Que faire en cas de conjonctivite allergique ?

Que faire en cas de conjonctivite allergique ?
La conjonctivite constitue un motif très fréquent de consultation chez l’ophtalmologiste. Il s’agit d’une affection oculaire qui touche la conjonctive, membrane qui recouvre la partie blanche de l’œil et l’intérieur des paupières. La conjonctivite peut être d’origine virale, bactérienne, allergique ou irritative.

La conjonctivite allergique concernerait entre 7 et 10 % de la population. Fréquente et sans danger pour la vision quand elle n’entraîne pas de complication, cette forme de conjonctivite est due à un contact avec un agent allergisant et ne présente pas de risque de contamination, contrairement aux conjonctivites bactériennes et virales. Les pharmaciens de Pharma GDD vous donnent les clés pour reconnaître les manifestations de la conjonctivite allergique et vous indiquent les bons réflexes à avoir pour la soigner rapidement et prévenir son apparition.

Causes et symptômes de la conjonctivite allergique

La conjonctivite allergique débute généralement au printemps avec le retour des agents allergisants. Elle est souvent associée à une rhinite allergique provoquant des éternuements fréquents et un écoulement nasal. La conjonctivite allergique peut récidiver régulièrement tant que l’exposition à l’allergène responsable perdure.

Les origines de la conjonctivite allergique

La survenue d’une conjonctivite allergique est due à un contact entre les yeux et un allergène. Suite à ce contact, le corps produit un anticorps appelé immunoglobuline E. Celui-ci déclenche ensuite l’activation de cellules spécifiques, les mastocytes, au niveau des yeux et des voies respiratoires. Ce sont ces cellules qui sont à l’origine de la libération de substances inflammatoires, dont l’histamine, et des symptômes d’allergie.

Les principaux allergènes

De nombreuses substances peuvent être responsables d’une conjonctivite allergique. Les plus fréquentes sont bien évidemment les pollens de graminées, d’arbres et d’herbacées, qui se développent surtout au printemps, période qui marque une augmentation des réactions allergiques.

Les acariens, les poils d’animaux, la poussière, les produits de maquillage (mascara, fard à paupière), les cosmétiques (soin pour le contour des yeux), les moisissures ou encore le chlore sont également des éléments qui peuvent provoquer une conjonctivite allergique.

Les symptômes de la conjonctivite allergique

La conjonctivite dans sa forme allergique atteint les deux yeux. Les symptômes qui permettent de la reconnaître sont une rougeur du blanc de l’œil et de l’intérieur des paupières, des démangeaisons entraînant une sensation de « grain de sable » dans les yeux, des picotements, un larmoiement, des sécrétions matinales et un gonflement des paupières (œdème palpébral).

Dans certains cas, la conjonctivite allergique peut causer une vision floue par intermittence ou une sensibilité à la lumière (photophobie). Ces deux symptômes peuvent être gênants mais n’entraînent pas de baisse de l’acuité visuelle.

Les ophtalmologistes distinguent la conjonctivite allergique pollinique, également appelée rhinoconjonctivite saisonnière, et la conjonctivite allergique perannuelle qui constitue une forme persistante de conjonctivite, parfois difficile à diagnostiquer. En cas de conjonctivite allergique perannuelle, la rougeur du blanc de l’œil est fréquente mais le gonflement des paupières beaucoup plus rare, ce qui peut entraîner des erreurs de diagnostic vers une sécheresse oculaire ou une blépharite. Cette forme de conjonctivite est due le plus souvent à une hypersensibilité à un acarien présent dans l’air ambiant.

Si un doute persiste quant à la nature de la conjonctivite, il est recommandé de consulter un spécialiste afin d’écarter une plus importantes comme une kératite infectieuse (inflammation de la cornée), une uvéite (inflammation de l’uvée) ou un glaucome aigu, des pathologies qui impactent la vision et provoquent des douleurs oculaires parfois insupportables.

Les traitements pour soigner une conjonctivite allergique

Dans la plupart des cas, la conjonctivite allergique guérit rapidement et de manière spontanée à partir du moment où la personne touchée n’est plus en contact avec l’allergène responsable. Cependant, si les symptômes persistent, différents traitements peuvent être envisagés.

Les premiers réflexes

Si vous présentez les premiers signes d’une conjonctivite allergique, le premier réflexe à avoir consiste à identifier l’allergène qui en est à l’origine et éviter de vous y exposer. Un bilan allergologique permet de connaître l’agent allergisant et facilite donc son éviction.

Pour atténuer les symptômes de la conjonctivite allergique, il faut veiller à procéder régulièrement à la lubrification des yeux. Cette méthode permet de rincer la surface oculaire et de diminuer la durée du contact de l’allergène sur la conjonctive. Pour nettoyer et humidifier vos yeux, vous pouvez utiliser du sérum physiologique ou une solution oculaire à base d’acide salicylique ou associant du borate de sodium et de l’acide borique. Ces actifs ont des propriétés antiseptiques, anti-inflammatoires, apaisantes et décongestionnantes qui soulagent les symptômes caractéristiques de la conjonctivite allergique. Utilisez de préférence une solution sans conservateurs, qui peuvent aggraver les symptômes. Après chaque nettoyage des yeux, tamponnez-les délicatement avec un mouchoir en papier ou une compresse stérile.

Si vous portez des lentilles de contact, il est recommandé de les retirer jusqu’à la guérison totale de la conjonctivite allergique. Pensez également à utiliser une nouvelle paire de lentilles (en particulier si vous utilisez des lentilles jetables) et désinfectez-les correctement sans oublier l’étui.

