Chaussures orthopédiques ou de confort : comment choisir ?

Chaussures orthopédiques ou de confort : comment choisir ?
 
Se chausser est parfois compliqué : il faut trouver la bonne chaussure, belle et surtout agréable à porter. Pour les personnes souffrant de pied déformé, notamment par des pathologies telles que l’hallux valgus, se chausser est un véritable calvaire. En effet, les chaussures traditionnelles ne s’adaptent pas à la déformation. En conséquence, la mobilité de la personne atteinte diminue, et avec elle sa qualité de vie. Mais cette situation n’est pas sans solutions. Les chaussures orthopédiques et de confort sont spécialement conçues pour correspondre aux déformations du pied. Les fabricants ont également soigné leur esthétisme, et leur élégance n’a rien à envier aux créations classiques du commerce. Les chaussures médicales peuvent avoir d’autres fonctions : protéger un plâtre ou répartir les appuis à la suite d’une opération. Découvrez le différents modèles de chaussures orthopédiques existants et leurs indications principales dans cette fiche conseil sur Pharma GDD !

Les principales pathologies touchant les pieds

Les pieds supportant le poids du corps, ils sont soumis à de fortes contraintes. Ils peuvent être touchés par des pathologies variées. Certaines sont temporaires, tel le gonflement provoqué par un œdème, d’autres ont en revanche un caractère permanent, comme les déformations dues à des problèmes articulaires.

L’hallux valgus

C’est une déformation du gros orteil. Il forme un angle par rapport au reste du pied. C’est une pathologie qui touche approximativement un Français sur 10.
Ses causes sont multiples, et son développement est favorisé par le port de chaussures trop étroites et à talons trop hauts, l’exemple typique étant les chaussures à talons aiguilles. C’est un des éléments qui explique le fait que l’hallux valgus concerne majoritairement les femmes ; on dénombre 5 à 10 fois plus de femmes souffrant d’hallux valgus que d’hommes.
La déviation provoquée par l’hallux valgus conduit à un avant du pied élargi, qui rentre difficilement dans les chaussures classiques proposées dans les commerces. En effet, ces chaussures sont conçues pour des pieds non déformés. Le pied déformé frotte et appuie sur la face interne de la chaussure, source d’irritations et de douleurs.
La résolution du problème passe par le port d’orthèses ou l’opération chirurgicale.

Le pied diabétique

L’élévation du taux de sucre dans le sang lors du diabète peut engendrer une altération des nerfs et des parois des vaisseaux sanguins de petit diamètre qui leur apportent les nutriments dont ils ont besoin. C’est la neuropathie diabétique. Au niveau des pieds, elle entraîne une perte de sensibilité, une baisse de la microcirculation et une sécheresse de la peau. Elle est également à l’origine d’un affaiblissement des muscles entraînant une déformation des pieds, ce qui modifie les appuis au sol.
Lorsqu’une personne atteinte de neuropathie diabétique marche en utilisant des chaussures non adaptées à sa pathologie, les traumatismes subis par le pied entraînent parfois le développement d’un ulcère, qualifié « d’ulcère du pied diabétique », une plaie à la cicatrisation difficile. L’ulcère du pied diabétique peut conduire à l’amputation. L’inadaptation des chaussures n’est pas ressentie par le diabétique atteint de neuropathie. Les chaussures, lorsqu’elles ne sont pas adéquates, sont ainsi à l’origine de la moitié des plaies du pied diabétique.

