Comment choisir une chevillère ?

Comment choisir une chevillère ?
L’articulation de la cheville est très sollicitée. Elle est souvent sujette à de nombreux traumatismes notamment ligamentaires, les entorses. Ainsi, on dénombre 6000 nouveaux cas d’entorses de la cheville tous les jours en France. Ces entorses, douloureuses, sont de degrés variables. Elles vont provoquer un œdème et parfois, rendre inutilisable l’articulation. Une première entorse mal soignée fragilise la cheville. Pour éviter ce phénomène, il faut un traitement optimal dès la première entorse, et adopter des mesures préventives pour éviter les récidives. Les chevillères font partie des solutions intervenant dans le traitement et la prévention des entorses ainsi que dans le soin d’autres pathologies de la cheville. De nombreux modèles existent, permettant une adaptation à toutes les situations. Pharma GDD détaille les différents modèles de chevillères disponibles et leurs indications.

La cheville : anatomie et fonctionnement

L’articulation de la cheville relie la jambe au pied. Elle connaît donc de fortes contraintes, notamment sur terrain accidenté ou lors de la pratique sportive.
Cette articulation fait la jonction entre le tibia et le péroné (ou fibula) d’un côté, et l’astragale, un os du pied, de l’autre. Une partie de l’extrémité du tibia fait légèrement saillie sous la peau, c’est la malléole externe. De l’autre coté du pied, on trouve la malléole interne, formée par l’extrémité du tibia.

Les os sont reliés entre-eux par des ligaments, et aux muscles par des tendons. Les ligaments sont des bandes de tissu conjonctif fibreux, constitués principalement de fibres de collagène. Ils ont un rôle protecteur au niveau de l’articulation, en l’empêchant de réaliser des mouvements exagérés, ils la stabilisent et ainsi la protègent d’éventuelles blessures. Le mouvement physiologique normal de la cheville est celui d’extension/flexion. Les mouvements latéraux sont susceptibles de mener à des lésions.
Au niveau de la cheville, le ligament le plus souvent touché lors des entorses est le ligament latéral externe, qui relie la malléole externe, située à l’extrémité du péroné, à l’astragale et au calcanéum. Il est situé sur la face externe du pied. Sur la face interne, le ligament latéral interne relie la malléole tibiale à l’astragale et au calcanéum.
Enfin, l’un des tendons le plus sujets aux pathologie est le tendon d’Achille, qui relie les muscles du mollet au calcanéum, l’os du talon. Il est donc situé à l’arrière du pied.
Le terme « entorse » désigne une lésion touchant les ligaments, « tendinite » une lésion frappant les tendons.

Le traitement et la prévention de l'entorse de la cheville

Le terme « entorse » désigne un étirement, une déchirure, voire, dans certains cas, une rupture d’un ou de plusieurs ligaments d’une articulation.

Qu’est-ce que l’entorse de la cheville

Elle survient lorsqu’un mouvement outrepasse les limites de l’articulation. Les ligaments sont alors soumis à des contraintes dépassant leurs capacités. Les dommages subis par le ligament peuvent aller d’un simple étirement à la rupture avec fracture de l’os par arrachement (fracture-avulsion).
On distingue trois degrés de gravité des entorses, classés selon le traumatisme subi par le ou les ligaments :
  • Au degré 1, les fibres du ligament sont étirées. L’articulation demeure fonctionnelle, l’entorse s’accompagne d’un œdème et d’une inflammation qui restent modérés.
  • Au degré 2, les fibres sont partiellement déchirées, l’articulation est peu fonctionnelle, la douleur est intense et il y a apparition possible d’un œdème et d’un hématome - un « bleu » - marquant la peau.
  • Au degré 3, l’articulation a cessé d’être fonctionnelle, il y a rupture des fibres du ligament, la douleur est immédiate et violente, l’œdème et l’hématome sont importants. 
Pour en savoir plus sur l’entorse, vous pouvez consulter la fiche Entorse : comment la soigner ?.

La très grande majorité des entorses de la cheville touche le LLE, le Ligament Latéral Externe. Ces entorses surviennent généralement lors de la mise en varus du pied, c’est-à-dire lorsque le pied plie vers l’intérieur et la jambe va vers l’extérieur. L’inverse, l’entorse du ligament latéral interne, survenant quand le pied se tord vers l’extérieur et la jambe vers l’intérieur, est beaucoup plus rare.
L’entorse de la cheville, mal traitée, peut affaiblir l’articulation, créer une instabilité chronique et mener à des entorses à répétition. A terme, ce processus peut conduire au développement d’une arthrose.

