Comment stopper un saignement ?

Comment stopper un saignement ?
On a tous expérimenté une petite blessure occasionnant un saignement. Les situations à l’origine de ces incidents sont nombreuses : bricolage, cuisine, sport… Le rasage produit aussi son lot de coupures. La langue et le nez sont susceptibles de saigner de façon parfois importante. Inutile de paniquer à la vue du sang : il convient de bien distinguer la situation qui relève de l’urgence de celle qui peut se traiter sur place, et de pratiquer les bons gestes pour stopper le saignement et favoriser la coagulation. Pharma GDD vous renseigne sur la meilleure façon de réagir face à un saignement et sur le matériel nécessaire.

La coupure superficielle

Les plaies simples comme les écorchures ou les petites coupures sont souvent bénignes et guérissent sans difficulté. Et heureusement, étant donné le fait que nous en subissons régulièrement lors de certaines activités. Quelques techniques permettent de stopper le saignement et assurent une bonne coagulation. Il faut toutefois éviter les « remèdes de grand-mère » potentiellement nuisibles et savoir différencier la plaie simple que l’on peut traiter chez soi de la blessure nécessitant la consultation d’un médecin, voire le passage aux urgences.

La compression

Le geste fondamental pour arrêter un saignement, quelle que soit son intensité, est la compression de la blessure. L’idée est d’interrompre le flux sanguin. Notre sang contient des cellules spéciales, les plaquettes, qui assurent la coagulation. Celles-ci, en cas de blessure, s’agglutinent et forment un réseau fibreux qui fait cesser le saignement. Mais pour qu’elles puissent agir, il faut que le flux de sang ralentisse.

Le corps dispose d’un mécanisme pour diminuer l’écoulement du sang au niveau de la zone lésée : la vasoconstriction, c’est-à-dire la diminution du diamètre des vaisseaux sanguins à proximité de la plaie. Le resserrement des vaisseaux diminue le flux sanguin et aide ainsi à la coagulation par les plaquettes. Pour continuer à assurer l’approvisionnement en sang des zones non blessées, les vaisseaux sanguins proches connaissent, eux, le phénomène inverse : une vasodilatation.

On peut aider le processus de vasoconstriction et la coagulation de plusieurs façons, la plus simple étant la compression de la plaie. Il s’agit simplement d’exercer une pression sur la plaie pour diminuer l’écoulement du sang et ainsi faciliter la coagulation. Plus la force appliquée pour réaliser cette pression est localisée sur une petite surface, plus la compression est efficace. Il est donc préférable de cibler avec précision la zone de la plaie sur laquelle on va exercer la compression et d’appuyer sans trop forcer, simplement de manière à arrêter le saignement.

Pour bien la réaliser, il faut préalablement se laver les mains. On peut utiliser du savon ou se tourner vers les solutions pour lavage de mains. Autre possibilité : enfiler une paire de gants médicaux. Ces gestes éviteront de contaminer la plaie en apportant des éléments extérieurs susceptibles de provoquer une infection.


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Avant de compresser la plaie, il faut la nettoyer et parfois, la désinfecter. En effet, des corps étrangers (graviers, débris de verre, poussière…) ont pu s’insérer dans la plaie. Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter à la fiche Comment désinfecter une plaie ?.

Le fait de mettre une compresse de gaze sèche et stérile aide le phénomène de coagulation. En effet, la compresse va retenir le sang au niveau de la plaie et ainsi faciliter le travail des plaquettes. Le fait d’avoir recouvert la plaie va également contribuer à la maintenir propre, protégée des souillures.

Enfin, on peut aussi se tourner vers les produits aux propriétés hémostatiques (qui stoppent le saignement) pour faciliter la coagulation. Il existe des solutions faciles à manipuler et à transporter ou ranger, sous forme de crayons, de pommades ou de sprays. Certains pansements incluent un agent hémostatique.


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L’élévation

Lorsque cela est possible, on peut placer la zone de la plaie en surélévation, au-dessus du niveau du cœur. Ce geste simple va avoir pour effet de rendre plus difficile le trajet du sang vers la plaie et donc de le ralentir.

Les coupures de rasage

On éponge les restes de mousse à raser et on découvre les traces laissées par le passage du rasoir : de petites coupures marquant la peau. Pour les hommes, ces marques apparaissent au plus mauvais moment : c’est le matin, le temps manque et personne n’a envie d’arriver au travail le visage couvert d’estafilades et la chemise tachée par les gouttes de sang. Nombreux sont ceux qui ont essayé la première chose qu’ils avaient sous la main à ce moment-là, comme le papier toilette, pour tenter d’arrêter le saignement mais mieux vaut se tourner vers des produits spécifiques ou utiliser la pierre d’Alun, qui a également des capacités hémostatiques. Les pansements spéciaux pour les coupures de rasoir couvriront les blessures en leur permettant de cicatriser.


