Comment faire pour bien cicatriser ?

Comment faire pour bien cicatriser ?
Une coupure, une écorchure, une brûlure, de l’acné ou encore une intervention chirurgicale sont autant d’éléments qui peuvent être à l’origine de l’apparition de cicatrices sur la peau. Ils entraînent en effet des lésions cutanées qui, si elles ne se réparent pas dans de bonnes conditions, peuvent laisser des marques plus ou moins visibles et disgracieuses pouvant être sources de complexes.
La cicatrisation est un phénomène biologique naturel qui naît de la réaction de la peau face à une plaie, qu’elle soit superficielle ou plus étendue. L’épiderme fragilisé possède ainsi la capacité de se réparer et se régénérer lui-même. Toutefois, la cicatrisation ne se fait pas de la même manière et à la même vitesse pour tous les individus et dépend également de facteurs variables.
Pour s’assurer de bien cicatriser une plaie, il est nécessaire de bien comprendre ce mécanisme et de suivre certains principes de base. Plusieurs méthodes permettent également d’accélérer la cicatrisation. Pharma GDD vous explique les différentes étapes du processus de cicatrisation, rappelle les règles à suivre et les produits à privilégier pour cicatriser dans les meilleures conditions.

Le processus de cicatrisation

Avant de s’intéresser aux méthodes pour bien cicatriser, il est important de se pencher sur le mécanisme en lui-même et d’en expliquer les différentes étapes ainsi que les complications qui peuvent se manifester.

Les différents types de lésions

Toutes les plaies ne se ressemblent pas et ne cicatrisent donc pas de la même façon. On distingue par exemple les plaies aiguës d’une part et les plaies chroniques d’autre part.

Les plaies aiguës sont dues à un agent traumatique et surviennent sur une peau saine. La cicatrisation se déroule normalement lorsque le tissu est bien vascularisé mais peut être ralentie par une infection. A l’inverse, les plaies chroniques apparaissent sur une peau qui a déjà cicatrisé. Elles peuvent être liées à une mauvaise liaison entre l’épiderme et le derme ou à des anomalies au niveau des vaisseaux sanguins.

Il faut ensuite faire la distinction entre les lésions suintantes et les lésions non suintantes. Les lésions suintantes comme les ampoules par exemple présentent un risque de macération et d’infection et doivent donc être bien soignées pour que la cicatrisation soit satisfaisante. Les lésions non suintantes peuvent être d’une étendue superficielle à majeure et demandent davantage d’hydratation et de nutrition pour bien cicatriser. C’est le cas par exemple des points de suture, des coupures, des tatouages, des brûlures ou des actes esthétiques comme le laser, l’épilation définitive ou le peeling.

Les trois phases de cicatrisation

Le processus de cicatrisation se déroule en trois phases successives dont la durée dépend de plusieurs facteurs : qualité de la peau avant la lésion, état et localisation de la plaie, présence ou non d’une infection. Chaque phase de la cicatrisation correspond à une activité cellulaire précise et peut être influencée par de nombreux éléments extérieurs.

Pour chaque type de plaie, la cicatrisation commence par la phase de détersion. Immédiatement après le traumatisme, les vaisseaux sanguins et lymphatiques libèrent des sécrétions à la surface de la plaie. L’exsudation intervient environ dix minutes après pour assurer la détersion de la plaie c’est-à-dire l’évacuation des éléments contaminants, des tissus nécrosés et des corps étrangers. Lors de cette première phase, les macrophages (cellules issues des globules blancs) stimulent la production de fibroblastes qui joueront ensuite un rôle important dans la suite du processus de cicatrisation.

La phase de bourgeonnement commence environ quatre jours après l’apparition de la lésion. Cette deuxième phase va permettre de combler la plaie et de créer un nouveau tissu : le tissu de granulation. Ce sont les fibroblastes qui interviennent en produisant la matière qui servira de matrice aux futures fibres de collagène. Progressivement, les fibres se rassemblent et s’unissent pour former le tissu définitif destiné à combler la plaie.

