Rosacée : symptômes et traitements

Rosacée : symptômes et traitements
La rosacée, aussi appelée couperose, est une maladie de la peau qui concerne 2 à 3 % de la population adulte en France, soit environ un million de personnes. Cette affection touche les petits vaisseaux sanguins du visage et entraîne des rougeurs visibles à la surface de la peau. La rosacée évolue par poussées et a de lourdes répercussions sur la qualité de vie et l’estime de soi. Il en existe plusieurs formes, chacune étant définie par des symptômes et un traitement particuliers. Pour mieux comprendre la couperose, Pharma GDD vous présente ses origines, les facteurs qui peuvent l’aggraver et les différentes solutions qui permettent de la traiter et d’en atténuer les manifestations.

Causes et facteurs favorisants de la rosacée

La rosacée, ou couperose, est une affection cutanée fréquente liée à une atteinte des petits vaisseaux sanguins situés sous la peau du visage. Elle survient entre 30 et 60 ans, avec un pic au moment de la ménopause pour les femmes, qui sont deux fois plus touchées que les hommes. La rosacée est quasi inexistante chez l’enfant. Quelle que soit sa forme, il s’agit d’une maladie de la peau capricieuse, qui évolue par poussées et peut s’aggraver progressivement. Elle est particulièrement difficile à vivre au quotidien, car elle induit un préjudice esthétique important.

Les causes profondes de la couperose ne sont pas encore clairement identifiées. L’origine vasculaire est la seule certitude des scientifiques. Il y a ainsi un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins qui induit une stagnation du sang au niveau du visage, surtout chez les personnes à la peau claire. Cette anomalie serait aggravée par différents facteurs, comme les conditions climatiques et l’alimentation. Les changements de température (brusques passages du froid intense à la chaleur), la consommation d’alcool, d’aliments épicés et de boissons chaudes favorisent l’apparition des rougeurs et la dilatation des vaisseaux sanguins, qui deviennent plus apparents sur la peau. Le stress et les émotions fortes sont également des facteurs aggravants.

Dans certains cas, l’apparition de la rosacée peut être favorisée par l’utilisation de dermocorticoïdes fortement dosés sur une longue période. En induisant un effet vasoconstricteur local, ces produits peuvent entraîner des rougeurs et une desquamation intense au niveau des joues. Le terme « rosacée stéroïdienne » est fréquemment utilisé pour désigner cette maladie de la peau.

Les trois formes de la rosacée

La rosacée peut se manifester sous trois formes distinctes. Celles-ci ne se suivent pas nécessairement dans le temps et ne sont pas la conséquence l’une de l’autre. Chaque forme implique une prise en charge et un traitement spécifiques.

La forme vasculaire ou couperose

La forme vasculaire de la rosacée est celle que l’on appelle souvent couperose. Il s’agit de la manifestation la plus courante, caractérisée par les rougeurs, qui constituent le motif de consultation chez le dermatologue le plus répandu. Ces rougeurs peuvent être permanentes ou transitoires. Elles sont localisées principalement sur les joues, le nez, le milieu du front et le menton. Le contour des yeux et des lèvres est en revanche épargné. Dans sa forme vasculaire, la rosacée affecte la peau en profondeur. Si on l’observe au microscope, on peut constater la présence d’un œdème et une désolidarisation des cellules cutanées. Les vaisseaux sanguins du derme sont irréguliers et dilatés.

Les rougeurs typiques de la couperose s’accompagnent d’une sensibilité extrême de la peau. Les personnes touchées tolèrent difficilement les cosmétiques, voire l’eau et le savon. Cette sensibilité accrue s’explique par la présence de nombreuses terminaisons nerveuses dans la partie profonde de la peau. Un autre facteur peut être responsable : une substance appelée « substance P », que l’on retrouve localement mais aussi dans le sang. Produite par les cellules nerveuses, cette substance est à l’origine d’une inflammation locale de la peau.

Le développement de télangiectasies est un autre symptôme de la forme vasculaire de la rosacée. Ces petits vaisseaux sanguins très fins, très rouges, voire violacés, apparaissent juste sous la surface de la peau et sont très difficiles à camoufler. Dans certains cas, les personnes souffrant de couperose sont sujettes à des bouffées de chaleur ou à des sensations de brûlure oculaire (sensation permanente de grain de sable).

