Causes, symptômes et traitement de la scarlatine

Causes, symptômes et traitement de la scarlatine
La scarlatine est une maladie infectieuse due à une bactérie appartenant à la famille des streptocoques. Elle se transmet par voie aérienne, par contact direct ou indirect, et touche surtout les enfants âgés de 5 à 10 ans. Cette maladie infantile est particulièrement fréquente en période hivernale, propice aux petites épidémies dans les écoles. Elle se manifeste par différents symptômes caractéristiques, comme une éruption cutanée, une angine ou encore de la fièvre. Lorsque le diagnostic de scarlatine est établi, le médecin peut prescrire un traitement adapté. Pharma GDD vous dit tout ce qu’il faut savoir sur la scarlatine et vous apprend à en reconnaître les signes pour bien réagir si votre enfant est concerné.

D’où vient la scarlatine ?

À l’origine de la scarlatine, il y a une bactérie de la famille des streptocoques : le bêta-hémolytique du groupe A. Lorsqu’elle pénètre dans le corps humain, cette bactérie produit des substances toxiques qui attaquent l’organisme. On la retrouve essentiellement dans les sécrétions du nez et du pharynx. Dès que la bactérie est installée, la personne infectée peut transmettre la scarlatine à une personne saine.

Une maladie infantile

Les adultes et les enfants en bas âge sont dans la majorité des cas immunisés contre la scarlatine. Pour les enfants âgés de moins de 2 ans, ce sont les anticorps de leur mère, transmis durant la grossesse par le placenta, qui assurent cette protection. La scarlatine touche plutôt les enfants entre 5 et 10 ans. Ceux-ci peuvent avoir un premier contact avec le streptocoque responsable de la maladie, en côtoyant par exemple un porteur sain (la bactérie est présente dans l’organisme mais ne provoque pas de symptômes). À la suite de ce contact, les enfants développent la maladie et leur organisme fabrique ses propres anticorps. On estime qu’à l’âge de 10 ans, près de 80 % des enfants sont immunisés à vie contre la scarlatine.

Jusqu’à présent, aucune preuve n’a été apportée concernant la dangerosité de la scarlatine pour le bébé pendant la grossesse. Toutefois, si vous êtes enceinte, il est essentiel d’éviter les contacts avec des personnes atteintes d’infections à streptocoque et de signaler par précaution à votre gynécologue ou sage-femme tout cas se déclarant dans votre entourage.

Transmission de la scarlatine

Le streptocoque de la scarlatine étant présent dans le nez et le pharynx, la transmission se fait surtout par voie aérienne : toux, éternuements, postillons projetés en parlant, etc. Les mains peuvent aussi être souillées par les sécrétions d’une personne malade. Dans ce cas, les porter à sa bouche ou à son nez expose à un risque d’être atteint à son tour par la scarlatine. Les baisers et les contacts avec des objets souillés sont également des facteurs qui favorisent la contagion et l’entrée de la bactérie dans un organisme sain. À partir du moment où le streptocoque a colonisé le pharynx, la personne touchée est contagieuse, même si elle ne présente aucun symptôme. Toutefois, la période de contagion peut être réduite grâce au traitement par antibiotiques. Sans prise en charge, elle est de 10 à 21 jours, et passe à 24 à 48 heures dès lors que la personne malade reçoit un traitement adapté.

Quels sont les symptômes de la scarlatine ?

Dans le cas de la scarlatine, la période d’incubation est de 1 à 4 jours, parfois plus. Ce n’est qu’après ce laps de temps que les symptômes de la maladie se manifestent.

Angine accompagnée de fièvre

L’enfant qui a contracté la scarlatine présentera tout d’abord une fièvre élevée, supérieure à 38,5 ° C, associée à des frissons et à une angine (infection localisée au niveau des amygdales). Celle-ci se caractérise par des difficultés à avaler (dysphagie), une gorge rouge et enflammée. Les amygdales sont tuméfiées et les ganglions du cou sont gonflés. Dans certains cas, d’autres symptômes viennent s’ajouter, tels que des maux de tête, des nausées, des vomissements ou des douleurs abdominales.

Éruption cutanée

À l’instar d’autres maladies infantiles comme la rougeole ou la varicelle, la scarlatine entraîne une éruption cutanée, qui se déclare en général 1 à 2 jours après le début de l’angine. La peau prend alors une coloration rouge diffuse, sous forme de vastes plaques rouge vif uniformes, sans intervalles de peau saine. Des petits points rouges plus intenses parsèment ces plaques et rendent la peau rugueuse et granuleuse sous les doigts. L’éruption cutanée de la scarlatine commence au niveau de différentes zones appelées « plis de flexion » : sous les aisselles, aux plis des coudes et de l’aine. Par la suite, les plaques rouges peuvent s’étendre à d’autres parties du corps comme le haut du thorax, le bas de l’abdomen (on parle de rougeurs « en caleçon »), le visage et les extrémités. Le contour de la bouche, les paumes des mains et les plantes des pieds ne sont pas touchés par l’éruption cutanée.

