Mycose des ongles : prévenir et traiter l'onychomycose

Mycose des ongles : prévenir et traiter l'onychomycose
La mycose des ongles, ou onychomycose, est une affection courante d’un ou plusieurs ongles consécutive à une infection par des champignons ou, plus rarement, par des moisissures. Si elle est relativement commune, encore faut-il correctement la diagnostiquer et ne pas la confondre avec une autre maladie. Une fois installée, la mycose des ongles doit impérativement être éliminée, parfois au prix du suivi d’un traitement long et exigeant. Il est incomparablement plus facile de la prévenir que de la soigner.

Qu’est-ce que la mycose des ongles et comment se développe-t-elle ? Comment la prévenir ? Quels sont les traitements adaptés ? La réponse à ces questions grâce à Pharma GDD !

Qu'est ce que la mycose des ongles ?

La mycose des ongles ou onychomycose (du grec Onycho – ongle – et Mycose – champignon) est une infection des ongles très répandue, puisqu’elle concernerait entre 7 et 10 % de la population mondiale. C’est l’affection des ongles la plus courante : elle est la cause de 50 % des cas de maladies d’ongles dans la population.

Une infection courante de l’ongle par des micro-organismes

L’onychomycose est due à une infection par des micro-organismes. Dans 80 % des cas, ce sont des champignons filamenteux, les dermatophytes, qui sont à l’origine de la mycose des ongles. Plus rarement, des levures de type Candida ou des moisissures peuvent en être la cause. Tous les ongles peuvent être infectés, ceux des doigts des mains comme ceux des orteils. Néanmoins, les orteils sont beaucoup plus souvent concernés que les doigts par l’onychomycose.

On distingue 5 types de mycose des ongles :

- L’onychomycose sous-unguéale disto-latérale, caractérisée par une infection du lit de l’ongle. Elle commence à la jonction entre l’ongle et la pulpe du doigt avant de s’étendre, parfois jusqu’au début de l’ongle (la matrice). Ce dernier s’épaissit et se colore en jaune-brun. C’est la forme la plus couramment rencontrée.

- L’onychomycose sous-unguéale proximale, qui commence à la racine de l’ongle puis s’étend. L’ongle prend une couleur blanche.

- L’onychomycose superficielle : elle se développe directement sur la partie dure de l’ongle (la tablette) et se caractérise par des plaques blanches crayeuses.

- L’onychomycose endonyx : l’infection se développe à l’intérieur même de la tablette. L’ongle présente des taches blanches et des dépressions.

- L’onychomycose dystrophique totale. C’est la destruction de l’ongle, potentiel développement de l’infection. L’ongle est déformé et friable.

Les symptômes et le diagnostic de la mycose des ongles

Le principal symptôme de l’onychomycose est le changement d’aspect de l’ongle. Il s’épaissit, se colore ou présente des plaques de couleur et se déforme. La mycose des ongles peut également s’accompagner d’une odeur désagréable au niveau de l’ongle infecté. L’onychomycose devant être traitée le plus tôt possible, il vaut mieux consulter rapidement un médecin. Mais si l’aspect de l’ongle est un bon indicateur, il n’offre pas une certitude absolue. En effet, la mycose de l’ongle peut aisément être confondue avec un psoriasis. D’autres affections modifient l’aspect des ongles (lichen plan, maladie de Bowen, pelade…) sans impliquer d’onychomycose. Enfin, le port constant de vernis à ongle, sans pause ni nettoyage entre les applications, entraîne une modification de la surface de l’ongle : un phénomène appelé « granulation de kératine ». Elle peut elle aussi être pris à tort pour une onychomycose.

Pour à la fois confirmer le diagnostic de mycose des ongles et identifier le type de micro-organisme impliqué, un prélèvement de l’ongle pour analyse par un laboratoire doit impérativement être effectué. Ce prélèvement sera, selon la situation, réalisé par grattage ou par découpage. Le résultat sera disponible au bout de 4 jours s’il s’agit d’une infection due à un Candida, de 21 jours en cas d’infection par un dermatophyte. Ce prélèvement, fondamental pour correctement orienter le soin, n’est que très rarement réalisé : 3 % des patients chez lesquels une onychomycose était suspectée font l’objet d’un prélèvement en France. Le médecin pourra demander l’arrêt de la prise de médicaments antifongiques (contre les champignons) avant prélèvement, ceux-ci risquant de brouiller les résultats de l’analyse.

Les facteurs de risque

Les champignons responsables de la mycose des ongles sont répandus dans notre environnement. Nous cohabitons avec eux sans difficulté la plupart du temps. Mais il arrive, sous l’influence de divers facteurs, que ces champignons génèrent des mycoses.

Les facteurs facilitant l’apparition d’onychomycoses :

- Le fait de travailler dans un milieu chaud et humide. Ainsi, les personnes œuvrant dans les milieux de la restauration ou de la coiffure risquent l’apparition de mycoses aux ongles des doigts. Les personnes fréquentant les spas et piscines sont à risque d’onychomycose aux orteils. En général, les habitants des pays tropicaux développent plus de mycoses des ongles que ceux des pays tempérés.