Les autres causes de déformation les plus courantes

Parmi les autres causes de déformation des pieds, on trouve l’arthrose, une destruction des cartilages. Elle génère des douleurs, un gonflement des articulations et mène parfois à une déformation des pieds. Elle peut être à l’origine d’un hallux valgus, mais également d’un hallux rigidus, une rigidification du gros orteil. Cette raideur du premier orteil peut être provoquée par des chaussures trop étroites ou se développer suite à des chocs (accidents, sports…).
Les chaussures étroites ou à talon trop haut sont également un des facteurs responsables de l’orteil en griffe, ou hallux griffus, caractérisé par le maintien en position pliée d’un ou de plusieurs orteils, d’où le nom de griffe. Elles ont également une influence sur le développement du quintus varus, une déformation touchant le cinquième orteil.
Les chaussures serrées ne sont pas la seule cause d’apparition de ces troubles. Il existe parfois une part d’hérédité, et l’apparition d’un hallux valgus va avoir des répercussions sur les autres orteils et jouer un rôle dans la genèse de ces déformations.
L’arthrite, une inflammation des articulations, est également susceptible de provoquer leur déformation. Ainsi, la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune, peut entraîner des déformations de l’avant-pied, du milieu du pied et de l’arrière-pied. L’arthrite est parfois à l’origine de ce que l’on nomme le rhumatisme psoriasique, une forme de spondylarthrite déclenchée par une maladie auto-immune. Parmi ses manifestations : le gonflement en forme dite « de saucisse » des doigts ou des orteils.

Les chaussures orthopédiques

Les personnes souffrant de pieds déformés ou atteints par des pathologies voient leur qualité de vie diminuer. Le simple fait d’enfiler des chaussures est à l’origine de douleurs transformant cet acte simple en supplice. Le port de chaussures étant difficile, voire impossible, la déformation du pied altère sévèrement la vie de la personne atteinte, réduisant sa mobilité, avec des conséquences sévères sur la qualité de vie. Par ailleurs, la vision de la déformation du pied, non dissimulée par la chaussure, peut être mal supportée.
Les chaussures thérapeutiques répondent aux besoins des personnes ayant des difficultés à se chausser. Ces difficultés peuvent avoir des origines très diverses. Certaines sont temporaires : le pied est gonflé par un œdème, ou plâtré, ou recouvert d’un pansement empêchant le chaussage de chaussures classiques. D’autres ont un caractère plus permanent, comme celles liées à une déformation des articulations. Enfin, dans certains cas, l’acte d’enfiler la chaussure est devenu compliqué non pas en raison d’une déformation du pied, mais d’une impossibilité de se pencher pour prendre en main ses chaussures ou de nouer des lacets.
Ces chaussures orthopédiques peuvent être réalisées sur mesure ou être de série. Dans le second cas, on distingue les chaussures CHUP et les chaussures CHUT. Les premières sont des Chaussures Thérapeutiques à Usage Permanent quand les CHUT dont des Chaussures Thérapeutiques à Usage Temporaire.

Les chaussures CHUT

Ces chaussures répondent aux besoins des personnes ayant des pieds présentant des pathologies ou des augmentations de volume des pieds ne nécessitant pas la fabrication d’une chaussure sur mesure. Elles conviennent à des situations très variées : pathologies, suite d’une opération ou augmentation temporaire de volume du pied.
Il en existe trois grands types :
- les CHUT permettant un accroissement du volume de l’avant-pied,
- les CHUT à décharge de l’avant-pied,
- les CHUT à décharge de l’arrière-pied.

Les CHUT autorisant une augmentation de volume de la partie avant du pied répondent notamment aux besoins des personnes atteintes d’hallux valgus. Elles ne corrigent pas le problème, mais évitent d’exercer une pression douloureuse sur les déformations grâce à leur extensibilité au niveau de l’angle du gros orteil. Leur champ d’action ne se limite pas à l’hallux valgus : elles sont adaptées pour les pathologies nécessitant des chaussures ayant une partie avant extensible. Leur souplesse et leur capacité à se déformer pour éviter de susciter des traumatismes ou des douleurs les rendent également idéales pour les diabétiques souffrant de neuropathies.

