Traiter une verrue : quelles solutions ?

Traiter une verrue : quelles solutions ?
Les verrues cutanées constituent un phénomène très répandu puisqu’elles concernent plus d’un quart de la population en France. Elles sont observées le plus fréquemment chez les enfants entre 5 et 15 ans, qui développent dans la majorité des cas des verrues vulgaires et/ou plantaires. Toutefois, les adultes peuvent également être touchés par cette affection cutanée. Les verrues sont bénignes et peu contagieuses mais entraînent pour la personne qui en souffre un préjudice esthétique, surtout lorsqu’elles sont situées sur des zones visibles comme les mains ou le visage. D’origine virale, ces excroissances cutanées peuvent prendre différents aspects selon leur localisation et persister plusieurs mois voire plusieurs années avant de disparaître spontanément. Il existe aujourd’hui différents traitements contre les verrues et pour prévenir leur apparition. Les pharmaciens de Pharma GDD vous aident à mieux comprendre l’origine des verrues, à en reconnaître les différents types et vous proposent également leurs conseils pour choisir la solution la plus adaptée en fonction de votre situation.

Comment se forment les verrues ?

Connaissez-vous l’origine et le mode de développement des verrues ? Avant de s’intéresser aux traitements et aux méthodes de prévention, faisons un point sur ce qui entraîne la formation de verrues et sur les différents aspects qu’elles peuvent prendre.

Une origine virale

Les verrues sont également appelées « papillomes viraux », du nom du virus qui est jugé responsable de leur formation sur la peau : le papillomavirus humain ou HPV. Il existe près de 120 formes différentes de ce virus, chacune entraînant un type de lésion particulier. Les papillomavirus sont des virus dits ubiquitaires : ils sont présents à la surface de la peau de nombreuses personnes mais ne provoquent pas systématiquement de dommages. Il y aurait ainsi une proportion d’environ 50 % de porteurs sains.

Toutefois, il suffit d’une lésion même infime sur la peau pour que le virus pénètre au cœur des cellules de l’épiderme. A ce stade, il peut se servir du renouvellement cellulaire pour se développer et proliférer, ce qui entraîne l’apparition d’une ou de plusieurs verrue(s), le plus souvent sur les mains, les pieds et le visage. C’est ce que l’on nomme « cycle productif ». Dans certains cas, le papillomavirus peut rester à l’état de latence pendant plusieurs années et être réveillé suite à un stress ou un affaiblissement des défenses immunitaires.

La médecine n’a pas encore trouvé de solution pour éradiquer le papillomavirus de manière définitive. Cela explique notamment le caractère récidivant des verrues et le découragement des personnes atteintes face aux différents traitements, souvent perçus comme étant inefficaces.

Les différents types de verrues

Plusieurs sortes de verrues se distinguent, principalement en fonction de l’aspect qu’elles prennent, de la zone du corps qui est touchée ainsi que du type de virus HPV qui en est à l’origine. Les verrues vulgaires prennent une forme ronde, surélevée, rugueuse et apparaissent le plus souvent sur les doigts et le dos des mains. Parfois, il arrive qu’elles se développent près des ongles, entraînant alors des anomalies et des douleurs. Les verrues vulgaires peuvent être uniques ou multiples et voir leur taille varier entre quelques millimètres et 1 cm.

On distingue ensuite les verrues plantaires, qui peuvent être uniques ou multiples. Dans le premier cas, on parle de « myrmécie » : la verrue est délimitée par un anneau de corne et parsemée de points noirâtres et peut être douloureuse, surtout pendant la marche. Les verrues plantaires multiples sont appelées « verrues mosaïques ». Superficielles et moins douloureuses, elles se présentent sous forme de plaques de peau épaissie sur lesquelles se développent des lésions.

Les verrues filiformes apparaissent principalement sur le visage et plus particulièrement autour de la bouche et au niveau des zones de rasage (cou). Ce type de verrue est observé plus fréquemment chez les hommes que les femmes. Les verrues planes peuvent quant à elle se développer sur le visage et le dos des mains. Les lésions sont arrondies ou polygonales, de petite taille, saillantes et solides. Elles ont une couleur qui peut être proche de la carnation de la personne atteinte ou un peu plus pigmentée. Les verrues planes sont des lésions multiples qui se développent sous forme de plaques.