- L’effet de macération provoqué par des chaussures fermées portées sur une longue durée. Les populations à risque sont ici les travailleurs équipés de chaussures de sécurité, les militaires et certains sportifs. Dans le même registre, les chaussures trop étroites entraînent une déformation de l’ongle conduisant parfois à l’onychomycose.

- Le port d’ongles artificiels.

- Les ongles abîmés par les micro-traumatismes aux pieds, portes d’entrée à une contamination. A l’origine de ces micro-traumatismes : de mauvaises chaussures et la pratique de certains sports.

- La vie en collectivité favorise la transmission des micro-organismes à l’origine des mycoses, notamment via les squames de peau porteuses de champignons tombées au sol. Sont particulièrement concernés par ce phénomène : les militaires, là encore, certains sportifs (contamination en marchant pieds nus dans un vestiaire collectif), les participants aux colonies de vacances...

A côté de ces facteurs environnementaux, l’âge ou certaines maladies créent des terrains propices au développement d’onychomycoses.

- Un affaiblissement de l’immunité diminue les défenses de l’organisme face aux micro-organismes et facilite donc l’infection. Les personnes atteintes du VIH ou immunodéprimées sont susceptibles de voir l’apparition de mycoses sur leurs ongles.

- Les personnes âgées constituent une population particulièrement à risque, en raison de plusieurs facteurs. La diminution de la souplesse entraîne un moindre soin porté aux ongles des orteils. Les troubles sanguins des membres inférieurs induisent une mauvaise circulation et donc une immunité diminuée aux extrémités. Ainsi, 30 % des personnes âgées de 60 ans et plus souffrent d’onychomycose.

- Les diabétiques risquent également le développement de mycoses des ongles.

- Enfin, certaines affections dermatologiques non traitées peuvent se propager à l’ongle, suscitant des onychomycoses. C’est notamment le cas de l’intertrigo inter-orteils, ou « pied d’athlète ».

- L’hyperhidrose (transpiration excessive), par l’humidité qu’elle génère, créée une macération dans des chaussures non aérées, situation facilitant l’apparition de mycoses des ongles.

Quelles sont les conséquences de la mycose des ongles ?

Si elle n’est pas traitée, l’onychomycose peut altérer considérablement la qualité de vie. Pour des raisons esthétiques, la personne atteinte cherchera à dissimuler ses ongles atteints. L’ongle surépaissi gênera la marche, diminuant la mobilité. S’il présente des aspérités, l’ongle malade déchirera les vêtements (chaussettes). La mycose non soignée facilitera le développement d’autres maladies, provoquant des douleurs. Enfin, l’infection pourra s’étendre aux autres ongles. L’érysipèle, une inflammation aiguë de la jambe, est une complication possible d’une onychomycose non soignée.

Comment soigner une mycose des ongles ?

Un traitement adapté à chaque situation

Le traitement de l’onychomycose peut s’avérer long et fastidieux. Il dure 6 mois pour les ongles des doigts, entre 9 mois et un an pour les ongles des orteils, qui se renouvellent plus lentement que ceux des mains. Le médecin, une fois son diagnostic confirmé, prescrira généralement des médicaments antifongiques. Les principales molécules de ces médicaments sont la terbinafine, le fluconazole, l’itraconazole et la griséofulvine, même si cette dernière est moins performante. L’amphotéricine B est parfois utilisée contre certaines moisissures. Pour plus d’efficacité, considérant que les champignons peuvent être très résistants, plusieurs fongicides peuvent être prescrits pour être associés.

Le traitement d’une mycose des ongles est généralement local, parfois local et général. Ainsi, dans ce dernier cas, le patient devra par exemple appliquer un vernis ou une pommade sur l’ongle mycosé et prendre en plus un médicament par voie orale. Dans certains cas (infections superficielles, modérées, sans atteintes de la matrice de l’ongle), un traitement local par pommade ou vernis, voire un simple grattage, peut suffire à enrayer l’onychomycose. Le type de traitement dépend de chaque situation et du micro-organisme impliqué.

Le retrait ou l’amincissement de l’ongle pour permettre à l’antifongique local d’atteindre les zones infectées peut s’avérer nécessaire. Des produits kératolytiques (détruisant la kératine, la substance qui constitue l’ongle) sont disponibles : SVR Xérial 40 Ongles gel et Onyster. Ils contiennent 40 % d’urée, un actif kératolytique qui va ramollir l’ongle. Ils permettent de réduire progressivement l’épaisseur de l’ongle, facilitant son élimination si besoin.

Le traitement pour mycose des ongles doit être scrupuleusement suivi, pour minimiser le risque de récidive. Enfin, des cosmétiques revitalisant l’ongle, lui donnant meilleure allure et contiennent même des actifs acidifiants ou étouffants défavorable au développement des champignons ainsi que des sprays  diminuant le risque de récidive sont disponibles.