La rosacée papulo-pustuleuse

En plus des rougeurs, la rosacée peut aussi provoquer des papules et des pustules, lésions semblables à celles que l’on retrouve en cas d’acné. On parle alors de rosacée papulo-pustuleuse. Les papules sont des élévations de la peau, rouges, fermes et parfois douloureuses. Elles mesurent entre un et quatre millimètres de diamètre et sont entourées d’une auréole inflammatoire. Les papules peuvent être le signe de la présence d’un parasite, le demodex folliculorum. Les pustules apparaissent lorsque ce parasite persiste mais peuvent aussi se développer sans contexte infectieux. Elles évoluent par poussées et se résorbent le plus souvent de manière spontanée. En cas de rosacée papulo-pustuleuse, les lésions peuvent régresser mais les rougeurs persistent.

La forme hypertrophique

Moins de 5 % des personnes touchées par la rosacée sont concernées par la forme hypertrophique. Celle-ci se reconnaît par une atteinte du nez, qui devient rouge et bulbeux au niveau de la pointe. La peau s’épaissit, des papules et/ou des pustules apparaissent et les pores se dilatent. Ce symptôme caractéristique est désigné sous le terme « rhinophyma ». La rosacée hypertrophique touche principalement les hommes. Elle génère davantage de complexes que les autres formes, car le rhinophyma est communément associé à l’idée d’un alcoolisme chronique. Il est surtout considéré par les dermatologues comme une complication majeure de la rosacée.

Rosacée : soins visage et hygiène de vie

Plusieurs solutions existent pour permettre aux personnes touchées par la couperose de mieux vivre au quotidien. Dans un premier temps, il est indispensable de consulter un dermatologue afin de discuter avec lui des différents traitements envisageables. En fonction de l’intensité des symptômes et de leurs conséquences, le médecin pourra proposer diverses stratégies et donner des conseils à appliquer au quotidien.

Les soins visage

Si vous souffrez de couperose, il vous faudra tout d’abord adapter votre routine beauté. Pour nettoyer votre peau, privilégiez les produits doux, sans agents potentiellement irritants tels que l’alcool, le parfum ou les acides de fruits. Évitez les brosses de nettoyage, trop agressives pour les peaux sujettes à la rosacée, ainsi que les gommages mécaniques (à grains). Tournez-vous de préférence vers un lait dermo-nettoyant à appliquer à l’aide d’un coton doux ou, mieux, directement avec les doigts. N’oubliez pas de retirer l’excédent de produit, surtout lorsque vous l’utilisez pour vous démaquiller. Utilisez ensuite une eau thermale, naturellement apaisante et anti-inflammatoire. Séchez votre peau sans la frotter puis hydratez avec une crème anti rougeurs à la texture fluide. Évitez les crèmes riches, qui peuvent augmenter la sensation de brûlure et d’occlusion ressentie en cas de rosacée. En journée, ne faites pas l’impasse sur la protection solaire, même si vous vivez en ville ou si le temps est nuageux. Aujourd’hui, bon nombre de crèmes hydratantes et crèmes teintées sont dotées d’un indice de protection solaire pour préserver la peau des dommages causés par les rayons UV.

Le maquillage n’est pas contre-indiqué en cas de rosacée. Au contraire, il permet souvent aux personnes qui en souffrent de camoufler les rougeurs et les petits vaisseaux sanguins visibles à la surface de la peau. Veillez toutefois à choisir un maquillage adapté et conçu pour les peaux intolérantes. Pour atténuer les rougeurs, appliquez d’abord un correcteur de couleur verte (principe de la colorimétrie : le vert annule le rouge). Privilégiez ensuite une crème teintée ou un fond de teint fluide, qui préservera l’hydratation tout au long de la journée sans installer un film occlusif à la surface de la peau.


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Les solutions naturelles contre la rosacée

Si vous êtes adeptes des solutions naturelles et des cosmétiques maison, vous pouvez fabriquer vous-même votre soin visage pour atténuer les symptômes de la rosacée, en particulier les rougeurs. Appuyez-vous sur les huiles essentielles et végétales pour réaliser votre soin sur-mesure :
  • 15 gouttes d’huile essentielle de cyprès ;
  • 25 gouttes d’huile essentielle d’immortelle ;
  • 10 gouttes d’huile essentielle de carotte ;
  • 50 gouttes d’huile végétale de macadamia ou de rose musquée.

Avant d’appliquer ce mélange sur le visage, faites un test dans le pli du coude pour vous assurer que vous tolérez bien les actifs. En phytothérapie, vous pouvez consommer des plantes sous forme de tisane ou de gélules. Privilégiez l’hamamélis, la vigne rouge et le ginkgo biloba, connus pour resserrer les vaisseaux sanguins.