Les chaussures CHUT à volume variable sont en général étudiées pour être agréables à porter et ne pas provoquer de macération. Ainsi, certaines n’ont pas de coutures intérieures susceptibles de provoquer des irritations. Leur fermeture ne s’effectue pas avec des lacets qui pourraient être difficile à nouer, mais repose sur des brides velcro d’un usage plus facile. Elles sont également élégantes, ce qui facilite leur acceptation par les patients. Certains modèles sont spécialement étudiés pour être très faciles à enfiler.
Grâce à elles, les personnes souffrant d’un avant-pied déformé retrouvent la possibilité de se chausser sans risque de douleurs, ce qui améliore considérablement leur qualité de vie. Elles sont également utiles dans la prévention secondaire des lésions du pied diabétique.
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Les chaussures de décharge

Le principe de ces chaussures orthopédiques est simple : elles transfèrent la totalité des appuis vers une partie du pied, permettant de préserver l’autre partie. Ainsi, une chaussure de décharge de l’avant-pied, aussi appelée « chaussure à appui talonnier », est conçue de manière à déplacer l’intégralité des appuis – normalement répartis sur la plante du pied – vers le talon. C’est l’inverse avec les chaussures de décharge de l’arrière du pied.

Elles sont souvent utilisées en post-opératoire, suite à une opération chirurgicale.

Elles font partie des solutions en cas d’ulcère de pied diabétique. Ces plaies nécessitent une chirurgie, la protection sous un pansement et la mise en décharge du pied. Cette dernière est fondamentale pour éviter les complications et faciliter la cicatrisation. Elle peut être obtenue par une chaussure de mise en décharge ou à l’aide d’une botte en résine ou en plâtre.

Une autre indication des chaussures de décharge est l’après opération de l’hallux valgus. La chirurgie est en effet indiquée en cas de déformation sévère ou si la douleur est insupportable. L’appui sur la partie avant du pied doit être absolument évité après l’opération pendant une durée d’un mois. Par la suite, la reprise de l’appui sur la partie avant se fait progressivement.
Les chaussures à appui talonnier portent le nom de chaussures Barouk, du nom de leur créateur. Elles peuvent être sans extension vers l’avant, ou au contraire présenter une extension qui aura l’avantage de protéger les orteils et le pansement et l’inconvénient de permettre un léger appui sur l’avant du pied.
La chaussure de Sober permet aussi une décharge de l’avant-pied, mais avec une semelle différente, en forme de bateau.
Les chaussures Barouk 2 et Podalux conviennent pour une reprise légère de l’appui sur la zone avant du pied, après une période de décharge totale.

Les chaussures de décharge sont également utilisées en cas de fracture ou d’escarres.

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Les autres modèles de chaussures thérapeutiques

Certaines chaussures orthopédiques sont conçues pour être ouvertes sur le dessus, ce qui facilite leur chaussage par des personnes à la mobilité réduite. D’autres sont spécialement conçues pour permettre le port d’orthèses incompatibles avec le port de chaussures classiques. Enfin, en cas de port de plâtre, des chaussures offrent une protection pour ce dernier. Ces chaussures pour plâtre sont antidérapantes ou amortissantes, améliorant la marche avec le plâtre.

Les chaussures de confort

Pour celles et ceux qui accordent une grande importance à l’esthétisme de la chaussure, les CHUT « extensibles », acceptant un avant-pied déformé, offrent un choix parfois perçu comme trop limité. Ces personnes ont la possibilité de se tourner vers les chaussures de confort. Il s’agit de chaussures agréables à porter, capables de se déformer pour éviter de provoquer des douleurs, comme les CHUT. Elles élargissent considérablement le choix de modèles disponibles, permettant de reconstituer sa garde-robe et de varier ses chaussures avec des modèles très proches de ceux disponibles dans le commerce.
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Les chaussures thérapeutiques et de confort répondent aux besoins des pieds souffrant de pathologies incompatibles avec le port de chaussures conventionnelles. Ces chaussures soulagent les douleurs induites par les déformations des pieds. Il en existe de nombreux modèles, de styles variés. Les chaussures de confort, également déformables, élargissent le choix disponible.
Quant aux chaussures post-opératoires, elles sont élaborées pour permettre un traitement optimal après la chirurgie.