Notre sélection :

Pour éviter toute extension de la contamination ou recontamination, il convient de désinfecter soigneusement les ciseaux et autres coupes-ongles utilisés lors des soins. De même, le port de gants est recommandé. Enfin, en cas d’apparition d’onychomycose, il faut se débarrasser des vernis à ongles entamés. Emmenés par le pinceau lors d’une application, les spores de champignons ont la capacité de survivre dans le flacon et, déposés sur un ongle au cours d’une nouvelle application, ils peuvent s’y développer.  

Les huiles essentielles contre la mycose des ongles

Certaines huiles essentielles ayant une action antifongique, leur utilisation contre l’onychomycose peut être intéressante. Certaines s’utilisent en application locale, mélangées dans une préparation : les huiles essentielles de tea tree, de melaleuca, de lavande aspic, de lemongrass, de sauge officinale, de listée citronnée, de laurier noble, de palmarosa et de géranium. D’autres se prennent par voie orale : huiles essentielles de cannelle, de clou de girofle, d’origan compact ou encore de thym à thymol. Demandez conseil à votre pharmacien en raison des contre-indications des huiles essentielles. Le stylo Nailner, disponible en pharmacie, est formulé aux huiles essentielles. Il est spécialement conçu pour contrer le développement de la mycose des ongles.

L’homéopathie en cas d’onychomycose

En homéopathie, trois souches sont réputées pour leurs effets en cas de mycose des ongles : Antimonium crudum, Graphites, Dermatophagoïdes. La première est issue de l’antimoine, la deuxième du graphite, la troisième d’un acarien. Ces médicaments homéopathiques sont à utiliser en complément pour traiter le problème de fond, en plus du traitement antifongique local et/ou général.

Les remèdes « maison »

L’ail a des propriétés antifongiques reconnues, ce qui en fait un allié idéal en cas d’onychomycose. Il s’applique broyé sur la zone infectée. Attention toutefois aux irritations et aux réactions allergiques potentielles. Des bains de pieds dans de l’eau mêlée de vinaigre auraient aussi un effet antimycosique. Ces solutions ne dispensent pas de consulter un médecin.

Comment prévenir l'onychomycose ?

En matière de mycose des ongles, mieux vaut prévenir que guérir. Quelques mesures simples permettent d’éviter la survenue de l’infection (et le suivi d’un traitement long et exigeant) ou la recontamination après une première onychomycose.

Porter des vêtements adaptés

Les ongles des orteils étant plus souvent atteints que ceux des doigts par les mycoses, une attention particulière doit être portée aux pieds. Elle passe par le port de vêtements et chaussures qui n’étouffent pas les pieds et les laissent respirer. Les chaussettes légères, en fibres naturelles (coton/fil d’Ecosse, laine…) sont à privilégier. Les chaussures doivent laisser passer l’air, ne doivent pas être trop étroites et respecter le pied. Elles sont à désinfecter régulièrement à l’aide d’un spray adapté.

Adopter une bonne hygiène de vie

Les champignons appréciant l’humidité et la chaleur, il faut veiller à sécher attentivement ses orteils (et les espaces entre eux) à la sortie de la douche ou du bain dans la salle de bain. Ils devront être régulièrement inspectés, pour repérer le plus tôt possible l’apparition d’un problème. Les chaussettes doivent être changées tous les jours. Idéalement, elles sont lavées à 60°C, tout comme les serviettes et tapis de bain ainsi que les draps. A cette température, les spores des champignons sont éliminées.

A la piscine, à l’hôtel, dans les vestiaires et les douches collectives, le port de sandales de bain est impératif. Elles devront également être désinfectées avec régularité. Autre solution lorsque les sandales ne sont pas envisageables (danse, yoga, arts martiaux…) : le spray protecteur Exilor qui créera une barrière invisible prévenant l’infection.Il vaut mieux éviter de marcher pieds nus sur un tapis, et plus encore sur un tapis de bain partagé par plusieurs personnes. De même, l’utilisation commune de serviettes au sein d’une même famille est à proscrire.

L’affaiblissement immunitaire étant un facteur favorisant le développement d’onychomycoses, booster ses défenses immunitaires fait partie des mesures à envisager. La correction des troubles de la circulation sanguine dans les membres inférieurs supprimera un autre facteur de développement mycosique. Les personnes qui transpirent excessivement ont parfois les pieds qui macèrent dans leurs chaussures, phénomène propice à l’apparition de mycoses. Des solutions existent, permettant de diminuer la production de sueur.


Notre sélection :

Une bonne prévention minimisera le risque de survenue de mycoses des ongles. En cas d’infection, consultez sans tarder un médecin pour bénéficier d’une prise en charge la plus précoce possible. Mieux vaut éviter que l’infection ne se propage. Et s’il faut éliminer l’ongle, pas d’inquiétude : les produits à l’urée agissent efficacement et sans douleur.