Les collyres anti-allergiques

Parfois, ces soins ne suffisent pas à traiter une conjonctivite allergique et les symptômes peuvent persister. L’utilisation de collyres anti-allergiques en gouttes est alors préconisée. En effet, les antihistaminiques H1 sous forme de collyre agissent rapidement et efficacement sur les manifestations de la conjonctivite allergique. Les collyres anti-allergiques freinent la libération d’histamine par les mastocytes, réduisent le larmoiement et les démangeaisons. Toutefois, ils ne permettent pas d’éliminer l’agent allergisant responsable de la conjonctivite allergique.

Certaines règles d’hygiène doivent être suivies lorsque vous utilisez un collyre anti-allergique. Dans un premier temps, pensez à avertir votre médecin ou votre pharmacien si un autre collyre vous a été prescrit. En cas d’association d’un collyre en gouttes avec une pommade ou un gel, il est important de respecter un mode d’administration précis.

Lavez-vous soigneusement les mains avant l’ouverture du collyre afin d’éviter le dépôt sur la surface oculaire de substances qui pourraient aggraver la conjonctivite.

L’instillation du collyre anti-allergique doit être effectuée après un délai d’au moins quinze minutes après le nettoyage des yeux. Préférez les formats unidoses qui limitent la contamination bactérienne, contrairement aux flacons. Un collyre en unidose s’utilise une seule fois et doit ensuite être jeté. Lorsque vous déposez les gouttes sur la surface de l’œil, veillez à ne pas mettre en contact l’embout du contenant avec l’œil ou les paupières.

Les traitements par voie orale

Lorsque la conjonctivite allergique s’accompagne d’une rhinite, des antihistaminiques H1 par voie orale permettent de traiter l’ensemble des symptômes. Il arrive que la prescription de corticoïdes oraux soit également nécessaire, surtout en cas de conjonctivite allergique sévère résistante aux antihistaminiques. Le traitement par corticoïdes nécessite la surveillance par un ophtalmologiste.

Quand consulter ?

Si la conjonctivite allergique présente des symptômes inhabituels, résiste à tous les traitements ou s’aggrave, la consultation de votre médecin traitant ou de votre ophtalmologiste est vivement conseillée. Si vos yeux sont plus gonflés que lors d’épisodes antérieurs ou si vous avez une fièvre supérieure à 38 ° C, la visite chez l’ophtalmologiste doit se faire dans la journée afin de rechercher une autre affection et adapter le traitement.

Prévenir la conjonctivite allergique

Certains gestes simples peuvent permettre de prévenir la conjonctivite allergique et d’éviter les symptômes gênants qu’elle entraîne.

Le bilan allergologique

La première mesure préventive recommandée en cas de conjonctivite allergique est la réalisation d’un bilan allergologique prescrit par le médecin traitant qui oriente ensuite vers un spécialiste. Le bilan allergologique est réalisé par des tests cutanés et/ou sanguins et permet d’identifier le ou les allergène(s) responsable(s) d’une réaction allergique. Cela facilite ensuite l’éviction de ce-dernier et réduit donc les risques d’être confronté à une conjonctivite allergique.

Les activités en extérieur

Si vous pratiquez souvent des activités en extérieur (sport, jardinage, promenades, etc.), pensez à vous protégez en portant des lunettes de protection afin de limiter au maximum le contact avec les allergènes. Soyez particulièrement attentif durant les périodes propices au développement des pollens et renforcez si besoin la protection par le port d’un masque.

Le site du  (RNSA) vous permet d’accéder à des données précises concernant la quantité de pollens présente dans l’air en fonction des différentes régions et d’adapter vos activités en conséquence.

Le maintien d’un environnement sain

Il est recommandé aux personnes sujettes aux conjonctivites allergiques de nettoyer régulièrement et minutieusement leur habitat ainsi que leur voiture (notamment les filtres de la climatisation). Cela permet de réduire la présence d’acariens, de poils d’animaux et de poussière qui peuvent être la cause d’une conjonctivite allergique persistante.


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Attention à la climatisation

Si elle est fort appréciée pendant les périodes de chaleur et les longs trajets en voiture, la climatisation peut être un faux ami pour les personnes allergiques. En effet, si elle est mal entretenue ou si les filtres sont en mauvais état, la climatisation peut laisser passer des particules de poussière et devenir une source d’acariens et de moisissures.

Pour limiter les risques de conjonctivite allergique, il est conseillé d’éviter de faire entrer de l’air dans l’habitacle de la voiture pendant les périodes riches en pollens mais également de s’assurer de l’entretien du système de climatisation sur votre lieu de travail.

L’humidification régulière des yeux

Comme nous l’avons précédemment, l’humidification des yeux est un geste essentiel à pratiquer plusieurs fois par jour pour éviter la conjonctivite allergique et en atténuer les premiers signes. Lorsque la surface de l’œil est humidifiée, elle devient moins adhérente, ce qui empêche les agents allergisants de s’y fixer. Pour humidifier vos yeux au cours de la journée, les larmes artificielles en unidoses conviennent parfaitement. Elles se transportent facilement, ce qui favorise leur utilisation dans n’importe quelles circonstances.

Pour en savoir plus sur l’utilisation des larmes artificielles, consultez notre fiche conseil : « Yeux secs et fatigués : pensez aux larmes artificielles ».


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L’essentiel à retenir

Le printemps et le retour des pollens marquent l’augmentation des conjonctivites allergiques. Rougeurs, démangeaisons, picotements et larmoiement sont les principales manifestations de cette affection due aux allergènes présents dans l’environnement. La conjonctivite allergique se traite facilement en évitant l’allergène impliqué et en utilisant des collyres. Certains gestes permettent également de prévenir cette forme de conjonctivite et d’empêcher l’aggravation des symptômes.