La dernière phase est l’épithélialisation. Elle se déroule généralement entre le 6e et le 10e jour après la blessure et se manifeste par la maturation des fibres de collagène et la rétractation de la plaie. Le tissu de granulation devient plus ferme et se transforme en tissu cicatriciel, ce qui marque la fin du processus de cicatrisation.

Les problèmes de cicatrisation

Le processus peut être ralenti par des éléments néfastes qui empêchent finalement de bien cicatriser. Les carences en albumine, fer, vitamine C ou zinc sont par exemple problématiques car elles limitent l’apport d’éléments essentiels à la cicatrisation. Certains troubles de la vascularisation et de la circulation induits par l’obésité, le diabète ou le tabagisme rendent plus difficile le bon déroulement de la cicatrisation. La prise de médicaments immunosuppresseurs ou de corticoïdes constitue également un frein au processus, tout comme un âge avancé ou un stress important.

Le processus de cicatrisation peut également voir apparaître des complications comme un abcès : la cicatrice devient rouge et douloureuse et peut s’accompagner d’une fièvre, signe d’une surinfection bactérienne, et de pus.

Lorsque la cicatrisation se déroule mal, elle peut entraîner une cicatrice chéloïde. Ce type de cicatrice est dû à un excès de collagène dans le derme. On les reconnaît à leur aspect boursouflé, épais et dur au toucher. Les cicatrices chéloïdes peuvent provoquer des démangeaisons et des irritations et devenir gênantes quand elles se situent près des articulations.

Les cicatrices hypertrophiques se distinguent par des bords parallèles et sont dues à l’activité de corps étrangers durant la cicatrisation. Ce type de cicatrice est rouge, boursouflé et peut parfois démanger.

Les bons gestes pour favoriser la cicatrisation

Pour bien cicatriser, certains gestes sont indispensables et doivent être réalisés durant tout le processus de cicatrisation pour être efficaces et aboutir à une cicatrice satisfaisante.

Nettoyage, désinfection et protection

Ces trois éléments sont indispensables pour éliminer les corps étrangers et les bactéries qui auraient pu pénétrer dans la plaie. Ils limitent ainsi les risques d’infection et favorisent la cicatrisation.

Dans un premier temps, il faut commencer par stopper le saignement éventuel avant de nettoyer la plaie à l’eau tiède et au savon sans oublier de bien la sécher ensuite en tapotant délicatement. Cette première étape permet de retirer délicatement le sang et la lymphe qui apparaissent à la surface de la plaie et prépare à la désinfection.

Pour désinfecter une plaie, il faut utiliser un antiseptique. Cela permet d’éliminer les bactéries et d’empêcher leur développement dans la plaie, limitant ainsi le risque d’infection qui pourrait ralentir la cicatrisation. Il faut veiller à choisir un antiseptique adapté au type de plaie car tous n’agissent pas de la même manière.

Enfin, pour bien cicatriser, la plaie doit être protégée des éléments extérieurs tels que les poussières, l’eau ou encore les frottements. Différents types de pansements existent pour assurer la protection de la plaie durant les trois phases du processus de cicatrisation. Pour bien choisir votre pansement, reportez-vous à notre fiche conseil.

La cicatrisation en milieu humide

Contrairement à une idée reçue très répandue, il faut éviter de faire sécher les plaies jusqu’à l’apparition d’une croûte. En effet, cela ne permet pas une bonne cicatrisation et ralentit le processus. L’apparition d’une croûte n’est pas synonyme de réparation cutanée car elle empêche la formation de nouveau tissu.

Pour bien cicatriser, il est primordial de maintenir la plaie dans un milieu humide tout en limitant la macération. L’humidité est indispensable aux fibroblastes qui interviennent au cours de la cicatrisation. Elle contribue au renouvellement cellulaire, favorise le développement de nouveau tissu et la synthèse de collagène. La cicatrisation en milieu humide est plus rapide et limite les marques et cicatrices résiduelles en maintenant la souplesse de la peau.

Aujourd’hui, les pansements permettent de maintenir la plaie en milieu humide et d’accélérer le processus de cicatrisation.