Un aspect typique de la langue

La scarlatine se reconnaît également par un aspect caractéristique de la langue. Dans un premier temps, elle est recouverte d’un enduit blanc épais. On parle de langue saburrale. Ensuite, on observe une dépapillation de la langue, de la périphérie vers le centre. Après plusieurs jours, la couleur de la langue change et devient rouge framboisée.

Quand consulter un médecin ?

La consultation médicale est nécessaire pour confirmer que les symptômes observés sont effectivement ceux de la scarlatine. Certains signes apparaissant chez votre enfant doivent vous alerter et nécessitent une consultation en urgence :
  • une fièvre supérieure à 40 ° C ;
  • une somnolence ;
  • des pleurs inexpliqués ;
  • des taches violacées sur la peau ;
  • une dégradation de l’état général ;
  • des maux de tête importants et/ou une raideur de la nuque ;
  • une déshydratation ;
  • des vomissements et/ou de la diarrhée ;
  • une respiration difficile.

Il faut être encore plus vigilant si votre enfant est atteint d’une maladie chronique. Une crise de convulsions fébriles est possible chez les jeunes enfants, surtout en cas de fièvre très élevée. Ces convulsions sont en général sans danger et n’ont pas de conséquences sur le cerveau de l’enfant.

Diagnostic et traitement de la scarlatine

La prise en charge de la scarlatine repose sur un traitement à base d’antibiotiques et sur la mise en place de mesures simples visant à mieux supporter les symptômes et à surveiller l’évolution de la maladie au fil des jours.

L’examen médical

Le diagnostic de la scarlatine doit être posé par un médecin au cours d’un examen médical. Durant la consultation, le praticien ausculte l’enfant et s’assure que les symptômes décrits sont bel et bien ceux de la scarlatine. En cas de doute, notamment si l’éruption cutanée n’est pas présente ou s’il suspecte une forme atténuée de la maladie, le médecin peut décider de faire un test de diagnostic rapide de l’angine (TDR angine). Très simple, rapide et indolore, ce test permet de déterminer si l’angine vient d’une infection bactérienne à streptocoque du groupe A, ce qui est le cas pour la scarlatine. Il s’agit d’un simple prélèvement effectué au niveau des amygdales à l’aide d’un écouvillon (sorte de grand coton-tige). Celui-ci est ensuite placé dans un tube contenant un produit réactif. Le médecin plonge une bandelette dans le liquide et, en fonction de la couleur qu’elle affiche, s’assure de la cause de l’angine. Le TDR angine peut être réalisé chez les enfants dès l’âge de 3 ans. Les généralistes, pédiatres et médecins ORL peuvent s’en procurer à titre gratuit auprès de l’Assurance maladie.

Les médicaments en cas de scarlatine

Lorsque le diagnostic de la scarlatine est confirmé, le médecin peut prescrire le traitement adéquat : des antibiotiques. Afin de garantir leur efficacité sur la bactérie responsable de la maladie, il est essentiel de respecter la prescription du médecin et toutes les indications relatives à la prise du traitement. Il prescrira des formes pédiatriques telles que les sachets, les cuillères mesures ou les pipettes graduées, qui simplifient grandement le dosage du médicament en fonction du poids de l’enfant. Les comprimés et les gélules sont à éviter chez les enfants de moins de 6 ans, car ils induisent un risque de fausse route.

En complément des antibiotiques, le médecin peut vous recommander des médicaments pour faire baisser la fièvre et atténuer les sensations douloureuses provoquées par l’angine. Ces médicaments ne sont pas toujours nécessaires mais souvent indispensables si la fièvre persiste au-delà de 2 jours et monte à plus de 38,5 ° C. Le paracétamol est le médicament le plus indiqué dans ce cas. Si votre enfant présente une contre-indication (allergie, maladie grave du foie, phénylcétonurie), vous pouvez lui donner de l’ibuprofène. Quel que soit le médicament, le dosage doit correspondre à l’âge et au poids de votre enfant. Ainsi, si l’enfant a plus de 3 mois, suivez la posologie suivante :
  • pour le paracétamol, un maximum de 60 mg/kilo/jour, à répartir en 4 ou 6 prises ;
  • pour l’ibuprofène, un maximum de 20 à 30 mg/kilo/jour, à répartir en 3 ou 4 prises.

Veillez à n’utiliser qu’un seul type de médicament pour traiter la fièvre liée à la scarlatine. Si vous observez des signes de déshydratation (muqueuses sèches, urines moins fréquentes) ou si une autre infection bactérienne est suspectée par le médecin, ne donnez pas d’ibuprofène. En effet, cela pourrait aggraver l’état de santé de votre enfant. Enfin, nous vous rappelons que l’aspirine ne doit jamais être donnée à un enfant sans un avis médical préalable. Elle expose à un risque de syndrome de Reye, une maladie rare mais aux conséquences très graves.

