Parvovirose du chien : causes, symptômes, traitement et prévention

Parvovirose du chien : causes, symptômes, traitement et prévention
La parvovirose canine est une pathologie virale très répandue dans le monde touchant principalement les chiots et les chiens non vaccinés. Elle est responsable d’une diarrhée infectieuse de type hémorragique très grave et souvent mortelle. Causée par un virus très résistant dans le milieu extérieur et sujet aux mutations, la parvovirose est une pathologie très contagieuse redoutée des élevages et pensions canines, où elle provoque de petites épidémies sporadiques. Quels sont les symptômes de la parvovirose ? Comment votre animal peut-il contracter une infection au parvovirus, et comment le préserver ? Pharma GDD vous explique cette gastroentérite virale qui peut se propager très vite si elle n’est pas diagnostiquée rapidement.


Qu’est-ce que la parvovirose du chien ?


La parvovirose du chien est dû à un virus apparu dans les années 1970, le parvovirus CPV-2, qui a provoqué une pandémie mondiale au sein de la population canine au moment de son émergence. Depuis, ce virus ayant une capacité de mutation importante, de nouvelles souches se sont succédées : les CPV-2a et CPV-2b. Le CPV-2c, qui a fait son apparition dans les années 2000, est capable quant à lui d’infecter les chats et certaines autres espèces sauvages.
En France ce sont les souches CPV-2b et CPV-2c qui sont les plus répandues actuellement.
Le parvovirus est un virus qui a la particularité de ne pas posséder d’enveloppe, ce qui le rend particulièrement résistant dans le monde extérieur : il est capable de survivre plusieurs mois dans le milieu environnant.

La parvovirose fait partie des maladies à « vice rédhibitoire », tout comme la maladie de Carré et l’hépatite de Rubarth. Vous pouvez donc exercer un recours auprès de votre vendeur si vous constatez que votre animal a développé cette pathologie.


Symptômes de la parvovirose canine ?


Les premiers symptômes de la parvovirose se manifestent 4 à 6 jours après la contamination. Le virus contracté par voie orale va se multiplier au sein des tissus oropharyngés des amygdales et du pharynx, puis gagner la circulation sanguine pour infester principalement les cellules intestinales (entérocytes), mais également la moelle épinière et la rate, ce qui explique la gravité de cette pathologie.

Les symptômes constatés sont essentiellement digestifs. Le tableau clinique le plus courant se caractérise par une perte d’appétit, un abattement et souvent de la fièvre le premier jour, suivi de vomissements et de douleurs abdominales. Puis survient une forte diarrhée la plupart du temps hémorragique ainsi qu’une déshydratation. L’animal s’affaiblit très rapidement et l’issue peut être fatale en 2 à 3 jours si un traitement rapide n’est pas instauré. Cependant, votre animal peut guérir au bout de 4 à 5 jours, il est dans ce cas immunisé contre la parvovirose. Les chiots survivants peuvent présenter un retard de croissance.

La présence de sang dans les selles n’est pas systématique (45 % des cas), tout comme l’odeur spécifique due à l’élimination des éléments nécrotiques de la paroi intestinale, ce qui rend son diagnostic parfois plus compliqué.

Le virus se multipliant dans les cellules lymphoïdes en division de la rate et de l’intestin, il entraîne une baisse importante du taux de globules blancs (leucopénie et neutropénie), en grande partie responsable de l’issue fatale de la maladie notamment chez le chiot (septicémie, hypovolémie).
Les atteintes cardiaques, fréquentes lors des infections au premier parvovirus CPV-2 sont beaucoup plus exceptionnelles avec les nouvelles souches.


Diagnostic de la parvovirose


Si la gastroentérite est le symptôme caractéristique d’une infection par le parvovirus, d’autres pathologies peuvent induire des symptômes cliniques similaires, comme les infections au rotavirus, la maladie de Carré ou des infections bactériennes (salmonellose, leptospiroses).
Devant un tableau évocateur le vétérinaire peur effectuer plusieurs tests :


  • Le test ELISA peut être réalisé très rapidement. Il permet de savoir si le chien est infecté en quelques minutes.
  • Une analyse de sang est effectuée pour mettre en évidence la chute des globules blancs.
  • Le test PCR est la méthode la plus sensible. Réalisé en laboratoire sur un prélèvement de selles, il permet de détecter le virus grâce à l’amplification de l’ADN. Cependant, le résultat est obtenu au bout de plusieurs heures, ce qui nuit à la mise en place d’un traitement rapide, essentiel à la survie de l’animal.


Compte tenu de la très grande contagiosité de la parvovirose et de la résistance du virus dans le milieu extérieur, le diagnostic doit confirmer de façon certaine la présence du virus, afin d’éviter tout risque épidémique. Plusieurs autres tests sont disponibles dans les établissements vétérinaires à cet effet.


Comment votre chien contracte-il le parvovirus ?