Enfin, les verrues génitales, aussi appelées « condylomes », sont dues à la prolifération du virus HPV au niveau des muqueuses ano-génitales. Cette forme particulière de verrue est considérée comme une infection sexuellement transmissible en raison de son mode de contamination.

Les situations favorisantes

Nous l’avons expliqué plus haut, il suffit d’une lésion cutanée bénigne passée inaperçue pour que le virus HPV atteigne les cellules et provoque des verrues. Ainsi, une simple écorchure ou une coupure superficielle peut être un point d’entrée pour le virus et un risque de voir apparaître ensuite une verrue. Toutefois, d’autres facteurs peuvent augmenter ce risque et certaines situations sont particulièrement mises en cause.

Les milieux humides sont régulièrement pointés du doigt car ils installent un terrain favorable au développement de bactéries et notamment du virus HPV. Les piscines, les douches collectives mais aussi une forte transpiration, surtout au niveau des pieds, peuvent ainsi provoquer des verrues.

La vie en collectivité est également souvent jugée responsable dans l’apparition et la prolifération des verrues car elle favorise souvent les contacts étroits entre les individus. Les vestiaires, les salles de sport et les écoles sont ainsi des milieux où les verrues sont très fréquentes.

Les verrues peuvent apparaître plus facilement chez des patients immunodéprimés (VIH) ou qui sont sous traitement immunosuppresseur (après une greffe par exemple) et donc particulièrement vulnérables aux infections et aux virus. Plus étonnant, certaines professions peuvent favoriser la prolifération des verrues. C’est le cas notamment des bouchers, charcutiers, poissonniers, vétérinaires et employés des abattoirs qui sont quotidiennement exposés à des risques de microtraumatismes et de lésions cutanées. Enfin, l’apparition récurrente de verrues peut également être due à un terrain génétique favorable, même s’il ne s’agit pas du facteur de risque principal.


Le risque de contamination

Les verrues sont des lésions cutanées qui restent assez peu contagieuses si on les compare à d’autres infections. Toutefois, un risque de contamination interhumaine existe malgré tout, principalement après un contact cutané direct avec une personne déjà atteinte. La contamination peut aussi être due à une dissémination dans l’environnement de squames épidermiques infectées par le virus HPV. Dans tous les cas, les personnes présentant des lésions cutanées susceptibles d’être touchées par le papillomavirus doivent être vigilantes afin de limiter le risque de verrues.

Une résorption spontanée

Il a été observé qu’environ un tiers des verrues guérissent d’elles-mêmes dans les six mois qui suivent leur apparition sur la peau. Pour les deux tiers restant (notamment chez les enfants), la résorption spontanée peut prendre jusqu’à deux ans. Les verrues n’entraînent généralement pas d’autre conséquence qu’un préjudice esthétique et c’est principalement pour cette raison que les personnes qui en souffrent recherchent un traitement pour les éliminer.

Prévention et bons réflexes pour éviter les verrues

Pour prévenir les verrues et limiter la contamination si des personnes de votre entourage sont déjà touchées, nous vous rappelons quelques conseils et règles d’hygiène de base. Nous vous présentons également une liste non exhaustive de bons réflexes à adopter au quotidien pour éviter les verrues.


Les mesures d’hygiène essentielles

Pour se prémunir contre les verrues, il est nécessaire d’éviter au maximum le contact direct avec les verrues d’une tierce personne. Nous vous recommandons notamment de limiter le partage des affaires de toilette, notamment les serviettes et les gants. Le tapis de bain est votre pire ennemi car il est le siège de milliers de bactéries qui peuvent contaminer toute la famille. Veillez donc à éviter au maximum son utilisation.

De la même manière, ne partagez pas ou n’échangez pas vos chaussettes ou vos chaussures avec une personne qui présente des verrues plantaires, ne marchez pas pieds nus dans les lieux publics et essuyez-vous correctement les pieds après chaque douche, sans oublier les espaces entre les orteils. Cela vous exposerait aux virus, favoriserait leur prolifération et augmenterait donc le risque de verrues. Il existe des protections spéciales pour la piscine vendues dans les magasins de sport. Le spray protecteur 3-en-1 Excilor permet également de protéger les pieds des verrues en installant une pellicule invisible et imperceptible.