Repos et surveillance à la maison

Un enfant souffrant de la scarlatine doit être gardé à la maison afin de limiter la contagion. Pensez à prévenir l’école afin que des mesures soient prises par l’équipe enseignante. Deux jours après le début du traitement par antibiotique, l’enfant peut retourner en collectivité sans risquer de transmettre la maladie à ses camarades. En parallèle du traitement de la scarlatine et des médicaments contre la fièvre, il est possible de soulager les symptômes de la maladie en surveillant leur évolution et en prenant régulièrement la température de l’enfant. Plusieurs réflexes l’aideront à mieux supporter les manifestations de la maladie. Il est tout d’abord primordial d’éviter les environnements surchauffés. Privilégiez les pièces fraîches et aérées, entre 18 ° et 20 ° C, et ne couvrez pas trop l’enfant malade. L’objectif est que la chaleur s’évacue naturellement. Pour autant, ne le déshabillez pas complètement pour qu’il n’ait pas froid. Proposez-lui à boire régulièrement, dans l’idéal de l’eau fraîche ou toute autre boisson qu’il apprécie. Cela permettra d’éviter la déshydratation.

Évolution et complications de la scarlatine

À partir du moment où elle est correctement prise en charge, la scarlatine guérit en quelques jours et les complications restent rares. Il faut compter environ 1 semaine entre le début du traitement et la disparition des douleurs et de la fièvre. Dans certains cas, une nouvelle consultation médicale sera nécessaire : symptômes généraux qui persistent plus de 7 jours malgré le traitement, réapparition de la fièvre après 24 heures d’accalmie. Si un autre symptôme vous inquiète, n’hésitez pas à vous rendre de nouveau chez votre médecin.

L’éruption cutanée typique de la scarlatine se résorbe plus lentement que les autres symptômes. Entre le 7e et le 15e jour suivant le début de la maladie, il se produit une desquamation de la peau. La peau des paumes de mains et de la plante des pieds se détache généralement en dernier, par larges lambeaux. Après 6 à 8 jours, l’enduit blanc sur la langue s’estompe et laisse la place à une teinte rouge framboisée, avant un retour à la normale.

Des complications peuvent survenir si la scarlatine n’est pas détectée et donc pas traitée. Cela peut notamment arriver lorsqu’il s’agit d’une forme légère. Les personnes fragiles, atteintes d’une maladie chronique ou sous traitement immunosuppresseur sont les plus à risques de présenter des complications de la scarlatine :
  • pathologies infectieuses (otite, sinusite, pneumonie, adénite cervicale) ;
  • atteintes rénales ;
  • douleurs articulaires sans gravité ou rhumatisme articulaire aigu.

Prévenir la scarlatine et limiter la contagion

Il n’existe pas de vaccin pour prévenir la scarlatine et éviter d’être contaminé. Il est donc important d’être attentif à certaines mesures d’hygiène, surtout en période hivernale, pour limiter au maximum la propagation des bactéries. Ainsi, le lavage des mains doit devenir un réflexe. Préférez un savon liquide plutôt qu’un savon en pain. Frottez vos mains pendant 30 secondes puis rincez-les en les passant sous un filet d’eau. Séchez-les avec une serviette propre ou du papier absorbant à usage unique. Apprenez ces gestes à vos enfants pour qu’il sache les réaliser seul, en particulier lorsqu’il est à l’école. Si vous sortez, veillez à avoir toujours sur vous un gel hydroalcoolique. Ce petit produit est indispensable pour se laver les mains sans eau ni savon.

Coupez régulièrement les ongles de votre enfant avec une paire de ciseaux à ongles adaptée, afin qu’ils restent propres. Glissez un paquet de mouchoirs en papier à usage unique dans ses affaires et rappelez-lui de jeter son mouchoir après utilisation dans une poubelle munie d’un couvercle. Apprenez-lui également à se couvrir la bouche et le nez quand il éternue, pour empêcher les projections de sécrétions.

Lorsque l’un de vos enfants est malade, limitez ses contacts avec ses frères et sœurs. Évitez de partager les objets personnels qu’il utilise ou nettoyez-les soigneusement, avec des lingettes désinfectantes par exemple. Au quotidien, n’exposez pas vos enfants à la fumée de tabac. En effet, le tabagisme passif est un facteur favorisant les infections de la sphère ORL. Aérez votre intérieur tous les jours pendant au moins 10 minutes et utilisez un produit assainissant, sous forme de spray, pour réduire la présence de virus et de bactéries dans l’air ambiant. Enfin, ne chauffez pas trop les différentes pièces, sous peine de voir se multiplier les microbes.


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L’essentiel à retenir

La scarlatine est une maladie infantile qui concerne les enfants entre 5 et 10 ans. Elle est courante en période hivernale et se déclare suite à l’infection par un streptocoque du groupe A. Cette maladie provoque une angine, accompagnée d’une forte fièvre et d’une éruption cutanée caractéristique. Après le diagnostic, la scarlatine fait l’objet d’un traitement par antibiotiques. Elle guérit très bien et entraîne peu de complications chez les enfants qui n’ont pas d’autre problème de santé. Des médicaments contre la fièvre peuvent être prescrits, et il est important de garder l’enfant au domicile pour surveiller son état et limiter la contagion. En effet, la scarlatine n’a pas de vaccin. La prévention s’appuie donc à la fois sur des mesures d’hygiène et sur l’éviction des contacts avec les malades.

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