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Ces coupures sont en règle générale sans gravité. Cependant, il peut arriver qu’elles surviennent sur un grain de beauté. Il faut alors les désinfecter et demander un rendez-vous chez un dermatologue. Mais le mieux est encore de prévenir les coupures, en préparant la peau et les poils au passage de la lame. Pour un rasage parfait, agréable et sans coupures, vous pouvez consulter notre fiche Comment se raser ou entretenir sa barbe ?.

Les coupures de la langue

La langue est parfois sujette à des coupures provoquée par des morsures accidentelles. La plupart du temps, il s’agit de plaies superficielles survenant lors d’un repas. Plus rarement, la langue est coupée, parfois profondément, lors d’un choc ou d’une chute. Enfin, on observe également des morsures de la langue lors des convulsions.

Pour bien traiter les morsures de la langue et stopper le saignement, il faut d’abord rincer la blessure à l’eau froide. Ensuite, on appliquera une compression sur la lésion à l’aide d’une compresse, bouche fermée, et ce, pendant 10 minutes. Attention : il ne faut pas utiliser de coton.

Ce genre de blessure guérit en quelques jours. Pendant la cicatrisation, la nourriture salée ou acide est susceptible de provoquer des petites douleurs au niveau de la zone blessée.

L’intérieur de la bouche est également une zone subissant souvent des morsures ou des petites blessures qui saignent, notamment suite au port d’appareils dentaires. L’acide hyaluronique, une substance naturellement produite par l’organisme et possédant des propriétés cicatrisantes, se trouve alors en quantité insuffisante pour faire face aux lésions. Des gels buccaux apportent de l’acide hyaluronique facilitant la guérison de ces petites plaies.


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Quand consulter ?

Il faut contacter le SAMU (15) si le sang n’arrête pas de couler après 30 mn de compression ou en cas de plaie grave. Les critères permettant de différencier une plaie simple d’une plaie grave nécessitant un avis médical urgent sont les suivants :

  • la plaie saigne abondamment,
  • est profonde,
  • est provoquée par une morsure d’animal,
  • est localisée près d’un œil ou d’un orifice du corps,
  • si elle présente un aspect déchiqueté ou nécrosé.
La présence d’un ou de plusieurs de ces critères indique une plaie grave.

Il est parfois difficile, avec la tension et le stress qui accompagnent parfois une blessure, de déterminer si la plaie saigne énormément ou non. Pour l’estimer, on peut pratiquer le test du mouchoir. Si, après avoir été placé sur la blessure, le mouchoir est intégralement imbibé de sang en quelques secondes, c’est un signe objectif d’un saignement abondant.

Même si la plaie est simple, les secours doivent être joints si la personne concernée souffre d’un trouble entraînant une immuno-dépression, si elle est atteinte de diabète, d’hémophilie, de maladie de Willebrand ou si elle est sous traitement anti-coagulant.

Il faut consulter un médecin :

  • s’il y a des signes d’infection : fièvre, et rougeur, chaleur, gonflement et douleur au niveau de la zone atteinte,
  • si la plaie ne guérit pas après plusieurs jours ou s’aggrave,
  • s’il reste des corps étrangers dans la plaie que le nettoyage n’est pas parvenu à faire partir,
  • en l’absence de vaccination contre le tétanos ou si les rappels de vaccination n’ont pas été effectués.
Enfin, les plaies à la main peuvent avoir des conséquences graves et générer un handicap. En effet, une coupure de seulement 2 mm de profondeur est susceptible d’atteindre un nerf. Il ne faut donc pas hésiter à prendre rapidement contact avec un médecin en cas de doute sur une blessure à la main.

Le saignement de nez

Il est aussi appelé « épistaxis ». C’est la plupart du temps un saignement sans gravité. Le sang qui coule du nez provient des fosses nasales dont la muqueuse, riche en vaisseaux sanguins, est très fragile. Ses causes sont multiples : sécheresse de l’air, choc, allergie, exposition à des produits toxiques, rhume, alcool… Parfois, on a l’impression de saigner du nez sans raison. Certains médicaments comme les AINS (anti inflammatoires non stéroïdiens) comme par exemple l’ibuprofène, ou les anticoagulants, peuvent être à l’origine d’épistaxis.

Comment réagir quand on saigne du nez ?