Enfin, nous vous conseillons de ne pas réutiliser une lime ou une pierre ponce qui aurait été utilisée précédemment sur une verrue. Les cellules épidermiques infectées par le virus HPV peuvent en effet s’être déposées sur l’outil et se redéposer ensuite sur votre peau.

Les gestes à éviter

Si vous constatez l’apparition d’une ou de plusieurs verrue(s) sur certaines zones de votre corps, il est nécessaire de connaître les gestes à ne pas faire. En effet, vous pouvez être tenté de toucher les verrues sans précautions, ce qui peut avoir pour effet de les aggraver et de ralentir leur disparition. Évitez donc de manipuler, gratter, couper, arracher ou brûler vous-même les verrues. Limitez également l’application de pansement adhésif directement sur les verrues afin de ne pas les fragiliser, ce qui entraînerait une prolifération sur les zones proches de la lésion.

En cas de verrue située sur les doigts, évitez au maximum de ronger les ongles des doigts atteints, toujours dans le but de limiter la prolifération sur une surface plus étendue. Dans l’idéal, portez des gants pour limiter tout contact avec les verrues. Enfin, nous vous recommandons de bien vous laver les mains avant et après avoir été en contact avec une verrue ou avoir appliqué un traitement qui vous aura été conseillé par un médecin ou un pharmacien.

Les traitements contre les verrues

Souvent motivés par l’aspect inesthétique qu’elles entraînent, les traitements contre les verrues ont un objectif qui vise principalement la destruction des lésions visibles. Il existe aujourd’hui différentes méthodes, aucune n’étant considérée meilleure qu’une autre, disponibles librement en pharmacie ou sur prescription pour les verrues très résistantes. Le choix du traitement dépend de l’âge de la personne touchée, du type de verrue et de la localisation. Pour le traitement des verrues ano-génitales (condylomes), il existe un médicament spécifique disponible uniquement sur prescription médicale. Dans ce cas, la consultation auprès d’un gastro-entérologue ou d’un gynécologue est indispensable.

Dans quels cas consulter ?

Dans la plupart des cas, les verrues sont bénignes et ne représentent pas de risque pour la santé. Il est cependant recommandé de consulter un médecin dans les cas suivants :
  • la verrue persiste, se multiplie, réapparaît ;
  • la verrue est douloureuse ;
  • la verrue est située sous un ongle ou le déforme ;
  • la verrue saigne ;
  • le virus HPV s’étend sur d’autres parties du corps ;
  • l’emplacement de la verrue est gênant au quotidien ;
  • la verrue se situe ailleurs que sur les pieds ou les mains.

Les verrucides

Disponibles en pharmacie, les médicaments pour traiter une verrue sont destinés à une application locale et peuvent contenir de l’acide salicylique (dosé entre 10 et 60 %), de l’acide lactique, de l’acide trichloracétique ou de l’acide formique. Ces acides possèdent des propriétés kératolytiques : ils ramollissent la couche cornée et favorisent la desquamation de la peau pour éliminer progressivement la verrue. Présentés sous forme de solution prête à l’emploi ou de pommade, les verrucides doivent être appliqués chaque jour puis recouverts par un pansement occlusif jusqu’à ce que la verrue disparaisse. Certaines personnes présentent des contre-indications à l’utilisation de l’acide salicylique et doivent se tourner vers d’autres méthodes. C’est le cas notamment des enfants âgés de moins de 2 ans, des personnes diabétiques ou souffrant de troubles vasculaires périphériques ou encore des femmes enceintes.

Le nitrate d’argent est également un actif recommandé pour le traitement des verrues en raison de ses propriétés kératolytiques.


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Les traitements physiques

Les méthodes physiques pour le traitement des verrues peuvent entraîner des sensations douloureuses plus ou moins importantes et nécessitent dans certains cas une anesthésie locale. On distingue trois méthodes différentes. La cryothérapie est la solution contre les verrues la plus utilisée car la plus accessible et la plus simple à mettre en place. Il s’agit d’un traitement par le froid qui consiste en l’application d’azote liquide sur les verrues à l’aide d’un spray ou d’un coton-tige maintenu pendant une dizaine de secondes sur la lésion à traiter. Ce traitement contre les verrues peut parfois être efficace dès la première application mais il est recommandé de renouveler l’opération plusieurs fois pour une élimination complète des verrues. La cryothérapie peut être très douloureuse en cas de verrues sur les mains ou proches des ongles.