Choisir des soins adaptés

Afin d’optimiser la cicatrisation, il est nécessaire de choisir des soins adaptés aux différentes stades de l’évolution de la plaie. Ces soins peuvent se présenter sous forme de gel, de baume, de crème ou de pommade cicatrisantes. Il convient tout d’abord de privilégier des soins aux propriétés antibactériennes à base de cuivre et de zinc pour limiter au maximum l’infection de la plaie. Lorsque la cicatrisation est plus avancée, vous pouvez vous tourner vers des soins réparateurs, apaisants et nourrissants qui vont prendre soin du nouveau tissu. Des soins anti-démangeaisons permettent aussi de soulager les envies de grattage qui représentent un frein à une bonne cicatrisation.

Quels produits pour bien cicatriser ?

De nombreux produits permettent d’accélérer et d’optimiser la cicatrisation des plaies et de limiter les cicatrices. Qu’il s’agisse de pansements, de crèmes cicatrisantes ou de remèdes naturels, il faut veiller à ce que le produit convienne au stade de cicatrisation.

Les pansements cicatrisants

Il existe de nombreux types de pansements pouvant être utilisés au cours de la cicatrisation. Ils permettent à la fois de protéger la plaie et d’y maintenir un milieu humide favorable à la cicatrisation.

Les pansements hydrocolloïdes se présentent en plaque, en poudre ou en pâte et forment un gel au contact de l’exsudat libéré au niveau de la plaie lors de la phase de détersion. Ils installent un pH favorable à la cicatrisation et protègent la plaie des contaminants extérieurs. Ce type de pansement peut être utilisé en cas d’ampoule, d’escarre, d’ulcère ou de brûlure.

Les pansements hydrogels contiennent plus de 70 % d’eau et possèdent un fort pouvoir absorbant et hydratant. Ils améliorent la détersion de la plaie et évitent la macération. Les pansements hydrogels conviennent pour les escarres, les ulcères, les plaies nécrotiques et les plaies en phase de bourgeonnement.

Les pansements alginates sont composés d’extraits d’algues brunes et d’alginate de sodium ou de calcium. Très absorbants, ils forment un gel sur la plaie et accélèrent la cicatrisation. Ces pansements limitent aussi la contamination bactérienne. Ils sont recommandés pour les brûlures, les plaies post-opératoires et les plaies chroniques (ulcère, escarre) en phase de détersion et de bourgeonnement.

Enfin, les pansements hydrocellulaires se présentent sous forme de mousse absorbante et imperméable aux bactéries. Ils sont confortables et évitent la macération de la plaie. Ces pansements peuvent être appliqués sur des plaies superficielles ou profondes lors des deux premières phases du processus de cicatrisation.

Notre sélection de pansements cicatrisants :

Les crèmes et pommades cicatrisantes

Lorsque le processus de cicatrisation est bien avancé et que la phase d’épithélialisation débute, vous pouvez commencer à utiliser une crème ou une pommade cicatrisante.

Ces produits associent des actifs antibactériens, principalement le zinc et le cuivre, et des composants hydratants et nourrissants comme la glycérine, l’acide hyaluronique ou le beurre de karité pour agir à la fois sur la cicatrisation et le soin du nouveau tissu. On retrouve aussi dans certains soins des agents apaisants (vitamine B5 le plus souvent) qui limitent les démangeaisons.

Pour un résultat optimal, la crème ou pommade cicatrisante doit être appliquée régulièrement en massant délicatement le tissu cicatriciel.


Notre sélection ce crèmes et pommades cicatrisantes :


Les remèdes naturels

Des alternatives naturelles existent pour bien cicatriser et réparer la peau. L’aloe vera est un cicatrisant naturel connu pour favoriser l’hydratation de la peau. Il est anti-inflammatoire, apaisant et limite la prolifération des germes. L’aloe vera est disponible sous forme de gel prêt à l’emploi, à appliquer sur la plaie aussi souvent que nécessaire.

L’argile verte permet aussi de bien cicatriser car elle capte et élimine les bactéries qui ont pu pénétrer dans la plaie. Appliquez-la en cataplasme sur la lésion, laissez agir quelques minutes puis rincer. Attention : il faut veiller à ce que l’argile reste bien humide pour éviter un effet asséchant.