Le traitement de l’entorse

Il s’agit de mettre en place une prise en charge optimale dès les premiers instants qui suivent le traumatisme. Son traitement repose sur le protocole POLICE. Le traitement fonctionnel est aujourd’hui préféré à l’immobilisation.

Le protocole POLICE

La démarche à tenir face à l’entorse a longtemps été de mettre immédiatement en place le protocole GREC, acronyme de Glace, Repos, Elévation et Compression. Ce protocole a évolué, la phase repos a été remplacée par une mobilisation précoce et contrôlée de l’articulation. Il est aujourd’hui remplacé par le protocole POLICE : Protection, Optimal loading (mise en charge optimale), Ice (glace), Compression, Elévation. Le principe de cette approche est de reposer l’articulation quelques jours, puis de la mobiliser progressivement, de la protéger, d’apaiser la douleur et de réduire l’inflammation et l’œdème grâce à l’application de froid, à la compression de la zone lésée et à l’élévation du membre blessé.

Le traitement

On distingue trois grandes façons de soigner l’entorse de la cheville selon sa gravité : le traitement chirurgical, le traitement orthopédique et le traitement fonctionnel.
  • Le traitement chirurgical implique une procédure lourde (anesthésie…) et n’est appliqué que dans pour les sportifs ou face à des entorses particulièrement sévères.
  • Le traitement dit « orthopédique » repose sur l’immobilisation quasi-totale de la cheville, à la manière d’un plâtre sur une fracture. Une telle approche garantit une bonne cicatrisation de la lésion, mais a d’importants effets secondaires, comme par exemple une raideur de l’articulation, une fonte musculaire, des douleurs et la possible survenue de phlébites.
  • Le traitement fonctionnel repose sur la mobilisation précoce de l’articulation et la mise en appui, en parallèle de la protection du ligament lésé. Le ligament cicatrise mieux lorsqu’il est soumis à des forces de traction que lorsqu’il est immobilisé. Le principe du traitement fonctionnel est simple : le pied peut toujours réaliser des mouvements de flexion et d’extension (pointe du pied vers le haut ou le bas) mais ne doit pas faire de mouvements latéraux. Il repose sur la reprise de la marche. 
Les orthèses et chevillères ont précisément pour rôle la protection de l’articulation et la bonne réalisation du traitement fonctionnel.

Quelques autres pathologies de la cheville

L’entorse de la cheville n’est pas la seule pathologie touchant cette articulation et nécessitant l’utilisation de chevillères ou d’orthèses. Ces dispositifs ont aussi leur place dans le traitement ou la prévention de la tendinite du talon d’Achille, de la fracture malléolaire, de l’épine calcanéenne et de l’équinisme.

Les pathologies touchant le talon d’Achille

On distingue plusieurs affections susceptibles de le frapper.
  • La bursite du tendon d’Achille est une inflammation de la petite bourse remplie de liquide et située entre le tendon et la peau, sur l’arrière du talon.
  • La tendinite achilléenne désigne le phénomène d’usure provoquée par une trop grande sollicitation du talon d’Achille, à l’origine d’une inflammation et de douleurs. On parle également de tendinopathie d’Achille.

L’épine calcanéenne

L’aponévrose plantaire est une membrane attachée au calcanéum, l’os du talon, et s’étendant jusqu’aux orteils. Elle est située derrière la peau, au niveau de la plante du pied.
Sous l’influence de plusieurs facteurs, cette membrane est parfois mise en tension sur de longues durées. Ce phénomène va mener à une calcification de l’insertion de la membrane au niveau du talon, et former une épine dite calcanéenne, parce que située sur le calcanéum, aussi nommée « Epine de Lenoir ». C’est l’aponévrosite plantaire, parfois appelée fasciite plantaire. Elle provoque une douleur commençant au talon et finissant aux orteils, ressentie surtout après une période de repos ou le matin, au lever. Elle survient en particulier lors du soulèvement du talon.

L’équinisme

Dans cette pathologie, le pied est maintenu en flexion ; la personne atteinte marche sur la pointe des pieds. Elle peut avoir plusieurs causes. Elle peut être due à une contraction des muscles du mollet non équilibrée par les muscles extenseurs du pied, à un talon d’Achille trop court, à un blocage de l’articulation ou même ne pas avoir de cause identifiée.

