées notamment par une mauvaise alimentation, un traitement médical ou un produit d’hygiène inadapté. Etant donné l’importance de nos flores, en particulier dans la défense contre les germes pathogènes, il faut les entretenir. Les flores communiqueraient entre elles. Ainsi, il y aurait un lien entre la flore intestinale et la flore vaginale.
Les laboratoires proposent aujourd’hui des souches (Lactobacillus acidophilus ou L. crispatus) en probiotiques à prendre pour prévenir les infections urinaires. Ils peuvent se prendre soit par voie orale, soit en application vaginale et y compris sous forme de tampons.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre fiche Tout savoir sur les probiotiques.


Notre sélection :

Les infections urinaires sont des affections courantes qui, correctement traitées, ne mènent pas à des complications graves. Dans certains cas, elles sont dites « compliquées ». Le traitement consiste en la prise d’antibiotiques, que l’on peut compléter par des solutions naturelles, à base de plantes ou de probiotiques.