Pour arrêter un saignement de nez, il faut s’asseoir et pencher légèrement la tête en avant, puis pincer à l’aide du pouce et de l’index la partie osseuse en haut du nez, entre les yeux. Il faut alors descendre lentement le long du nez, toujours en pinçant, jusqu’à parvenir à l’endroit où est située la blessure. C’est l’interruption du flot de sang qui indique que l’on a atteint cette zone. Il faut alors continuer à pincer pendant 5 minutes, puis desserrer pour évaluer la situation et, si besoin, resserrer pendant 5 autres minutes. Dans certains cas, il faudra utiliser des tampons hémostatiques pour interrompre le saignement.

Dans quels cas consulter ?

Certaines situations relèvent des urgences. Il faut contacter le SAMU (15) :

  • si c’est un enfant âgé de moins de deux ans qui saigne du nez,
  • lorsque l’écoulement de sang ne cesse pas malgré une compression de 30 mn,
  • lorsqu’il est important et se fait par les deux narines et dans l’arrière-gorge,
  • lorsque le sang gêne la respiration,
  • le saignement est associé à d’autres symptômes : malaise, sueurs, pouls rapide, anxiété, pâleur…
  • quand il survient suite à un traumatisme grave,
  • le saignement de nez concerne une personne atteinte de troubles de la coagulation (hémophilie, maladie de Willebrand) ou sous traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire.
Il faut consulter un médecin en cas de saignements de nez à répétition : ils signent peut-être la présence d’une maladie chronique.

Les gestes à éviter

Plusieurs « remèdes de grand-mère » pour stopper un saignement sont parfois conseillés mais sont en réalité à éviter. Ainsi, le fait de mettre du poivre sur la plaie est totalement inefficace, en plus d’être dangereux. Pour la désinfection, on ne doit pas mélanger plusieurs antiseptiques ; cela pourrait engendrer une réaction chimique néfaste. L’utilisation d’alcool sur la plaie est également à proscrire : il risque de brûler la peau. L’application de glace est indiquée en cas de fracture du nez, pour atténuer la douleur, mais elle n’a pas d’efficacité démontrée pour les blessures superficielles. Enfin, en cas de saignement de nez, le premier réflexe est de mettre la tête en arrière. C’est une erreur, le sang pouvant alors pénétrer dans la gorge et, par fausse-route, se retrouver dans les poumons.

L'hémorragie externe

Lorsque la plaie saigne abondamment, suite par exemple à un accident, il est absolument impératif d’arrêter rapidement l’hémorragie puis de prévenir le SAMU (15). En effet, la perte de sang peut mener à la mort lorsqu’elle atteint un tiers à la moitié du volume sanguin.

Les gestes d’urgence sont les suivants :

  • allonger la victime,
  • surélever légèrement, si possible, la zone blessée,
  • comprimer manuellement l’hémorragie, à l’aide de compresses ou de linge sec et non souillé : drap, torchon propre, serviette de toilette. Il faut exercer une compression suffisante pour arrêter le saignement.
  • on peut soit continuer à exercer une compression manuelle, soit entourer les compresses ou le linge appliqué sur la plaie avec un pansement compressif. Celui-ci maintiendra la pression. Il peut être improvisé (linge large) ou non. Attention, ce pansement doit être serré de façon à comprimer la plaie mais ne doit pas pour autant faire garrot. La pression appliquée par ce type de pansements est moins efficace que la compression manuelle. Il intervient donc idéalement après 5 à 10 mn de compression manuelle. Son principal avantage est de rendre une certaine liberté de mouvement à la personne exerçant la compression. Celle-ci peut alors prendre en charge une autre victime, accueillir les secours… 
Dans certains cas rares, devant une blessure particulièrement grave, comme par exemple l’arrachement ou la section d’un membre suite à un accident, le garrot est indiqué. Mais cela reste une solution de dernière extrémité. Il se positionne avant la lésion, de manière à interrompre le flux sanguin. Il doit être placé là où il n’y a qu’un os : cuisse ou bras. C’est là qu’il est le plus efficace : il plaque l’artère contre l’os et stoppe le flux de sang. Son inconvénient est d’interrompre l’approvisionnement sanguin de toute une partie du corps. C’est la raison pour laquelle il n’est réservé qu’aux situations extrêmes, mettant en échec la compression classique. Il peut être, là encore, improvisé, à l’aide d’une cravate ou d’une ceinture, mais mieux vaut avoir en permanence dans sa trousse de premiers soins ou dans sa voiture un garrot tourniquet. Le desserrement du garrot est un acte réservé aux soignants. Ceux-ci doivent connaître l’heure exacte de pose du garrot ; il faut donc l’inscrire sur le front de la victime. 

Le saignement est un phénomène que l’on a tous expérimenté. Il est la plupart du temps sans gravité. Pour le stopper, un seul mot d’ordre : la compression. On peut également s’aider des solutions hémostatiques. Dans certains cas, l’appel du SAMU ou la consultation d’un médecin est nécessaire.