Les orthèses et chevillères

Les orthèses de cheville et les chevillères sont des dispositifs se plaçant à l’extérieur du corps. Posées sur une articulation lésée, elles l’assistent et la protègent. Il en existe de différents types, permettant une adaptation fine aux situations rencontrées. Ce sont des outils fondamentaux tant pour la prévention de l’entorse de la cheville que dans la réalisation du traitement fonctionnel. L’alternative aux orthèses et chevillères est le strapping, un bandage stabilisateur de la cheville. Mais pour être efficace, le strapping doit être correctement réalisé. Ce geste peut être difficile à maîtriser, et nécessiter l’intervention d’un professionnel. L’orthèse ou la chevillère présente l’avantage d’être facile à mettre en place, ce qui autonomise le patient. Il existe des modèles pour adultes et pour enfants.

Les orthèses de stabilisation de la cheville

Il s’agit d’orthèses intégrant des renforts rigides. Elles conviennent généralement pour les entorses modérées à graves.

La botte de marche

Elle immobilise totalement l’articulation, comme le ferait un plâtre, mais permet néanmoins la marche. Contrairement au plâtre, elle est facile à retirer pour réaliser des soins et leur confort est supérieur. La botte de marche s’utilise en cas de fracture ou d’entorse grave ou suite à une opération. Elle réduit l’œdème par effet compressif et diminue les douleurs en immobilisant l’articulation.

L’attelle de cheville

Elle convient en cas d’entorses légères à modérées et d’instabilité chronique. Elle incorpore deux montants rigides qui préviennent le mouvement latéral du pied, comme par exemple le varus, mais permettent la flexion/extension. Ses renforts latéraux permettent une adaptation fine à la morphologie du patient, elle se pose sur les chaussettes et elle est généralement compatible avec le port de chaussures.
L’attelle de cheville est utilisée après une opération ou immédiatement après la survenue du traumatisme. En plus de protéger l’articulation et de diminuer les douleurs en l’immobilisant, elle exerce une pression aidant à réduire l’œdème.
Les modèles actuels sont aérés, confortables et faciles à enfiler. Certaines sont dotées d’inserts gonflables pour un adaptation optimale du dispositif à la morphologie de la personne et pour une meilleure répartition des pressions.
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La chevillère ou l’attelle ligamentaire

La chevillère ligamentaire aide à maintenir la stabilisation de l’articulation, prévient le mouvement latéral et soutient le travail du ligament lésé tout en permettant le mouvement physiologique de flexion/extension de la cheville. Compatible avec le port de chaussures, elle convient à la fois pour la reprise du sport après une entorse ou un traumatisme de la cheville, et pour la prévention des récidives d’entorses. Une chevillère ligamentaire est donc particulièrement utile dans la pratique des sports dits « de pivot-contact », comme par exemple le football, le basket ou le handball.
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La chevillère proprioceptive

Elle a la même forme qu’une chaussette dont le bout aurait été ouvert. Elle exerce un effet compressif qui aide à drainer l’œdème, et son effet chauffant diminue les douleurs. Mais la principale indication de ce type de chevillère est l’amélioration de la proprioception.
Ce terme désigne la perception que le corps a de la position de ses différentes parties dans l’espace grâce aux récepteurs situés dans les muscles, les articulations et les os, et le contrôle que le cerveau exerce en retour sur les mouvements et la posture. Elle est parfois appelée « sensibilité profonde ». Améliorer cette proprioception permet de renforcer les muscles autour de la cheville et d’éviter la survenue ou la récidive d’entorses.
La compression qu’exercent ces chevillères est variable et classée en 3 catégories : 1, 2 et 3, cette dernière étant la compression la plus forte.
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Les chevillères malléolaires et achilléennes

Elles sont dotées d’insert en silicone se plaçant soit au niveau des malléoles, soit au niveau du tendon d’Achille, et permettant de résorber les œdèmes ou de protéger et soulager les zones lésées.
Thuasne propose ainsi sa chevillère Silistab Achillo, dotée d’une talonnette en silicone soulageant le talon d’Achille.

Les releveurs du pied

Ces dispositifs limitent la mise en extension du pied. Ils sont utilisés en cas d’équinisme ou suite à un traumatisme ou une opération chirurgicale. Certains sont compatibles avec le port de chaussures.
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Les chevillères contre l'épine calcanéenne

Les chevillères sont également utilisées en cas d’épine calcanéenne, pour soulager les douleurs. Elles fonctionnent sur le principe de la compression ou du releveur de pied. Des talonnettes pour épine calcanéenne permettront de soulager efficacement les douleurs.


Le traitement et la prévention des lésions de l’articulation de la cheville, comme l’entorse, l’équinisme ou la tendinopathie, passe par l’utilisation d’orthèses et de chevillères. Ces dispositifs protègent l’articulation, soulagent les douleurs et permettent sa mobilisation de façon sécurisée, ce qui améliore la guérison et réduit la fréquence des récidives.