Les pommades à base de propolis sont aussi recommandées pour leur fort pouvoir antibactérien et leur capacité à stimuler le renouvellement cellulaire et la fabrication de collagène indispensables à la cicatrisation. Le miel peut lui aussi aider à mieux cicatriser grâce à ses vertus antiseptiques et sa capacité à maintenir un milieu humide sur la plaie. Le baume cicatrisant au miel Revamil est ainsi souvent indiqué pour cicatriser.

Il est également possible de se tourner vers l’aromathérapie en sélectionnant des huiles végétales et des huiles essentielles qui aident à la cicatrisation. Les huiles végétales de rose musquée, de framboise et de nigelle sont considérées comme les plus efficaces pour bien cicatriser. Pour les huiles essentielles, choisissez celles de lavande vraie, d’hélichryse italienne et de carotte, à associer aux huile végétales ou à du gel d’aloe vera par exemple. Afin de bénéficier de leurs bienfaits en toute sécurité, mélangez une goutte d’huile essentielle dans dix gouttes d’huile végétale.


Notre sélection :


Comment atténuer une cicatrice déjà présente ou chéloïde ?

Dans certains cas, le processus de cicatrisation ne se déroule pas correctement et peut laisser une cicatrice plus ou moins visible voire une cicatrice chéloïde. Plusieurs méthodes permettent alors d’atténuer leur aspect.

Les massages

Réalisés régulièrement, les massages des cicatrices permettent de maintenir l’élasticité et la souplesse de la peau et d’atténuer progressivement les boursouflures. Certains ostéopathes réalisent des massages visant à stimuler les fasciae, tissus situés sous la cicatrice, pour stimuler les fibres de collagène impliquées dans la cicatrisation.

Les pansements compressifs

En cas de cicatrice chéloïde, l’application d’un pansement compressif à base de silicone peut être envisagée afin de réduire l’aspect boursouflé et les démangeaisons. Cette méthode est efficace si elle est bien suivie.

Le laser et la microdermabrasion

Le laser CO2 Erbium est le plus connu dans le traitement des cicatrices. Il permet de lisser la peau, de stimuler l’activité cellulaire et de réduire la largeur et l’épaisseur des cicatrices.

La microdermabrasion est une autre technique dermatologique qui consiste à propulser sur la peau des microcristaux de sel, d’oxyde d’aluminium ou de sablon. Cela entraîne un décollement progressif des tissus endommagés et donc une atténuation des cicatrices. La microdermabrasion est surtout utilisée sur les cicatrices d’acné et nécessite plusieurs séances pour être efficace.

Le tatouage médical

Aussi appelée « dermo-pigmentation réparatrice et corrective », cette méthode utilise des pigments stériles pour redonner à la peau sa couleur d’origine et masquer ainsi la cicatrice. Le tatouage médical est envisagé lorsque les autres méthodes n’ont pas été efficaces ou quand la cicatrisation n’est pas allée jusqu’au stade du comblement de la plaie.

L’indispensable protection solaire

Tant que la peau n’a pas parfaitement cicatrisé, il est nécessaire de la protéger du soleil. En effet, une exposition au soleil sans protection expose à un risque de tache pigmentaire et peut amener à une cicatrice irréversible. Protégez donc bien la zone lésée avec un produit adapté, de préférence doté d’un haut voire très haut indice de protection.


Notre sélection de protections solaires :


Ce qu’il faut retenir

Suite à une lésion, la peau se défend et réagit en amorçant le processus naturel de la cicatrisation. Pour bien soigner la plaie et optimiser la cicatrisation, le nettoyage, la désinfection et la protection de la zone touchée sont des gestes indispensables. De plus, une plaie doit être maintenue dans un milieu humide pour bien cicatriser. Il existe des pansements et des soins adaptés aux différents types de plaies et aux trois phases de la cicatrisation. Les crèmes et pommades cicatrisantes ainsi que certains remèdes naturels permettent de limiter le développement de bactéries et favorisent la reconstitution de la peau. Enfin, lorsqu’une cicatrice est trop visible ou devient chéloïde, il faut se tourner vers un traitement adapté voire des techniques dermatologiques.