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Le curetage chirurgical est un traitement contre les verrues destiné surtout aux lésions volumineuses. Il consiste à retirer la verrue et peut laisser une cicatrice douloureuse après l’intervention. Enfin, le laser à gaz carbonique est utilisé principalement pour traiter les verrues plantaires. Un laser vaporise directement sur la lésion du gaz carbonique qui va détruire la verrue. Il s’agit d’une technique coûteuse et contraignante qui comporte un risque de cicatrice de 50 %.

Quelle que soit la méthode utilisée, il est nécessaire de consulter son médecin trois à quatre semaines après le traitement pour s’assurer de la bonne évolution et de la cicatrisation. Le virus HPV ne pouvant être définitivement éliminé, les verrues peuvent récidiver. Il ne faut alors pas se décourager et garder en tête que les lésions guérissent finalement spontanément, sans qu’un traitement ne soit nécessaire.

Les traitements naturels

Pour se débarrasser des verrues, des méthodes naturelles peuvent également être envisagées, des plus simples aux plus étranges. Ainsi, les huiles essentielles peuvent permettre de traiter les verrues. Nous vous conseillons surtout celles de citron, d’arbre à thé (tea tree) et de cannelle, dotées de propriétés antibactériennes, antifongiques et anti-infectieuses qui vont permettre d’éliminer le virus responsable des verrues et d’assainir la zone touchée.


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Certains actifs botaniques sont également connus pour leur action anti-verrues. C’est le cas notamment de la chélidoine, du pissenlit et du thuya dont on peut utiliser directement la sève pour l’appliquer sur les verrues. Ces actifs existent aussi en préparations prêtes à l’utilisation pour plus de facilité. Le lait de figue est lui aussi réputé pour son efficacité sur les verrues.

Enfin, de nombreux remèdes de grands-mères sont conseillés pour traiter une verrue. Parmi eux, nous pouvons citer le mélange de vaseline et de savon noir qui, appliqué directement sur les verrues pendant 24 heures, a pour effet de les ramollir afin qu’elles se détachent d’elles-mêmes. L’ail est également vivement recommandé contre les verrues de par ses propriétés antivirales. Il est particulièrement efficace sur les verrues plantaires. Appliquez une gousse d’ail coupée en deux sur la verrue et fixez avec un bandage adhésif. Laissez agir 48 heures et renouvelez jusqu’à disparition de la verrue.

Enfin, la peau de banane permet elle aussi de traiter les verrues. Elle est en effet naturellement riche en acide salicylique et fonctionne très bien sur les verrues superficielles des mains. Frottez la verrue avec l’intérieur de la peau de banane, laissez sécher puis rincer. Autre option : appliquez la peau de banane en cataplasme et laissez agir toute la nuit.

Quelle que soit l’option que vous choisissez, veillez à bien protéger la peau saine proche de la verrue avec un vernis spécial ou un strapping afin de limiter le risque de réaction qui fragiliserait l’épiderme.

L’essentiel à retenir

Les verrues sont des excroissances cutanées qui apparaissent après une contamination des cellules épidermiques par le papillomavirus humain. Elles concernent plus d’un quart de la population et sont très fréquentes chez les enfants entre 5 et 15 ans. Les verrues peuvent apparaître sur les mains, les pieds ou le visage et disparaissent généralement de façon spontanée. Bénignes et indolores, elles possèdent toutefois un aspect inesthétique qui peut être mal perçu et s’avérer gênant au quotidien. Même si le virus responsable des verrues ne peut pas être éliminé de manière définitive, il existe plusieurs méthodes et traitements pour les éliminer et accélérer leur disparition. Dans tous les cas, le traitement contre les verrues choisi doit être adapté à l’âge, au type de verrue et à la localisation sur le corps. Si besoin, n’hésitez pas à consulter un dermatologue.