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Les réflexes à adopter

Jusqu’à présent, aucun traitement médicamenteux spécifique n’a été trouvé pour soigner la forme vasculaire de la rosacée. Si vous souffrez de cette maladie de la peau, il est important de suivre quelques règles hygiéno-diététiques simples dans votre vie quotidienne. Évitez au maximum les aliments et boissons très chauds ainsi que les épices. Limitez votre consommation d’alcool, surtout s’il constitue un facteur aggravant dans votre cas. Enfin, évitez également les activités physiques intenses, qui accentuent l’impression de chaleur et de brûlure.

Les traitements dermatologiques de la rosacée

Le laser

En cas de rosacée vasculaire, le laser permet d’atténuer les rougeurs et les télangiectasies visibles. Il vise également à réduire les récidives de cette maladie de la peau après le traitement. La méthode consiste à soigner la surface de peau atteinte grâce à un laser ciblant l’hémoglobine contenue dans les vaisseaux sanguins. Dans la plupart des cas, trois à quatre séances de laser sont nécessaires. Elles doivent être réalisées en dehors des périodes ensoleillées. Au cours des huit à dix jours qui suivent le traitement, un œdème et des traces rouges à violacées peuvent apparaître.

Les traitements de la rosacée papulo-pustuleuse

Si les rougeurs typiques de la couperose s’accompagnent de papules et/ou de pustules, le traitement s’appuie sur trois médicaments disponibles uniquement sur prescription médicale : la doxycycline, le métronidazole et l’acide azélaïque.

La doxycycline est un antibiotique à prendre par voie orale, utilisé pour son action anti-inflammatoire. Elle ne doit pas être prescrite en cas d’allergie connue aux antibiotiques de la famille des tétracyclines. Son utilisation est également contre-indiquée chez la femme enceinte et elle ne doit pas être associée à des rétinoïdes (autre classe de médicament prescrit pour le traitement de l’acné).

Le métronidazole (dosé à 0,75 %) est un antiparasitaire utilisé sous forme de crème, d’émulsion ou de gel pour le traitement de la rosacée. Enfin, l’acide azélaïque (à 15 %) possède des propriétés anti-inflammatoires mais est rarement prescrit en première intention. Il est envisagé lorsqu’un premier traitement n’a pas montré de résultats sur les lésions de la rosacée.

Dans les formes mineures de la maladie, le traitement est essentiellement local. Il s’agit d’appliquer le gel ou la crème en fine pellicule sur les zones touchées après les avoir parfaitement nettoyées, rincées et séchées. L’application doit être faite matin et soir pendant trois mois. Le traitement par voie orale sera proposé si les lésions persistent.

Si la forme de la rosacée est plus sévère (forme profuse), avec des rougeurs intenses et de nombreuses lésions, le traitement de première intention associe la doxycycline et un gel ou une crème pour application locale. Il s’étend sur une durée de trois mois et fait l’objet d’une révision en fonction des résultats obtenus.

Quelle que soit la solution choisie, une consultation se déroule généralement un mois après le début du traitement afin d’en évaluer la tolérance et l’efficacité. Par la suite, les consultations de suivi ont lieu tous les trois mois.

Le traitement du rhinophyma

Lorsque l’épaississement de la peau du nez ne peut pas être traité par des médicaments, il faut passer par la chirurgie. Sous anesthésie locale ou générale, le médecin procède au retrait de l’excès de peau. Pour cela, il peut se servir d’un bistouri ou de l’électro-coagulation. Un pansement est posé après l’intervention et se détache spontanément lorsque la cicatrisation est achevée.

Ce qu’il faut retenir

La rosacée, plus communément appelée couperose, est reconnaissable aux rougeurs et aux petits vaisseaux sanguins visibles à la surface de la peau. Particulièrement difficile à vivre au quotidien pour les personnes qui en souffrent, elle est aggravée par le chaud, le froid, les aliments épicés et les émotions fortes. Il existe plusieurs formes de rosacée : vasculaire, papulo-pustuleuse et hypertrophique. Dans tous les cas, il est nécessaire d’adapter ses soins visage ainsi que ses habitudes quotidiennes pour bien vivre avec cette maladie de la peau. Selon la forme et l’évolution de la rosacée, plusieurs traitements dermatologiques peuvent être envisagés. N’hésitez pas à consulter un dermatologue si vous pensez être concerné.