La contamination par le parvovirus est essentiellement oro-fécale. Il se transmet par contact direct avec des selles contaminées, ou par l’intermédiaire d’objets ou milieux souillés, comme les vêtements, les chaussures, les matériels infectés…
Le virus est présent en grande quantité dans les fèces des chiens infectés qui contaminent alors leur lieu de vie d’une façon importante. Cette contamination indirecte est la cause principale de transmission.
Les chiens de tout âge sont susceptibles d’attraper le parvovirus, cependant les chiots sont très vulnérables compte tenu de leur statut immunitaire : entre 6 et 12 semaines, ils ne sont plus protégés par les anticorps de leur mère.
Certaines espèces canines seraient réputées plus sensibles comme les races Rottweiler, Berger allemand, Labrador ou encore les chiens de traîneau Alaskan. D’une manière générale, les chiens de race sont plus exposés.
La parvovirose est d’autant plus grave que le chiot est jeune et que sa croissance est rapide. D’autre part si votre animal est parasité le parvovirus sera plus dangereux pour lui.


Traitement de la parvovirose canine


La prise en charge de la parvovirose canine nécessite généralement l’hospitalisation du chien. Les solutions thérapeutiques mises en place sont destinées à soulager les différents symptômes. Elles incluent des mesures visant à pallier la déshydratation et les pertes hydriques et protéiques de l’animal. Certains traitements sont également instaurés comme une antibiothérapie, des anti-diarrhéiques, des antiémétiques, et des pansements gastriques et intestinaux. Des médicaments visant à lutter contre la leucopénie peuvent également être administrés.
Un traitement antiviral à base d’interféron oméga est disponible. Son coût très élevé en limite cependant l’utilisation.


Comment prévenir une infection au parvovirus ?


La vaccination


Le seul moyen de protéger votre chien contre la parvovirose est de le vacciner. Celle-ci est considérée comme essentielle et fait partie du protocole de vaccination canine. Elle a prouvé son efficacité, car depuis sa mise en place, le taux d’animaux infectés a diminué dans les pays où le protocole vaccinal est respecté. De plus elle diminuerait le nombre de mutations du virus.
Le jeune chiot bénéficie au début de sa vie de l’immunité maternelle. Cependant, il existe une période critique chez le chiot au cours de laquelle le taux d’anticorps maternels baisse et son organisme n’est pas encore capable de produire d’anticorps induit par une vaccination : entre 6 semaines et 14 semaines de vie environ.
En France, le vaccin utilisé contre la parvovirose est fabriqué à partir de souches atténuées de parvovirus. Il est efficace à condition de le réaliser correctement. Au sein d’un élevage, il consiste en trois injections, à 6, 9 et 12 semaines.
Le schéma vaccinal est variable et dépendra s’il s’agit d’une prévention habituelle du chiot, ou d’une réponse à une situation épidémique, ou un contact infectant.

Les mesures sanitaires préventives


En raison de l’importante contagiosité de cette pathologie et du fort taux de survie du virus dans l’environnement, des mesures strictes d’hygiènes doivent obligatoirement être mises en place, notamment dans les collectivités canines. Si une parvovirose est suspectée, ces mesures deviennent drastiques en raison du risque très important de dissémination du virus, notamment au sein des élevages et des cliniques vétérinaires.

Au sein d’un élevage sain

En général, les nouveaux animaux entrants sont mis en quarantaine afin d’éviter l’introduction du virus au sein de l’élevage. Elle dure 5 jours, ce qui correspond à la durée d’incubation de la maladie. Les chiots devront être vaccinés avant leur sevrage et la vente.

En cas d’infection au parvovirus

Compte tenu des mesures hygiéniques très contraignantes, mises en place en cas d’infection, un diagnostic précis est essentiel. Il s’agit d’identifier avec certitude la présence du parvovirus.
Les méthodes mises en place intègrent des protocoles de désinfection des locaux et du matériels propres aux maladies infectieuses, et l’isolement des animaux infectés ou susceptibles de l’être.
Dans les élevages, les locaux sont lavés à l’eau chaude sous pression 2 fois par semaine et désinfectés, à l’aide d’eau de javel diluée au 1/30 ème. Les déjections doivent être éliminées de façon systématique.

A retenir


La parvovirose canine est une gastroentérite virale infectieuse grave et très contagieuse touchant préférentiellement les jeunes chiots. Elle nécessite un diagnostic rapide afin d’instaurer un traitement très tôt, et ainsi augmenter les chances de survie de l’animal. Provoquée par un virus très résistant dans l’environnement, une infection par le parvovirus nécessite des mesures sanitaires rigoureuses afin d’éviter sa propagation. La vaccination est le seul moyen d’éviter une contamination au parvovirus, et la prophylaxie vaccinale mise en place depuis des années a permis de limiter son incidence. En raison du fort taux de mutation du CPV, la parvovirose est une pathologie étroitement surveillée au niveau mondial afin d’éviter toute panzootie.